Nunavut

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73° N 91° O / 73, -91

Nunavut
ᓄᓇᕗᑦ
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Carte de localisation
Carte de localisation
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Capitale Iqaluit
Plus grande ville Iqaluit
Création 1er avril 1999 (3e)
Commissaire Edna Elias (en)
Premier ministre Peter Taptuna
Sièges à la Chambre des communes 1
Sièges au sénat 1
Code postal X
Abréviation postale NU
ISO 3166-2:CA CA-NU
Démographie
Gentilé Nunavummiut
Population 35 600 hab. (2013)
Densité 0,02 hab./km2
Rang 13e
Langues officielles Anglais
Français
Inuit (Inuktitut, Inuinnaqtun)
Géographie
Superficie 2 038 722 km2
Rang 1er
Terre 1 936 113 km2
Eau 157 077 km2 (7.50 %)
Fuseau horaire UTC -4, -5, -6 et -7
Divers
Devise ᓄᓇᕗᑦ ᓴᙱᓂᕗᑦ
(Nunavut Sannginivut)
(Inuktitut : « Nunavut, notre force » ou « Notre terre, notre force »)
Domaine Internet .nu.ca

Le Nunavut (de l'Inuktitut : ᓄᓇᕗᑦ, en anglais [ˈnnəˌvʊt ]) est un territoire fédéral du Nord du Canada, bordé à l'ouest par les Territoires du Nord-Ouest et au sud par le Manitoba. Son nom signifie « notre terre » en inuktitut, langue des Inuits. Il fut séparé des immenses Territoires du Nord-Ouest le 1er avril 1999, par la Loi sur le Nunavut[1] et la Loi concernant l'accord sur les revendications territoriales du Nunavut[2], bien que les frontières aient été établies dès 1993. Il s'agit du 3e territoire canadien par ordre de création. Avec une superficie de 2 038 722 km2, c'est la plus grande entité territoriale du pays, mais la moins peuplée avec une population de 35 600 habitants en 2013. Sa capitale est Iqaluit.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Carte du Nunavut

Le Nunavut est le plus oriental des trois territoires du Canada. Il couvre au total 2 093 190 km2, dont 1 932 255 km2 de terres et 160 935 km2 d'eaux, ce qui en fait la 5e plus grande entité subnationale du monde (après la République de Sakha, l'Australie-Occidentale, le krai de Krasnoïarsk et le Groenland), plus grande que le Mexique.

Situé à l'extrémité septentrionale du Canada, le Nunavut s'étend sur la partie nord du continent américain, immédiatement à l'ouest de la baie d'Hudson, ainsi que sur la majeure partie de l'archipel arctique canadien et sur les îles des baies d'Hudson, James (y compris les îles Belcher) et d'Ungava. Il est bordé à l'ouest par les Territoires du Nord-Ouest et par le Manitoba au sud. À l'est, le Nunavut et Terre-Neuve-et-Labrador possèdent une courte frontière terrestre sur l'île de Killiniq. Le Nunavut possède également des frontières maritimes avec le Groenland à l'est (à travers le détroit de Davis, la baie de Baffin et le passage Kennedy) et le Québec au sud-est (à travers le détroit d'Hudson et par ses îles méridionales). La frontière sud-ouest avec les Territoires du nord emprunte la longitude 102° O ; le 60e parallèle nord forme la frontière avec le Manitoba. L'intersection de ces deux lignes, au sud-ouest du territoire, forme un quadripoint nommé Four Corners entre les frontières du Nunavut, du Manitoba, des Territoires du Nord-Ouest et de la Saskatchewan.

Le territoire occupant une partie de l'archipel arctique est traversé par le Passage du nord-ouest. Celui-ci est emprunté par les navires pétroliers et de marchandises de nombreuses nations qui considèrent ces eaux libres. Cette situation est l'objet d'un enjeu économique important pour le Canada qui revendique sa souveraineté sur ses eaux intérieures.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Les montagnes de la côte orientale du Nunavut font partie de la cordillère arctique, qui s'étend du nord de l'île d'Ellesmere à la pointe nord du Labrador. Le point culminant du territoire est le mont Barbeau, sur l'île d'Ellesmere (2 616 mètres).

Géologie[modifier | modifier le code]

Géologiquement, le Nunavut est situé sur le bouclier canadien, avec très peu de sol meuble reposant au-dessus du substrat rocheux et de nombreux affleurements nus. Cette disposition résulte des glaciers pendant la dernière glaciation, qui recouvraient le bouclier et ont mis à nu la roche.

Le substrat rocheux du Nunavut est très ancien, remontant au précambrien. Le territoire abonde en filons de minerai.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Nunavut possède de nombreux cours d'eau et lacs. Quasiment tous les bassins versants se déversent dans la baie d'Hudson ou l'océan Arctique.

