Maxime Weygand

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Maxime Weygand
Image illustrative de l'article Maxime Weygand

Naissance
Bruxelles, Belgique
Décès (à 98 ans)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de la France État français (Vichy)
Grade Général d'armée
Années de service 18851942
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement 5e Régiment de Hussards
Forces françaises au Moyen-Orient
Chef des armées françaises à partir du 20 mai 1940
Faits d'armes Guerre soviéto-polonaise
Campagne de France
Autres fonctions Ministre de la Défense nationale sous Vichy

Maxime Weygand, né à Bruxelles le , mort le (à 98 ans), est un officier général français, membre de l'Académie française. Il a joué un rôle majeur lors des deux guerres mondiales.

Bras droit du maréchal Foch sur la fin de la Première Guerre mondiale, il est notamment chargé, le 11 novembre 1918, de lire les conditions de l'armistice à Rethondes à la délégation allemande. Nommé le commandant en chef de l'Armée française, il est le premier responsable à se déclarer partisan de l'armistice avec l'Allemagne nazie. Il devient ministre du gouvernement de Vichy et applique les mesures de la Révolution nationale, notamment en Afrique du Nord. Écarté des responsabilités sous la pression allemande en 1941, hostile à la « dissidence gaulliste », selon la terminologie de Vichy, mais opposant à l'invasion de la zone sud par les Allemands le 11 novembre 1942, il est interné dans le Reich de novembre 1942 à la fin de la guerre. Il reste après-guerre un défenseur de la mémoire du maréchal Pétain, et soutient les partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Sommaire

Le mystère d'une naissance bruxelloise[modifier | modifier le code]

Weygand est né le 21 janvier 1867 à Bruxelles, de parents inconnus (c'est l'accoucheur qui, deux jours plus tard, déclara à l'état civil la naissance de l'enfant, répondant au prénom de Maxime). Selon certaines sources, il aurait été le fils illégitime de l'impératrice Charlotte du Mexique, fille du roi des Belges Léopold Ier, et du colonel Alfred van der Smissen, plus tard général (1823-1895), commandant du corps d'armée belge envoyé au Mexique aux côtés des Français du maréchal Bazaine. Cette thèse est présentée par Dominique Paoli[1]. Pour conforter cette filiation, d'aucuns font remarquer la ressemblance frappante entre van der Smissen et Weygand adulte, comme cela apparaît lorsque l'on confronte leurs deux photographies, ainsi qu'elles furent présentées dans une émission de télévision d'Alain Decaux. C'est aussi l'opinion de l'historien André Castelot à qui le roi des Belges Léopold III a déclaré « Weygand est le fils de Van der Smissen »[2]. Le général de Gaulle, quant à lui, ne se privait pas de relier la naissance de Weygand à l'expédition du Mexique (ainsi, lors du Conseil des ministres préparant la visite officielle au Mexique du général de Gaulle, le ministre des armées Pierre Messmer, annonça que la France allait restituer au Mexique les fanions de l'Armée mexicaine pris au moment de l'expédition du Mexique sous Napoléon III, en déclarant à ce sujet que cette guerre n'avait rien rapporté à la France. Le général l'interrompit et lui dit : « Si, cette guerre nous a rapporté Weygand ! »)[3].

Selon une autre thèse, celle de Charles Fouvez, qui a publié en 1967 Le Mystère Weygand aux éditions de La Table Ronde, Weygand serait le fils illégitime du roi des Belges Léopold II. Bien que les preuves formelles ne soient pas apportées, il existerait selon lui un faisceau d'indices formant des quasi-preuves. Dans le périodique Histoire pour tous no 100 d'août 1968, l'auteur confirme sa conviction sur la base du courrier reçu par lui après la publication de son livre. De plus, d'après lui, la mère de Weygand serait la comtesse Kosakowska, épouse d'un aristocrate russe d'origine lituanienne.

Selon Bernard Destremau, auteur d'une biographie de Weygand dans les années 1980, trois hypothèses seraient principalement à retenir :

  • la plus probante s'appuie sur la confidence, déjà faite à André Castelot, par le roi des Belges Léopold III, suivant laquelle Maxime Weygand serait bien le fils du colonel van der Smissen et de l'impératrice Charlotte du Mexique. Cette possibilité est rendue plausible par la très grande ressemblance entre Weygand et van der Smissen[4] et semble démontrée d'une façon définitive par Dominique Paoli dans son livre Maxime ou le secret Weygand (Bruxelles, 2003). Pour mieux approcher le problème, il faut savoir que le colonel van der Smissen commandait le corps militaire belge au Mexique. Cette unité avait été jointe aux forces françaises envoyées par l'empereur des Français Napoléon III. Celui-ci voulait profiter de l'installation d'un nouveau régime au Mexique pour y étendre l'influence française en soutenant le nouvel empereur du Mexique, l'Autrichien Maximilien. L'épouse de celui-ci étant la fille du roi des Belges Léopold Ier, ce dernier joignit des forces belges à l'expédition française, peut-être dans le cadre d'ambitions coloniales qu'il avait déjà tenté d'orienter vers la Colombie. C'est après avoir exercé un commandement dans plusieurs batailles, dont la victoire de la bataille de la Loma, que van der Smissen devint l'aide de camp de l'impératrice Charlotte, ce qui permettrait de croire à un rapprochement entre eux qui serait allé jusqu'à une « intimité » dont le fruit aurait été l'enfant appelé Maxime, né à Bruxelles, peu après le retour de l'impératrice dans cette ville. L'impératrice aurait trouvé en van der Smissen un consolateur (un compatriote de surcroît) pour compenser l'abandon moral et physique dans lequel la tenait son époux (réputé homosexuel). D'autre part, l'impératrice conserva cependant un fort engagement politique en faveur de son époux comme le montrent les auteurs qui ont relaté ses démarches désespérées et vaines auprès de Napoléon III et du pape pour tenter d'empêcher l'abandon de l'empire du Mexique par la France en particulier et l'Europe en général[réf. nécessaire] ;
  • une autre hypothèse, évoquée par Dominique Paoli, maintient la paternité de van der Smissen, mais pense que la mère serait peut-être Mélanie Zichy-Metternich (1832-1919), fille du prince de Metternich[5];
  • enfin, une autre piste impliquerait toujours l'impératrice Charlotte, mais cette fois-ci avec un médecin mexicain d'origine indienne, ce qui pourrait être illustré par un certain type physique aux yeux légèrement bridés qui s'accentua avec l'âge chez Weygand. Mais van der Smissen présentait également cette caractéristique.

Confié dès sa naissance à une nourrice bruxelloise, Mme Saget, qui l'élève jusqu'à l'âge de six ans, le jeune Maxime est ensuite conduit en France où, dans des circonstances mal déterminées, il devient le pupille de David de Léon Cohen, négociant juif résidant à Marseille. Curieusement, les Mémoires de Maxime Weygand restent totalement silencieux sur ses tuteurs, alors qu'il rend longuement hommage à sa gouvernante et à l’aumônier de son lycée, qui lui ont insufflé sa foi catholique.

Une certaine Hortense Denimal, épouse de Félix Vandievoet[6], est citée à plusieurs reprises dans le livre de Dominique Paoli, Maxime ou le secret Weygand (Bruxelles, 2003), car à un certain moment celle-ci avait recueilli chez elle un enfant du nom de Maxime dit de Nimal, qui n'était autre que le futur général Weygand. Elle était en effet la sœur de Thérèse Denimal, compagne puis épouse de David de Léon Cohen, tuteur légal de Maxime de Nimal.

Débuts militaires[modifier | modifier le code]

Après des études effectuées aux lycées Michelet de Vanves, Thiers, Louis-le-Grand et Henri-IV, c'est sous le pseudonyme de Maxime de Nimal[7] qu'il est reçu en 1885 à l’École militaire de Saint-Cyr comme élève à titre étranger (belge). À sa sortie de l'École en 1887, classé vingtième de sa promotion, il choisit la cavalerie et intègre, toujours à titre étranger, l'École de cavalerie de Saumur. Il la quitte le 31 août 1888, no 9 sur 78 élèves, et se voit affecté au 4e régiment de dragons.

Peu de temps après, le 18 octobre 1888, Maxime de Nimal est reconnu par un comptable, employé de David Cohen de Léon, un certain François-Joseph Weygand (1846-1915), issu d'une vieille famille alsacienne de Rhinau. Cet acte de reconnaissance dote le jeune homme sans nom d'une identité véritable et lui permet, selon son vœu, d'acquérir presque aussitôt la nationalité française (le décret de naturalisation intervient en effet le 3 décembre de la même année). Maxime n'aura cependant jamais, par la suite, de relations personnelles avec ce père purement formel.

Sa carrière militaire va se poursuivre dès lors à Chambéry, Saint-Étienne, Lunéville, Saumur, Niort et Nancy.

Lieutenant en 1891, il est nommé capitaine en septembre 1896. Il choisit à cette époque de ne pas préparer l’École de Guerre, en invoquant sa volonté de rester au contact de ses hommes.

Au moment de l’affaire Dreyfus, il se signale comme antidreyfusard en participant, en 1898, à la souscription nationale ouverte par le journal antisémite, La Libre Parole, d'Édouard Drumont, au profit de la veuve de l'auteur du faux document, le colonel Henry[8], qui s'était suicidé lorsque fut révélée sa falsification du bordereau accusant Dreyfus. Cette entreprise vaut d'ailleurs à Weygand l'unique sanction qu'il ait jamais subie : quatre jours d'arrêt simple, infligés sur l'ordre du ministre de la Guerre, Charles de Freycinet, « pour avoir pris part à une souscription pouvant prendre un caractère politique ».

