Attikameks

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Attikameks
Atikamekw

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Enfants autochtones, Rivière Saint-Maurice, vers 1900

Populations significatives par région
Population totale 6 163 (2004)
Autres
Langues

Atikamekw, français

Les Attikameks (ou Nehiraw-iriniw en atikamekw), anciennement connus sous le nom de Têtes-de-Boule[1], sont des autochtones originaires et occupant le Nitaskinan (littéralement « notre terre », aski voulant dire terre), leur territoire ancestral, situé dans la vallée de la rivière Saint-Maurice (Québec) et chevauchant les régions de l'Abitibi, du Lac-Saint-Jean, de la Mauricie et de Lanaudière. Ce territoire couvre quelque 80 000 km² et est bordé par les territoires traditionnels des Wendat, des Algonquins et des Cris.

Le nom Attikamek désigne dans cette langue le Grand corégone (ou poisson blanc). La langue atikamekw, qui est un dialecte cri, appartient à la famille des langues algonquiennes et est toujours utilisée quotidiennement par la majorité de la population.

Traditionnellement, ils pratiquent la pêche, la chasse et la cueillette. Ils auraient été les découvreurs du sirop d'érable[réf. nécessaire]. Les Atikamekw ont des liens traditionnels avec le peuple Innu, qui était leur allié historique contre les Inuit.

En 2010, leur population était estimée à 6 729 individus. Les Attikameks sont établis sur quatre réserves : Obedjiwan, Wemotaci, Manawan et Coucoucache (inhabitée et gérée par Wemotaci). On trouve des minorités en milieu urbain, notamment à Joliette, Roberval et La Tuque.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le territoire ancestral atikamekw[2], Nitaskinan, est divisé en territoires familiaux. Dans la tradition atikamekw, chaque famille avait son propre territoire et en tirait sa subsistance. La superficie de ces territoires variait. Le premier à avoir cartographié ces territoires fut D.S. Davidson en 1928[3]. Le système des territoires familiaux est encore utilisé pour la pratique des activités traditionnelles et de subsistance, malgré l'intensification de la foresterie industrielle et l'augmentation de la pression de chasse et de pêche venant des touristes. Les lacs y sont aussi souvent pollués par le mercure ce qui nuit à la consommation des poissons.[réf. souhaitée] Le territoire est sollicité pour la chasse à la sauvagine, à l’orignal, à la perdrix, etc.

Depuis 1978, les Atikamekw sont en négociation avec les gouvernement du Canada et du Québec afin d'en arriver à une entente concernant leurs revendications globales. Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) est un conseil tribal représentant les trois communautés atikamekw[2].

  1. Conseil des Atikamekw de Wemotaci (Wemotaci / Coucoucache)
  2. Les Atikamekw de Manawan (Manawan)
  3. Attikamekw d’Opitciwan (Obedjiwan)

Population[modifier | modifier le code]

Population des Attikameks du Québec en décembre 2010[4]
Communautés Total résidents non-résidents
Manawan 2 476 2 177 359
Obedjiwan 2 592 2 169 423
Wemotaci 1 661 1 362 299
Attikameks (Total) 6 729 5 708 1 081

Wemotaci[modifier | modifier le code]

Wemotaci signifie « La montagne d’où l’on observe ». Wemotaci était le lieu où les Atikamekw se retrouvaient durant la saison estivale. L’automne, ils allaient sur leurs territoires de chasse respectifs. Ce village se trouve entre ses deux voisins atikamekw qui sont Manawan (92 km au sud) et Opitciwan (140 km au nord). Le village indien de Wemotaci se situe en Haute-Mauricie, dans le comté de Laviolette, à 115 kilomètres au nord-ouest de La Tuque. Cette communauté s’étend le long de la rive du Saint-Maurice près de l’embouchure de la rivière Manouane. Son territoire est d’environ 34 km². Wemotaci est formé, tout autour, de collines en une espèce d’amphithéâtre au creux duquel on trouve beaucoup de lacs, de rivières et d’îles. De l’autre côté de la rivière se trouve le village de Sanmaur. Autrefois, le village n’était pas accessible par l’automobile. En 1995, la construction d'un pont et d'une route forestière fut entrepris. La population de Wemotaci est composée aujourd’hui de 1 500 personnes dont 1 300 vivent dans la communauté. La majorité de la population est très jeune, 60 % a moins de 35 ans. Les autres résident à l’extérieur comme à Shawinigan, Trois-Rivières, La Tuque et Québec. Certains étudient dans des cégeps ou universités hors du territoire. Depuis 1974, l’électricité est présente au village avec l’aménagement des génératrices actuelles. Il y a un projet de construction (en construction) de barrages aux environs (Chute Allard et Rapide-des-cœurs). La communauté sera connectée au réseau provincial en 2008.