Flore[modifier | modifier le code]

La toundra arctique recouvre presque tout le Nunavut, à l'exception d'une zone réduite au sud-ouest près des Four Corners où une taïga marginale existe. La végétation du Nunavut comprend de rares baies, des lichens, des saules arctiques, des herbes dures et des petits buissons de saules. Des calottes glaciaires subsistent dans certaines des grandes îles de l'archipel arctique à des altitudes suffisamment élevées (principalement les îles de Baffin, Devon et d'Ellesmere).

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

La densité de population du Nunavut n'atteint que 0,015 habitants au km² soit une densité (théorique bien entendu) d'un habitant pour près de 70 km². Il s'agit de l'une des plus faibles au monde. En comparaison, le Groenland à l'est fait à peu près la même superficie mais abrite deux fois plus d'habitants.

La capitale du Nunavut est Iqaluit (anciennement Frobisher Bay), sur l'île de Baffin à l'est. Iqaluit est la plus grande ville du territoire et abrite 6 200 habitants. Il existe 26 communautés officiellement reconnues. Mis à part Iqaluit, dix dépassent 1 000 habitants : Kangiqtiniq, Arviat, Kangerjuaq, Igloolik, Ikaluktutiak, Pangnirtung, Pond Inlet, Kugluktuk, Kingait et Gjoa Haven. Elles sont regroupées en trois régions : Kitikmeot, Kivalliq et Qikiqtaaluk.

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

En 2013, la population du Nunavut est estimée à 35 600 habitants[3]. Le Nunavut est le moins peuplé des territoires du Canada. D'une superficie équivalente à celle de l'Europe occidentale, le Nunavut est également la moins densément peuplée de toutes les entités subnationales du pays.

Environ 40 % des Nunavummiut ont moins de 15 ans[réf. nécessaire]. La population du Nunavut est touchée par des problèmes sociaux importants : chômage, pénurie de logements, délinquance, alcoolisme, suicides. Une des causes du chômage est l'importance des langues anglaise et française sur le marché du travail de la région, que les Nunavummiut parlent peu, souhaitant continuer à utiliser leur langue propre, l'inuktitut[réf. nécessaire].

Origines[modifier | modifier le code]

Inuk de la communauté d'Arviat

Selon le recensement fédéral de 2006, sur 29 474 habitants, les principales origines ethniques auxquelles s'identifient les habitants du Nunavut sont[4] :

  • Inuits : 24 915 (83,6 % de la population totale)
  • Non-autochtones : 4 410 (14,96 %)
  • Métis : 130 (0,44 %)
  • Premières nations : 100 (0,34 %) ;

Bien que le Nunavut compte quelques migrants intérieurs depuis le reste du Canada (ces migrants sont généralement présents temporairement), il existe peu d'immigration depuis l'extérieur du pays vers le territoire. En 2006, le Nunavut ne compte que 450 immigrants, dont environ 80 du Royaume-Uni, 40 des États-Unis et des Philippines, 30 d'Allemagne, 20 de Chine et d'Inde et un peu plus de 10 de Jamaïque et d'Afrique du Sud[5]. 4 940 ont émigré du Nunavut vers d'autres régions du Canada entre 1996 et 2006, tandis que 5 615 se déplaçaient dans le sens inverse[6],[7].

Religion[modifier | modifier le code]

Selon le recensement fédéral de 2001, les principales affiliations religieuses du Nunavut sont[8] :

Langues[modifier | modifier le code]

Les langues officielles du Nunavut sont l'inuktitut, l'inuinnaqtun, l'anglais et le français.

Lors du recensement de la population de 2006, 29 025 réponses furent enregistrées au sujet de langue maternelle (pour 29 474 habitants officiellement recensés) ; les langues les plus couramment rapportées étaient[9] :

# Langue maternelle Locuteurs  %
1 Inuktitut 20 185 69,5 %
2 Anglais 7 765 26,5 %
3 Français 370 1,3 %
4 Inuinnaqtun 295 1,0 %

Les francophones du territoire sont, entre autres, représentés par l'Association des francophones du Nunavut.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Bâtiment de l'Assemblée du Nunavut, à Iqaluit.
Article détaillé : Politique du Nunavut.

Le représentant de la reine au Nunavut est le commissaire choisi par le gouvernement fédéral ; comme dans les autres territoires, son rôle est symbolique. L'actuelle commissaire du gouvernement fédéral est Edna Elias. Le chef du gouvernement est le Premier ministre, actuellement Peter Taptuna, élu, ainsi que ses ministres, par l'Assemblée législative du territoire.

Les 22 députés à l'Assemblée législative unicamérale sont élus individuellement, les dernières élections ont eu lieu le 23 octobre 2013. Aucun parti local n'existe au Nunavut et la législature opère par un système de consensus. Face aux critiques sur sa politique, le Premier ministre Paul Okalik a institué un conseil de 11 aînés, le inuit qaujimajatuquangit. Ce groupe conseille le gouvernement pour intégrer la culture inuite dans les lois et décisions politiques.