Deux années plus tard, le 12 novembre 1900, alors qu'il est capitaine au 9e régiment de dragons à Vitry-le-François, il épouse à Noyon, dans l'Oise, Marie-Renée-Joséphine de Forsanz (1876-1961), qui n'est autre que la fille du colonel commandant ce régiment, Raoul de Forsanz (1845-1914). Le couple aura deux fils : Édouard (1901-1987), qui deviendra plus tard industriel, père de six enfants, puis Jacques (1905-1970), qui, suivant l'exemple de son père, se destinera tout d'abord à la carrière des armes[9].

De 1902 à 1907, et de 1910 à 1912, périodes pendant lesquelles il est promu chef d'escadron (mai 1907) puis lieutenant-colonel (mai 1912), Maxime Weygand est instructeur à l'École de cavalerie de Saumur. En 1913, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et entre au Centre des hautes études militaires, où le général Joffre le remarque.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale, Weygand est lieutenant-colonel et commandant en second du 5e régiment de hussards, à Nancy, avec lequel il participe à la bataille de Morhange. Cependant, à la suite de la rapide réorganisation du commandement français voulue par le général Joffre pour éviter une probable débâcle, il est promu colonel le et nommé aussitôt chef d'état-major à la IXe Armée. Promu général de brigade le il remplit les mêmes fonctions au groupe des armées du Nord puis au groupement du général Foch et est enfin adjoint au major-général de l'armée. Weygand doit malgré tout se résoudre à suivre Foch dans sa disgrâce provisoire pendant les premiers mois de 1917 : il l'accompagne notamment lors d'une mission confidentielle à Berne traitant de l'éventualité d'une violation du territoire helvétique par l'armée allemande.

Durant la guerre, il a l'occasion de se rendre en Belgique comme membre d'une délégation militaire française pour y rencontrer le roi des Belges Albert Ier et sa famille, à La Panne ou siège l'état-major belge durant toute la guerre. À cette occasion, on cite une phrase du roi Albert apprenant qu'il allait rencontrer Weygand dans un repas organisé par la reine : « Ah, alors nous serons en famille ». Mais, quant à l'origine de Weygand, rien n'a résulté de cette rencontre ni d'autres entrevues avec la famille royale belge. Du moins, Weygand n'a pas retiré d'information de ces rencontres qui furent, semble-t-il, exclusivement militaires si l'on s'en remet à ses mémoires.

Weygand, assis le premier à droite, à la signature de l'armistice en 1918.

En mai 1917, après l'échec du général Nivelle, Pétain, nouveau commandant en chef, rappelle Foch en tant que chef d'État-Major général. Weygand devient l'un des sous-chefs d'État-Major et est promu général de division à titre temporaire. Avec Foch, il prend part à la Conférence de Rapallo, le 6 et 7 novembre 1917, tenue pour soutenir le front italien après la défaite de Caporetto, au cours de laquelle les Alliés décident de créer un Conseil supérieur de guerre interallié. À la suite de la réunion tenue à Doullens le 26 mars 1918, lorsque le commandement en chef des armées alliées, avec le titre de généralissime, est confié à Foch, son collaborateur direct est nommé au poste essentiel de major général des armées alliées. Les 8, 9 et 10 novembre 1918, Weygand seconde Foch aux négociations d'armistice et donne lecture aux Allemands des conditions d’armistice, dans la forêt de Compiègne, dans le wagon de Rethondes.

Weygand est ainsi un rare exemple dans l'histoire de l'Armée française de l'ascension aux plus hauts degrés de la hiérarchie d'un officier n'ayant pas commandé en chef au front, ce qui sera souligné par le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre[10].

Entre les deux guerres[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Weygand en 1933, sur la couverture de Time.

En 1920, le général Weygand est nommé en Pologne, suivant les termes de Józef Piłsudski, « conseiller technique de la mission franco-anglaise » envoyée en Pologne par les Alliés lorsque Varsovie se trouva menacée (juillet 1920). Selon Foch, Weygand « devint bientôt le représentant militaire » de cette mission auprès du Haut Commandement polonais pour venir en aide aux Polonais en déroute face aux forces russes. En effet, les Polonais, engagés depuis 1919 dans une guerre contre la Russie bolchevique, étaient sur le point d’être battus par les forces soviétiques de Toukhatchevski. Lors d'une conférence le 27 juillet 1920 en présence d'Ignacy Daszyński, vice-président du conseil polonais et représentant de Piłsudski, du prince Eustachy Sapieha (en), ministre des affaires étrangères, et des membres de la commission interalliée, les Britanniques proposent même que Weygand prenne la tête de l'armée polonaise, mais, les Polonais refusent[11].

Il ne faut pas confondre la mission interalliée, qui n'a été présente en Pologne que quelques semaines en juillet-août 1920, dont faisait partie le général Weygand et qui comprenait le diplomate français Jusserand, le diplomate britannique Lord D'Abernon et le général anglais Radcliffe avec la mission militaire. La mission militaire française, présente antérieurement depuis avril 1919 et jusqu'en 1932, était commandée alors par le général Paul Henrys, sous les ordres de qui se trouvait, parmi les quelque 500 personnes que compte la mission, le capitaine Charles de Gaulle.

Le rôle du général Weygand et de la mission interalliée est discuté. Certains officiers polonais affirmèrent que la bataille de Varsovie, également connue sous le nom de « Miracle de la Vistule », avait été remportée par eux seuls, avant que la mission française n'ait pu rédiger et envoyer son rapport, point de vue partagé par exemple par l'historien Norman Davies[12].

Néanmoins, les historiens français soulignent que les nombreux officiers français de sa « mission », rompus au combat, encadrèrent et instruisirent une grande part de l'Armée polonaise et contribuèrent à sa réorganisation, sans parler de l’aviation polonaise, dont nombre de pilotes étaient français[réf. nécessaire] ou américains. Quant à Weygand, ils lui coattribuent, avec le général Tadeusz Rozwadowski et, dans une moindre mesure, Piłsudski, la paternité du plan de bataille. En particulier, l'axe de la contre-offensive, du sud vers le nord, exploitant la décision de Boudienny de bifurquer vers le sud, allégeant ainsi la pression sur Varsovie, est de son fait. Weygand a ainsi pu imposer ses vues ou, tout du moins, Piłsudski les a-t-il pour partie intégrées dans son plan, rejetant toutefois l'idée d'une attaque dans le secteur de Siedlce. Le plan final serait donc de la main de Piłsudski, approuvé par Rozwadowski et Weygand. Dès lors, Weygand est chargé de la conception de la défense de Varsovie, domaine dans lequel il excelle ; afin de mettre en œuvre ses vues et d'aider les Polonais, il exige du général Henrys d'une part l'envoi des conseillers français non seulement au niveau divisionnaire, mais de le pousser au niveau régimentaire, et d'autre part des appuis spécifiques pour l'établissement de fortifications et l'amélioration des positions d'artillerie. Il suggère également de placer le nord du front sous le commandement du général Józef Haller, alors en disgrâce, et de confier le commandement du sud du front à Władysław Sikorski ; Piłsudski retient ces suggestions[11].

Le rôle de la mission militaire interalliée est difficile à appréhender : chargée d'un rôle de conseil et de formation et non d'unité combattante, elle a certainement contribué à améliorer les compétences de l'armée polonaise.

Clemenceau donne de Weygand, dans M. Clemenceau peint par lui-même de Jean Martet, une description pertinente pour comprendre la figure mystérieuse du général : « C’est que Weygand est quelqu’un. Mais, mal foutu. C’est un homme qui a dû recevoir des coups de pied au derrière quand il était encore dans les limbes. Mais il est intelligent. Il a je ne sais quoi, une sorte de feu sombre. Je me suis fâché parce qu’au conseil des Alliés il venait il parlait. J’ai dit au général Foch : « Vous n’avez pas le droit d’y venir vous-même. Vous n’êtes là que pour répondre quand on vous consulte. Au moins faites-le taire. » Weygand est un homme… comment vous dire ça ? Dangereux, capable, dans un moment de crise, d’aller très loin, de se jeter là-dedans, — et intelligemment, beaucoup plus intelligemment que ne l’eût fait Mangin, qui aurait donné du nez n’importe où. Dangereux, mais précieux. Et ayant une énorme qualité : sachant faire son travail sans en parler, sans qu’on en parle. Il est allé en Pologne. Je ne sais pas ce qu’il a fabriqué là bas, — mais ce qu’il fallait faire, il l’a fait. Il a remis tout ça en place ; la question a été réglée. Il est revenu, n’a pas triomphé, n’a rien dit ; on ne sait pas ce qu’il a fait, où il est. C’est assez fort. Ce n’est pas que Foch soit sot ; mais il a un génie bon enfant et simpliste. L’autre y ajoute quelque chose de tendu et de profond. Enfoncé naturellement dans les curés, jusqu’au cou. ».

En temps de paix[modifier | modifier le code]

En 1920, Weygand est fait général de corps d'armée et général d'armée en 1923. Il succède en Syrie et au Liban au général Gouraud, au titre de haut-commissaire de France. En 1924, il entre au Conseil supérieur de la Guerre. En 1925, il dirige le Centre des hautes études militaires. Il est promu chef d'État-Major général de l'Armée en 1930. Il est vice-président du Conseil supérieur de la guerre, et à ce titre, dénonce le danger hitlérien et condamne le désarmement. En 1932, la gauche revenue au pouvoir mène une politique de désarmement qui provoque l’indignation de Weygand qui dans ses rapports secrets écrit que « l’armée française est descendue au plus bas niveau que permette la sécurité de la France[13]. Il se retire du Conseil supérieur de la guerre le 21 janvier 1935, laissant place au général Gamelin, mais est maintenu en activité sans limite d'âge. En 1938, il exprime un optimisme de façade sur la capacité de l'Armée française à vaincre en cas de conflit[réf. nécessaire].