Manawan[modifier | modifier le code]

Manawan est située à 140 kilomètres (à vol d’oiseau) à l’ouest de La Tuque et à 72 kilomètres (à vol d’oiseau) de Saint-Michel-des-Saints sur la rive sud du Lac Métabeska, dans la région de Lanaudière. Sa superficie est de 797,26 hectares et sa population s'élève à environ 1 496 habitants. Tout comme les noms des autres communautés atikamekw, le mot « manawan » a une significatiton, il veut dire : « là où l’on trouve des œufs ». Depuis le 29 août 1906, date à laquelle Manawan devint officiellement une réserve, le milieu économique a beaucoup évolué. Il existe maintenant des commerces et des industries dans les domaines de l’alimentation, l’art et l’artisanat, la foresterie, le piégeage, la poste, la location de films, la machinerie, la pourvoirie, le plein air et le transport général.

Vers 1850, une population permanente s’établit au bord du Lac Métabeska, où se trouvait un poste de traite pour le commerce de la fourrure et les installations d'une compagnie forestière. Les hommes atikamekw commencèrent à travailler en foresterie ou à la traite des fourrures, tandis que les femmes restaient à la maison pour s’occuper des enfants.

Actuellement, le village de Manawan est divisé en deux parties: la partie du bas compte les services principaux comme le magasin ou la station-service. En haut se trouvent des quartiers résidentiels plus récents et l’école secondaire.

Opitciwan ou Obedjiwan[modifier | modifier le code]

La plus nordique et la plus isolée des trois communautés, Opitciwan est située sur la rive nord du réservoir Gouin. Son nom signifie le « courant du détroit ». C'est entre 1910 et 1914 que s'établit une population permanente à Opitciwan. Auparavant, la population qui s'est éventuellement installée à Opitciwan fréquentait plutôt le lieu de rassemblement estival de Kikendatch où un poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson et une chapelle avaient été érigés[5].

La mise en service du barrage La Loutre en 1918 inonda Kikendatch, forçant ainsi l'abandon définitif de l'endroit.

Arts traditionnels[modifier | modifier le code]

Les Atikamekw fabriquaient de leurs propres mains des paniers d’écorce de toutes les formes dont ils se servaient pour mettre leurs aliments. Ce serait eux qui auraient découvert le sirop d’érable qu’ils mettaient dans ce genre de paniers[réf. nécessaire]. Ils étaient faits avec des racines et de l’écorce de bouleau. Aux mille et un usages, ils se servaient également de ce matériau pour fabriquer les légendaires canots, légers et profilés. Durant les hivers rigoureux, les femmes étaient expertes dans la confections des mitaines, des manteaux et des mocassins en peau d’orignal. C’est en observant la perdrix, un des rares oiseaux à marcher sur la neige, que les Amérindiens ont eu l’idée de fabriquer des raquettes qui leur permettaient ainsi d’en faire autant. Elles étaient faites de babiche de caribou ou d’orignal, et de bouleau. Tout était utile pour les Amérindiens. Aujourd’hui, on en fabrique également pour la vente.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Les écrits commencent à parler des Attikameks au début du XVIIe siècle, alors qu’ils vivaient en Haute-Mauricie dans la forêt boréale. Ils devaient former un groupe de 500 à 600 personnes. Mais les massacres systématiques effectués par les Iroquois au milieu du XVIIe siècle, ajoutés aux épidémies apportées par les Européens, les ont pratiquement éliminés du Haut Saint-Maurice.

Le territoire laissé en bonne partie vacant a été par la suite occupé au fil du temps par les Têtes de Boule, un peuple Cri vivant dans le Sud-Est de la Baie James et en Abitibi. Le nom de Tête de boule a aujourd'hui été abandonné pour celui d'Attikamek[6],[7],[8].

