François Mitterrand

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François Mitterrand
François Mitterrand, en 1984.
François Mitterrand, en 1984.
Fonctions
Président de la République française

(13 ans 11 mois et 26 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Pierre Mauroy
Laurent Fabius
Jacques Chirac
Michel Rocard
Édith Cresson
Pierre Bérégovoy
Édouard Balladur
Prédécesseur Valéry Giscard d'Estaing
Successeur Jacques Chirac
Premier secrétaire du Parti socialiste

(9 ans 7 mois et 8 jours)
Prédécesseur Alain Savary
Successeur Lionel Jospin
Député de la 3e circonscription de la Nièvre

(18 ans 5 mois et 15 jours)
Législature IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe (Cinquième République)
Prédécesseur Jehan Faulquier
Successeur Bernard Bardin

(12 ans et 28 jours)
Législature Ire, IIe, IIIe (Quatrième République)
Prédécesseur Roger Gillot
Successeur Jehan Faulquier
Sénateur de la Nièvre

(3 ans 7 mois et 17 jours)
Prédécesseur Jean Doussot
Successeur Daniel Benoîst
Ministre d'État, Garde des Sceaux,
ministre de la Justice

(1 an 3 mois et 20 jours)
Président René Coty
Gouvernement Guy Mollet
Prédécesseur Robert Schuman
Successeur Édouard Corniglion-Molinier
Ministre de l'Intérieur

(7 mois et 17 jours)
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Léon Martinaud-Déplat
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury
Ministre d'État délégué au Conseil de l'Europe

(2 mois et 7 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Joseph Laniel I
Prédécesseur Pierre Pflimlin
(ministre en 1952)
Successeur Maurice Faure
(ministre en 1958)
Ministre d'État

(1 mois et 8 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Edgar Faure I
Ministre de la France d'Outre-mer

(11 mois et 28 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement René Pleven I
Henri Queuille I
Prédécesseur Paul Coste-Floret
Successeur Louis Jacquinot
Ministre des Anciens combattants
et des Victimes de guerre

(7 mois et 25 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Robert Schuman I
Prédécesseur Daniel Mayer
Successeur André Maroselli

(8 mois et 29 jours)
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Paul Ramadier
Gouvernement Paul Ramadier I
Prédécesseur Max Lejeune
Successeur Daniel Mayer
Biographie
Nom de naissance François Maurice Adrien Marie Mitterrand
Date de naissance
Lieu de naissance Jarnac (France)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nature du décès Cancer de la prostate
Nationalité Française
Parti politique PS (1971-1995)
CIR (1965-1971)
UDSR (1946-1965)
Conjoints Danielle Gouze
Enfants Pascal Mitterrand
Jean-Christophe Mitterrand
Gilbert Mitterrand
Mazarine Pingeot
Diplômé de Université de Paris
École libre des sciences politiques
Profession Avocat
Éditeur de presse
Religion Catholicisme[1]
Agnosticisme[1]

Signature de François Mitterrand

François Mitterrand
Présidents de la République française

François Mitterrand Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le à Jarnac (Charente) et mort le à Paris (7e) , est un homme d'État français. Il est le 21e président de la République française du au .

Agent contractuel sous le régime de Vichy, puis résistant, il est onze fois ministre sous la IVe République : ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre, ministre de la France d'Outre-mer, ministre d'État, délégué au Conseil de l'Europe, ministre de l'Intérieur, garde des Sceaux, ministre de la Justice. Il est député de la Nièvre (de 1946 à 1958 puis de 1962 à 1981) et sénateur de la Nièvre (de 1959 à 1962).

Opposé au retour du général de Gaulle, il affronte celui-ci au second tour de l'élection présidentielle de 1965, qu'il perd. Il devient premier secrétaire du jeune Parti socialiste en 1971. Candidat de l'Union de la gauche à la présidentielle de 1974, il est battu par Valéry Giscard d'Estaing.

Candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 1981, il est élu 21e président de la République française face à Valéry Giscard d'Estaing, le , avec 51,76 % des suffrages exprimés. Il est le premier socialiste à occuper la présidence de la République sous la Ve République. Sa présidence se déroule du au . Il détient ainsi le record de longévité (deux septennats complets) à la présidence de la République française.

Il fait voter l'abolition de la peine de mort en 1981 et plusieurs lois sociales, puis décide le « tournant de la rigueur » devant la menace qui pèse sur le franc. Il nomme Jacques Chirac Premier ministre après la défaite de la gauche aux élections législatives, en 1986. Son second septennat est notamment marqué par l'engagement militaire de la France dans la guerre du Golfe, la première nomination d'une femme, Édith Cresson, au poste de Premier ministre, l'adoption par référendum du traité de Maastricht, une deuxième cohabitation (avec Édouard Balladur à Matignon), des révélations sur son passé et son mauvais état de santé.

Sommaire

Premières années[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Mitterrand.

François Maurice Adrien Marie Mitterrand est né dans la ville charentaise de Jarnac, au sein d'une famille bourgeoise catholique et conservatrice. Son grand-père paternel était chef de gare à Jarnac, fils d'un éclusier du Canal de BerryAudes dans le département de l'Allier), et un catholique pratiquant. Sa grand-mère paternelle était limousine, d'une famille de petits fonctionnaires originaires de Séreilhac près de Limoges. Son père Joseph, né à Limoges, était ingénieur de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, puis en 1919 s'installa à Jarnac pour reprendre la direction de la vinaigrerie de son beau-père, devenant plus tard président de la fédération nationale des syndicats de fabricants de vinaigre[2]. Sa mère, Yvonne Lorrain, issue d'une famille de tradition républicaine, était la fille de Jules Lorrain, négociant en vins et eaux de vie et conseiller municipal de Jarnac (et petit-neveu par alliance du ministre Léon Faucher). François est le cinquième sur une famille de huit enfants. Il a trois frères : Robert (1915-2002), polytechnicien, administrateur de sociétés ; Jacques (1918-2009), général d'armée aérienne ; Philippe (1921-1992), exploitant agricole et ancien maire de Saint-Simon en Charente, et quatre sœurs : Marie-Antoinette (1909-1999) épouse Fernand Ivaldi, puis Pierre de Renoult, puis Pierre Gabriel Signard ; Marie-Josèphe (1912-1997) épouse Charles, marquis de Corlieu, puis Jean Wegmann ; Colette (1914-2004), épouse du capitaine Pierre Landry et Geneviève (1919-2006), épouse d'Eugène Delachenal, polytechnicien et banquier.

François est baptisé le en l'église Saint-Pierre de Jarnac[3]. Il grandit dans une famille fortunée, ayant l'électricité dès 1922. Il fréquente l'école privée Sainte-Marie de Jarnac avec son frère Robert jusqu'en 1925. Cette année-là, François entre comme pensionnaire au collège privé d'enseignement catholique Saint-Paul d'Angoulême pour entamer des études secondaires. Il se révèle excellent en histoire, en géographie, en latin et en instruction religieuse et prend goût pour la littérature. Il devient membre de la JEC, structure étudiante de l'Action catholique. En 1933, un discours lui vaut de remporter le Championnat de l'Éloquence.

Il obtient son baccalauréat en 1934 et décide de s'inscrire aux Facultés des lettres et de droit de Paris. À son arrivée dans la capitale, il s'installe au 104 rue de Vaugirard, où se trouve un foyer de pères maristes, la Réunion des étudiants. Parallèlement, il entre à l'École libre des sciences politiques, de laquelle il sort diplômé en juin 1937. La même année, il obtient un diplôme d'études supérieures de droit public, à la suite de l'obtention d'une licence ès lettres l'année précédente[4].

À partir de novembre 1934, François Mitterrand milite pendant environ un an aux Volontaires nationaux, mouvement de jeunesse de la droite nationaliste des Croix-de-feu du colonel de La Rocque[5]. Il participe aux manifestations contre « l'invasion métèque » en février 1935 puis à celles contre le professeur de droit Gaston Jèze, après la nomination de ce dernier comme conseiller juridique du Négus d'Éthiopie, en janvier 1936[6]. Il cultive par la suite des relations d'amitiés ou de famille avec des membres de la Cagoule[7]. Il est un temps critique littéraire et écrit sur la société contemporaine et la politique dans la Revue Montalembert et dans le quotidien L'Écho de Paris d'Henri de Kérillis, proche du Parti social français. Il y écrit notamment un article regrettant que le Quartier latin se soit laissé envahir par le « dehors ». « Désormais, le quartier Latin est ce complexe de couleurs et de sons si désaccordés qu'on a l'impression de retrouver cette tour de Babel à laquelle nous ne voulions pas croire[8]. » Il publie également, le , un compte-rendu de la conférence donnée par Marcel Griaule sur l'Éthiopie, concluant notamment qu'« Il est toujours utile de connaître l'histoire de peuples si particuliers, et, en même temps, si pareils aux autres, car, au fond, ce n'est pas la couleur de la peau ou la forme des cheveux qui ont donné quelque valeur aux âmes[9]. ». Il se serait aussi inquiété de l'expansionnisme nazi lors de l'Anschluss dans l'un de ses articles[10]. En 1937, il obtient son diplôme de l'École libre des sciences politiques[11] et s'inscrit pour le service militaire dans l'infanterie coloniale. Il y rencontre Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir sauvé d'agressions d'antisémites de l'Action française et devient son meilleur ami[12]. En septembre, il est incorporé pour son service militaire dans le 23e régiment d'infanterie coloniale.

En septembre 1939, lors de l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale et terminant ses études d'avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot avec le grade de sergent-chef, à proximité de Montmédy au 23e régiment d'infanterie coloniale 7e compagnie du capitaine Xavier Louis. En mai 1940, quelques jours avant l'invasion allemande, il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais, elle rompra en )[13].

Famille[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, François Mitterrand rencontre une jeune résistante bourguignonne, Danielle Gouze, et l'épouse le 28 octobre 1944. Avec elle (présidente, de 1986 à 2011, de la fondation France Libertés fondée en 1986), il a eu trois fils :

D'une relation extra-conjugale avec Anne Pingeot, conservatrice de musée, François Mitterrand a eu une fille : Mazarine Pingeot, née le , à Avignon. Après avoir obtenu son agrégation de philosophie, elle a commencé une carrière d'enseignante puis est devenue écrivaine et chroniqueuse de télévision.

Par ailleurs, Hravn Forsne, un militant politique suédois né en 1988, affirme, dans un entretien publié dans un journal suédois le 8 août 2014, être le fils biologique de François Mitterrand[14],[15]. Sa mère, la journaliste suédoise Christina Forsne, avait évoqué, dans un livre paru en 1997, la liaison qu'elle aurait eue avec l'ancien chef de l'État français[16],[17].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Relations avec le régime de Vichy et Résistance[modifier | modifier le code]

À la suite de la déclaration de guerre du , François Mitterrand est mobilisé sur la ligne Maginot[35]. Le , en tant que sergent-chef, il est blessé à l'omoplate droite ; après avoir été soigné, il est fait prisonnier par les Allemands le 18 juin. Après dix-huit mois dans les stalags IX A de Ziegenhain-Trutzhain et IX C de Schaala et deux tentatives infructueuses, il s'évade en décembre et rentre en France[36].

En janvier 1942, bien que recherché par les Allemands en tant qu'évadé, après un séjour chez les Levy-Despas à Saint-Tropez, il travaille à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel du gouvernement de Vichy puis, à partir de juin, au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre, où il est chargé des relations avec la presse et où il favorisa la fourniture de faux-papiers pour aider les évasions[37]. En juin 1942, il participe à des réunions au château de Montmaur, où sont jetées les premières bases de son réseau de Résistance[38].

Le , François Mitterrand est reçu par le maréchal Pétain, avec plusieurs responsables du Comité d'entraide aux prisonniers rapatriés de l'Allier. En janvier 1943, Mitterrand démissionne du Commissariat, à la suite du remplacement du vichysto-résistant Maurice Pinot par André Masson, un partisan de la collaboration. Il conserve cependant un poste à la tête des centres d'entraides.

En février 1943, puis plus tard au printemps, il se rapproche de la puissante Organisation de résistance de l'armée (ORA), en cours de formation. Il commence à prendre Morland comme pseudonyme, nom emprunté à la station de métro Sully-Morland, technique utilisée par les cagoulards[39]. Il utilisera aussi les noms de code Purgon, Monnier, Laroche, capitaine François, Arnaud et Albre. Il cofonde le Rassemblement national des prisonniers de guerre avec Maurice Pinot financé par l'ORA.