Le , en même temps que le romancier Pierre Benoit, il est élu à l’Académie française à l'unanimité des votants pour succéder au maréchal Joffre au 35e fauteuil.

Dans les années 1930, Maxime Weygand, qui votera pour Charles Maurras à l’Académie française, est un proche de l’Action française mais son légalisme l’empêche de manifester publiquement son accord avec Maurras[14]. Il entre au comité directeur du "Rassemblement national pour la reconstruction de la France" après la victoire du Front populaire en 1936, aux côtés de Gaston Le Provost de Launay, l'Académicien Abel Bonnard, René Gillouin, Bernard Faÿ notamment[15]. En 1937, il est l'un des signataires du Manifeste d'adhésion des intellectuels français à Franco[16]. Il préside plusieurs dîners « nationaux » : ceux du Comité Dupleix-Bonvalot ou des « Affinités françaises »[17]. En mai 1936, à un de ces dîners, Weygand prend la parole pour « montrer qu’aux dangers certains que l’hitlérisme nous fait courir, il convient d’opposer trois forces, force matérielle, force morale et force politique ». Ses conférences, ses livres de 1937, Comment éduquer nos fils ? et La France est-elle défendue ?, ses articles donnés à La Revue des deux mondes et à La Revue hebdomadaire, tiennent compte de ce qui se passe de l’autre coté du Rhin pour s’en inquiéter, prêchent la nécessité d’une « ardente foi patriotique » et de l’union. « Le danger le plus immédiat et le plus considérable résulte du développement sans précédent que nos voisins de l’Est donnent à leurs forces militaires, et du fait que la France est toujours considérée comme l’ennemi à abattre avant de satisfaire d’autres visées », affirme-t-il par exemple. Notons en passant qu’il reconnaît que des « crédits considérables » ont été « votés par les partis jusque-là les plus réfractaires aux dépenses militaires », ce qui reconnaît l’effort de guerre du gouvernement du Front populaire, contrairement à ce qui sera affirmé au procès de Riom. En 1938, après la crise de Munich, Weygand évoque dans les locaux de l’Union corporative des instituteurs le 20ème anniversaire de l’armistice ; il incrimine « le rapide relèvement de nos ennemis d’hier et du déclin indéniable de nos propres forces » à « l’oubli dans lequel nous avons trop vite laissé tomber la leçon des morts ». Mais « il n’est pas trop tard pour que les Français l’entendent ». A une réunion consacrée à l’empire colonial et aux prétentions allemandes, Weygand déclare : «  Il ne faut donc pas se laisser prendre aux dires de M. Hitler, prétendant que la conquête coloniale est la dernière, comme il l’a déjà annoncé à différentes reprises dans les occasions que l’on sait. (…) Pour faire face aux exigences du Troisième Reich, il importe à la France de se montrer forte, unie et ferme. Écarter tout marchandage. Faire corps avec le gouvernement »[18]. D'autres déclarations annoncent des thèmes de la « Révolution nationale » : il déclare ainsi en 1937 à un dîner du comité Dupleix-Bonvalot : « Le génie français a besoin de sécurité et chaque jour accroît l'instabilité matérielle et morale. Tout n'est plus qu'apparence: les conditions de travail, le pain quotidien, la propriété sont le jouet d'agitations aveugles. La race s'épuise et s'abâtardit. Les campagnes se vident. Le peuple généreux et idéaliste se laisse conduire par des conceptions politiques et sociales d'un matérialisme primaire (...). Pour rendre aux meilleurs l'influence légitime dans les affaires du pays, il faut rompre avec les erreurs de principe et de fait qui nous ont conduits où nous sommes »[19].

Le général se passionne dans les années 1930 pour les questions d'éducation. Membre actif du Cercle Fustel de Coulanges, il signe des articles dans ses cahiers et il fait publier en 1937 un livre intitulé Comment élever nos fils ?. Il soutient le Centre d’action et de propagande nationale à l’école, dirigé par le général René Madelin, directeur de la revue mensuelle La Belle France, qui accueille alors des articles de Weygand, Bonnard, Faÿ ( Weygand fait partie de son comité de patronage avec le maréchal Pétain, les généraux Gamelin et Brécard, des Académiciens ), et qui publie aussi un périodique, L’Instituteur national[20]. Il figure ensuite au comité directeur de l’Association des Amis de l’école française, liée au journal L’École française et rebaptisée en 1939 Les Amis de l’Éducation française, aux côtés notamment de Gillouin[21]. Il s'en prend notamment aux instituteurs qui « (s'élèvent ) contre l'ordre social existant et se ( montrent ) rebelles à l'idée de patrie »[22].

En 1934, est exposé à Paris au Salon d'Automne un buste de lui par Philippe Besnard.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Drôle de guerre[modifier | modifier le code]

Article principal : Drôle de guerre.

Sur sa demande, Weygand est rappelé au service actif par le président Édouard Daladier en août 1939 pour diriger les forces françaises au Moyen-Orient. Il est nommé chef du Théâtre d'opérations de la Méditerranée orientale et doit, depuis son Quartier Général situé à Beyrouth, coordonner la présence militaire française au Levant et dans les Balkans. En octobre 1939, il se rend en Turquie afin de signer le traité d'assistance mutuelle liant ce pays à la France et le Royaume-Uni. Dans les mois qui suivent, il tente de mettre en place plusieurs plans d'action militaire visant à la constitution d'un front d'Orient qui pourrait prendre à revers l'Allemagne et ses alliés. Il prépare notamment des projets de débarquement français à Salonique et en Roumanie, ainsi qu'une offensive contre l'URSS, alors liée à l'Allemagne par le Pacte germano-soviétique, dirigées principalement contre les champs de pétrole de Bakou[23]. Les effectifs limités dont il disposait (trois divisions à peine) ont fait que ces plans ambitieux, et généralement jugés chimériques par les historiens, sont restés à l'état de projet.

Nommé généralissime en pleine défaite (mai 1940)[modifier | modifier le code]

Une situation militaire compromise[modifier | modifier le code]

En mai 1940, la situation militaire en France est si compromise que le commandant suprême, le général Maurice Gamelin, jugé trop passif, est écarté. Weygand, alors en Syrie, est alors appelé le 17 mai par Paul Reynaud pour le remplacer. À la même date, le maréchal Pétain entre au Gouvernement. Les divisions blindées allemandes, ayant percé depuis le front à Sedan dès le 13 mai, poursuivent leur course à l'ouest et ont coupé l'Armée française en deux, enfermant une partie de celle-ci en Belgique avec les armées belge et anglaise.

Weygand arrive en France le 19 mai. La passation de commandement avec le général Gamelin dure quelques heures, au cours desquelles celui-ci lui rend compte de l'ampleur de la défaite et lui fait part de l'absence de réserves. Ignorant la situation exacte des armées du Nord, Weygand annule les derniers ordres de Gamelin prévoyant une contre-offensive. Les communications avec les armées du Nord étant très difficiles, il décide de se rendre lui-même sur place.

La défection de Lord Gort[modifier | modifier le code]

Le 21 mai, il arrive par avion à Ypres, où il rencontre le roi des Belges Léopold III et le chef des armées françaises en Belgique, le général Billotte. Weygand se décide alors à reprendre l'idée d'une contre-offensive pour couper les colonnes blindées allemandes les plus avancées et qui sont souvent privées de soutien par l'infanterie qui ne parvient pas toujours à les suivre. Mais le général Billotte, chargé de la mise en œuvre de cette contre-offensive meurt accidentellement le lendemain. Le général Jean Blanchard, qui lui succède, n'a pas assisté à la conférence d'Ypres, pas plus que le chef du corps expéditionnaire britannique Lord Gort. Ce dernier s'est présenté à la conférence après le départ de Weygand et refuse, de toute façon, d'engager deux divisions, abandonnant l'armée belge qui combat à sa gauche et l'armée française du nord à sa droite. Il crée ainsi un vide dans le front allié pour entreprendre un mouvement de retraite des forces britanniques vers Arras, puis Dunkerque. Le roi Léopold III et Weygand sont mis devant le fait accompli. En l'absence de soutien anglais, les forces belges et françaises du nord étant débordées, Weygand doit renoncer à toute offensive. On saura plus tard que l'ordre de retraite est venu de Londres (en 1984, la confirmation en est faite par l'amiral anglais lord Keyes[24]), mais les Belges et les Français l'ignorent[25].

La désagrégation de l'alliance[modifier | modifier le code]

À partir du 23 mai, les Belges vont se battre sur la Lys, enrayant l'avance allemande pendant quatre jours, le roi ayant renoncé à une ultime retraite sur l'Yser, comme en 1914, car l'armée belge avait perdu une bonne partie de ses moyens de transport et, de plus, les munitions et le carburant commençaient à lui manquer. Le roi des Belges, jugeant ses forces trop isolées, finit par décider, contre l'avis de son gouvernement, de capituler le 28, car, en abandonnant les alliés français et belge, l'armée anglaise, reculant vers Dunkerque, avait anéantit tout espoir de contrer la puissance allemande, alors que les coups d'arrêt des Français à la bataille de Stonne et des Belges sur la Lys avaient laissé espérer un redressement sur un front stabilisé. Weygand condamna la décision du roi, bien que n'ayant pas le moyen d'aider l'armée belge, comme il le reconnut dans ses mémoires (T.III "Rappelé au service").