Cohabitation entre les Attikameks et les Canadiens français de 1850 à 1910[modifier | modifier le code]

Les Attikameks vivent dans la forêt boréale en Haute-Mauricie. Depuis le XVIIe siècle, les Eurocanadiens entrent en contact avec eux, notamment pour des échanges commerciaux telle la traite des fourrures. Petit à petit, à partir de 1870, les Attikameks interagissent davantage avec les Canadiens français. Les relations de cohabitation entre ces deux groupes sont influencées par 3 éléments: la traite des fourrures, l’industrie forestière ainsi que l’imposition de la religion catholique par leurs missionnaires.

La traite des fourrures[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, quatre principaux postes de traite sont établis dans le haut et le bas de la Rivière Saint-Maurice, soit sur le territoire des Attikameks : Manaouane (Manawan depuis 1991), Wetmontachie (Wemotaci depuis 1997), Kikendatch (au sud-est du réservoir Gouin) et Coucoucache.

Village de Weymontachie en 1913

Les Attikameks et les Eurocanadiens qui participaient à la traite des fourrures avaient recours à de nombreux échanges économiques marqués au départ par un rapport d’entraide et de coopération ainsi qu’un mode de vie semblable. Les documents historiques confirment que les Attikameks et les Blancs participant à la traite des fourrures se côtoyaient régulièrement puisque tous deux étaient employés dans les postes de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Certains Attikameks sont mêmes engagés par la Compagnie de la Baie d’Hudson et ont pour tâches de transformer les fourrures ainsi que d’entretenir les postes de traite de la région. Cette relation saine avec les Canadiens engagés dans le commerce s’estompe petit à petit avec la baisse de la traite des fourrures au détriment du commerce du bois, et ce, depuis 1820, notamment à la suite du blocus continental de Napoléon[9].

Le commerce du bois[modifier | modifier le code]

Plus on avance dans le temps, le secteur forestier en expansion devient aussi un cadre de rencontre pour les Attikameks et les bûcherons canadiens. Avant la Confédération canadienne de 1867, les Attikameks exercent le contrôle par rapport à leurs ressources naturelles et à l’exploitation du territoire étant donné qu’ils étaient beaucoup plus nombreux que les travailleurs forestiers en Mauricie. Un renversement a lieu autour des années 1870 puisqu’une masse de Canadiens français s’installent en Haute-Mauricie. Devenus minoritaires, les Attikameks de la région visitent les chantiers forestiers dans le but d’effectuer des échanges commerciaux et d’y trouver emploi. Même si certains Attikameks se sont bien intégrés au sein des chantiers en raison de leur connaissance du territoire, la plupart des Attikameks sont ignorés par ces entrepreneurs forestiers et sont même perçus comme une nuisance au développement économique. Les relations sont donc tendues entre les deux groupes en raison de la volonté des Blancs d’exploiter les ressources forestières du territoire. Alors, pour garantir un espace qui suffit à la pratique de leur mode de subsistance et pour leur offrir une protection contre le développement de l’exploitation forestière, les Attikameks s’adressent au Ministère des affaires indiennes et du Nord Canada en 1881 afin d’obtenir une réserve en Mauricie. À la fin du XIXe siècle, le Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada était davantage préoccupé à réduire ses dépenses et à signer des traités avec les autochtones de l’Ouest-Canadien qu’à améliorer les conditions de vie des Attikameks[10]. Dans ce contexte, les premières réserves en Haute-Mauricie ne sont fondées qu’à partir de 1895 avec l’aide des missionnaires. Ce retard fait en sorte que les territoires disponibles sont de plus en plus rares et ne correspondent qu’à une fraction des besoins territoriaux des Attikameks[11].

La religion[modifier | modifier le code]

