Taïga

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Taïga (Forêt boréale)

Description de cette image, également commentée ci-après

De haut en bas, de gauche à droite :
La taïga finlandaise l'hiver
L'Iditarod Trail Sled Dog Race
L'élan, animal emblématique de la taïga
Une famille samie de Norvège et sa Lavvu[1]
La taïga québécoise l'été

Caractéristiques
Superficie[2] : 15 100 000 km2 (10,3 %)
Latitudes : 45° Nord à 70° Nord
Climat : Continental humide et subarctique
Végétation : Forêts denses de conifères (pins, épicéas, mélèzes et sapins) et de feuillus (bouleaux, aulnes, saules et peupliers)

Localisation

Description de l'image  Biome_map_06.svg.

La taïga, du russe тайга venant de l'altaï tayγa[3], ou forêt boréale est l'un des principaux biomes terrestres. Fortement liée au climat subarctique, elle consiste en une formation végétale de type forestière parcourue par un vaste réseau lacustre résultant de l'érosion fluvioglaciaire. Sa végétation a la particularité d'être formée d'une majorité de conifères adaptés au froid (pins, épicéas, mélèzes et sapins), associée à un mélange de feuillus principalement composé de bouleaux, d'aulnes, de saules et de peupliers.

Véritable désert humain, la taïga est la plus vaste continuité boisée de la planète et occupe à elle seule 10 % des terres émergées. Elle couvre la majorité des territoires intérieurs de l'Alaska, du Canada, de la Fennoscandie et de la Russie. Elle abrite une avifaune fortement diversifiée et sert de refuge à de nombreuses espèces animales par ailleurs menacées telles le loup, l'ours, le lynx, le renard polaire, le castor, le glouton (ou carcajou), le renne (ou caribou) ou encore l'élan (ou orignal).

Sur le plan culturel, la taïga renvoie à l'imaginaire collectif du « Grand Nord sauvage », des chiens de traineau, de l'univers de Jack London et des pionniers européens d'Amérique du Nord : trappeurs, voyageurs, coureurs des bois et chercheurs d'or. La traite des fourrures en provenance de la taïga a longtemps fait la fortune des colons français et britanniques et fut l'occasion des premières relations commerciales avec les autochtones des Premières Nations. Aujourd'hui les principales ressources qu'elle offre sont l'exploitation minière et le commerce du bois.

Sommaire

Étymologie [modifier]

Le nom taïga, тайга en alphabet cyrillique, provient du russe lui même issu de tayγa en altaï, langue turque parlée dans la République de l'Altaï[4]. La taïga est également appelée forêt boréale, ainsi la partie canadienne de la taïga est couramment désignée sous le nom de forêt boréale canadienne.

Géographie [modifier]

Situation [modifier]

La taïga dessine en fait une large bande sous la toundra des régions arctiques. La taïga apparaît dans l’hémisphère nord comme un vaste anneau circumpolaire, presque continu sur 12 000 km (7 000 km en Eurasie, 5000 en Amérique du Nord), simplement interrompu par le détroit de Béring et par l’océan Atlantique. Cette zone couvre donc la majorité des terres intérieures nordiques du Canada, de l'Alaska, de la Fennoscandie et du nord de la Russie. Elle est délimitée au nord par la toundra et au sud par la zone sub-taïga dans laquelle les conifères deviennent minoritaires mais continuent à dominer la strate supérieure de la végétation. Selon le climat la taïga s'étend du 45e parallèle nord pour la part la plus méridionale au 70e parallèle nord pour la part la plus septentrionale.

Climat [modifier]

Les écosystèmes de la taïga connaissent des températures annuelles moyennes se situant généralement sous 0 °C. Les températures moyennes d’été se situent entre 10 et 15 °C, mais les moyennes minimales d'hiver peuvent descendre au-dessous de -30 C°, on peut donc parler de climat continental plutôt variant.

Exemple de données météorologiques portant sur la période 1971-2000 pour la ville Yellowknife située dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) -26,8 -23,4 -17,3 -5,3 5,6 13,5 16,8 14,2 7,1 -1,7 -13,8 -27,3 -4,6
Ensoleillement (h) 45,3 104,1 189,2 270,6 338,1 380,1 370,2 283,7 155,5 61,8 42 24,2 2 264,8
Précipitations (mm) 14,1 12,9 13,4 10,8 19,1 26,9 35 40,9 32,9 35 23,5 16,3 280,7
dont pluie (mm) 0 0 0,2 2,4 14,5 26,9 35 40,9 29,5 14,7 0,2 0,2 164,5
dont neige (cm) 18,8 17,8 17,3 10,2 4,4 0 0 0,1 3,1 23 34,2 23 151,8
Source : Environnement Canada[5]


Sol [modifier]

Arbres couchés par l'eau et érosion naturelle des berges, phénomène naturel et normal après chaque dégel ici au nord de Khabarovsk.

Le sol de la taïga est naturellement très acide, en raison du climat et de la végétation, il est dénommé podzol ou podzosol. Il est pour cette raison particulièrement sensible et vulnérable au phénomènes dits de « pluies acides ». Les métaux lourds y sont aussi - en raison de l'acidité - plus mobiles et plus bioassimilables.