Achevant la campagne de France et de Belgique, la bataille de Dunkerque permit le rembarquement du maximum de soldats anglais. 215 587 Britanniques sont évacués du 24 mai au 4 juin, ainsi que 123 095 Français, les Français devenant même majoritaires dans les effectifs rembarqués à partir du 1er juin[26].

À partir du 5 juin, les Anglais refusent désormais d'engager le gros de la Royal Air Force en France, afin de préserver leur aviation en vue de la future bataille d'Angleterre. Weygand n'a de cesse, dès lors, de condamner le trop faible engagement britannique en France et son ressentiment réveille dans ses propos une anglophobie déjà sensible pendant la Grande Guerre[27].

Bataille de la Somme et lecture idéologique de la défaite (début juin 1940)[modifier | modifier le code]

Au sud, ce qui reste des armées françaises tente de former un front, ce que l'on appelle la « Ligne Weygand ».

Le 25 mai, un conseil de guerre se déroule à l’Élysée, réunissant le président de la République Albert Lebrun, le président du conseil Paul Reynaud, Philippe Pétain, César Campinchi, ministre de la Marine, et Weygand. C'est à cette réunion que l'hypothèse d'un armistice est évoquée pour la première fois, par le président Lebrun. Paul Reynaud rejette cette idée et se montre partisan d'une poursuite de la guerre aux côtés des Britanniques. À cette réunion, Weygand ne se pose pas encore ouvertement en partisan de l'armistice, bien qu'il le juge inéluctable : comme le maréchal Pétain, il estime qu'il faut attendre l'issue de la future bataille de la Somme et de l'Aisne pour demander l'armistice, et ne l'exiger qu'une fois l'honneur de l'armée sauf[28].

Selon le portrait dressé par l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui s'appuie sur les propos de Weygand au ministre Paul Baudoin, qui lui sert d'intermédiaire avec Pétain et qui est comme eux partisan de l'arrêt des combats :

« Ce hobereau militaire à l'ancienne, nationaliste sans complaisance pour l'Allemagne, catholique fervent et réactionnaire au sens littéral du terme, veut tirer la France de la guerre pour refaire une nation croyante, forte et saine, débarrassée des germes de décadence et de corruption démocratique. La renaissance de la France ne peut se faire, d'après lui, qu'à partir de l'armée, seul corps qui ait échappé à la dégradation générale - l'armée, non pas émanation de la nation, mais entité autonome, gardienne, pour le compte de la nation, de ses valeurs et de ses vertus (...) L'honneur de l'armée interdit, aux yeux de Weygand, la capitulation militaire qu'envisage Reynaud, il implique le maintien d'une souveraineté nationale et il devrait permettre de sauver assez de restes de l'armée pour maintenir l'ordre, préoccupation majeure de ce vieil homme qui se souvient de la Commune et qu'obsède la crainte de troubles suscités ou exploités par les communistes : « ah, si j'étais sûr que les Allemands me laisseront les forces nécessaires pour maintenir l'ordre », dit-il le 8 juin au général de Gaulle[29]. »

Le 5 juin, les Allemands attaquent sur la Somme et l'Aisne. La tactique dite du « hérisson », adoptée par Weygand, renonce à une défense linéaire et lui substitue une défense en profondeur fondée sur des points d’appuis espacés croisant leurs feux[26]. Cette tactique est efficace : les pertes allemandes augmentent nettement entre le 5 et le 8 juin, et de brefs coups d'arrêt locaux sont même donnés çà et là à l'avancée de la Wehrmacht[30]. Mais Weygand ne dispose plus que de 64 divisions françaises et 2 britanniques à opposer aux 104 divisions allemandes[26]. Dès le 9 juin, le front est enfoncé partout, et le gouvernement quitte Paris le lendemain.

Dans la première décade de juin, Paul Reynaud envisage la création d'un réduit breton, option jugée irréaliste par Weygand. Avec le général de Gaulle, nommé sous-secrétaire d'État à la Guerre le 6 juin[31], Reynaud envisage aussi de transporter les troupes en Afrique du Nord pour continuer la guerre aux côtés des Britanniques avec l'aide matérielle des Américains : Weygand ne croit pas davantage ce repli possible, et juge qu'il est beaucoup trop tard pour l'organiser ce que De Gaulle reconnaîtra finalement dans ses Mémoires de guerre[32]. Il est, de toute façon, partisan depuis la fin du mois de mai d'un retrait de la guerre grâce à un armistice signé par le gouvernement. Cela dispenserait l'armée d'avoir à capituler, cependant que le gouvernement poursuivrait la lutte depuis les colonies. Reynaud et de Gaulle envisagent alors le remplacement de Weygand, partisan de l'armistice et jugé défaitiste, et ils pensent notamment au général Huntziger comme successeur possible.

La conférence de Briare : le divorce accentué avec les Britanniques (13 juin 1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Briare.

Refus britannique de s'investir dans une bataille jugée perdue[modifier | modifier le code]

Le 11 juin, se déroule à Breteau, dans le château du Muguet, un conseil suprême interallié auquel participent Churchill et Eden. Au cours de ce conseil apparaissent des tensions entre Français et Anglais, mais également des fractures entre les militaires et les dirigeants politiques français. Les Français demandent l’intervention massive de la RAF, seule susceptible selon eux de changer le cours de la bataille. Devant le refus de Churchill, qui a besoin de ses 25 escadrilles de chasse pour la défense ultérieure du Royaume-Uni, l’alliance franco-anglaise se brise. Churchill obtient néanmoins de Paul Reynaud l'assurance qu'aucune décision définitive du Gouvernement français ne sera prise sans en référer aux Britanniques, et lui promettant que le Royaume-Uni vainqueur restaurera la France « in her dignity and greatness ». Paul Reynaud est partisan de la poursuite de la guerre. L'idée du réduit breton étant abandonnée, il envisage la poursuite du combat dans l'Empire, alors que le maréchal Pétain et le général Weygand sont partisans d’un armistice rapide pour éviter l’anéantissement et l'occupation totale du pays. Paul Reynaud rappelle à Weygand que la décision d'un armistice est d'ordre politique et ne relève pas du généralissime. Reynaud propose à Weygand de capituler, ce que ce dernier refuse car cela aurait pour effet d'exempter le politique de ses responsabilités (Voir Destremeau, Weygand - Rappelé au service et Raissac, Un général dans la tourmente).

Divergences de conceptions[modifier | modifier le code]

Aussi bien Winston Churchill que le général de Gaulle décriront dans leurs mémoires un Weygand défaitiste[10],[33], anglophobe et antirépublicain. Churchill remarque que le seul membre du gouvernement français à ne pas sombrer dans le pessimisme total est Charles de Gaulle, dont Weygand a signé fin mai la promotion au grade de général (à titre temporaire). Comme Churchill, de Gaulle raisonne en termes planétaires et ne limite pas ce conflit, qu'il conçoit mondial, à un simple enjeu franco-allemand. Weygand croit, au contraire, n'assister qu'à un nouvel épisode d'un cycle historique commencé en 1870, et, comme le maréchal Pétain, il s'en tient à une vision purement hexagonale, étrangère par ailleurs à la nature du nazisme et au danger de voir la France asservie durablement dans le cadre d'une Europe hitlérienne[28]. L'historien Éric Roussel estime à ce sujet Pétain et Weygand, en mai-juin 1940, « sclérosés intellectuellement[34]. »

Partisan pionnier de l'armistice et ministre du gouvernement Pétain[modifier | modifier le code]

Le débat : Cessez-le-feu, armistice, capitulation[modifier | modifier le code]

Lors des Conseils des ministres qui se déroulent du 12 au 16 juin, Weygand est le premier à exiger un armistice avec l'Allemagne, et il en défend avec virulence la nécessité, pour des raisons militaires et civiles. Avec la déroute des armées françaises, accompagnée de l'exode des populations belges et françaises, Weygand craint que le désordre ne se répande dans la totalité du pays. Pour lui, la classe politique est responsable d'une défaite[29]. Crémieux-Brilhac précise qu'« un armistice est un acte politique qui n'engage que les politique, il implique le maintien d'une souveraineté nationale et il devrait permettre de sauver assez de restes de l'armée pour maintenir l'ordre ». En souhaitant un armistice, Weygand veut que les politiques prennent leur responsabilités et que la France continue d'exister légalement. Une fois l'armistice signé, Weygand se battra toujours pour rester dans le cadre de l'armistice et c'est ce qui lui permettra de mettre sur pied l'Armée d'Afrique qui assurera la présence de la France aux côtés des Alliés à partir de 1942.

Le 12 juin au soir, au château de Cangé (près de Tours), il défend l'idée d'armistice, se prévalant de l'accord de tous les généraux d'armée. Il se montre « impétueux, incisif, insultant même à l'égard d'hommes politiques qu'il déteste »[35] et les hommes politiques le lui rendent bien. Désormais en conflit ouvert avec Weygand, Reynaud lui objecte que « nous n'avons pas affaire à Guillaume Ier, vieux gentleman, qui vous prenait l'Alsace-Lorraine et tout était dit, mais à Gengis Khan. Il ne nous est pas possible de solliciter un armistice qui serait déshonorant et entièrement inutile[35]. » Pour Reynaud la capitulation militaire est moins déshonorante ; Weygand s'oppose à cette option car contraire à l'honneur militaire et passible de la cour martiale.