Depuis 1837, des missionnaires catholiques se rendent en Haute-Mauricie à chaque été afin de procéder aux mariages et aux baptêmes et d’organiser des événements religieux dans le but d’évangéliser les autochtones. Les rencontres entre Attikameks et missionnaires se font de plus en plus fréquentes vers la fin du XIXe siècle avec la mise en place des voies ferrées. Dès leurs premières rencontres, les Attikameks accueillent les missionnaires avec enthousiasme puisque ceux-ci occupaient le rôle important d’être les intermédiaires entre leur groupe et les autorités politiques. Lorsque les premières réserves sont fondées à la fin du XIXe siècle, aucun agent des Affaires indiennes n’était disponible pour répondre aux besoins des Attikameks. Pour encadrer les Attikameks, les missionnaires s’adressaient au gouvernement fédéral lors d’urgences médicales ou lors de la nécessité d’une intervention policière. D’ailleurs, il semble que leur aide dans le domaine politique consiste la raison principale pour laquelle la relation entre ces deux groupes était harmonieuse. Par contre, à l’époque, il y avait divergence d’opinions de la part des deux groupes au sujet des motifs entourant la création des réserves pour les Attikameks. D’une part, les Attikameks veulent obtenir un territoire qui ne sera pas affecté par les coupes forestières tandis que les missionnaires considèrent que la sédentarisation va faciliter l’évangélisation. Les Attikameks, découvrant cette volonté réelle des missionnaires, perdent peu à peu confiance à leur égard. Avec l’arrivée des pensionnats dans la première moitié du XXe siècle, les Attikameks développent une plus grande méfiance par rapport à l’Église[12],[13],[14].

Les indiens canadiens n’ont pas raison de se plaindre du Département des Affaires Indiennes car ils reçoivent tant que c’est à rendre jaloux et voyez : le Département leur bâtit des écoles, les chauffe et les entretient. Il paie les institutrices et fournit aux élèves, livres, papiers, crayons. Il engage des médecins, les paie et il paie les remèdes et les soins d’hôpital. Il donne des rations mensuelles aux malades, aux impotents, aux vieillards, et aux nécessiteux. De plus, il donne à tous une foule de choses; bas, chaussures, vêtements, couvertes. De plus, encore les indiens ne sont pas taxés; c’est ce qui faisait dire à un vieux missionnaire, qu’ils étaient des princes […] « Les indiens sont gâtés par le Département, » me disait un de leurs agents. Il faut savoir que les petits du peuple canadien ce sont les indiens : ils ne réfléchissent pas. Il faudrait leur rappeler quelquefois ce qu’ils reçoivent, les millions de dollars qu’on leur donne chaque année. Le gouvernement fait bien d’en avoir pitié et de les traiter ainsi. Nous leur avons pris leurs terres, leurs forêts, leur pays…

Extrait de "Mémoires d'un père Oblat", GUINARD, J.-É. (1945)

Les pensionnats[modifier | modifier le code]

Les pensionnats sont apparus vers 1932. On y enseignait l’histoire du Canada, la géographie, le français, l’arithmétique (les mathématiques) et la religion. Il y avait six niveaux et trois catégories d’âge : les petits (7 à 9 ans), les moyens (10 à 11 ans) et les grands (12 à 16 ans). Les jeunes n’avaient aucun contact avec les autres groupes. On y montrait la discipline et les autochtones n’avaient pas le droit de parler leur langue maternelle, sinon on les punissait sévèrement. Tous les jeunes autochtones étaient obligés d’aller au pensionnat. Ils étaient environ 125 à 150 garçons et environ 150 filles attikamekw. Ils allaient dans le pensionnat de Pointe Bleue car on voulait qu’ils soient éloignés de Wemotaci pour ne pas qu’ils s’enfuient. En septembre, ils quittaient leurs familles et demeuraient 10 mois sans la voir et ne revenaient qu’au mois de juin. Leur seul moyen de transport était le train, sauf qu’au lieu de les faire monter dans les wagons passagers on les faisait monter dans les wagons des animaux. Quand ils arrivaient au pensionnat on les lavait et on coupait les cheveux des filles. Souvent, on frottait leur peau pour qu’elle soit plus pâle. Les jeunes étaient maltraités s’ils ne suivaient pas les règles ou faisaient des bévues. Les jeunes étaient loin de leurs parents et de leur culture. C’était une assimilation pour faire perdre la culture indienne. Aujourd’hui encore, ces pensionnaires des années 30 ont des séquelles des traumatismes dus aux sévices qu’ils ont subis.