Plusieurs membres du réseau Mitterrand-Pinot sont, en pratique, membres de l'ORA. François Mitterrand lui-même est considéré par le service Action de l'organisation comme un de ses membres. Plusieurs actions sont décidées en commun entre des dirigeants de l'ORA et des dirigeants du RNPG et exécutées par des militants des deux mouvements[40].

En mars 1943, Mitterrand rencontre Henri Frenay et le convainc de travailler avec lui. Grâce à Frenay, la Résistance intérieure soutient François Mitterrand contre Michel Cailliau[41]. Cependant, la date du 28 mai 1943, lors de sa rencontre avec le gaulliste Philippe Dechartre a été considérée comme le moment de sa rupture définitive avec ses anciens protecteurs de Vichy[réf. nécessaire].

Au printemps 1943, parrainé par deux membres de la Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal Pétain, et Simon Arbellot), et après l'instruction de son dossier par Paul Racine, il est décoré de l'ordre de la Francisque[42],[43] par le maréchal Pétain : il est le récipiendaire no 2202, délégué du Service national des prisonniers de guerre[44],[45].

Selon le socialiste Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignements et d'action à l'époque, « c'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il a été proposé pour la francisque, nous avons parfaitement été tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette “distinction” pour ne pas se dévoiler. »[46]. Pour lui comme d'autres résistants qui travaillent pour Vichy, comme Bernard de Chalvron, Raymond Marcellin ou encore Maurice Couve de Murville, accepter cette distinction constitue une couverture idéale[47]. D'après les journalistes Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre dans un ouvrage sur la franc-maçonnerie, invité plusieurs années plus tard à « plancher » devant l'atelier « L'Abbé Grégoire » de la Grande Loge de France (GLF), il aurait été expulsé manu militari à la demande de Jean Pierre-Bloch qui n'aurait pas toléré la présence d'une personne décorée de la Francisque dans une loge[48], alors que, suivant son propre témoignage, Bloch lui a lui-même recommandé d'accepter cette distinction et dénonce la « calomnie » réitérée au sujet de cette décoration[49].

L'activité du RNPG se déplace, au cours de l'année 1943, de la fourniture de faux papiers vers la fourniture de renseignements à la France libre. Selon Pierre de Bénouville, « François Mitterrand avait réussi à mettre sur pied un véritable réseau de renseignement dans les camps. Grâce aux prisonniers de guerre, nous avons pu prendre connaissance d'informations, parfois décisives, sur ce qui se passait derrière les frontières. » Philippe Dechartre a aussi confirmé l'importance du RNPG comme réseau de renseignement[50].

Le 10 juillet 1943, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d'un coup d'éclat lors d'une grande réunion publique à Paris, salle Wagram, consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l'interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre, qualifiant la relève d'escroquerie. François Mitterrand n'est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook[51].

C'est au mois de novembre 1943 que François Mitterrand passe à la clandestinité, après que son appartement rue Nationale à Vichy a fait l'objet d'une descente de la Gestapo[52] qui perquisitionne son domicile en son absence et y interpelle deux membres du réseau Mitterrand-Pinot qui sont envoyés en déportation dont l'un, le logeur M. Renaud, ne reviendra pas[53],[54]. Un peu plus tard dans la journée, prévenue par un membre du réseau qui a pu s'échapper, l'épouse du colonel Pfister, dirigeant de l'Organisation de résistance de l'armée, repousse Mitterrand, de retour de Paris, dans le wagon dont il sort en gare de Vichy où la Gestapo l'attend[55].

En novembre 1943, il se rend clandestinement par avion à Londres, puis à Alger, où il rencontre le général de Gaulle[56], le général Giraud et Pierre Mendès France. La rencontre fut âpre, de Gaulle demande à ce que les organisations de prisonniers fusionnent sous l'égide de M.R.P.G.D., seule condition pour recevoir matériel et argent. « Contre Caillau, Mitterrand va finir par l'emporter à l'issue de cette réunion de Montmaur. Au neveu du Général qui réclame un plan global de résistance, il réplique que ce n'est pas le moment »[57].

Le 18 mars 1944, Henri Frenay écrit à Michel Cailliau qu'il se « porte personnellement garant » de François Mitterrand, et que le général de Gaulle partage son point de vue. Suivant Philippe Dechartre, c'est alors qu'il est toujours en Angleterre que le fonctionnaire vichyste Jean-Paul Martin, en accord avec René Bousquet, le fait prévenir des risques imminents d'arrestation qui pèsent sur lui à son retour, la Gestapo l'ayant repéré[58].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Gouvernement provisoire et Quatrième République[modifier | modifier le code]

Ascension, glissement vers la gauche et libéralisme colonial (1944-1954)[modifier | modifier le code]

De retour en France, François Mitterrand participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris : à partir de février 1944, il dirige le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (M.R.P.G.D.) qui unifie tous les réseaux de résistance de prisonniers de guerre. En mai 1944, il est nommé au sein du gouvernement provisoire Secrétaire général aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés (PDR), correspondant du ministre Henri Frenay dans l'attente de son retour de Londres[59]. En août 1944, Mitterrand participe à la libération de Paris, où il s'empare du siège du Commissariat général aux prisonniers de guerre et refuse le poste de Secrétaire général PDR lorsque Frenay prend la tête du ministère le 2 septembre[59]. Il est alors élu Président du M.R.P.G.D[59]. et, le 28 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze à l'église Saint-Séverin, avec Jean Munier, Roger-Patrice Pelat, Henri Frenay et Christine Gouze comme témoins[60].

En avril 1945, François Mitterrand accompagne le général Lewis comme représentant de la France pour la libération des camps de Kaufering et de Dachau, à la demande du général de Gaulle[61]. C'est là, en compagnie de Pierre Bugeaud, qu'il découvre, « par un hasard providentiel »[62], Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras, à l'agonie, atteint du typhus. Les mesures sanitaires interdisant de l'évacuer, il organise l'évasion de cet ancien membre de son réseau. Rétabli, celui-ci sera l'auteur d'un livre important sur la déportation : L'Espèce humaine[63].

En 1945, François Mitterrand et André Bettencourt apportent un témoignage en faveur du fondateur du groupe L'Oréal, mais aussi collaborateur et ancien financier de la Cagoule, Eugène Schueller[64]. François Mitterrand est alors brièvement engagé comme président-directeur général des Éditions du Rond-Point et directeur du magazine Votre Beauté appartenant au groupe fondé par Schueller[65].

En février 1946, François Mitterrand adhère à l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre un premier laboratoire politique[66].

Candidat aux élections de la seconde Assemblée constituante, le , dans la 5e circonscription de la Seine, il ne recueille que 6 % des voix. Par la suite, François Mitterrand hésite entre s'implanter politiquement dans la Vienne ou dans la Nièvre[67]. Eugène Schueller le convainc alors de se présenter dans la Nièvre sous l'étiquette du Rassemblement des gauches républicaines[68]. Pour sa campagne, il bénéficie du soutien d'Edmond Barrachin et de financements du marquis de Roualle, patron du jambon Olida[69]. Avec l'aide du clergé et des notables nivernais, François Mitterrand est élu, le , député de la Nièvre, à la tête d'une liste « Unité et action républicaine », au programme anticommuniste. François Mitterrand abandonne alors ses fonctions aux éditions du Rond-point.

En 1947, François Mitterrand devient l'un des plus jeunes ministres de France[70] avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe.

En mai 1948, parmi 800 délégués (dont Konrad Adenauer, Léon Blum, Winston Churchill, Harold Macmillan, Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli), il participe au Congrès de la Haye, à l'origine du Mouvement européen, auquel il adhère[71].

En 1949, il est élu conseiller général de la Nièvre dans le canton de Montsauche-les-Settons. Il est réélu en 1955, 1961, 1967, 1973 et 1979.

En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'outre-mer. Il est partisan de l'instauration d'une union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d'empire » : il s'attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons et du RPF, le parti gaulliste de l'époque, qui s'exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou[72]. Il participe aux négociations entamées par René Pleven pour légaliser le Rassemblement démocratique africain et apparenter les députés de ce parti à l'UDSR. Afin de consolider cette politique libérale, François Mitterrand relève le gouverneur Laurent Péchoux, qui avait été nommé par son prédécesseur Paul Coste-Floret pour démanteler le RDA. François Mitterrand s'aliène alors le MRP[73].

En août 1951, le Mouvement républicain populaire obtient de René Pleven que François Mitterrand quitte le ministère de l'Outre-Mer. Ne faisant plus partie du gouvernement, François Mitterrand, réélu à l'Assemblée le , devient président du groupe parlementaire et renforce son influence sur l'UDSR, et obtient l'élection, au poste de secrétaire général, d'un de ses partisans, Joseph Perrin. Pour autant, il conserve sa loyauté à René Pleven, resté président du Conseil[74].

En 1952, François Mitterrand devient ministre d'État sous le gouvernement d'Edgar Faure. Il prend en charge le dossier tunisien et esquisse un plan d'autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c'est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique et prônent l'égalité des droits entre colons et colonisés, puis l'autonomie, voire l'indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir[75].

Après la formation du gouvernement d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l'autonomie[76].

En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie ; il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale. Il signe, avec des personnalités comme Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Alain Savary ou Louis Vallon, le « Manifeste France-Maghreb », demandant que « soient mis en œuvre tous les moyens légaux pour que les principes des droits de l'homme soient appliqués sans distinctions en Afrique du Nord »[77].

Le , il est élu président de l'UDSR par le comité directeur[78]. Il soutient alors une ligne libérale (mais déjà commune à cette époque) pour l'outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine, constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral[79] (ce qui revient à accorder l'autonomie, voire l'indépendance-association aux territoires colonisés). Il publie au même moment Aux frontières de l'Union française. Indochine-Tunisie, préfacé par Pierre Mendès France. Il se prononce pour l'indépendance de l'Indochine (avec, si possible, une association) et pour une refonte des liens avec les pays africains : la défense, la monnaie et la politique étrangère doivent relever de l'Union française, avec une pleine association des Africains aux décisions ; les autres domaines doivent relever de l'autonomie des populations locales. Plus généralement, l'élection de François Mitterrand marque une évolution de l'UDSR vers des positions plus à gauche, cependant que le nouveau président du parti « se positionne dès lors pour atteindre l'hôtel Matignon »[80].

Dans la tourmente de la guerre d'Algérie (1954-1958)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Algérie.

En 1954, il est nommé Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès France. Il est alors opposé à l'indépendance de l'Algérie. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, rencontrent l'hostilité des colons et de l'administration[81]. En septembre, il est l'objet de rumeurs malveillantes dans le cadre de l'affaire des fuites. Il s'avère que Mendès France a fait faire depuis deux mois une enquête discrète par son directeur de cabinet, André Pélabon, sur des fuites ayant eu lieu au Comité supérieur de la Défense nationale ; le président du Conseil n'en a informé ni son ministre de l'Intérieur ni son ministre de la Défense nationale[82],[83]. Deux hauts fonctionnaires seront condamnés pour trahison.

Du 19 au , il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l'Algérie française[84].

Le 12 novembre de cette même année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : « La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre. », puis « L'Algérie, c'est la France. »[85]

En novembre 1954, le gouvernement annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer « l'égalité des citoyens […] des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol algérien[86]. » François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, autorise alors Germaine Tillion à mener une enquête dans la zone d'insurrection, afin, entre autres, de signaler les éventuelles exactions policières[87]. En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris. Les décrets du , qui mettent fin à l'autonomie de la police d'Algérie, contribuent à permettre la mutation de deux cents agents soupçonnés d'actes de torture ou de l'avoir encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux d'Alger[88]. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent fermement cette décision. D'après François Mitterrand, la suppression de ce « système détestable » est à l'origine de la chute du gouvernement Mendès France, un mois plus tard (lettre à Pierre Mendès France, )[89]. En tout état de cause, le sénateur Henri Borgeaud, porte-parole des pieds-noirs, avait ainsi menacé : « Si vous fusionnez les polices, nous voterons contre votre gouvernement[90]. »

François Mitterrand assiste Pierre Mendès France dans les négociations qui aboutissent à l'autonomie de la Tunisie et du Maroc.