Au conseil des ministres qui se tient au même endroit lendemain soir, Weygand revient à la charge et « se fait agressif (…) Sa fureur d'en finir, son âpreté lui valent des rappels à l'ordre[36]. » S'appuyant sur une fausse information qu'il n'a pas vérifiée, il invoque ce soir-là l'installation à l'Élysée du chef communiste Maurice Thorez, qui serait revenu d'URSS dans les fourgons de la Wehrmacht. C'est ce qu'indique Crémieux-Brilhac dans le tome I des Français de l'An 40. En fait, selon Destremeau, Weygand reçoit, lors du conseil des ministres l'information qu'un coup d'état communiste a lieu à Paris. Pendant la pause du conseil des ministres, il téléphone au général Dentz, gouverneur militaire de Paris, qui dément ; de son côté Mandel téléphone au préfet de Paris qui lui dit que la situation est calme. Lorsque le conseil des ministres reprend, Weygand fait part au Président Lebrun et aux autres ministres que la situation est calme dans la capitale, ce qui est confirmé par Mandel, ministre de l'intérieur. Plusieurs ministres ont confirmé la manière dont cet événement s'était déroulé lors de la Commission d'enquête parlementaire en 1947. Le président du Conseil Paul Reynaud, qui préfère un cessez-le-feu ou une capitulation, lui oppose des arguments politiques :

  • le danger du nazisme,
  • les accords qu'il a conclus en personne le 28 mars avec le Royaume-Uni sans en aviser le conseil, qui interdisent toute paix séparée,
  • ou encore l'espoir que les États-Unis répondent positivement aux demandes répétées de soutien militaire.

Pour la première fois, le maréchal Pétain soutient ouvertement Weygand, invoquant l'ignorance des civils quant aux questions d'ordre militaire, et annonçant que « le renouveau français, il faut l'attendre en restant sur place plutôt que d'une reconquête de notre territoire par les canons alliés à une date impossible à prévoir[37]. » Le gouvernement se divise mais s'accorde sur une motion modérée de Camille Chautemps.

Un armistice pour éviter la capitulation[modifier | modifier le code]

Le 15 juin, à Bordeaux, Paul Reynaud, appuyé par Georges Mandel évoque une possibilité de poursuivre la lutte aux côtés du Royaume-Uni : l'armée capitulerait en métropole pendant que Gouvernement et parlement gagneraient l'Afrique du Nord. Weygand refuse violemment cette solution qu'il juge contraire à l'honneur militaire.

Il fait observer aussi qu'une capitulation entraînerait l'occupation de tout le territoire, la reddition de toutes les troupes et la saisie de toutes les armes, y compris de la flotte. Comme Pétain, il juge inconcevable que le Gouvernement quitte la métropole. Il déclare à Reynaud que « le gouvernement a pris la responsabilité de la guerre, à lui de prendre la responsabilité de l'armistice. » Selon l'analyse de l'historien Jean-Pierre Azéma, il s'agit là d'une prise de position politique sans précédent depuis le XIXe siècle de la part d'un chef militaire : « par la bouche de Weygand, c'était la « grande muette » qui faisait irruption et rompait le pacte politique tacitement conclu — depuis l'affaire Dreyfus — entre l'armée et la nation[38]. »

Le 16 juin, à un collaborateur du député nationaliste Louis Marin qui évoque une possible résistance depuis les colonies françaises, Weygand répond crûment : « c'est un ramassis de nègres sur lesquels vous n'aurez plus de pouvoir dès que vous serez battu[39] ». Au dernier conseil des ministres du gouvernement Reynaud, il contribue à faire échouer le projet d'union franco-britannique proposé depuis Londres par Winston Churchill et Jean Monnet, et fait pression pour qu'une décision soit prise rapidement au sujet de l'armistice[40]. De plus en plus isolé, Paul Reynaud démissionne auprès du président Lebrun au soir de ce 16 juin et lui recommande Philippe Pétain pour former le nouveau gouvernement. Pétain annonce le 17 juin que la France s'informe par l'intermédiaire de l'Espagne des conditions d'armistice émises par l'Allemagne et déclare à la radio qu'« il faut cesser le combat » (alors que des troupes démoralisées se battent toujours). Le même jour, Weygand est nommé ministre de la Défense nationale. Charles de Gaulle, sous-secrétaire d'État sous Reynaud, perd son portefeuille ; il accompagne Spears en Angleterre alors que celui-ci cherche à recruter des hommes politiques français de premier plan pour continuer la lutte auprès de l'Angleterre.

Avant d'engager des négociations d'armistice, Weygand prend deux décisions : il ordonne le transfert au profit du Royaume-Uni de tous les contrats d'armement passés par la France auprès des industries d'armement américaines, ainsi que la livraison dans les ports britanniques de tous les armements en cours d'acheminement, alors que les ports français étaient sous contrôle allemand[41][réf. incomplète], puis le transfert en Afrique du Nord de tous les avions en état de vol, soit 600 appareils, pour une éventuelle reprise des combats[42][réf. incomplète] ; en effet il ne cessera de répéter tout au long de la guerre que l'armistice est « un arrêt momentané des combats ».

En tant que nouveau ministre de la Défense[43], Weygand donne l'ordre à la délégation française dirigée par le général Huntziger, avant son départ pour Rethondes[44], des instructions concernant la Flotte et son maintien sous contrôle français[44]. Ayant pris connaissance des conditions d'armistice édictées par les Allemands, Huntziger en rend compte à Weygand, le à 20 h 0, au cours d'un long entretien téléphonique où il dicte le texte intégral de la convention, aussitôt transmise au Conseil de ministres réuni à Bordeaux[44]. Lors des pourparlers qui se déroulent toute la journée du 22, entrecoupés de nouvelles communications téléphoniques entre Huntziger et Weygand, la délégation française ne peut obtenir que deux modifications : l'article 5 sur la livraison des avions militaires et l'article 17 sur les transferts de valeurs et de stocks, sont amendés[44]. Les Allemands refusent toute autre concession, en dépit des protestations françaises, en particulier sur l'article 19 concernant le droit d'asile et sur l'Italie (la France n'ayant pas été vaincue dans les Alpes)[44]. À la suite de l'ultimatum du chef de la délégation allemande, le maréchal Keitel, Huntziger reçoit l'ordre depuis Bordeaux de signer l'armistice[44].

Le 19 juin, Weygand ordonne au général de Gaulle de revenir de Londres, ignorant l'invitation à poursuivre le combat que ce dernier lui adresse[45],[46]. Peu après, il rétrograde de Gaulle du rang de général provisoire à celui de colonel, puis convoque successivement deux tribunaux militaires, le premier n'ayant prononcé qu'une peine symbolique. Le second condamnera à mort le chef de la France Libre le .

Gouvernement de Vichy[modifier | modifier le code]

À l'origine de la « Révolution nationale »[modifier | modifier le code]

Weygand occupe le poste de ministre de la Défense nationale dans le Gouvernement de Vichy, pendant trois mois (juin 1940 à septembre 1940).

Le 28 juin, il rédige un programme approuvé par Pétain, à consonance fortement légitimiste, corporatiste, clérical et xénophobe. Il explique la nécessité de libérer la France « d'un régime de compromissions maçonniques, capitalistes et internationales qui nous a conduits où nous en sommes », blâme « la lutte des classes qui a divisé le pays, empêché tout travail profitable, permis toutes les surenchères de la démagogie ». Il prône « un nouveau régime social, fondé sur la confiance et la collaboration entre ouvriers et patrons. » Il déplore qu'en raison de la baisse de la natalité, la défense nationale ait été assumée par « une proportion inadmissible de contingents nord-africains, coloniaux et étrangers », et dénonce « des naturalisations massives et regrettables [qui ont] livré une partie de notre sol et de nos richesses à des exploitants étrangers ». Il affirme enfin qu'il faut réformer l'éducation de la jeunesse, mettre fin à « la vague de matérialisme qui a submergé la France », « revenir au culte et à la pratique d'un idéal résumé en ces quelques mots : Dieu, Patrie, Famille, Travail. » Il conclut en demandant une épuration de l'administration et du personnel dirigeant : « À un programme nouveau, des hommes nouveaux[47]. » ». Henri Amouroux, dans Pour en finir avec Vichy[48], souligne, contrairement à un biographe de Weygand, Bernard Destremeau, l’allusion antisémite contenue dans les mots « capitalistes et internationales ». Et rappelle que Weygand avait participé à une souscription en faveur du commandant Henry, en 1898, dans le contexte de l’affaire Dreyfus.

Refus d'une alliance avec l'Allemagne[modifier | modifier le code]

À la suite de la bataille de Mers el-Kébir où une partie de la Flotte française est détruite par les Britanniques, il s'oppose à ceux qui souhaitent venger cette agression par un renversement d'alliance en faveur de l'Allemagne. Le 16 juillet, il s'oppose également aux Allemands qui exigent des bases aériennes au Maroc, l'utilisation des ports d'Afrique du Nord avec l'usage de la voie ferrée de Rabat à Tunis ainsi que l'emploi de navires de commerce français.

Début juillet 1940, par échange de notes avec l'ambassadeur du Royaume-Uni, il demande à Jean Monnet, de résilier les contrats d'achat d'armements avec les États-Unis et de transférer au profit des britanniques les armes déjà fabriquées et payées[49].