Saisons et division de l'année[modifier | modifier le code]

Chez les Atikamekw, l’année est divisée en six. Dans chaque saison, il y a une activité principale. L’ordre des saisons commence par Sikon qui est une sorte de pré-printemps et, dans cette saison, les Attikamekw fabriquent des paniers d’écorce qui peuvent contenir l’eau d’érable cueilli dans cette période de l’année. Celle qui vient ensuite, c’est Miroskamin, équivalente au printemps. Dans cette saison, les Attikamekw vont pêcher et chasser des perdrix. Ensuite, la saison qui suit dans l’ordre, c’est Nipin qui est comme l’été et on y fait la même chose qu’à la saison précédente. C’est durant l’automne, ou Takwakin, que commence la chasse à l’orignal. On enlève alors la peau de l’orignal avec soin, les abats sont apprêtés et consommés immédiatement et la viande est fumée afin d’être conservée. C’est durant le début de l’hiver, ou Pitcipipon, qu’ils s’en vont trapper des castors et que les femmes font des manteaux avec leurs fourrures. Durant l’hiver, ou Pipon, ils pêchent sous la glace avec des filets fabriqués par des hommes et où d’autres fabriquent des paires de raquettes. Les femmes enlèvent le poil des peaux d’orignal, puis elles les lavent, les grattent, les découpent en babiche pour tresser les raquettes.

L’année, chez les autochtones modernes, est également divisée en 12 mois. Par contre, les anciens Attikamekw les ont traduits en leur langue. Le début de chaque mois est le même que dans le calendrier que l’on connaît aujourd’hui. Chez les Attikamekw, les mois de l’année sont étalés comme suit :

  • Janvier est dit « Kenositc Pisim » car c’est le mois le plus long
  • Février « Akokatcic Pisim » car c’était le mois ou tous les siffleux sortent
  • Mars « Nikikw Pisim » c’est le mois de la loutre
  • Avril « Ka Wasikatotc Pisim » le mois ou la lune se reflète sur la glace
  • Mai « Wapikon Pisim » le mois de la floraison
  • Juin « Otehimin Pisim » le mois des fraises
  • Juillet « Mikomin Pisim » le mois des framboises
  • Août « Otatokon Pisim » le mois où les jeunes oiseaux apprennent a voler
  • Septembre « Kakone Pisim »car c’est le mois ou le porc-épic se reproduit
  • Octobre « Namekosa Pisim » le mois où la truite fraie
  • Novembre « Atikamekw Pisim » le mois ou la corrégone (poisson blanc = attikamekw) fraie
  • Décembre « Pitcipipon Pisim » le mois des temps longs.

Pour la transformation de ces mois, les anciens examinèrent les activités qui se reproduisaient année après année lors des mois qui passaient. C’est ainsi que furent adaptés les noms des mois et des saisons afin de correspondre à la réalité propre à la culture attikamekw. Ceux-ci sont toujours en usage dans ces communautés.

L'éducation des Attikameks du Québec[modifier | modifier le code]

L'éducation des Attikameks, intègre une vision holistique et expérientielle dans leurs apprentissages. Les saisons, l'expérience du terrain et les enseignements familiaux sont les bases fondamentales de leurs apprentissages.

Une vision holistique et expérientielle.[modifier | modifier le code]

La vision holistique et expérientielle de l'apprentissage vise à prioriser la culture, l'expérience de vie du groupe sur les terres et l'expérience personnel de l'individu. Elle permet aussi de faciliter un rapprochement entre deux réalités, celle sur le territoire et celle à l'extérieur du territoire du Nitaskinan[15],[16].

La parole des aînées.[modifier | modifier le code]

La transmission des savoirs chez les Attikameks se faisait en fonction des périodes de trappe et de chasse, puis la langue et les valeurs se développaient en fonction des caractéristiques du territoire. Dans cette communauté nomade ou semi-nomade, la parole des aînées est importante et donne un sens aux apprentissages tout comme la nature et les histoires des aînées. Chez les Attikameks, l'apprentissage était acquis selon le rythme et la volonté des enfants, si au printemps un enfant n'avait pas appris à manier son canot pour rejoindre sa communauté, il se reprenait sans problème l'année d'après, puis la suivante. Pour eux, le temps de l'année marque l'apprentissage[17],[18],[19].

Les valeurs principales[modifier | modifier le code]

L'évolution des Attikameks est basée sur des valeurs principales tels que, l'harmonie avec la nature, les punitions physique rare, le partage libre et la satisfaction des besoins présents. Ces valeurs se véhiculent encore aujourd'hui dans les communautés Attikameks. Elles sont toujours basées sur le mode de vie en forêt, le respect de la nature et des êtres humains et enfin une gestion du territoire fondée sur la nécessité de survie[17],[18],[19].

