Bootlegger

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Bootlegger est un terme américain qui signifie « l’homme qui cache une bouteille dans sa botte » et désigne un contrebandier d'alcool (bière, rhum, vins et spiritueux). Apparu pendant la Guerre de sécession[1], le terme est aussi utilisé pour les contrebandiers de la période de Prohibition qui s'est instauré aux États-Unis et au Canada entre les années 1917 et 1935. Les bouteilles pouvaient alors avoir une forme recourbée, pour mieux s'insérer dans les bottes.

Présentation[modifier | modifier le code]

La Prohibition a fait les beaux jours des distillateurs clandestins, des petits passeurs transfrontaliers, des revendeurs, des débits de boisson écoulant des alcools souvent frelatés (les speakeasies), des capitaines de navires impliqués dans le transport des liquides interdits et surtout, des gangs aux racines mafieuses qui contrôlaient tous ces réseaux, de New York à Chicago, pour empocher de juteux bénéfices au prix de règlements de comptes souvent sanglants.

Au cours de cette quinzaine d'années, les trafics d'importation d'alcool furent marqués par quelques faits saillants :

  • l'importation de rhum de Guyane anglaise (depuis Georgetown) notamment le Demerara (Black Diamond) à bord de goélettes qui mouillaient à trois milles des côtes, limite des eaux territoriales américaines. La marchandise était alors transbordée (souvent de nuit) à bord de bateaux rapides à moteur (les rum runners, les banana boats ou le fameux cutter canadien à voiles Nellie Banks) chargés de débarquer au plus vite, en des lieux secrets du littoral, la marchandise attendue par les bootleggers.
  • l'âge d'or des îles Saint-Pierre-et-Miquelon, plaque tournante providentielle du trafic. Les alcools étaient acheminés par pleins cargos en provenance de France, puis ils étaient débarqués, reconditionnés et déclarés en douane (destination la haute mer) pour des droits de mer dérisoires. De petites unités chargeaient les caisses, en assuraient le transport jusqu'aux rum runners (voir ci-dessus). Les importateurs Saint-pierrais les plus notoires étaient Henri Morazé et R. de la Villefromoy qui communiquaient avec leurs acheteurs à l'aide de télégrammes codés.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Bien qu'il n'y ait plus de prohibition aux États-Unis, le bootlegger fait toujours partie du paysage en Acadie. De nos jours, ce terme désigne quelqu'un qui vend de l'alcool à son domicile sans permis. Plusieurs groupes de musique Acadiens en ont parlé, dont Cayouche (Le Boutlegger, Le Frigidaire à mon Chum, L'alcool au volant), 1755 (Le Monde qu'on Connait) et Radio Radio (Rum Runner)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « bootleggers » sur le site whisky.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De G. et D. Robinson, ouvrages édités par les auteurs; P.O.Box 89, Tyne Valley C0B 2C0 (P.E.I.) Canada :
    • Duty Free, 1992, 122 p.
    • The Nellie J. Banks, 1993, 104 p.
    • It came by the boat load, 1995, 136 p.
  • Jean-Pierre Andrieux, Over the side 1984, 132 p. édité par W.F. Rannie P.O.Box 700, Beamsville L0R 1B0 (Ont) Canada
  • Jacques Nougier, Les bootleggers de Saint-Pierre 2002, 302 p. Ed. de l'Harmattan, ISBN : 2-7475-2332-2

Articles connexes[modifier | modifier le code]