Strict respect des conventions d'armistice[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre, il est nommé Délégué général en Afrique française. Dans le strict respect des conventions de l'armistice, il décide de s'opposer à toute intrusion, qu'elle soit amie ou ennemie, qu'elle vienne des Britanniques ou des Allemands. Il s'emploie également à éviter l'extension de la dissidence de De Gaulle, auquel se sont déjà ralliés le Cameroun, le Tchad, le Congo ou l'Oubangui Chari. Hostile aux pratiques politiques de la Troisième République, il partage le projet de Révolution nationale de Pétain et son projet social, et applique la politique de Vichy dans toute sa rigueur en Afrique du Nord.

En particulier, il fait appliquer les lois raciales décidées par le Gouvernement de Vichy, notamment celles qui excluent les Juifs de la fonction publique, de presque toutes les activités privées et de l'université, et qui placent leurs biens sous séquestre (voir : Lois sur le statut des Juifs). Mais il va plus loin que Vichy, en excluant, sans aucune loi, les enfants juifs des écoles et lycées, avec l'appui du recteur Georges Hardy. Il instaure en effet, par une simple note de service no 343QJ du 30 septembre 1941, un « numerus clausus » scolaire excluant la quasi-totalité des enfants juifs des établissements publics d'enseignement, y compris des écoles primaires, « par analogie avec la législation de l’Enseignement supérieur », alors que des mesures semblables n'avaient pas été prises en Métropole.

Appui à la Révolution nationale[modifier | modifier le code]

Il interdit la franc-maçonnerie, et enferme, avec l'appui de l’amiral Abrial, dans des camps de prisonniers du sud de l'Algérie et du Maroc, les volontaires étrangers de la Légion étrangère, les opposants au régime, réels ou présumés, et des réfugiés étrangers sans contrat de travail (bien que régulièrement entrés en France).

Le Royaume-Uni ayant résisté victorieusement, contrairement à ses prévisions initiales, il persiste à penser, avec le maréchal Pétain, que, même si le Royaume-Uni n'allait pas être battu, il était incapable de gagner la guerre. Weygand partage le point de vue de Pétain qui avait prédit au diplomate américain Robert Murphy qu'il n'y avait « pas d'autre issue possible » au conflit qu'une paix « sans vainqueur ni vaincu ». Au cours de l'été 1941, Weygand s'adresse au même diplomate américain pour presser les États-Unis d'user de leur influence au niveau mondial pour permettre une sortie pacifique de cette impasse[50].

Au sein du gouvernement de Vichy, Weygand reste hostile aux Allemands, et conçoit la Révolution nationale comme un moyen pour la France de se redresser moralement et matériellement et de prendre un jour sa revanche contre l'Allemagne. Cette vision n'est cependant celle ni de Darlan, ni de Laval, ni de Pétain lui-même, qui ne jouent jamais que la carte allemande, et qui savent que le régime de Vichy ne peut exister que dans le cadre d'une France défaite et d'une Europe dominée par le Reich[51].

Weygand n'est en rien complice de l'Allemagne. Il est simplement patriote et, par ses protestations auprès du Gouvernement de Vichy, il fait échouer les protocoles de Paris du signés par Darlan, et notamment la clause qui attribue aux Allemands les bases de Bizerte et de Dakar. Il s'oppose à l'engagement d'une collaboration militaire éventuelle avec l'Axe. Le gouvernement d'Hitler cherche à détacher la France de Vichy de sa passivité vis-à-vis de l'Angleterre en engageant Pétain à allier ce qui reste des forces françaises avec les armées allemandes et italiennes pour une guerre commune contre toute attaque alliée sur un territoire français, que ce soit en Métropole ou ailleurs dans l'Empire. Cette opposition de Weygand à une politique de collaboration active pousse les Allemands à réclamer son limogeage. Cependant, le 4e Bureau de la Délégation générale en Afrique du nord va livrer à l'Afrika Korps de Rommel 1 200 camions français et autres véhicules des stocks de l'Armée française (contrat Dankworth en 1941), ainsi qu'un certain nombre de pièces d'artillerie lourde, accompagnées de 1 000 obus par pièce.

En Afrique du Nord, préparation de la reprise des hostilités par la France[modifier | modifier le code]

Inspection du général Maxime Weygand à la BA144 de Sétit - Aïn-Arnat en 1940 avec le général Nogués et l'amiral Abrial : salut aux couleurs
BA144 Ain-Arnat-Sétif Prise d'armes lors de la visite de Weygand en 1940. Avions Amiot.

Weygand fait dissimuler certains effectifs et armements aux Commissions d'armistice italienne et allemande. Il s'efforce aussi, après les attaques de Mers-El-Kébir et Dakar, de renforcer l'Armée française d'armistice en Afrique, et donne son accord à René Carmille pour l'équipement mécanographique des bureaux de recrutement. Il fait aussi passer certaines unités coloniales pour de simples forces de police, et tente de remobiliser les esprits, avec notamment la création des « Chantiers de la jeunesse française » (créés par le général de La Porte du Theil), qui, dans un strict maréchalisme, tentent d'habituer la jeunesse à un nouvel ordre moral.

Simultanément, Weygand soutient Robert Murphy, envoyé spécial du président Roosevelt en Afrique du Nord, permettant l'implantation de douze vice-consuls qui seront les agents efficaces du débarquement[52]. Il négocie avec les Américains des conditions de ravitaillement, conduisant à un accord signé avec Robert Murphy le 26 février 1941. Le 27 décembre 1941, le président Roosevelt écrivait au général Weygand une lettre lui disant toute sa confiance et sa reconnaissance. Elle a été reproduite par Georges Hirtz[53].

Maréchaliste[modifier | modifier le code]

Cependant, le respect de l'autorité du maréchal par Weygand est total ; lorsqu'il apprend, à la suite d'une dénonciation, que quelques officiers de son entourage (le commandant Faye, le commandant Dartois et le capitaine Beaufre) préparent à son intention un plan de rentrée en guerre avec une aide militaire américaine, il les fait arrêter et livrer aux tribunaux, en disant : « Ce n'est pas à mon âge qu'on devient un rebelle. »

En octobre 1941, peu après la campagne de Syrie à la suite de laquelle un cinquième des effectifs a rallié la France Libre, il exige des soldats de l'Armée d'Afrique de prêter serment au maréchal Pétain.

Les pressions de Hitler sur le Gouvernement de Vichy afin d'obtenir le renvoi de Weygand aboutissent finalement à son rappel en métropole en novembre 1941.

Arrestation par les Allemands[modifier | modifier le code]

Le , après l’invasion alliée de l'Afrique du Nord et l'occupation totale de la métropole, Weygand est fait prisonnier par les Allemands et placé en résidence surveillée dans le Tyrol autrichien, au château d'Itter, dépendant administrativement de Dachau. Sa détention va durer trente mois. La dernière année, il partage sa captivité avec Paul Reynaud, Édouard Daladier et Maurice Gamelin, avec qui les rapports sont tendus, ainsi qu'avec le colonel François de La Rocque et Jean Borotra.

En mai 1945, les prisonniers sont libérés par les Américains et Weygand est reçu avec tous les honneurs dus à son rang au QG de la VIIe armée américaine à Ausbourg où il est l'hôte du général Patch. Ayant reçu un télégramme de Paris lui enjoignant de s'assurer de la personne de Weygand et de le garder sous surveillance américaine jusqu'à nouvel ordre, Patch, indigné, fait conduire avec égard le général au QG de la Ire armée française à Lindau. À leur arrivée chez de Lattre, celui-ci reçoit l'ordre de de Gaulle d'arrêter les personnalités ayant eu des fonctions auprès du Gouvernement de Vichy, ordre qui concerne Weygand et Jean Borotra, ministre de Pétain. De Lattre exécute avec répugnance cet ordre et arrête son « vieux chef », non sans lui avoir fait rendre les honneurs militaires et mis sa voiture personnelle à disposition[52].

Non-lieu à la Libération et proposition du maréchalat sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Renvoyé en France, Weygand est d’abord interné comme prévenu de collaboration au Val-de-Grâce, puis finalement libéré en mai 1946 et dégagé de toute responsabilité en 1948, en bénéficiant d'un non-lieu sur tous les chefs d'accusation par la Haute Cour de Justice.

En 1951, il refuse d'être inscrit dans la proposition de loi concernant la promotion de généraux au maréchalat, son nom ayant été proposé par le député Guy Jarrosson, auteur du projet de loi, au côté des généraux Jean de Lattre de Tassigny et Alphonse Juin. À ce sujet, il déclara : « un bâton de maréchal se gagne sur le Rhin, non sur la Garonne ! »

En 1955, à la suite de la publication par le général de Gaulle du premier tome de ses Mémoires de guerre, Weygand répond point par point dans un ouvrage concis, En lisant les Mémoires de guerre du général de Gaulle que Flammarion tire à 35 000 exemplaires[54].

