Jacques Marquette

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Le père Jacques Marquette

Jacques Marquette, né le à Laon, Aisne (France) et décédé le , sur le bord du lac Michigan (Amérique du Nord) était prêtre et missionnaire jésuite francais, et explorateur dans la région centrale des États-Unis. On lui attribue la découverte des sources du Mississippi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né à Laon le , Jacques Marquette est le sixième enfant de Nicolas Marquette de La Tombelle, conseiller élu de Laon et de Rose de La Salle. Sa famille très pieuse éveille en lui une vocation apostolique. La sœur de Jacques Marquette, Françoise, fonda en 1685 la Communauté des Soeurs Marquette pour l'instruction des enfants pauvres de Laon qui prit ensuite le nom de « Filles de la Providence ».[réf. nécessaire]

Après ses études dans les écoles laonnoises puis au collège des Jésuites de Reims, Jacques Marquette entre à dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus, au noviciat de Nancy puis à l'Université de Pont-à-Mousson[1]. Moins d’une année après avoir terminé ses études, il est ordonné prêtre à vingt-neuf ans et sollicite d’être envoyé en mission "ad exteras nationes" à l'étranger.

Jacques Marquette embarque à La Rochelle au début du mois de juin 1666 et arrive à Québec le 20 septembre. Il passe un an à Trois-Rivières à étudier le montagnais et d’autres langues indiennes, en 1673 il en parlera couramment une demi-douzaine. En 1668, il rejoint le Père Claude Dablon à la mission Sainte-Marie situé sur le territoire de la ville actuelle de Sault-Sainte-Marie au Michigan, mission dont dépendent environ 2 000 Algonquins. En 1669, il fonde une mission à la Pointe du Saint-Esprit et dans le courant de l’été 1671, fonde la mission Saint-Ignace sur le détroit de Mackinac.

Le , il prononce ses vœux perpétuels au Sault-Ste-Marie.

Exploration du Mississipi[modifier | modifier le code]

Le père Marquette et les Amérindiens.

C’est à St-Ignace que, le , il reçoit Louis Jolliet, chargé par le nouveau gouverneur de la Nouvelle-France Louis de Frontenac d’aller explorer la vallée du Mississippi à la recherche du passage direct vers l’océan Pacifique. Ils prennent tout l’hiver pour préparer leur grand voyage. Ils interrogent des Indiens nomades, esquissent des cartes du pays. Vers la mi-mai, ils se mettent en route à bord de deux canots accompagnés de cinq autres Français. L’expédition traverse le lac Michigan, remonte la rivière aux Renards et entre dans un pays inconnu aux Européens. Ils remontent le Mississippi jusqu'à la confluence du Missouri qu'ils décident de ne pas remonter. Ils descendent le Mississippi jusqu"à la confluence de l'Arkansas. Là, ils décident de prendre le chemin du retour par crainte de rencontrer des Espagnols dans les territoires dont ils approchent. Ils se séparent fin septembre 1673 ayant constaté que le Mississippi coule inexorablement vers le sud et non vers l’ouest comme on l’espérait.

L'observation du Mississippi a conforté Jacques Marquette dans son désir d’étendre vers l’ouest et le sud du continent l’influence missionnaire. Au mois d’octobre 1674, il quitte la baie des Puants pour aller fonder une mission chez les Illinois que Jolliet et lui sont les premiers Européens à avoir visités.

En décembre, son état de santé l’oblige à s’arrêter à la hauteur de Chicago d’où il repart le . Le 8 avril, il s’arrête dans un village où il fonde la mission de la Conception immaculée de la Sainte-Vierge. Jacques Marquette est décédé le à l'âge de 38 ans « au milieu des forests », près de l’actuelle ville de Ludington, au Michigan[2]. Il avait exprimé le désir d'être enterré dans sa bien-aimée mission Saint-Ignace et en 1677 un groupe d'amérindiens y ramènent sa dépouille. Son corps est alors enterré sous la chapelle par le père Henri Nouvel[2],[3].

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Postérité[modifier | modifier le code]

Une célèbre université américaine, une ville du Michigan, un comté du Wisconsin, une compagnie de chemin de fer (Pere Marquette Railway), une école secondaire et un centre sportif à Montréal, un lycée d'enseignement général de Pont-à-Mousson, un lac, une rivière de la région des Grands Lacs, plusieurs rues dans des villes, notamment à Trois-Rivières, Longueuil, Tracy, le Bas-Richelieu, Sherbrooke, Deux-Montagnes, Sainte-Rosalie, Châteauguay, Mont-Saint-Hilaire, Jonquière et Gatineau au Québec et à Laon, Beaurieux, Tergnier, Pont-à-Mousson et Nancy en France portent son nom.

Jean Raspail et Philippe Andrieu choisirent de s'appeler « Équipe Marquette » pour leur expédition en Amérique, du fleuve Saint-Laurent à La Nouvelle-Orléans, en 1949[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mission du Canada : Relations inédites de la Nouvelle-France (1672–1679) pour faire suite aux anciennes relations (1615–1672) avec deux cartes géographiques, [éd. Félix Martin] (2 vol., Paris, 1861).
  • Melchisédech Thévenot, Recueil de voyages de Mr. Thévenot; Paris, 1681.
  • Charlevoix, Histoire de la N.F.
  • C. Corrivault, Le Père Jacques Marquette, BRH, LVI; 1950 : 46–48.
  • Alfred Hamy, Au Mississippi : la première exploration, 1673 : le Père Jacques Marquette de Laon, prêtre de la Compagnie de Jésus 1637–1675), et Louis Jolliet, d’après Ernest Gagnon; Paris, 1903.
  • J. G. Shea, Discovery and exploration of the Mississippi valley with the original narratives of Marquette, Allouez, Membré, Hennepin, and Anastase Douay; New York; 1852.
  • Lucien Campeau, Marquette legends, RHAF, XIV; 1960–61 : 282–286.
  • G. J. Garraghan, The Jolliet-Marquette expedition, 1673, Thought, IV; 1929 : 32–71 ; Marquette.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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