L'alphabet Attikameks[modifier | modifier le code]

L'alphabet Attikameks contient seulement quinze lettres: P T K S C TC M N R W H A E I O Elles se prononcent comme les lettres en français, sauf quelques-unes comme le P qui se prononce pè, le TC, le c=ch, T= tè[20].

Cérémonies traditionnelles pour les premiers apprentissages[modifier | modifier le code]

Parmi les éléments de l'apprentissage chez les Attikameks, on retrouve les cérémonies traditionnelles qui, pour certains sages, étaient essentielles et le sont encore de nos jours pour faire vivre la spiritualité et aussi conserver les valeurs Attikameks. De nos jours elles peuvent aussi aider à résoudre les problèmes de consommation et de violence, etc. Dans ces cérémonies, les Attikameks accordent beaucoup d'importance à l'enfance. Voici quelques exemples de cérémonies traditionnelles chez les Attikameks[21].

La cérémonie du nouveau-né[modifier | modifier le code]

La mère présente l'enfant à tous les aînés qui eux forment un cercle. On offre des objets symboliques à l'enfant, on récite des prières et on chante. Le parrain et la marraine acceptent d'accompagner l'enfant durant toute sa vie[21].

La Cérémonie des premiers pas[modifier | modifier le code]

Cette cérémonie a lieue sur le territoire traditionnel. Elle marque une autre étape de la vie de l'enfant. Elle se déroule très tôt le matin, dans une tente dont la porte est orienté vers l'Est pour bien faire entrer la lumière. L'enfant sort avec sa marraine et son parrain, qui le font marcher sur des branches de sapins. On offre au petit garçon du gibier, une gibecière, un petit arbre décoré de ruban et une hache. Il tire pour la première fois un coup de fusil. À la petite fille, on offre un Tikinakan (un objet servant à transporter l'enfant sur son dos), qui symbolise le fait qu'elle pourra donner la vie. Les personnes présentent à la cérémonie s'engagent à aider l'enfant tout au long de sa vie[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/attikameks
  2. a et b Annexe 3 sur les noms officiel des bandes au Québec sur le guide terminologique autochtone
  3. Davidson, D. S. 1928. Notes on the Tete-de-Boule ethnology. American Anthropologist 30, no. 1: 18 - 46.
  4. Affaires indiennes et du Nord Canada (Région du Québec) http://www.ainc-inac.gc.ca/qc/aqc/pop_f.html
  5. Leney, Peter (1996) "Pourquoi les Attikameks ont abandonné Kikendatch pour Obedjiwan: L'histoire cachée" in Recherches Amérindiennes au Québec, vol 26, no1
  6. Relation des Jésuites, 1647-1655, tome 4, Édition du Jour
  7. Léo-Paul Desrosiers, Iroquoisie, Septentrion
  8. L'Encyclopédie canadienne, http://www.canadianencyclopedia.ca/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0000387
  9. Gélinas, Claude (2000) « La Gestion de l’étranger – Les Attikamekw et la présence eurocanadienne en Haute-Mauricie 1760-1870 », pages 208 et 210 à 213.
  10. 1. Gélinas, Claude (2002) « La création des réserves attikamekw en Haute-Mauricie (1895-1950), ou quand l’Indien était vraiment un Indien », Recherches amérindiennes au Québec, vol. XXXII, No.2, Page 36.
  11. Lebel, Sylvie (2005) « Trois facettes de la coexistence entre les peuples autochtones et canadienne en Mauricie (1870-1910) », Recherches amérindiennes au Québec, vol. XXXV, No 1, pages 69-71
  12. Gélinas, Claude (2002) «La création des réserves attikamekw en Haute-Mauricie (1895-1950), ou quand l’Indien était vraiment un Indien» , Recherches amérindiennes au Québec, vol. XXXII, No.2, Page 37-41
  13. Lebel, Sylvie (2005) « Trois facettes de la coexistence entre les peuples autochtones et canadienne en Mauricie (1870-1910) », Recherches amérindiennes au Québec, XXXV, No 1, pages 70-74
  14. CRÉ-Mauricie(s.d.) « Plan régional de développement intégré des ressources et du territoire (PRDIRT) », pages 13-14