L'Assemblée nationale ayant été une nouvelle fois dissoute, il mène campagne dans la Nièvre et conserve son siège lors des élections du 2 janvier 1956. Un mois plus tard, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé[91]) la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Toutefois, c'est lui qui est chargé par le Conseil des ministres, de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l'armée[92]. Il donne forcément son aval, en tant que Garde des Sceaux, aux nombreuses sentences de mort prononcées par les tribunaux d'Alger contre des militants de la lutte pour l'indépendance, notamment Fernand Iveton, membre du Parti communiste algérien (PCA), guillotiné à Alger le . Sous son ministère, quarante-cinq militants algériens sont condamnés à mort de manière souvent expéditive[93] pour lesquels Mitterrand ne donne que sept avis favorables à la grâce, refusant de gracier dans 80% des cas connus, six avis étant manquants[94]. Les témoins cités par son biographe Jean Lacouture décrivent un homme profondément hésitant. Cependant, au risque de s'exposer à l'accusation d'avoir couvert, voire encouragé des pratiques renouvelées de celles de la Gestapo et relevant pour le moins du crime de guerre, il reste au gouvernement, car il veut accéder à la présidence du Conseil, où ses pouvoirs seraient plus importants[95].

D'autre part, comme Garde des Sceaux du gouvernement Guy Mollet (de février 1956 à juin 1957), en rédigeant et faisant adopter la loi de mars 1956 qui donnait tous pouvoirs aux militaires en matière de justice sur le sol algérien, François Mitterrand a créé les conditions légales de la torture en Algérie[96], dans le temps où Bourgès-Maunoury, son collègue au ministère de la Défense nationale, ferme partisan d'une solution militaire, faisait instituer[97] les techniques contre-insurrectionnelles inspirées par Lacheroy et Hogard qui permirent au gal. Massu assisté du col. Trinquier de gagner la Bataille d'Alger (janvier à octobre 1957)[98].

Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l'Agence France-Presse (AFP).

Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui.

Le , il refuse de voter la confiance à Charles de Gaulle, expliquant ainsi son vote :

« Lorsque, le , le général de Gaulle s'est présenté devant l'Assemblée consultative provisoire issue des combats de l'extérieur ou de la Résistance, il avait près de lui deux compagnons qui s'appelaient l'honneur et la patrie. Ses compagnons d'aujourd'hui, qu'il n'a sans doute pas choisis, mais qui l'ont suivi jusqu'ici, se nomment le coup de force et la sédition. […] En droit, le général de Gaulle tiendra ce soir ses pouvoirs de la représentation nationale ; en fait, il les détient déjà du coup de force[99]. »

En septembre 1958, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée à une très large majorité, puis promulguée le .

Dans la 3e circonscription de la Nièvre, nouvellement créée, François Mitterrand est battu aux élections législatives le par le candidat indépendant Jehan Faulquier.

Récapitulatif de ses fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonction Gouvernement Période
Secrétaire général aux Prisonniers Charles de Gaulle du 26 août au
Ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre Paul Ramadier du 22 janvier au
Ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre Robert Schuman du au
Secrétaire d'État à l'Information André Marie du 26 juillet au
Secrétaire d'État à la vice-présidence du Conseil Robert Schuman du 5 au
Secrétaire d'État à la présidence du Conseil Henri Queuille du au
Ministre de la France d'outre-mer René Pleven du au
Ministre de la France d'outre-mer Henri Queuille du 10 mars au
Ministre d'État Edgar Faure du 20 janvier au
Ministre d'État délégué au Conseil de l'Europe Joseph Laniel du 28 juin au
Ministre de l'Intérieur Pierre Mendès France du au
Ministre d'État, chargé de la Justice Guy Mollet du 1er février 1956 au

Cinquième République : l'ascension vers la présidence[modifier | modifier le code]

Survie politique et premières tentatives d'union de la gauche (1959-1971)[modifier | modifier le code]

François Mitterrand en 1959.

En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981) et, un mois plus tard, sénateur de la Nièvre. Il s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique.

En octobre 1959, a lieu l'attentat de l'Observatoire dans lequel François Mitterrand est impliqué et qui le mène, après la levée de son immunité parlementaire[100], à être inculpé le 9 décembre pour outrage à magistrat au motif qu'il l'aurait lui-même commandité dans le but de regagner les faveurs de l'opinion publique. La loi d'amnistie de 1966 met fin à la procédure.

En 1961, il effectue un voyage en Chine où il rencontre Mao Zedong.

Le , François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le témoignage de Mitterrand porta sur l'« affaire du Bazooka », tentative d'assassinat perpétrée contre le général Salan le et qui avait fait un mort, le colonel Rodier. Mitterrand appuya la thèse de Salan à propos du complot gaulliste fomenté (plus ou moins indirectement, c'est selon) par Michel Debré (d'autres personnalités comme Roger Frey et Alain Griotteray furent aussi citées comme prenant aussi plus ou moins part au complot). Cette thèse du complot gaulliste fomenté directement par Debré fut reprise par Mitterrand dans un éditorial du Courrier de la Nièvre. Les auteurs et commanditaires de l'attentat, Philippe Castille, Michel Fechoz et René Kovacs notamment, avaient motivé leur action par la nécessité de remplacer le général Salan, considéré avec Pierre Mendès France comme le liquidateur de l'Indochine, par un général authentiquement favorable à l'Algérie française. Pour François Mitterrand, « Raoul Salan garde le droit de récuser certains de ses accusateurs qui, pour corriger la maladresse de l'avoir manqué, firent de lui plus tard son complice dans les événements de mai 1958 qui ramenèrent le général de Gaulle au pouvoir ». Une partie de la gauche s'en prit alors à Mitterrand, lui reprochant d'être intervenu dans un règlement de compte au sein de la droite française, d'avoir été jusqu'à saluer Salan dans son box et d'avoir pris place au milieu de ses partisans.

Le , Mitterrand retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur.

Lors du référendum de 1962, il appelle à voter contre l'élection du président de la République au suffrage direct. Le oui l'emporte avec 62,25 % des suffrages exprimés (46,66 % des inscrits).

En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des institutions républicaines (CIR) et publie Le Coup d'État permanent, qui renforce sa position d'opposant de gauche à Charles de Gaulle.

Conscient des divisions de la gauche et de la difficulté de se placer en leader (Paris égaré par ses intellectuels de gauche)[101], François Mitterrand décide de concentrer ses attaques contre l'image même du général de Gaulle, image renforcée, en particulier, par son célèbre appel du 18 juin. En effet, François Mitterrand craignait que l'image du général de Gaulle, bien ancrée dans l'opinion, réduise ses chances dans une élection au suffrage direct, même avec une gauche rénovée.

En outre, la séparation des pouvoirs et les domaines réservés prévus par la Constitution en cas de cohabitation conduisent François Mitterrand à radicaliser sa position.

D'où l'agressivité qu'il manifeste en 1964, il précise : « qu'il importe que l'opposition s'affirme sans accommodement. Il n'y a d'opposition qu'inconditionnelle dès lors qu'il s'agit de substituer un système de gouvernement à un autre. Retoucher, aménager, corriger le pouvoir absolu c'est déjà composer avec lui, c'est mimer l'opposition de Sa Majesté qui, autant que la majorité, participe au régime qui le soutient. »[102]

En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle[103]. Il axe sa campagne sur le changement comme l'indique son slogan de campagne : « Un président jeune pour une France moderne ». Son résultat est inespéré (en seconde position avec 31,78 % des suffrages), tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15 % des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de toute la gauche, mais aussi de Jean Lecanuet, du conservateur modéré Paul Reynaud[104] et d'une partie de l'extrême droite : Jean-Louis Tixier-Vignancour et des partisans de l'OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu avec le score de 45,51 % des suffrages contre 54,49 % au général de Gaulle.

Fort de ce résultat (peu de gens pensaient que de Gaulle pouvait être mis en ballottage), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le Parti radical, la CIR et divers clubs). Il forme également le premier contre-gouvernement en France, en 1966, expérience qui ne dure qu'un an. Aux élections législatives de mars 1967, le scrutin uninominal à deux tours et la nouvelle disposition qui relève le seuil et élimine du second tour tous les candidats n'ayant pas obtenu au premier tour au moins 10 % des inscrits, favorisent la majorité sortante face à une opposition hétéroclite (PC, PS et centristes de Jacques Duhamel) et désunie. Mais avec 194 sièges, l'ensemble des partis de gauche (FGDS, Parti communiste) parvient à gagner 63 sièges, le Parti communiste restant la principale force de gauche avec 22,5 % des suffrages[105]. Néanmoins, la coalition gouvernementale est reconduite avec une majorité réduite à un seul siège à l'Assemblée nationale (247 sièges sur 487, dont 231 sièges en métropole). En Métropole, au premier tour, l'ensemble de la gauche (FGDS, PSU, PC) obtient même plus de voix que les seuls partis gouvernementaux gaullistes et giscardiens (46 % contre 42,6 %), alors que le Centre démocrate de Duhamel recule de trois points à 7 % des voix. Mais avec le taux exceptionnel en France de 38 % des suffrages (en hausse de deux points par rapport au précédent scrutin), l'Union pour la Ve république reste le premier parti de France[106].

Le , il déclare : « il convient dès maintenant de constater la vacance du pouvoir et d'organiser la succession. » Cette déclaration est faite la veille du départ du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne[107]. Il propose le nom de Mendès France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République, au cas où une élection anticipée aurait lieu. De Gaulle a en effet annoncé qu'il organiserait un référendum, et qu'il démissionnerait si le « non » l'emportait (une idée à laquelle le général a finalement renoncé).

Le discours du 30 mai de de Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par un raz-de-marée gaulliste (293 sièges pour la seule UNR et 61 sièges aux républicains indépendants) et une majorité à droite jamais vue depuis le Bloc national de 1919, alors que la gauche s'effondre de 194 à 91 députés. François Mitterrand parvient toutefois à sauver son siège de député.

En 1969, Mitterrand ne se présente pas à la présidence de la République car il a perdu le soutien de Guy Mollet, qui refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche, représentée par Gaston Defferre pour les socialistes, Jacques Duclos pour les communistes, et Michel Rocard pour le PSU, est éliminée du second tour de l'élection présidentielle, qui voit la victoire de Georges Pompidou face au centriste Alain Poher.

Premier secrétaire du PS (1971-1981)[modifier | modifier le code]

En juin 1971, lors du Congrès d'Épinay, la Convention des institutions républicaines se fond dans le Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO). François Mitterrand est élu premier secrétaire du PS, avec l'appui de l'aile gauche du parti, le CERES mené par Jean-Pierre Chevènement, et celui de deux puissantes fédérations, celles du Nord de Pierre Mauroy et des Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre. Comme l'a rapporté Pierre Mauroy dans ses Mémoires, François Mitterrand n'envisageait pas initialement de devenir premier secrétaire : cette tâche devait revenir au dirigeant du Nord, et François Mitterrand lui-même devait exercer un rôle comparable à celui de Léon Blum entre 1921 et 1938. Mais Augustin Laurent a réclamé que Pierre Mauroy fût son successeur à la mairie de Lille sans exercer de responsabilités nationales.

En janvier 1972, il critique le livre de Robert Aron, Le Socialisme français face au marxisme, dans Italiques[108].

En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre.

Le 19 janvier 1973, il refuse de débattre avec Maurice Papon, Michel Rocard et Michel Poniatowski, de son livre, La Rose au poing, à l'occasion de la première diffusion du générique de Jean-Michel Folon d'Italiques, sur le thème du livre politique[109].

En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second[110], mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Par ailleurs, le PSU chute de 4 à 2 % par rapport à 1968[111]. Au congrès du PS tenu à Grenoble la même année, la motion finale de François Mitterrand obtient 96 % des voix[112].

Le , le président de la République, Georges Pompidou, meurt. François Mitterrand est désigné candidat du Parti socialiste le 8 avril, puis devient le candidat unique de la gauche. Le , lors du second tour de l'élection présidentielle anticipée, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing, avec 49,19 % des voix au second tour[113].

Pendant l'été 1974, François Mitterrand se rend incognito sur le Larzac à une fête rassemblant plusieurs milliers de militants luttant contre l'extension du camp militaire voisin. Reconnu par la foule, il est la cible d'invectives et de jets de pierre. Des paysans non-violents l'entourent, le protègent puis le soignent. Sept ans après, élu président en 1981, il annulera le projet d'extension du camp militaire et rendra leurs terres aux paysans[114].

Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF.

En septembre 1977 a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant de nouvelles conditions à l'actualisation du Programme commun.

Aux élections législatives de mars 1978, la gauche qui était majoritaire au premier tour est néanmoins largement battue par la droite (UDF-RPR) en nombre de sièges: 291 contre 200 à la gauche. Toujours d'après Jean Lacouture, Raymond Aron et Mitterrand, cette défaite est largement imputable aux roueries du Parti communiste. Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste.

En avril 1979, il s'allie avec le CERES de Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard (la Deuxième gauche) pour remporter le congrès de Metz du Parti socialiste.

François Mitterrand lors d'un meeting de campagne, le 7 avril 1981.