Engagement politique dans la mouvance « nationale »[modifier | modifier le code]

Le général Weygand s'est opposé au projet de Communauté européenne de défense dès 1952 : « Nous pensons que la création de l'armée européenne telle qu'elle est conçue démembre l'armée française et conduit la France à des abandons d'une exceptionnelle gravité »[55]. En 1954, à la demande de Michel Debré, il cosigne une déclaration de 14 personnalités contre la CED[56]. Cette même année, il cosigne un appel international demandant un renforcement de l'OTAN et une communauté atlantique plus resserrée[57] et adhère au comité français du Mouvement pour l'Union atlantique, présidé par Firmin Roz puis par le général Pierre Billotte. Il cosigne en 1962 un nouvel appel international à une union atlantique[58]. Lors d'une réunion parisienne du Mouvement pour une union atlantique en 1956, il conteste les conclusions de Raymond Aron qui affirme qu'il "faudrait reconnaître tôt ou tard (...) qu'il y aura un Etat algérien et que dans un délai à fixer il sera indépendant" et écrit au Monde pour s'indigner d'un compte-rendu qui ne signalait pas assez les contestations apportées aux conclusions d'Aron[59]. C'est qu'il est convaincu que c'est en Afrique du Nord que se "joue aujourd'hui le destin de la France"[60]. Il prend position pour l'Algérie française[61]. Il s'en prend implicitement au général de Gaulle en octobre 1959 dans une déclaration à la presse: "Ni la Constitution de la République française, ni les principes d'indivisibilité et de souveraineté sur lesquels elle repose, n'autorisent qui que ce soit à porter atteinte à l'intégrité du territoire national"[62]. Ce militaire légaliste s'oppose à la Semaine des barricades de janvier 1960: "ce fut une folle aventure, d'où ne pouvait sortir que du mal", déclare-t-il lors d'une conférence donnée à l'Institut catholique sur l'armée[63]. En juin 1962, il sort du silence auquel il s'était astreint pour prendre position en faveur des harkis: "Si nous abandonnons sans dire mot à leur sort affreux les musulmans d'Algérie qui ont fait foi à la parole donnée au nom de la France, l'honneur de notre pays sera perdu"[64]. Il figure ensuite au comité de patronage de l'Union française pour l'amnistie[65].

Ses prises de position sont publiées aussi bien dans la vénérable Revue des deux mondes, fief de la droite académique à laquelle il appartient, que dans Le Monde, par exemple en 1956 sur le refus "d'éliminer l'emploi de l'énergie à des fins militaires" car il s'agit d'"une question de vie ou de mort"[66], la revue Fédération[67] ou l'hebdomadaire néoroyaliste La Nation française[68].

Il préside durant quelques années, à partir de 1950, le Centre des hautes études américaines d'Achille Dauphin-Meunier; il lance dans son bulletin un appel à "la réconciliation des Français"[69]. Il est ensuite président émérite. Le Centre célèbre ses anniversaires: le Centre, alors présidé par Pierre-Étienne Flandin, a ainsi organisé en 1956 un déjeuner pour les 90 ans de Weygand. Parmi les présents : le maréchal Juin, que Weygand a parrainé pour son entrée à l'Académie française, d'autres académiciens et membres de l’Institut, l'ambassadeur des Etats-Unis et de « nombreuses personnalités des milieux politiques et économiques »[70]. Il célèbre aussi son 95ème anniversaire, en mai 1962: son président, Georges Bonnet, Juin et Henri Massis célèbrent ses hauts faits et le présentent comme un "grand serviteur de l'Etat" et un "défenseur de l'Occident chrétien"[71].

Jusqu'à son décès, Weygand milite pour la réhabilitation du maréchal Pétain et de sa mémoire, comme président d'honneur de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, de sa fondation à son décès en 1965[72]. Il est notamment actif à l'occasion du centenaire de la naissance du maréchal en 1956: il préside son comité et participe aux cérémonies organisées par l'ADMP. Ces cérémonies, selon Weygand, célèbrent l’action de Pétain à Verdun mais aussi durant l’Occupation – celle d’un homme à qui la France a donné un pouvoir « légitime s’il en fut », qui a mené la « tâche gigantesque » qui lui a été confiée, jusqu’au « martyre ». Avec aussi des préoccupations plus actuelles puisque Weygand appelle à se tourner « vers l’Afrique du Nord où tant de nos soldats et de nos Chefs mènent (…) une lutte ingrate et sans merci de la part de nos adversaires »[73]. Il patronne l’une des manifestations de la très anticommuniste Union pour la défense des peuples opprimés ( UDPO ) de François de Romainville en 1953, et publie dans son périodique, Exil et liberté dans les années 1950[74]. Il soutient en 1959 l'action de Georges Sauge et de son Centre d’études supérieures de psychologie sociale ( CESPS ), une officine anticommuniste[75]. Il renoue avec le Cercle Fustel de Coulanges reconstitué ; il préside son premier banquet de l'après guerre en 1954[76].

Il est aussi président d'honneur d'autres associations. Les "Amitiés franco-espagnoles", association fondée en 1951 et présidée par Henri Massis avec comme vice-présidents Gustave Thibon et le banquier royaliste Marcel Wiriath[77]. Le Cercle Lyautey, un petit groupement de jeunes[78]. Le Centre d'études politiques et civiques ( CEPEC ), dès sa fondation en 1954. C'est un club de réflexion patronal où l'on retrouve René Gillouin, aux côtés de patrons pétainistes comme Georges Laederich et d'intellectuels catholiques tel Louis Salleron. Le CEPEC, comme aussi l'Union des intellectuels indépendants ( mais plus discrètement ), a célébré son 90e anniversaire en 1957, au Cercle militaire, avec une journée d'hommage qui attira plusieurs milliers de personnes[79]. Avec les dirigeants du CEPEC, il cosigne un appel au lendemain du Coup d'État du 13 mai 1958 déclarant qu'"aucune mère ou épouse ne pourrait voir un factieux dans celui qui la défend en Algérie"[80].

Il est également président d'honneur de l'Association universelle des Amis de Jeanne d'Arc, à partir de 1953. Il cosigne en 1956 un manifeste invitant tous les Français à se grouper " en face du déferlement mondial de la vague matérialiste et marxiste " pour combattre jusqu'au bout " pour leur foi et leur foyer ", aux côtés de personnalités de la droite catholique comme Gustave Thibon, Léon Bérard ou Henry Bordeaux[81]. Il préside en mai de la même année des "journées d'études civiques" consacrées à Jeanne d'Arc à l'occasion des cérémonies en l'honneur de la sainte, célèbre l'alliance traditionnelle entre catholicisme et patriotisme, dans le contexte de "l'abaissement de la France" et du "glissement de l'Etat": "Restons fidèles à Dieu, au patriotisme dont elle nous a légué la leçon, simple, humain, sain, dégagé de toutes subtiles discussions, inconditionnel. (...) Affirmons notre foi dans la vocation chrétienne et civilisatrice de la France"[82]. Il fonde et préside une éphémère Alliance Jeanne d'Arc, plus politique, avec Gustave Thibon, André Frossard, Léon Bérard, Marc Rivière, Jean de Bronac: elle entend se consacrer "à la défense de l'honneur français, qui est exactement fonction de la fidélité à Dieu des hommes et des institutions"[83]. Dans ses réunions, il fustige "ceux qui appellent colonialisme ce qui n'est que la civilisation". Selon lui, le "meneur de jeu" en Algérie est communiste: "On assiste à une vaste manœuvre de Moscou, dont le but est de tourner la défense occidentale par le Sud". Il appelle à "sanctionner les défaitistes et les traîtres" et trouve légitime que l'armée française pourchasse les "rebelles" dans leurs repaires, fussent-ils à l'étranger ( allusion à la Tunisie et au Maroc )[84]. Il adresse un message aux chrétiens d'Algérie dans lequel il dénonce "un effort persévérant, qui trouve des complices en France, et même parmi les chrétiens, ( et qui ) tâche de séparer l'Algérie de la patrie". Il note aussi: "S'il a été commis des excès, la conscience ne saurait les approuver, mais elle ne peut pas ignorer le climat de terreur et de provocation suscité par les ennemis de la France". Des mots qui tranchent avec les déclarations de l'épiscopat français, ce que Weygand assume[85].

Membre du comité d'honneur du comité pour la sauvegarde des Lieux Saints[86], c'est un habitué des séances de rentrée de l'Institut catholique de Paris, aux côtés de Mgr Feltin[87], et il appuie la "Cité catholique" du militant catholique contre-révolutionnaire Jean Ousset: il préside son congrès de 1960[88] et, avec le Colonel Rémy, Henri Massis, Gustave Thibon, Michel de Saint-Pierre, Gilbert Tournier, le maréchal Alphonse Juin et le député Édouard Frédéric-Dupont, il cosigne une déclaration collective en faveur de la Cité catholique en 1962[89]. Weygand était « attaché à la tradition, ( et ) il s’effrayait des conséquences d’une évolution trop rapide de la liturgie ou des environnements du dogme ; il déplorait l’indépendance du jeune clergé »[90]. Il aurait d’ailleurs déclaré à l’amiral Gabriel Auphan, après avoir lu une nouvelle attaque contre la religion catholique traditionnelle : «Si j’étais en âge de me refaire une carte de visite, je mettrais simplement : Weygand, intégriste »[91].

Décès et obsèques[modifier | modifier le code]

À sa mort en 1965, il est le doyen d'âge et d'élection de l'Académie française. Désavouant son ministre, le général de Gaulle refuse qu'une cérémonie solennelle[46] se tienne aux Invalides.

Une foule immense afflue à ses obsèques en l'église Saint-Philippe-du-Roule (8e arrondissement de Paris), le 2 février, conduite par les trois épouses et veuves des maréchaux Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny, en présence d'une quarantaine de généraux, dont le gouverneur militaire de Paris[92], - mais aucun des quatre chefs-d'état-major généraux - , une vingtaine d'Académiciens[93], le président du conseil municipal de Paris, Pierre Lyautey, l'avocat de Pétain et animateur de l'ADMP Jacques Isorni, Edouard Bonnefous, Pierre-Christian Taittinger, Édouard Frédéric-Dupont, les générales Challe et Zeller. Et aussi Jean-Louis Tixier-Vignancour - le candidat « Algérie française » à la présidence de la République -, accompagné de Jean Dides et du colonel Jean-Robert Thomazo[94]. Parmi la foule, beaucoup de "pieds-noirs", des jeunes et des quinquagénaires arborant la francisque. Le général Jean Touzet du Vigier ( vice-président du CEPEC ) rendit l'hommage funèbre sur le parvis de l'église: "Certes, nous aurions souhaité rappeler ces hauts sommets de votre carrière militaire dans un cadre réservé aux gloires militaires", dit-il. "Un torrent d'ovations lui coupa la parole" selon le reporter de L'Aurore[95].