  15. Colomb, Emmanuel. (2009). Première Nations Essai d’une approche holistique en éducation supérieure : entre compréhension et réussite, Québec, Presses de l’université du Québec, p. 43.
  16. Conseil Canadien sur l’apprentissage (2009). État de l’apprentissage chez les Autochtones au Canada : Une approche holistique de l’évaluation de la réussite, http://www.ccl-cca.ca/pdfs/StateAboriginalLearning/SAL-ExecSum_FR.pdf.
  17. a et b Fontaine, Claudette, Goupil, Louise et Provost, Michelle. (1989). NITASKINAN notre territoire, Les Attikameks du Québec, Canada, Édition Liane Montplaisir, Graficor, p. 32-37.
  18. a et b Colomb, Emmanuel. (2009)Première Nations Essai d’une approche holistique en éducation supérieure : entre compréhension et réussite, Québec, Presses de l’université du Québec, p. 47.
  19. a et b Siméon, Geneviève (1994). Maldéveloppement socio-économique dans les communautés Attikameks-Montagnaises et la question de l'autonomie gouvernementale (Mémoire de maîtrise (Université du Québec à Chicoutimi)), http://constellation.uqac.ca/1273/1/1502241.pdf. (Consulté le 5 décembre 2013)
  20. Fontaine, Claudette, Goupil, Louise et Provost, Michelle. (1989). NITASKINAN notre territoire, Les Attikameks du Québec, Canada, Édition Liane Montplaisir, Graficor, p. 10-15.
  21. a, b et c Fontaine, Claudette, Goupil, Louise et Provost, Michelle. (1989). NITASKINAN notre territoire, Les Attikameks du Québec, Canada, Édition Liane Montplaisir, Graficor, p. 20-25.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Attikamek.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Conseil Canadien sur l’apprentissage (2009). État de l’apprentissage chez les Autochtones au Canada : Une approche holistique de l’évaluation de la réussite, http://www.ccl-cca.ca/pdfs/StateAboriginalLearning/SAL-ExecSum_FR.pdf.
  • Norman Clermont, « Qui étaient les Attikamègues? », Anthropologica, vol. 16, no 1,‎ 1974, p. 59-74
  • Norman Clermont, Ma femme, ma hache et mon couteau croche : Deux siècles d'histoire à Weymontachie, Québec, Ministère de affaires culturelles, Civilisation du Québec,‎ 1977, 144 p.
  • Norman Clermont, La culture matérielle des Indiens de Weymontachie : Images d'hier dans une société en mutation, Montréal, Recherches Amérindiennes au Québec,‎ 1982, 157 p.
  • Claude Gélinas, Entre l’assommoir et le godendart : Les Atikamekw et la conquête du Moyen-Nord québécois, 1870-1940, Sillery, Septentrion,‎ 2003, 300 p.
  • Colomb, Emmanuel (2009. Première Nations Essai d’une approche holistique en éducation supérieure : entre compréhension et réussite, Québec, Presses de l’université du Québec, 90 p.
  • Fontaine, Claudette, Goupil, Louise et Provost, Michelle (1989). NITASKINAN notre territoire, Les Attikameks du Québec, Canada, Édition Liane Montplaisir, Graficor, 50p.
  • Claude Gélinas, La gestion de l’étranger : Les Atikamekw et la présence eurocanadienne en Haute-Mauricie, 1760-1870, Sillery, Septentrion,‎ 2000, 378 p.
  • Claude Gélinas, « La création des réserves atikamekw en Haute-Mauricie (1895-1950), ou quand l’Indien était vraiment un Indien », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 32, no 2,‎ 2002, p. 36-48
  • Sylvie Lebel, « Trois facettes de la coexistence entre les peuples autochtones et canadienne en Mauricie (1870-1910) », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 35, no 1,‎ 2005, p. 69-80
  • CRÉ Mauricie, Plan régional de développement intégré des ressources et du territoire (PRDIRT), Québec,‎ s.d., 52 p.
  • Siméon, Geneviève (1994). Maldéveloppement socio-économique dans les communautés Attikameks-Montagnaises et la question de l'autonomie gouvernementale (Mémoire de maîtrise (Université du Québec à Chicoutimi)), http://constellation.uqac.ca/1273/1/1502241.pdf. (Consulté le 5 décembre 2013)

Filmographie =[modifier | modifier le code]

  • Les six saisons attikamek. Pierre Dinel, Pierre Hivon (1986)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]