Lors du congrès extraordinaire de Créteil, qui se déroule en janvier 1981, il est officiellement désigné candidat du PS avec 83,64 % des voix[115]. Il adopte les « 110 propositions pour la France » comme programme.

Le , au premier tour de l'élection présidentielle, François Mitterrand talonne le président sortant avec 25,85 % des voix contre 28,32 % pour Valéry Giscard d'Estaing. Jacques Chirac est troisième avec 18,00 % des suffrages.

Au soir du , François Mitterrand est élu président de la République avec 51,76 % des suffrages exprimés contre 48,24 % à Valéry Giscard d'Estaing. Le soutien de Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour Valéry Giscard d'Estaing mais refuse de donner une consigne de vote.

Présidence de la République (1981 - 1995)[modifier | modifier le code]

François Mitterrand et Ronald Reagan en 1981.

Premier septennat (1981-1988)[modifier | modifier le code]

Le , le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy.

Le lendemain, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes. De nombreuses réformes sociales sont alors adoptées.

Sur le plan économique, le septennat est marqué dans un premier temps par une vague de nationalisations (loi du 13 février 1982) et par une politique de maîtrise de l'inflation, infléchie vers l'austérité à partir du tournant de la rigueur, passage à une culture de gouvernement.

Le septennat s'achève en 1988 sous la première cohabitation de la Ve République.

Gouvernements Mauroy (mai 1981 - juillet 1984)[modifier | modifier le code]

« Salut aux humiliés, aux émigrés, aux exilés sur leur propre terre qui veulent vivre et vivre libres. Salut à celles et à ceux qu'on bâillonne, qu'on persécute ou qu'on torture, qui veulent vivre et vivre libres. Salut aux séquestrés, aux disparus et aux assassinés qui voulaient seulement vivre et vivre libres. Salut aux prêtres brutalisés, aux syndicalistes emprisonnés, aux chômeurs qui vendent leur sang pour survivre, aux indiens pourchassés dans leur forêt, aux travailleurs sans droit, aux paysans sans terre, aux résistants sans arme qui veulent vivre et vivre libres. À tous, la France dit : Courage, la liberté vaincra. Et si elle le dit depuis la capitale du Mexique, c'est qu'ici ces mots possèdent tout leur sens[118]. »

  • 1982 :
    • Politique nationale :
    • Politique étrangère :
      • Première visite d'un chef d'État français en Israël. Discours de la Knesset dans lequel François Mitterrand déclare que « L'irréductible droit de vivre » appartient à Israël et appelle au respect des droits des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

La relance de l'économie et les lois sociales amènent le Premier ministre, Mauroy, à décider une augmentation de 27,5 % des dépenses publiques. Il en résulta au cours de l'année 1982, le triplement du déficit budgétaire, un accroissement de la dette publique de 418 milliards à 617 milliards de francs, un déficit de la balance extérieure de 93,3 Mds de francs au lieu de 50,6 Mds, un important écart d'inflation avec les partenaires européens, la dette extérieure étant multipliée par quatre en 3 ans. Il apparut, après la chute du franc, la nécessité de trois dévaluations : octobre 1981, juin 1982 et mars 1983[123].

  • 1983 :
    • Politique intérieure :
      • Troisième gouvernement de Pierre Mauroy.
      • 1er plan de « rigueur » en mars (« tournant de la rigueur »).
      • Réforme de la loi Peyrefitte, dite Sécurité et Liberté.
      • Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises.
      • Loi sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits.
      • Loi Le Pors portant droits et obligations des fonctionnaires. Les notions de « bonne moralité » et de « bonnes mœurs » sont supprimées du statut général des fonctionnaires[124].
    • Politique étrangère :
      • Crise des euromissiles : soutien de François Mitterrand à l'installation de missiles Pershing 2 en Allemagne pour faire contrepoids aux missiles soviétiques. Discours du Bundestag sur l'équilibre des forces le 20 janvier 1983 : « Seul l'équilibre des forces peut conduire à de bonnes relations avec les pays de l'Est, nos voisins et partenaires historiques. Mais le maintien de cet équilibre implique à mes yeux que des régions entières de l'Europe ne soient pas dépourvues de parade face à des armes nucléaires dirigées contre elles. » En octobre, à Bruxelles, il déclare : « Je suis moi aussi contre les euromissiles, seulement je constate que les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. »
      • août 1983, opération Manta renforçant l'intervention française au Tchad.
      • Attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth. Cinquante-huit soldats français et deux cent trente-neuf Marines américains sont tués. François Mitterrand se rend au Liban dès le lendemain.

Le changement de politique économique dit tournant de la rigueur, sujet à débat, ne fut pas accepté par une partie de l'électorat de gauche. En octobre 1983, on ne compte plus en effet que 32 % de satisfaits, un record pour un président de la République de la Ve à l'époque. C'était pire encore pour Mauroy qui ne recueille plus que 28 %[125].

François Mitterrand et Ronald Reagan en 1984.
  • 1984 :
    • Politique intérieure :
      • Crise sidérurgique dans le nord : plan de « modernisation ». Fermeture ou reconversion des anciennes mines de charbon, accélération du processus initié depuis les années 1960.
      • Élections européennes : Percée du Front national, recul du PS à 20,75 % des voix, seulement 11,20 % au PC, la liste UDR-UDF recueille 43,02 %; Le Monde titre "grave échec de la gauche"[126]. .
      • Loi sur la formation professionnelle.
      • Abandon du projet de loi Savary sur l'enseignement à la suite des manifestations pour l'enseignement libre.
    • Politique étrangère et européenne :
Gouvernement Fabius (juillet 1984 - mars 1986)[modifier | modifier le code]
  • juillet-décembre 1984 :
    • Nouveau gouvernement de Laurent Fabius, fin de la participation des communistes au gouvernement.
    • Septembre 1984 : Accord franco-libyen sur « l'évacuation totale et concomitante du Tchad » qui ne sera pas respecté par la Libye[127].
    • Libéralisation de l'audiovisuel, création des premières chaînes de télévision privées (dont Canal+).
    • Nouveau statut pour la Polynésie.
    • Novembre 1984 : début d'affrontements sanglants en Nouvelle-Calédonie.
    • 16 décembre 1984 : François Mitterrand déclare à la télévision ne pas vouloir faire usage de la « force injuste de la loi » en Nouvelle-Calédonie, vis-à-vis des partisans de l'indépendance[128].
    • Commémoration de la bataille de Verdun, où a lieu la célèbre poignée de main entre le président Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl.

En décembre 1984, malgré la bonne cote de L Fabius, celle du Président Mitterrand selon l'IFOP n'est plus que de 28 % de satisfaits contre 55 % de mécontents[129],

  • 1985 :
    • Politique intérieure
      • Inauguration de la Géode au parc de la Villette à Paris.
      • Loi Montagne
      • Instauration du mode de scrutin proportionnel aux élections législatives prévues l'année suivante.
      • Loi limitant le cumul des mandats.
      • Réforme du Code pénal
      • Aux élections cantonales de mars 1985, la gauche perd 10 départements et ne recueille plus que 41, 10 % des suffrages. La droite contrôle 71 présidences de conseil généraux
    • Politique étrangère et européenne
  • janvier - mars 1986 :
François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl : les deux hommes ont établi entre eux une réelle complicité, formant l'un des nombreux « couples franco-allemand » qui ont marqué l'histoire des relations entre les deux pays depuis la fin de la Seconde guerre mondiale
Gouvernement Chirac (mars 1986 - mai 1988), première cohabitation[modifier | modifier le code]
  • mars-décembre 1986 :
  • 1987 :
    • Inauguration de l'Institut du monde arabe.
    • Arrestation des militants du groupe terroriste Action directe puis arrestations des membres du réseau Fouad Ali Salah
    • Privatisation de TF1 et création de M6
    • Rupture (provisoire) des relations diplomatiques avec l'Iran en juillet après le refus de l'ambassade iranienne de remettre aux autorités françaises, un interprète de l'ambassade d'Iran suspecté d'être impliqué dans la vague d'attentats terroristes.
    • Septembre 1987 : référendum en Nouvelle-Calédonie sur le maintien au sein de la République, boycotté par le FLNKS (98,3 % contre l'indépendance, 40 % d'abstention).
    • Célébrations du Millénaire capétien dans la basilique de Saint-Denis par François Mitterrand.
  • 1988 :
    • Inauguration de la pyramide du Louvre.
    • Loi sur le financement des campagnes électorales présidentielles et législatives, à la suite d'une proposition de François Mitterrand.
    • 22 avril : En Nouvelle-Calédonie, attaque de la gendarmerie de Fayaoué (île d'Ouvéa) par un commando canaque, tuant quatre gendarmes et prenant en otage les autres. Le 5 mai, assaut de la grotte d'Ouvéa par la gendarmerie : 21 morts (deux militaires et dix-neuf indépendantistes calédoniens).

Second septennat (1988-1995)[modifier | modifier le code]

Bien qu'il sache, depuis le 16 novembre 1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate[131], il annonce sa candidature pour un second septennat le au journal d'Antenne 2. L'information concernant ce cancer ne sera dévoilée que lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce en septembre 1992.

Le , François Mitterrand arrive nettement en tête de l'élection présidentielle avec 34,11 % des suffrages face à son Premier ministre et le chef de la majorité Jacques Chirac (19,96 %).

Le 8 mai, François Mitterrand est réélu en remportant l'élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54,02 % des voix.

Le second septennat de François Mitterrand est marqué par l'instauration du RMI et de la CSG, les célébrations du bicentenaire de la Révolution, la chute du mur de Berlin, la réunification allemande (à laquelle il était réticent[132]), l'engagement dans la première guerre d'Irak, le référendum sur le traité de Maastricht, mais aussi par les affaires politiques, la maladie du président, la révélation publique de l'existence de sa fille adultérine Mazarine Pingeot (dont il a tenté de cacher l'existence, notamment en l'installant à Gordes[133]) et les polémiques sur ses activités et ses amitiés nouées dans les années 1930 et sous le régime de Vichy[134].

Gouvernement Rocard (mai 1988 - mai 1991)[modifier | modifier le code]
François Mitterrand à la réunion de Toronto du G7 en 1988.

Il nomme Premier ministre Michel Rocard et dissout l'Assemblée nationale. Le groupe socialiste et apparentés remporte alors une majorité relative, les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l'UDF).

Gouvernement Cresson (mai 1991 - avril 1992)[modifier | modifier le code]
François Mitterrand en 1991

En mai 1991, il remplace Michel Rocard par Édith Cresson laquelle altère rapidement son image par des propos maladroits sur les Anglais (« des homosexuels »[135]) et les Japonais (« des fourmis »[135]). Sa remarque « La Bourse, j'en ai rien à cirer » effrita encore davantage sa crédibilité[135]. Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy.

Gouvernement Bérégovoy (avril 1992 - mars 1993)[modifier | modifier le code]

Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy se donne la mort après que la presse a largement commenté le prêt dont il avait bénéficié de Patrice Pelat sans remboursement établi et pour acheter un appartement. Le 4 mai, lors de ses obsèques, François Mitterrand déclare : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme, et finalement sa vie », visant les médias en général.

Gouvernement Balladur (mars 1993 - mai 1995), deuxième cohabitation[modifier | modifier le code]

François Mitterrand, dont la cote personnelle ne dépasse pas 22 % de satisfaits (IFOP) alors que le PIB baisse de 0,8 % , ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 : le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés sur 577. Le président nomme alors Édouard Balladur à la tête du gouvernement : ce sera son dernier Premier ministre.

Récapitulatif de ses Premiers ministres[modifier | modifier le code]

Premier ministre de à Remarques
Pierre Mauroy 1981 1984 Premier chef de gouvernement socialiste de la Ve République
Laurent Fabius 1984 1986 Chef de gouvernement le plus jeune de la Ve République (nommé à 37 ans, 10 mois et 27 jours) depuis Élie Decazes
Jacques Chirac 1986 1988 Première cohabitation de la Ve République
Michel Rocard 1988 1991 Animosité entre François Mitterrand et Michel Rocard
Édith Cresson 1991 1992 Première femme Premier ministre, dont le mandat sera le plus court de l'histoire de la Ve République
Pierre Bérégovoy 1992 1993 Premier ministre le plus âgé de la Ve République lors de sa prise de fonctions (66 ans, 3 mois et 10 jours)
Édouard Balladur 1993 1995 Deuxième cohabitation de la Ve République

Fin de mandat et décès[modifier | modifier le code]

Durant les derniers mois de sa présidence, François Mitterrand, diminué par la maladie, est contraint de rester la plupart du temps allongé[138]. Ne se présentant pas à l'élection présidentielle de 1995, il pousse Jack Lang à briguer la présidence de la République et entretient des relations tendues avec le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin, qui se montre critique envers son passé et le bilan de sa présidence[139]. Jospin est battu par Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle, le .