Sous un climat froid, les matières organiques (feuilles, bois) issus des végétaux se décomposent lentement en dégageant des acides organiques. Ces acides réagissent avec les quelques bases restant dans le sol (calcaire ou autre) et les entraînent vers les nappes et rivières par le phénomène du lessivage. Résultat, les sols sont à la fois pauvres en éléments minéraux utiles aux arbres et très acides. Localement, les tourbières tant qu'elles ne se minéralisent pas (suite à un drainage et une sécheresse par exemple) sont cependant très stables et constituent en été de bonnes réserves d'eau. Asséchées, elles peuvent brûler et constituer des foyers durables d'incendies de forêts

Ce sol acide se retrouve également dans les régions tempérées à conifères, cette pédogenèse en partie due aux persistants (notamment les grands conifères tels les épicéas et pins).

En bordure de cours d'eau, les sols des berges sont fréquemment emportés par les crues dues au dégel et sont sources de matériaux qui forment les méandres.
Au moment du dégel de certains quasi-pergélisols, des phénomènes de cryoturbation peuvent conférer au sol une structure particulières (répétition parfois géométriques de cellules, poches et parfois puits de cryoturbation).

Biodiversité [modifier]

Végétation [modifier]

Les arbres les plus répandus dans la taïga sont des conifères adaptés au froid, comme les mélèzes, les épicéas, les pins et les sapins. Leur forme conique fait glisser la neige ; leurs aiguilles couvertes d'un enduit cireux les protègent du gel ; leur couleur vert foncé absorbe les faibles rayonnements du soleil et favorise la photosynthèse[réf. nécessaire].

On trouve également des feuillus, notamment les bouleaux, les saules, les peupliers et les sorbiers. On les trouve notamment en bordure de cours d'eau et dans les chablis, perturbations qui constituent l'un des stades du cycle sylvogénétique de la taïga[6], qui entretient la microtopographie de la taïga[6] (l'épinette régénèrent mieux sur les bosses laissées par les chablis (ou sur du bois-mort) que sur des surfaces non perturbées[6]).

Faune [modifier]

Taïga en Alaska.

C'est la zone la plus au Nord dans laquelle les espèces qui ont besoin de quelques arbres peuvent survivre. Un nombre considérable d'oiseaux tels que la grive de Sibérie (ou grive obscure), le bruant à gorge blanche et la paruline à gorge noire migrent vers cet habitat pour tirer profit des longues journées d'été et de la nourriture abondante en insectes durant cette saison.

Quelques oiseaux carnivores et certains grands oiseaux omnivores qui peuvent y trouver des proies vivantes ou des carcasses qui sont également présentes dans cette zone pendant l'hiver. Parmi ceux-ci, le bec croisé, l'aigle doré et le busard.

Relativement peu de mammifères peuvent faire face aux durs hivers. Parmi ceux qui le peuvent, on trouve l'élan, le lynx, le tigre de Sibérie, la panthère de l'Amour, le loup, le castor, le lièvre des neiges, le lemming, le campagnol des rochers, le caribou, plusieurs espèces d'ursidés (dont l'ours brun) et plusieurs membres de la famille des mustélidés tels que le glouton (aussi appelé carcajou), la belette pymée et la martre des pins.

La taïga et l'Homme [modifier]

Populations autochtones [modifier]

Europe [modifier]

Sibérie [modifier]

Amérique du Nord [modifier]

Exploration [modifier]

Activités économiques [modifier]

Du fait d'une nature très fragile, les atteintes d'origine anthropique sur les zones de taïga restent visibles très longtemps. Il faut plusieurs siècles pour que les arbres repoussent jusqu'à leur hauteur adulte[réf. nécessaire].

Transport [modifier]

Au Québec, environ un millier de collisions avec un orignal ont lieu chaque année[7]

La taïga dans la culture [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. La lavvu désigne la tente traditionnelle des Samis - voir article Lavvu dans le Wikipédia anglophone
  2. Approximation arrondie au 100 000 et pour une surface terrestre totale de 146 300 000 km2, d'après les données du WildFinder : World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions », janvier 2006.
  3. "taiga" Dictionary.com
  4. "taiga" Dictionary.com
  5. Normales climatiques au Canada 1971-2000 - Yellowknife A, sur Environnement Canada. Consulté le 12 mars 2011.
  6. a, b et c (en) Nina G. Ulanova, « The effects of windthrow on forests at different spatial scales: a review », Forest Ecology and Management, vol. 135, no 1–3, 15 septembre 2000, p. 155–167 [résumé] .
  7. Site internet du ministère des Transports du Québec - Au Québec, on estime à environ 1 000 par année le nombre de collisions avec un orignal. Plusieurs de ces accidents entraînent des blessures graves, voire mortelles. Comme l’orignal est un animal de grande taille, le corps heurte le pare-brise et la partie avant du toit au moment d’un impact avec une voiture. C’est pourquoi les conséquences sont souvent sérieuses pour les passagers du véhicule.

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Taïga.

Bibliographie [modifier]

  • (en) Van Cleve, Chapin, Flanagan, Viereck et Dyrness, Forest Ecosystems in the Alaskan Taiga: A Synthesis of Structure and Function, Springer London, 2011, 230 p. (ISBN 1461293537) 
  • (en) Elizabeth Kaplan, Taiga, Benchmark Books, 1996, 64 p. (ISBN 0761413502) 
  • Roberte Hamayon, Marc Garanger et Catherine Garanger, Taïga: terre de chamans, Imprimerie nationale, 1997, 214 p. (ISBN 2743301635) 
  • Yves Gauthier et Antoine Garcia, L'Exploration de la Sibérie, Actes Sud, 1996, 480 p. (ISBN 2742708847) 
  • Sylvie Gauthier et Marie-Andrée Vaillancourt, Aménagement écosystémique en forêt boréale, PUQ, 2008, 568 p. (ISBN 2760515257) 

Liens externes [modifier]