Le budget annuel du territoire est d'environ 700 millions de dollars canadiens (environ 441,6 millions d'euros) qui proviennent presque entièrement du gouvernement fédéral. L'ancien premier ministre canadien, Paul Martin, a inscrit « le soutien au Grand Nord canadien » comme une priorité de son gouvernement pour 2004 : 500 millions de dollars par an à répartir entre les différents territoires nordiques.

Comme les autres territoires, le Nunavut consiste en une seule circonscription électorale fédérale, également nommée Nunavut, dont la députée est Leona Aglukkaq du Parti conservateur du Canada ; ainsi que d'un sénateur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne[modifier | modifier le code]

La région actuellement connue comme Nunavut est peuplée continuellement depuis 4 000 ans. La plupart des historiens identifient l'île de Baffin avec le Helluland des sagas scandinaves. Il est donc possible que les habitants de la région aient eu des contacts occasionnels avec des marins scandinaves. Voir aussi paléoeskimo et néoeskimo.

L'histoire écrite du Nunavut commence en 1576. Martin Frobisher, en dirigeant une expédition pour trouver le passage du Nord-Ouest, crut avoir découvert du minerai d'or près de l'actuelle baie de Frobisher sur la côte de l'île de Baffin. Le minerai était sans valeur, mais Frobisher fut le premier contact européen connu avec les Inuit. Le contact fut agressif : Frobisher captura quatre Inuits et les ramena en Angleterre, où ils périrent.

D'autres explorateurs vinrent au XVIIe siècle en quête du Passage du Nord-Ouest, dont Henry Hudson, William Baffin et Robert Bylot.

En 1893, Joseph et James Tyrrell, employés par la Commission géologique du Canada pour explorer l'intérieur des terres du Keewatin, partirent du lac Athabasca situé à la frontière de l'Alberta et de la Saskatchewan, descendirent la rivière Dubawnt, traversèrent la région de Chesterfield Inlet et longèrent la côte de la baie d'Hudson jusqu'à Churchill. L'année suivante, Joseph Tyrrell explora et cartographia la partie sud de l'intérieur des terres du Keewatin.

Pendant la période de colonisation par les Canadiens, les Inuits ont été contraints à la sédentarisation à l'aide de méthodes coercitives, dont le massacre des chiens esquimaux.

Moderne[modifier | modifier le code]

Des négociations pour un accord sur les revendications territoriales commencèrent en 1976 entre le gouvernement fédéral et le Tapirisat inuit du Canada. En avril 1982, une majorité des résidents des Territoires du Nord-Ouest votèrent en faveur de la scission, et le gouvernement fédéral l'approuva conditionnellement sept mois après. L'accord sur les revendications territoriales fut conclu en septembre 1992 et ratifié par près de 85 % des électeurs du futur Nunavut. En juin 1993, le Parlement du Canada adopta la Loi concernant l'accord sur les revendications territoriales du Nunavut et la Loi sur le Nunavut. La transition déboucha sur la création du Nunavut le 1er avril 1999.

Culture et Théâtre[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

Média[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Nunavummiut célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://lois.justice.gc.ca/fr/ShowFullDoc/cs/N-28.6///fr
  2. http://lois.justice.gc.ca/fr/ShowFullDoc/cs/N-28.7///fr
  3. (en) The Globe and Mail, 17 janvier 2014, Myth versus reality in Stephen Harper’s Northern strategy
  4. « Profil de la population autochtone de 2006 - Nunavut », Statistique Canada (consulté le 09/07/2009)
  5. « Statut d'immigrant et période d'immigration et lieu de naissance pour les immigrants et les résidents non permanents, pour le Canada, les provinces, les territoires, les régions métropolitaines de recensement et les agglomérations de recensement, Recensement de 2006 - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada (consulté le 09/07/2009)
  6. « Province ou territoire de résidence 5 ans auparavant (14), langue maternelle (8), groupes d'âge (16) et sexe (3) pour les migrants interprovinciaux de 5 ans et plus, pour le Canada, les provinces et les territoires, recensements de 2001 et 2006 - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada (consulté le 09/07/2009)
  7. « Province ou territoire de résidence 5 ans auparavant (14), langue maternelle (8), groupes d'âge (16) et sexe (3) pour les migrants interprovinciaux de 5 ans et plus, pour le Canada, les provinces et les territoires, recensements de 1996 et 2001 - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada (consulté le 09/07/2009)
  8. « Certaines religions, pour le Canada, les provinces et les territoires - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada (consulté le 05/07/2009)
  9. « Langue maternelle détaillée (186), connaissance des langues officielles (5), groupes d'âge (17A) et sexe (3) pour la population, pour le Canada, les provinces, les territoires, les régions métropolitaines de recensement et les agglomérations de recensement, recensements de 2001 et 2006 - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada,‎ 12/06/2008 (consulté le 09/07/2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]