Le 8 mai 1995, le président élu, Jacques Chirac, et François Mitterrand, encore en fonction, célèbrent à Paris la victoire de 1945 et affichent une bonne entente. Pour la première fois deux présidents de la République française se retrouvent côte à côte dans ce genre de cérémonie. Le , Jacques Chirac est officiellement investi et François Mitterrand lui transmet ses pouvoirs au cours d'une cérémonie officielle au palais de l'Élysée. Après la passation de pouvoirs, François Mitterrand se rend au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, où il prononce son dernier discours public.

En tant qu'ancien président de la République, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais refuse d'y siéger. Il se consacre dès lors principalement à la lecture, à l'écriture et effectue de nombreux déplacements (familiaux, politiques), bien qu'étant très affaibli. Il reçoit chez lui des hommes politiques comme Henri Emmanuelli, Michel Charasse, Michel Barnier, Édouard Balladur ou Valéry Giscard d'Estaing. Devant ses visiteurs, il désapprouve deux décisions prises par Jacques Chirac au début de son mandat : la reprise des essais nucléaires français et la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la déportation vers l'Allemagne de Juifs français au cours de l'Occupation[140]. En privé, il critique également la montée en puissance de Lionel Jospin au sein du Parti socialiste[141].

François Mitterrand interprète pendant quelques secondes, en , son propre rôle dans Lumière et Compagnie (segment de Régis Wargnier), un film documentaire réalisé par 41 réalisateurs[142]. Le mois suivant, il participe à un colloque d'anciens chefs d'État et de gouvernement organisé par l'ancien président des États-Unis George H. W. Bush à Colorado Springs.

Le , il passe Noël à Assouan en Égypte. Ce voyage lui avait été fortement déconseillé en raison de son état de santé. Le 31 décembre, il passe le réveillon en famille dans sa propriété à Latche, dans les Landes. Le , il rentre à Paris pour effectuer des examens médicaux importants et subir un nouveau traitement. Son cerveau étant atteint par des métastases, il prend la décision de ne pratiquement plus s'alimenter pour accélérer la fin[143].

François Mitterrand meurt le des suites de son cancer, dans son appartement de fonction du 9 avenue Frédéric-Le-Play, dans le 7e arrondissement de Paris, immeuble où réside également Anne Pingeot. Des chefs d'État et des personnalités politiques se rendent très vite sur les lieux. Le soir même, le président Chirac rend hommage à François Mitterrand dans un discours officiel retransmis en direct à la télévision.

En avril 2012, deux journalistes, Laurent Léger et Denis Demonpion affirment que François Mitterrand a « vu un lundi, à sa demande expresse, son calvaire abrégé » . « Une injection lui fut administrée par voie intraveineuse[144] », l'historien Philip Short évoquant l'intervention du spécialiste de la lutte contre la douleur, le médecin Jean-Pierre Tarot[145]. Toutefois, les auteurs ne parlent pas d'euthanasie.

Ses obsèques, le , donneront l'occasion d'apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Une messe privée se déroule en l'église de Jarnac, Charente (durant cette cérémonie, son labrador nommé Baltique était resté à l'extérieur de l'église, tenu en laisse par Michel Charasse). Une messe officielle se déroule au même moment en la cathédrale Notre-Dame de Paris célébrée par le cardinal Lustiger en présence de 61 chefs d'État et de gouvernement. Le est déclaré jour de deuil national[146].

François Mitterrand repose au cimetière de Jarnac, en Charente, dans le caveau familial. Il avait initialement décidé de se faire inhumer au sommet du mont Beuvray, mais avait dû y renoncer en 1995, face à la polémique suscitée par cette annonce[147].

Bilan de ses mandats présidentiels[modifier | modifier le code]

Du point de vue économique, les deux septennats de François Mitterrand sont marqués par la valorisation des minimas sociaux (augmentation du salaire minimum interprofessionnel de croissance, création du revenu minimum d’insertion) et la création de l’impôt sur les grandes fortunes, remplacé depuis par l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le début du premier septennat consacre également les nationalisations, suivies en mars 1983 du tournant de la rigueur puis des privatisations. Le chômage qui était en 1981 de 1,5 million de personnes (soit 6% de la population) dépasse en mai 1995 les 3,1 millions de chômeurs (soit 11,3% de la population)[148],[149],[150]. La dette publique suit cette tendance haussière puisqu’elle est multipliée par 5 : de 110,1 milliards d’euros en 1981 à 662,6 milliards en 1995[151].

Sur le plan international, on assiste à un alignement sur la politique des États-Unis, notamment dans la Guerre du Golfe approuvée par François Mitterrand qui évoque « une logique de guerre » et envoie un détachement de 9 500 soldats combattre l’Irak[136]. Sur le plan européen, les deux septennats sont marqués par la signature des accords de Schengen et du Traité de Maastricht qui ouvre la voie de l'adoption de l’euro. Il faut noter une hostilité à la réunification de l’Allemagne[136].

La société est aussi marquée par ces deux septennats avec notamment l’abolition de la peine de mort, grâce à l'influence de Robert Badinter, alors ministre de la Justice. L’âge légal de départ à la retraite est avancé à 60 ans, au lieu de 65 depuis 1910 et la cinquième semaine de congés payés est généralisée. Édith Cresson est la première femme en France à accéder au poste de Premier Ministre et la libéralisation des mœurs se poursuit (l’homosexualité n’est plus discriminée).

Sur le plan politique, François Mitterrand fait accepter par la gauche les institutions de la Ve République, qu'elle critiquait jusqu’alors ainsi que les concepts de social-démocratie, de gauche de gouvernement. On assise également à la pratique de la cohabitation avec un gouvernement de droite à deux reprises, sans difficultés majeures. Enfin, la Corse bénéficie d’un statut particulier.

Culturellement, la présidence de François Mitterrand voit comme mesure phare la libération des ondes (développement de « radios libres »).C'est aussi l’édification de certains monuments comme le nouveau musée du Louvre et sa pyramide, la construction de l’Arche de la Défense, de l’Opéra Bastille et l’inauguration de la Bibliothèque Nationale de France.

L’héritage est également marqué par un grand nombre d’affaires de toutes sortes : Rainbow-warrior, sang contaminé, écoutes de l'Élysées, Urba, révélation de son amitié avec Bousquet, Péchiney, ELF, Bérégovoy, Tapie…

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandat de député[modifier | modifier le code]

Mandat de sénateur[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Principales affaires et controverses[modifier | modifier le code]

Affaire des Irlandais de Vincennes[modifier | modifier le code]

Il s'agit du premier scandale politico-médiatique de l'ère Mitterrand : à la suite de l'attentat de la rue des Rosiers le 9 août 1982, le président de la République installe un conseiller technique et une cellule antiterroriste à l’Élysée et en confie la direction au commandant du GIGN,  Christian Prouteau. Le 29 août, l'Élysée annonce l'arrestation des coupables, trois Irlandais par ailleurs probablement affiliés à l'IRA, par des membres ou anciens membres du GIGN emmenés par Paul Barril. Les trois Irlandais sont relâchés neuf mois plus tard car il est prouvé que ce sont les gendarmes qui ont apporté eux-mêmes des explosifs dans l'appartement de Vincennes, sur la foi du témoignage de Bernard Jégat, qui aurait reconnu un coupable d'après un portrait robot. C'est Jégat qui aurait transmis les armes que lui avaient confiées Michael Plunkett (l'un des trois Irlandais, qui reconnaît en 2001 les avoir transmises) aux gendarmes. Seul Christian Prouteau a été mis en examen dans cette affaire en 1991, tout d'abord condamné à quinze mois de prison avec sursis, il est blanchi quelques mois plus tard par la cour d'appel. Cependant, en août 1992, Paul Barril perd le procès en diffamation qu'il avait intenté contre Le Monde pour un article d'Edwy Plenel relatant son rôle dans cette affaire. Fait rarissime dans un jugement en diffamation, le tribunal de Paris estime alors que le journaliste a apporté la preuve de ses écrits et se prononce sur le fond en désignant le coupable : « L'opération des Irlandais n'a été de bout en bout qu'un montage réalisé par le capitaine Barril ». En outre, en 1992, le juge Madre, chargé d'examiner la plainte contre X déposée par l'avocat des trois Irlandais, découvre dans des malles de Christian Prouteau, cachées dans un box à Plaisir (Yvelines), une boîte d'archives consacrée aux Irlandais de Vincennes. Il s'agit de notes confidentielles adressées à François Mitterrand[152].

Accueil réservé à Georges Habache sur le territoire français[modifier | modifier le code]

Article connexe : Georges Habache.

En 1992, l'hospitalisation en France de Georges Habache provoque de vives réactions dans le monde politique français, tandis qu'Israël proteste contre l'accueil en France d'un « chef terroriste aussi cruel »[153].

Affaire des écoutes de l'Élysée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire des écoutes de l'Élysée.

Entre 1983 et 1986, François Mitterrand fait écouter illégalement par la cellule antiterroriste de l'Élysée plusieurs dizaines de personnalités, notamment certaines bien informées sur sa vie privée[154]. L'écrivain Jean-Edern Hallier, le journaliste Edwy Plenel et l'actrice Carole Bouquet sont notamment placés sur écoutes[155].

Affaire du Rainbow Warrior[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire du Rainbow Warrior.

D'après Le Monde du , François Mitterrand a donné son « autorisation personnelle » à l'amiral Pierre Lacoste, directeur général de la sécurité extérieure, pour faire couler le Rainbow Warrior, navire de l'organisation écologiste Greenpeace, qui protestait contre les essais nucléaires français[156].

Attentat de l'Observatoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentat de l'Observatoire.

L’attentat de l'Observatoire est un faux attentat qui aurait été mené par François Mitterrand lui-même en 1959 pour regagner en visibilité.

Cancer caché[modifier | modifier le code]

François Mitterrand se savait atteint d'un cancer de la prostate dès 1981, c'est-à-dire l'année de sa première élection à la présidence de la République[157]. Selon Claude Gubler son médecin, il lui aurait ordonné de falsifier ses bulletins de santé[158], il dissimule sa maladie jusqu'au 11 septembre 1992, date à partir de laquelle il doit se faire opérer. Cinq jours plus tard, pour la première fois, un président de la République française en exercice parle d'une maladie dont il est atteint[159]. Pour certains de ceux qui le côtoyaient (des journalistes ou le Premier ministre Édouard Balladur), sa souffrance et sa fatigue physique l'obligèrent à déléguer beaucoup de ses prérogatives mais ne diminuèrent pas sa capacité intellectuelle à exercer pleinement son mandat[131], ce que Claude Gubler conteste, considérant que François Mitterrand n'était plus en mesure d'exercer ses fonctions pendant plusieurs semaines à la fin de l'année 1994[160].

Financement du PS et des campagnes présidentielles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Urba.

En 1990, la mort de deux ouvriers d'un chantier de construction révèle un système de financement occulte du Parti socialiste mis en place en 1973. Le système reposait sur la facturation de prestations fictives en contreparties d'attributions de marchés publics. L'argent était reversé au PS et à des personnalités politiques et aurait financé les campagnes présidentielles de François Mitterrand. L'ancien trésorier du parti Henri Emmanuelli sera notamment condamné en 1997.

Implication dans la Françafrique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Françafrique.

Quand François Mitterrand arrive au pouvoir, il continue le système de réseaux en Françafrique[161] avec Elf notamment. Le fils de Mitterrand, Jean-Christophe, a été impliqué, se connectant à une branche des réseaux Pasqua[162].

Elf financera aussi les campagnes présidentielles de Mitterrand, de 1965 jusqu'à sa victoire en 1981[163].

Rapports avec l'extrême droite[modifier | modifier le code]

Les relations entre François Mitterrand et l'extrême droite ont défrayé la chronique en particulier dans les années 1990, notamment avec la parution en 1994 du livre de Pierre Péan, Une jeunesse française, qui évoque la jeunesse du futur président durant les années 1930 et les années 1940, en revenant notamment sur sa relation avec René Bousquet. Avant lui, Franz-Olivier Giesbert, dans son livre François Mitterrand ou la tentation de l'histoire (1977) avait décrit, entre autres, le parcours de Mitterrand à l'époque de Vichy.

D'autres ouvrages (notamment La Fin d'une époque, de Franz Olivier Giesbert) ont accrédité la thèse selon laquelle le président Mitterrand aurait sciemment favorisé la montée du Front national dans les années 1980, pour contrer le RPR de Jacques Chirac.

Rôle dans l'exécution de condamnés à mort[modifier | modifier le code]

Entre 1956 et 1957, François Mitterrand, en tant que garde des Sceaux, et contre l'avis de la majorité des autres membres du gouvernement (Pierre Mendès France, Alain Savary, Gaston Defferre), avalise personnellement l'exécution de 45 condamnés à mort pour terrorisme, dans le cadre de la guerre d'Algérie[164],[165] ; la culpabilité de certains de ces exécutés (Badèche ben Hamdi, Fernand Iveton) est aujourd'hui remise en cause[166].

Soutien politique et financier au régime Hutu[modifier | modifier le code]

Le régime Hutu est à l'origine du génocide au Rwanda[167]. Son gouvernement a été officialisé au sein même de l'ambassade de France de Kigali, dès les premiers jours du génocide. En matière d'« affaires africaines », le président de la République française dispose d'une très grande autonomie via la « Cellule africaine de l'Élysée », dont les décisions peuvent échapper à toute forme de débat ou d'information du Gouvernement et/ou du Parlement. C'est d'ailleurs Jean-Christophe Mitterrand, son fils, qui en est le conseiller en 1990, lors de la première intervention militaire française au Rwanda. François Mitterrand figure en tête des responsables politiques désignés par le rapport, toutefois suspect d'être très peu digne de foi, de la Commission Mucyo, comme principaux responsables du génocide.

Suicides de Pierre Bérégovoy et François de Grossouvre[modifier | modifier le code]

  • Mis en cause publiquement pour avoir accepté un prêt non remboursé de Patrice Pelat ami intime du Président, alors que celui avait bénéficié d'informations pour spéculer sur des actions Péchiney, Pierre Bérégovoy, se sentant abandonné, se suicide.
  • Ami proche du Président, François de Grossouvre, disposant de fonctions et d'un bureau à L'Élysée, qui menaçait de révéler des secrets[réf. nécessaire], est retrouvé mort le 7 avril 1994, à L'Élysée, son révolver près de lui. L'enquête conclut au suicide malgré des éléments troublants[précision nécessaire].

Traitement financier par l'État de sa fille adultérine[modifier | modifier le code]

Mazarine Pingeot et sa mère Anne logent ainsi que François Mitterrand, à partir du printemps 1983, dans un appartement de fonction d'un immeuble affecté à la Présidence de la République du quai Branly (7e arrondissement de Paris) de plus de 250 m2, spécialement rénové pour l'occasion[168]. Pendant treize ans, huit « super-gendarmes », placés sous la direction de Christian Prouteau, veillent en permanence sur les deux femmes, qui s'installent ensuite dans le château de Souzy-la-Briche, résidence de villégiature de la République française mise à disposition du Premier ministre[169].

Affaire du Carrefour du développement[modifier | modifier le code]

Décorations et titres honorifiques[modifier | modifier le code]

En tant que président de la République française[modifier | modifier le code]

Armoiries en tant que chevalier de l'Ordre du Séraphin

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Honneurs étrangers[modifier | modifier le code]

En 1988, il est lauréat du Prix International Charlemagne, avec Helmut Kohl.

Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

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Emblème présidentiel

François Mitterrand fit créer son emblème personnel de Président de la République en 1981. Il représente un arbre composé d'un chêne et d'un olivier, symboles de force et de paix. Cette création est l'œuvre du designer français Michel Disle.

Surnoms
  • « Tonton ». Surnom donné par le Canard enchaîné. Il viendrait pour certains d'un nom de code que François Mitterrand aurait eu pendant la Seconde Guerre mondiale, pour d'autres de l'irruption télévisuelle de son neveu Frédéric Mitterrand, que Roland Topor caricaturera dans son émission Téléchat. L'ancien conseiller en communication de François Mitterrand, Gérard Colé, explique dans son livre Le Conseiller du Prince que Tonton était le surnom donné au président par les agents chargés de sa sécurité personnelle, ce surnom a ensuite été diffusé dans le but de remplacer le surnom « le Vieux » qui était jusque-là généralement utilisé. Il fut repris ensuite par des sympathisants socialistes tels Renaud qui donna ce surnom pour titre d'une chanson consacrée au président. Dans son livre La parole de Dieu, le publicitaire Jacques Séguéla a prétendu que ce surnom venait du publicitaire lui-même, qui était chargé de la campagne publicitaire des élections de 1981. Ce surnom fut connu de l'opinion et essentiellement usité à partir et durant la période de la première cohabitation.
  • « Dieu ». Célèbre réplique du Bébête show : « Appelez-moi Dieu ! », par Kermitterrand. Selon Georges-Marc Benamou dans Le dernier Mitterrand, François Mitterrand avait suspendu une figurine de la marionnette Kermitterrand au robinet de la douche de son appartement privé du palais de l'Élysée.
  • « Florentin » ou « le Prince ». Ses amis lui donnent le surnom de « Florentin » en référence à l'art de l'esquive, illustré sous la Renaissance par des natifs de Florence comme Laurent le Magnifique ou Machiavel. Pour ses détracteurs, le surnom évoque plus l'intrigue et le cynisme politiques. L'inventeur de ce surnom semble avoir été François Mauriac, son ami fidèle et une de ses références littéraires.
  • « Rastignac », autre surnom de François Mauriac donné à François Mitterrand, il fait bien entendu référence au personnage Rastignac de Balzac, qui simple étudiant de province monte à Paris dans la volonté de parvenir au pouvoir et qui finit ministre.
  • Mimi l'Amoroso : à cause de sa relation, amoureuse ou amicale, avec la chanteuse Dalida, qui l'avait soutenu durant la campagne présidentielle de 1981 (cf. J. Pitchal, Dalida, tu m'appelais petite sœur…, Éditions Carpentier, 2007).
  • « Le Vieux ». Surnom donné au sein du PS, notamment par Jean-Luc Mélenchon, vraisemblablement en imitation de l'usage des trotskistes d'appeler ainsi Léon Trotski.
Résidences de François Mitterrand
Chiens de François Mitterrand
  • Baltique, labrador noir
  • Nil, labrador noir
Hommages
  • Le nom de François Mitterrand a été donné à de nombreux établissements publics (bibliothèques et médiathèques, centres culturels, écoles, amphithéâtres, auditoriums, centre hospitalier), voies de circulation (quais, rues, avenues, mails, boulevards, ponts, places et esplanades), ainsi que d'autres lieux (parcs, squares, jardins, gares, stations, etc.). Il existe également des statues et bustes à son effigie.
Avenue François Mitterrand à Athis-Mons (Essonne).
  • Divers :
    • Une chanson de Barbara, Regarde, écrite le 13 mai 1981 (Un homme/Une rose à la main/A ouvert le chemin/Vers un autre demain) ;
    • Deux chansons de Renaud :
      • Tonton, portrait de l'homme Mitterrand à la fin de sa vie ;
      • Baltique, qui rend hommage à Baltique, la chienne du président, qui fut interdite d'entrée lors de la cérémonie des obsèques à Jarnac et qui resta sur le parvis, tenue par Michel Charasse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de François Mitterrand[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Front des progressistes et crise de la démocratie, par Léo Collard, éd. Francité.
  • 1973 : Éducation permanente et socialisme, par Jean-Paul Bachy et coll., collection Tema-action, Paris : tema-éditions.
  • 1975 : Les Fiancés de Pénélope. Conversation avec Denis Bourgeois, par Míkis Theodorákis, éd. Grasset.
  • 1976 : Liberté, libertés. Réflexions du Comité pour une charte des libertés, sous la direction de Robert Badinter, éd. Gallimard.
  • 1977 : Histoire du Socialisme en France, dessiné par Paul Gillon, éd. Service de l'Homme, préambule de Pierre Mauroy - (ISBN 978-2-902648-02-3)
  • 1989 : Philippe Noiret, par Dominique Maillet, éd. Henri Veyrier, (seconde édition - préfacé par. F. Mitterrand).
  • 1994 : Henri Guillemin le passionné, par Maurice Maringue, éd. de l'Armançon.
  • 1995 : La Mort intime, par Marie de Hennezel, éd. Robert Laffont.

Ouvrages consacrés à François Mitterrand[modifier | modifier le code]

Études sur la politique de François Mitterrand[modifier | modifier le code]

Avant 1981[modifier | modifier le code]
  • Daniel Benoist, Mémoires de lui et de moi, Sury-en-Vaux, Editions du Terroir, , 207 p. (ISBN 978-2-9137-9017-9, OCLC 54897778).
  • Roland Cayrol, François Mitterrand, 1945-1967, Paris, Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Centre d'étude de la vie politique française / Recherches » (no 5), (OCLC 1954530).
  • François Charmont (préf. Laurent Fabius), François Mitterrand et la Nièvre : géopolitique de la Nièvre, 1945-1995, Paris, France, L'Harmattan, (réimpr. 2002), 238 p. (ISBN 978-2-7475-1696-9, OCLC 49805506)
    mémoire de maîtrise de géographie politique (Université Paris IV-Sorbonne), Paris
  • Christophe Lewin, Le retour des prisonniers de guerre français : naissance et développement de la F.N.P.G., 1944-1952, Paris, Publications de la Sorbonne, , 335 p. (ISBN 978-2-8594-4131-9, OCLC 416704689).
  • Éric Duhamel (préf. Hubert Védrine), L'UDSR ou La genèse de François Mitterrand, Paris, Presse du CNRS, coll. « Cnrs histoire », , 371 p. (ISBN 978-2-2710-6503-2, OCLC 421878490)
  • (en) Daniel Singer, Is socialism doomed? : The Meaning of Mitterrand, New York, Oxford University Press, , 288 p. (ISBN 978-0-1950-4925-1, OCLC 16352465)
  • Patrice Lestrohan, L'Observatoire : l'affaire qui faillit emporter François Mitterrand (16 octobre 1959, Paris, Nicolas Eybalin Scrineo, coll. « Au vif de l'histoire », , 304 p. (ISBN 978-2-3674-0004-4, OCLC 828235784).
La Présidence de la République[modifier | modifier le code]
La politique intérieure
  • Serge Berstein (dir.), Pierre Milza (dir.), Jean-Louis Bianco (dir.) et al., Les années Mitterrand : les années du changement, 1981-1984, Paris, Perrin, , 973 p. (ISBN 978-2-2620-1732-3, OCLC 50639077)
    Actes du colloque historique de 1999, qui a bénéficié de l'ouverture des archives de l'Élysée et du témoignage de la plupart des protagonistes.
  • Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand, Paris, Éditions du Seuil, 1990-1999, 4 vol., 2713 p., Prix Espaces 89 du meilleur livre politique 1991-1992
  • Thomas Ferenczi, Chronique du septennat : 1981-1988, Lyon, La Manufacture, , 129 p. (ISBN 978-2-7377-0088-0, OCLC 19271720)
  • Stanley Hoffmann, George Ross et Sylvia Malzacher, L'Expérience Mitterrand, PUF, coll. « Recherches politiques » 1988 [Version française des actes du colloque américano-français de science politique tenu en 1986]
  • Serge July, Les Années Mitterrand. Histoire baroque d'une normalisation inachevée, Paris, Éditions Grasset, 1986, 284 p.
  • Jean-Marc Regnault (dir.), François Mitterrand et les territoires français du Pacifique (1981-1988) : Mutations, drames et recompositions, enjeux internationaux et franco-français, éd. Les Indes savantes, 2003, 583 pp.
La politique extérieure
  • Jean-François Bayart, La Politique africaine de François Mitterrand, essai, Paris, Karthala, 1984, 149 p.
  • Frédéric Bozo, Mitterrand, la fin de la guerre froide et l'unification allemande. De Yalta à Maastricht, éd. Odile Jacob, 2005[A 2]
  • Jean-Pierre Filiu, Mitterrand et la Palestine : l'ami d'Israël qui sauva trois fois Yasser Arafat, éd. Fayard, 2005
  • Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Mitterrand l'Africain ?, Paris, Les éditions de l'Égrégore, 2007, 227 p.
  • Bernard Lugan, François Mitterrand, l'armée française et le Rwanda, éd. du Rocher, 2005, 288 p.
  • Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, éd. des Mille et une nuits, 2005.
  • Tilo Schabert, Mitterrand et la réunification allemande. Une histoire secrète (1981-1995), Paris, Grasset, 2005, 598 p., prix parlementaire franco-allemand.
  • Hubert Védrine, Les Mondes de François Mitterrand, à l'Élysée, 1981-1995, Paris, Fayard, 1996, 784 p.

Essais biographiques[modifier | modifier le code]

Mémoires, souvenirs et témoignages[modifier | modifier le code]

Ouvrages divers[modifier | modifier le code]

Notes sur la bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Vidéo Ina - François Mitterrand parle de François Mauriac, vidéo François Mitterrand parle de François Mauriac, vidéo Art et Culture Littérature - Archives vidéos Art et Culture Littérature : Ina.fr
  2. Frédéric Bozo
  3. Livre : Le dernier mort de Mitterrand. Raphaëlle Bacqué - 9782246759010
  4. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614xe02x2e-4ez2lgsskq16&pogId=FRAN_POG_04&search=

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Religion et François Mitterrand, sur le site de l'Institut François Mitterrand
  2. Claude Lelièvre, Christian Nique, L'école des présidents. De Charles de Gaulle à François Mitterrand, Odile Jacob, , p. 223
  3. Célébration en mémoire de François Mitterrand, à l'église de Jarnac, le 28 septembre 2013, sur le site de l'Institut François Mitterrand.
  4. « François MITTERRAND » sur le site de l'Assemblée nationale.
  5. Jacques Bénet, camarade de chambrée de François Mitterrand parle de trois ans à Patrick Rotman et Jean Lacouture pour leur livre François Mitterrand, le roman du pouvoir. Pierre Péan cite (dans Une jeunesse française, éd. Fayard, 1994, p. 23 à 35) la correspondance de F. Mitterrand, montrant que F. Mitterrand, arrivé à Paris à l'automne 1934, s'est engagé au plus tôt à l'hiver 1934-1935. Les Volontaires nationaux ont été dissous en juin 1936, et François Mitterrand n'a jamais pris sa carte au Parti social français, successeur des divers mouvements animés par La Rocque.
  6. Il évoque cette période, dans un article de l'Écho de Paris du , comme « les glorieuses journées de mars », cité dans Une jeunesse française.
  7. Henry Rousso évoque dans Le Syndrome de Vichy, p. 365, ces liens personnels de François Mitterrand, ajoutant qu'ils sont « sans signification particulière » et que leur rappel est « une constante de l'extrême droite ». Pierre Péan démontre aussi qu'« inévitablement le futur président croise dans son entourage des cagoulards », tout en rejetant l'idée qu'il ait pu être favorable aux objectifs de cette organisation terroriste.
  8. Pierre Péan, Une Jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947
  9. Pierre Péan, Une jeunesse française, op. cit., p. 50-51
  10. Article publié par la Revue Montalembert, reproduit dans François Mitterrand, Politique I, éd. Fayard, 1977, p. 11/14.
  11. Voir archives de Sciences politiques, François Mitterrand aux côtés de son camarade de promotion Jean Kreitmann, en 1937
  12. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, éd. du Seuil, « Points », p. 46/48
  13. Patrick Jarreau, Jacques Kergoat, François Mitterrand. 14 ans de pouvoir, Le Monde Éditions, , p. 9
  14. « François Mitterrand était mon père », affirme un jeune politicien suédois », sur bigbrowser.blog.lemonde.fr, Le Monde,‎ .
  15. Il prétend être le fils caché de François Mitterrand, L'Express, 8 août 2014
  16. (sv) « ”Jag var hans livs kärlek” », Aftonbladet,‎ (lire en ligne)
  17. Adrien Gaboulaud, Alvina Ledru et Ghislaine Ribeyre, « Les souvenirs de "l'amie secrète de Mitterrand" », sur Paris Match,‎ (consulté le 9 août 2014).
  18. Généastar : Ascendants de François Marie Adrien Maurice MITTERRAND
  19. Fils de Gilbert Mitterrand (14/04/1741-22/05/1813), vigneron, et de Françoise Robert (1738-1814).
  20. Fille de Jean Lesestre, journalier, vigneron, et d'Anne Taret.
  21. Fils de Jean Desgens (10/07/1749 à Primelles – ????), garde des bois du marquisat de Châteauneuf, et de Jeanne Jolivet (1755-????).
  22. Fille d'Aubin Gauriat, manœuvre, laboureur, et de Jeanne Salle.
  23. Fils de Pierre Laroche (06/05/1740 à Verneuil-sur-Vienne – 22/10/1780 à Verneuil-sur-Vienne, rentier, sieur de Sargnac et de Pazaudie, et de Claudine Quinque (04/06/1750 à Séreilhac – 19/09/1789 à Séreilhac).
  24. Fille de Jean Robert, notaire, maire de Séreilhac, et d'Anne Pastier.
  25. Fils de Gaspard François du Soulier (18/05/1740 à Saint-Laurent-sur-Gorre – 21/11/1788 à Saint-Junien), chirurgien, sieur de Clareuil, et d'Anne de Marcillat (05/05/1746 à Saint-Auvent – 1788).
  26. Fille de Pierre Saderne, chapelier, et de Catherine Chatard.
  27. Fils de Nicolas Lorrain (27/12/1757 à Rosières-sur-Mance – 1805 à Aigre), gendarme, brigadier de la maréchaussée, et de Suzanne Cachet (1765-????), marchande de mouchoirs.
  28. Fils de Jean Saizit, cultivateur, et de Marie-Josèphe Bersiaud.
  29. Fils de Pierre Berthelot et de Marie Bouchelau.
  30. Fille de François Dhiersat (????-1822), aubergiste, et d'Anne Fougas.
  31. Fils de François Faure, rentier, sieur de Labouharderie, et d'Anne Baud.
  32. Fille de René Couturier, marchand, et de Marie Georget.
  33. Fils de Claude Touzet (1763 à Tramayes – ????), tisserand, et de Françoise Tremaux, domestique.
  34. Fille d'Alexandre Bernard de Javrezac (????-1830 à Chalon-sur-Saône), aubergiste, et de Marie Rabby, tailleuse.
  35. Philippe Foro, « Charles de Gaulle et François Mitterrand : regards croisés sur l'Allemagne à partir de leur expérience de la captivité », dans Sylvie Caucanas, Rémy Cazals, Pascal Payen (dir.), Les prisonniers de guerre dans l'Histoire. Contacts entre peuples et cultures, Privat, Toulouse, 2003, p. 279.
  36. Philippe Foro, op. cit., p. 280.
  37. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand ou la tentation de l'histoire, Paris, Éditions du Seuil, , 333 p. (ISBN 978-2-02-004591-9), p. 43-44
  38. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, p. 77-79.
  39. Aymer Du Chatenet, Bertrand Coq, Mitterrand de A à Z, A. Michel, , p. 58
  40. Pierre Péan, op. cit., p. 325-326.
  41. Pierre Péan, op. cit., p. 310.
  42. Pétain - François Mitterrand - Photo historique 1943
  43. Pierre Péan, op. cit., p. 292-295.
  44. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand ou la tentation de l'histoire, op. cit., p. 49.
  45. Pierre Péan, Une jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947, éd. Fayard, 1994, p. 288.
  46. De Gaulle ou le temps des méprises, éd. La Table ronde, 1969, p. 216
  47. (en) Philip Short, Mitterrand: A Study in Ambiguity, Random House, (ISBN 9781448191895, lire en ligne), p. 86
  48. Ghislaine Ottenheimer, Renaud Lecadre, Les Frères Invisibles, Pocket, 2002, p. 180.
  49. Voir la note 11 : Selon Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignements et d'action à l'époque : « C'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il avait été proposé pour la francisque, nous avions été parfaitement tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette “distinction” pour ne pas se dévoiler. La calomnie sert toujours ; vingt-cinq ans plus tard, on ressortira les mêmes arguments au cours de la campagne présidentielle [qu'à Londres et Alger en 1943 et 1944]. Les services gaullistes ont de la suite dans les idées. [...] Mitterrand fut même proposé pour être compagnon de la Libération, mais les titres de Résistance n'ont quelquefois rien à voir avec cette décoration. Ni résistants ni combattants, on trouve sur le Livre d'or des Compagnons de la Libération les noms de héros qui n'ont jamais quitté leur bureau de Londres. On l'a donné à quelques hommes de gauche, mais ils se comptent sur les doigts. Même Gaston Defferre, qui fut chef de réseau, n'est pas Compagnon de la Libération, et combien d'autres, tout comme François Mitterrand, l'auraient mérité cent fois et pourtant ne l'ont jamais eu. », éd. La Table ronde, 1969, p. 216 et suiv.
  50. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, p. 94.
  51. Jean Lacouture, op. cit., tome I, p. 96-97.
  52. Michel Winock, François Mitterrand, Gallimard, 2015, p. 57.
  53. Aymer Du Chatenet et Bertrand Coq, Mitterrand de A à Z, A. Michel, (ISBN 9782226076670, lire en ligne), p. 328
  54. Jean Védrine, Les Prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance: 1940-1945, Fayard, (ISBN 9782213667386, lire en ligne), p. 182
  55. (en) Philip Short, Mitterrand: A Study in Ambiguity, Random House, (ISBN 9781448191895, lire en ligne), p. 89
  56. Michel Winock, Ibid.
  57. Éric Roussel, François Mitterrand. De l'intime au politique, Paris, Robert Laffont, , 660 p. (ISBN 978-2-221-13850-2)
    L(heure des choix, pp.130 à 132
  58. Éric Roussel, François Mitterrand : De l'intime au politique, Robert Laffont, (ISBN 9782221138700, lire en ligne), p. 169
  59. a, b et c Jean Védrine, Les Prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance: 1940-1945, Fayard, (ISBN 9782213667386, lire en ligne), p. 467
  60. Jocelyne Sauvard, Danielle Mitterrand, Archipel, (ISBN 9782809809091, lire en ligne), p. 43
  61. Le service de renseignement du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés avait participé à l'organisation de l'Opération Viacarage.
  62. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, éd. du Seuil, 2000, cité par La Fabrique de sens
  63. Lola Caul-Futy Frémeaux, Entretiens inédits François Mitterrand - Marguerite Duras, éd. sonores Frémeaux & Associés, 2007, en ligne.
  64. Selon l'historien et universitaire israélien Michel Bar-Zohar dans L'Oréal, des années sombres au boycott arabe chez Fayard
  65. André Bettencourt rejoint la direction du groupe L'Oréal. Selon Michel Bar-Zohar, ibid, Schueller financera la campagne électorale de François Mitterrand de 1946 ce qui n'avait pas été indiqué dans les ouvrages antérieurs de Jean Lacouture, d'Éric Duhamel, de Pierre Péan et de Franz-Olivier Giesbert. Pierre Péan confirme néanmoins que François Mitterrand a bien rencontré Eugène Schueller à deux ou trois reprises (Une jeunesse française, p. 504).
  66. Selon Pierre Clostermann (L'Histoire vécue, un demi-siècle de secrets d'État, Flammarion, 1998, p. 159-167), certains membres de cette formation, comme Eugène Claudius-Petit et Philippe Livry-Level auraient été opposés à son adhésion, lui reprochant pour le moins la faiblesse de ses titres de résistance. Selon MM. Péan et Lacouture, Claudius-Petit aurait au contraire recommandé à Paul Ramadier de nommer Mitterrand au gouvernement.
  67. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 81.
  68. Patrick Jarreau, Jacques Kergoat, François Mitterrand. 14 ans de pouvoir, Le Monde Éditions, , p. 11
  69. Ariane Chemin, Hôtel du Vieux Morvan chambre 15, Le Monde, 02.01.2006 http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2006/01/02/hotel-du-vieux-morvan-chambre-15_726464_3208.html
  70. La France a connu des ministres âgés de moins de trente ans, comme Lucien Bonaparte (né le 21 mars 1775) nommé ministre de l'Intérieur le 24 décembre 1799, ou Félix Gaillard, né le 5 novembre 1919, secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement Schuman le 26 novembre 1947.
  71. Georges Saunier, « "J'y étais, j'y croyais" : les origines de l'engagement européen de François Mitterrand », Institut François-Mitterrand, .
  72. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., tome 1, p. 162/171 et sqq. ; Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, op. cit., p. 178/180 et sqq.
  73. Éric Duhamel, L'UDSR ou la genèse de François Mitterrand, CNRS éditions, 2007, p. 275
  74. Éric Duhamel, L'UDSR, ou la genèse de François Mitterrand, op. cit., p. 162/170
  75. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., tome 1, p. 172/173 et Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, op. cit., p. 185/186
  76. Discours du 19 juin 1952 et 6 janvier 1953 à l'Assemblée nationale, reproduits dans Politique I
  77. Sur F. Mitterrand et les conflits coloniaux en 1952/1953 : Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, op. cit., p. 185/186 ; Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., p. 174/179 ; Éric Duhamel, L'UDSR, ou la genèse de François Mitterrand, op. cit., p. 270/272
  78. : cinquante votes pour et onze bulletins blancs. Éric Duhamel, L'UDSR, ou la genèse de François Mitterrand, op. cit., p. 173
  79. Éric Duhamel, L'UDSR, ou la genèse de François Mitterrand, op. cit., p. 263 et 276/282
  80. Éric Duhamel, L'UDSR, ou la genèse de François Mitterrand, op. cit., p. 175
  81. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, op. cit., p. 195-196, et Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., tome 1, p. 181-182
  82. Philippe Bernert, Roger Wybot et la bataille pour la DST, Paris, Presses de la cité, , 543 p.
  83. Claude Clément, L'Affaires fuites Objectif Mitterrand, Paris, Olivier Orban, , 237 p. (ISBN 2-85565-134-4)
  84. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., tome 1, p. 182/183
  85. Selon une interprétation rétrospective, ces propos pourraient avoir été destinés à calmer l'aile colonialiste des députés centristes et selon la correspondance entre François Mitterrand et Pierre Mendès France, le ministre de l'Intérieur aurait plaidé — en vain — auprès du président du Conseil pour un accommodement. Le gouvernement de PMF étant, selon Mitterrand, le seul qui puisse lutter énergiquement contre les abus, notamment la torture policière, F. Mitterrand souhaitait qu'il durât le plus longtemps possible, quitte à « composer ». Cf. la contribution de Jean-Pierre Peyroulou dans Mohamed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d'Algérie, p. 170 de l'édition en format de poche (Hachette).
  86. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., p. 185.
  87. Jean Lacouture, Mitterrand, un histoire de Français, op. cit., p. 187
  88. Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'Algérie, éd. Hachette, 2005, p. 168.
  89. L'historien Jean-Pierre Peyroulou, dans sa contribution à l'ouvrage collectif sur La Guerre d'Algérie (voir bibliographie) ne serait pas loin de partager ce point de vue - Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'Algérie, op. cit., p. 169-170.
  90. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, op. cit., p. 216.
  91. Cf. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, p. 192-195 et Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, chapitre 22, « La torture ».
  92. François Mitterrand a déclaré à Jean Lacouture que c'était une faute. Les témoignages recueillis par son biographe montrent tous un François Mitterrand hésitant, bouleversé quand il apprend les méthodes de torture (notamment par Jean Bérard, magistrat travaillant en Algérie, ou par Paul-Henri Teitgen) ne sachant pas vraiment que faire. Ses collaborateurs ne l'avaient jamais vu ainsi.
  93. [Notre Guerre d'Algérie, Le Nouvel Observateur, 21-27 octobre 2010, no 2398, p. 22.
  94. (fr) François Malye, « Les guillotinés de Mitterrand », sur Lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 15 décembre 2015)
  95. Cf. les biographies citées de MM. Lacouture et Giesbert.
  96. Jacques Attali assure qu'il l'avouait : « François Miterrand a créé les conditions légales pour que la torture soit en place. Il m'a dit début 1974 : c'est la seule erreur que je veux bien reconnaître dans ma vie.» – Voir notamment L'Expansion/L'Express du 7 mai 2001, à la suite de la publication des mémoires d'Aussaresses.
  97. Voir entre autres R. Branche, La guerre d'Algérie, p. 96.
  98. Voir aussi général Aussaresses, Pour la France  : « Quant à l’utilisation de la torture, elle était tolérée, sinon recommandée. François Mitterrand, le ministre de la Justice, avait, de fait, un émissaire auprès de Massu en la personne du juge Jean Bérard qui nous couvrait et qui avait une exacte connaissance de ce qui se passait la nuit. J’entretenais les meilleures relations possibles avec lui et je n’avais rien à lui cacher. ... (Ce juge d’instruction) avait pour mission de tenir le cabinet de François Mitterrand, le garde des Sceaux, directement informé de ce que nous faisions, sans avoir à passer par le parquet.»
  99. Mehdi Ouraoui, Les Grands Discours socialistes français du XXe siècle, éd. Complexe, 2007, p. 140
  100. Gilbert Guilleminault, Le roman vrai de la Ve République, chapitre le faux attentat de l'Observatoire, éditions Julliard, 1980, chap. 6, p. 186-198
  101. page 52 de son ouvrage Le Coup d'État permanent
  102. page 275 de son ouvrage Le Coup d'État permanent
  103. Son comité de soutien comprend notamment Hervé Bazin, Georges Conchon, René Char, Jean Guéhenno, Jean Giono, Roger Ikor, ou encore Jean Vilar.
  104. Franz-Olivier Giesbert, François Mitterrand, une vie, p. 328 et Éric Roussel, Charles de Gaulle, éd. Gallimard, 2002, p. 783
  105. Selon René Rémond, dans son ouvrage général intitulé Notre siècle (Fayard, 1988), si les transferts de voix se sont bien effectués à gauche, celle-ci a aussi bénéficié de l'apport des voix de l'extrême droite proche de l'OAS et « viscéralement antigaulliste » (en dépit du soutien à la droite de groupuscules comme Occident, apporté par anticommunisme) et d'une « petite fraction d'électeurs centristes ».
  106. René Rémond, Notre siècle, 1988, Fayard, p. 664 et s.
  107. Décrite notamment par Jacques Foccart dans son Journal de l'Élysée, tome 2, éd. Fayard/Jeune Afrique.
  108. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 13 janvier 1972
  109. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 19 janvier 1973
  110. Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, op. cit., p. 374.
  111. Louis Mexandeau, Histoire du Parti socialiste, éd. Tallandier, 2005, p. 386.
  112. Louis Mexandeau, Histoire du Parti socialiste, op. cit., p. 389
  113. L'ambassadeur soviétique à Paris et le directeur de L'Humanité n'auraient pas caché leur satisfaction devant cette défaite. D'après Jean Lacouture, Raymond Aron, Mémoires, p. 569 et sqq., cité dans Jean Lacouture, tome I, chapitre XII) et François Mitterrand lui-même, le gouvernement soviétique et les dirigeants du parti communiste ont tout fait pour l'empêcher d'être élu : ils le trouvaient trop anticommuniste et trop habile dans sa stratégie de rééquilibrage au détriment du PCF. L'historien Jean-Pierre Azéma a insisté dans son intervention au colloque « Changer la vie » de 1999 (voir bibliographie) sur la jeunesse du nouveau parti socialiste et la faiblesse de son implantation locale, deux handicaps qui ont disparu en 1981
  114. Le Nouvel Observateur, 6 août 2003
  115. Michèle Cotta, Cahiers secrets de la Ve République, tome II (1977-1986), Fayard, 2008, p. 430.
  116. La loi no 81-736 du 4 août 1981 « portant amnistie » amnistie les condamnés au titre de l'ancien alinéa 2 de l'article 330 du Code pénal, qui doublait la peine minimum pour outrage public à la pudeur quand il s'agissait de rapports homosexuels (article créé par l'ordonnance no 60-1245 du 25 novembre 1960 et aboli dans le cadre de la loi no 80-1041 du 23 décembre 1980 « relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs ») et les condamnés au titre de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal, qui établissait une distinction dans l'âge de consentement entre rapports homosexuels et hétérosexuels (article introduit par le régime de Vichy en 1942 — loi du 6 août 1942, no 744 — sous la forme d'une modification de l'alinéa 1 de l'article 334, devenu l'alinéa 3 de l'article 331 par l'ordonnance no 45-190 du 8 février 1945 du gouvernement provisoire de la République française, confirmé en alinéa 2 par la loi no 80-1041 du 23 décembre 1980 « relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs », et aboli par la loi no 82-683 du 4 août 1982).
  117. « [...] Et à partir de là, une série de commentaires, plus ou moins pertinents, naturellement très intelligents et encore mieux informés. Seulement voilà : je n'ai pas prononcé de discours à Cancun ! C'était un peu avant, à Mexico. Pauvre discours de Mexico puisque même la référence s'est effacée. » — François Mitterrand in Discours à l'UNESCO, Paris, 18 juin 1994, sur le site diplomatie.gouv.fr
  118. « Discours de M. François Mitterrand, président de la République, devant le monument de la Révolution à Mexico : (Discours dit de Cancún) »,‎
  119. Colères populaires - Serge Halimi, Le Monde diplomatique, juin 2008
  120. Suppression échelle mobile des salaires
  121. La loi no 82-526 du 22 juin 1982 substitue à l'obligation « de jouir des locaux en bon père de famille » celle d'en jouir « paisiblement ».
  122. Article 331 alinéa 2 du Code pénal aboli par la loi Raymond Forni, rapportée par Gisèle Halimi et soutenue par Robert Badinter (loi no 82-683 du 4 août 1982).
  123. Histoire politique de la France depuis 1945, de J.-J. Becker, p. 166, Armand Colin, 207 p., 2000.
  124. Loi no 83-634 du 13 juillet 1983.
  125. Histoire politique de la France depuis 1945 de J.-J. Becker, p. 172, Armand Colin, 207 p., 2000.
  126. Histoire politique de la France depuis 1945 de J.-J. Becker, p. 171, Armand Colin, 207 p., 2000.
  127. « [...] si les Libyens avaient dans une certaine mesure quitté le Tchad par le nord, ils y revenaient par l'est ! »Roland Dumas, Tchad : histoire secrète d'une négociation - Propos recueillis par Georges Saunier, 14 juin 2005
  128. « Le Guichet du Savoir de la bibliothèque municipale de Lyon »
  129. Histoire politique de la France depuis 1945, de J.-J. Becker, p. 172, Armand Colin, 207 p. 2000.
  130. (en) « Mitterrand Vetoes 4 Choices by Chirac for New French Cabinet », Los Angeles Times, 20 mars 1986.
  131. a et b Philippe Kohly, documentaire « La France malade du pouvoir », dans Histoire immédiate, 2012
  132. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 192.
  133. Raphaëlle Bacqué, Le Dernier Mort de Mitterrand, Grasset, 2010, p. 116.
  134. Voir sur ce sujet le livre de Pierre Péan intitulé Une jeunesse française, François Mitterrand 1934-1947, Fayard, 1994.
  135. a, b et c Édith Cresson, sans fard ni remords, Le Figaro
  136. a, b et c Crises et alternances, JJ Becker, éditions du Seuil, 1998
  137. Eric Hobsbawm, L'Âge des extrêmes, Éditions complexe, 1999 (ISBN 978-2-87027-745-4), p. 21
  138. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 149.
  139. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, pp. 30 et 109.
  140. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 104.
  141. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 123.
  142. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, p. 156.
  143. Éric Roussel, François Mitterrand : De l'intime au politique, Robert Laffont, , p. 645
  144. Denis Demonpion, Laurent Léger, Le Dernier Tabou, révélations sur la santé des présidents, Pygmalion, , p. 147
  145. (en) Philip Short, Mitterrand: A Study in Ambiguity, Random House, , p. 578
  146. Décret du 8 janvier 1996, article 1er (JO du 10 janvier 1996)
  147. Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, Grasset, 2011, pp. 134-135.
  148. Graphique
  149. Chômage, 40 ans d'embarras
  150. 3 millions de chômeurs, INA
  151. Sources : Insee,tableaux
  152. Jean-Marie Pontaut et Jérôme Dupuis, « Paul Barril et les "Irlandais de Vincennes" », L'Express,‎ (lire en ligne)
  153. rue89.com
  154. http://www.liberation.fr/france-archive/1997/04/04/ecoutes-les-archives-qui-accusent-mitterrand-l-ancien-chef-de-l-etat-a-appose-un-vu-de-sa-main-sur-p_203553
  155. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130405.OBS6989/rainbow-warrior-urba-mnef-ces-scandales-qui-ont-eclabousse-le-ps.html
  156. « 20 ans après le scandale du Rainbow warrior », AgoraVox, 11 juillet 2005.
  157. Cancer : le grand mensonge sur histoire.presse.fr
  158. Le Grand Secret publié par le Dr Gubler, chez Plon, le , huit jours après le décès de François Mitterrand ( (ISBN 2-259-18424-3))
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  170. Pierre Péan, op. cit., p. 292-295. Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du BCRA à l'époque, écrit : « C'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il a été proposé pour la francisque, nous avons parfaitement été tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette « distinction » pour ne pas dévoiler. » (De Gaulle ou le temps des méprises, éds La Table Ronde, 1969, p. 216.
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  180. (en)Honorary Doctorates, Prize and Awards, Waseda University, consulté sur http://www.waseda.jp le 19 septembre 2012
  181. Décision no 65-11 PDR du 28 décembre 1965 du Conseil Constitutionnel. Décision portant sur une réclamation présentée par M. Mitterrand (opérations électorales du 19 décembre 1965 dans la "majorité des départements et territoires d'outre-mer")