Dans un billet du Monde, Hubert Beuve-Méry résuma le sentiment d'une partie de l'opinion : « On peut n'avoir en rien partagé les idées du disparu … il n'en reste pas moins auréolé de la gloire des vainqueurs de 14-18. Chicaner à ce compagnon de Foch, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire, une simple messe de Requiem dans cette même église (Les Invalides) où tant de lieutenants font bénir leurs jeunes amours apparaît comme un geste sans grandeur, une injustice, une faute et l'on craint que des rancunes personnelles n'y aient plus de part que la raison d'État». Ont protesté dans la presse contre le "refus des Invalides" Gilbert Cesbron (Le Figaro du 2 février 1965) ou le général Paul Vanuxem - "l'injure est faite à la nation, l'injure est faite à l'armée" (dans Aux Écoutes du 5 février 1965) tandis que d'autres ont dressé un portrait flatteur de Weygand dans La France catholique ( Jean Guitton, Jean de Fabrègues, le maréchal Juin, Henri Massis, le général Chambe ), Aspects de la France ( Xavier Vallat et Gustave Thibon ), Les Nouvelles littéraires (le duc de Lévis-Mirepoix), La Revue des deux mondes ( Claude-Joseph Gignoux ), etc.[96].

Maxime Weygand est inhumé au cimetière Saint-Charles de Morlaix, où il possédait un manoir, le 21 avril. Deux mille personnes y assistèrent, dont les autorités locales (le préfet du Finistère et le sous-préfet , le maire de Morlaix, le préfet maritime, etc.), l'évêque du diocèse Mgr Fauvel, des généraux (Lenormand, vice-président de la Saint-Cyrienne, Touzet du Vigier, qui prononce une allocution au nom de la Saint-Cyrienne et de l'Union nationale de la cavalerie, Declerck), les président de l'UNC du Finistère et des Côtes-du-Nord, Me Jean Lemaire, avocat de Pétain, Pierre Henry, secrétaire général de l'ADMP, etc.[97].

L’année suivante, cependant, ce refus des Invalides fut réparé. Le ministre des armées autorisa l’accès à l’église Saint-Louis des Invalides pour une messe de requiem, qui eut lieu le 22 janvier, présidée par Mgr Brot, évêque auxiliaire de Paris. 23 associations d’anciens combattants ou groupements que Weygand protégeait, encourageait ou présidait l’organisèrent, insistant « sur le recueillement qui doit imprégner » la cérémonie et priant les assistants « de se refuser à toute initiative qui serait de nature » à la troubler. Une carte strictement personnelle d’invitation fut exigée à l’entrée. Y assistèrent le président du CEPEC et des personnalités comme Wladimir d’Ormesson, Pierre Lyautey ou Jean Borotra[98].

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Jacques Weygand, Weygand, mon père, Paris, Flammarion 1970.
  • Bernard Destremau (préface de Jean Guitton), Weygand, Paris, Perrin, 1989 et plusieurs éditions ultérieures.
  • Dominique Paoli, Maxime ou le secret de Weygand, Bruxelles, Racine, 2003.
  • Guy Raïssac, Un général dans la tourmente, Paris, Albin Michel, 1963.
  • Frédéric Guelton, « Le Général Weygand et l'Allemagne, 1930-1935 », in Francia, n° 22/3, 1995, [lire en ligne].

Weygand en Pologne[modifier | modifier le code]

  • Edgar Vincent d'Abernon, La dix-huitième bataille décisive du monde : Varsovie, 1920, Pression de Hyperion, 1977 (ISBN 0883554291).
  • Piotr Wandycz, Le Général Weygand et la bataille de Varsovie, Journal d'Affaires de l'Europe centrale, 1960.
  • Norman Davies, White Eagle, Red Star: The Polish-Soviet War, 1919-20 (Aigle Blanc, Étoile Rouge : la guerre polono-soviétique, 1919-20), Pimlico, 2003 (ISBN 0712606947).

Weygand pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • Henri Michel, Vichy, année 40, Robert Laffont, Paris, 1967.
  • Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, Vichy et les Français, Fayard, Paris, 1996.
  • Yves Maxime Danan, La Vie politique à Alger, de 1940 à 1944, Librairie générale de Droit et de Jurisprudence, Paris, 1963.
  • William Langer, Le jeu américain à Vichy, Plon, Paris 1948.
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Les Français de l'an 40, t. I, éditions Gallimard,‎ Livre assez partisan écrit par un gaulliste.
  • Général Albert Merglen, Novembre 1942 : L'année de la Honte, L'Harmattan, Paris 1993.
  • Georges Hirtz, Weygand, Années 1940-1965, Georges Hirtz, 2003.
  • Robert O. Paxton, L'Armée de Vichy, éd. Tallandier, 2004
  • François-Georges Dreyfus, Histoire de Vichy.
  • Raymond Tournoux, Pétain et la France, La Seconde Guerre mondiale, Plon, 1980

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Maréchal Foch, 1929.
  • Turenne, Flammarion, Paris, 1930.
  • Le 11 Novembre, Flammarion, Paris, 1932
  • Histoire militaire de Méhémet-Ali et de ses fils, 2 vol, 1936
  • Comment élever nos fils, 1937
  • Histoire de l'armée française, éd. Flammarion, Paris, 1938 ; rééd. éd. Flammarion, 1961, 493 p.
  • La France est-elle défendue ?, 1937
  • Foch, Flammarion, Paris, 1947
  • Le général Frère, 1949
  • Mémoires, 1950-1957, Flammarion, 598 p.
    • T.1 : Idéal vécu
    • T.2 : Mirages et réalités
    • T.3 : Rappelé au service
  • Forces de la France, 1951
  • Et que vive la France !, 1953
  • En lisant les mémoires du Général de Gaulle, éd. Flammarion, 1955, 234 p.
  • L'Arc de Triomphe de l’Étoile, 1960
  • L'Armée à l'Académie, 1962
  • L'oncle chinois, inachevé, 1962
  • Lettres inédites relatives aux testaments de Leurs Majestés le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, 1965

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Paoli Maxime ou le secret Weygand, Éditions Racine, Bruxelles 2003. (ISBN 978-2873863012)
  2. Maximiliano y Carlotta, Mexico 1987.
  3. Raymond Tournoux, Pétain et de Gaulle, Paris, éd. Plon 1960 p. 275 (voir aussi du même auteur Pétain et la France, La Seconde Guerre mondiale, 1980).
  4. Page présentant, parmi d'autres, le colonel van der Smissen photographié par Ghémar frères, [http://www.livresdeguerre.net/forum/sujet.php?sujet=1145 page présentant un livre sur Weygand avec ce dernier en couverture
  5. Article « Qui furent les parents de Maxime Weygand ? » basé sur le livre de Dominique Paoli, 28 novembre 2003, sur dhnet.be.
  6. Cette Hortense Joséphine Denimal, blanchisseuse de linge, née à Cambrai le 5 mai 1823 fille de Constant Joseph Denimal, jardinier et de Marie Barbe Joséphine Dumont domiciliée à Courbevoie avait épousé en mai 1848 Emmanuel Félix Vandievoet (son prénom usuel était Félix), carrossier, né à Bruxelles vers 1823, issu d'une modeste famille ouvrière bruxelloise qui de charrons étaient devenus carrossiers rue de Schaerbeek, décédé à Bruxelles le 30 mai 1848 à 25 ans, enterré dans le caveau de cette famille de carrossiers à Bruxelles. Hortense Denimal, veuve de Félix Vandievoet, se remariera avec Jean Joseph Leroy, employé, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode, né à Bruxelles le 15 juin 1829, fils de Jean Joseph Leroy et de Jeanne Catherine Heynen, blanchisseuse de linge.
  7. Pseudonyme qui n'est autre qu'une légère modification de « Denimal », nom de jeune fille de sa tutrice, l'épouse de M. Cohen
  8. Pierre Quillard, Le monument Henry – Liste des souscripteurs classés méthodiquement et selon l'ordre alphabétique, éd. Pierre-Victor Stock, Paris, 1899, chap. « L'Armée », page 3 (vue 17 sur 718) : « Weygand, capitaine au 9e dragons » ; [PDF] [consultable en ligne sur le site gallica.bnf.fr (page consultée le 3 juillet 2009)] ; 18 listes publiées par La Libre Parole, entre le 14 décembre 1898 et le 15 janvier 1899.
  9. Saint-Cyrien, Jacques Weygand atteindra le grade de chef d'escadrons mais quittera l'Armée après la Libération.
  10. a et b Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel : 1940-1942 (Tome I), éd. Plon, Paris, 1954 ; rééd. Pocket, 1999 (nouvelle édition 2007) 440 p. (texte intégral), (ISBN 2266095269 et 978-2-266-09526-6), p. 53-56.
  11. a et b Céline Gervais, La Guerre polono-soviétique, 1919-1920, Lausanne, L'Âge d'Homme,‎ , 145 p. (ISBN 2-7204-0104-8). Actes du colloque de l'Institut d'études slaves de Paris du . Discussion après l'intervention portant sur « le rôle du général Weygand pendant la bataille de Varsovie » menée par le colonel Pierre Le Goyet ; échange avec le général polonais Józef Jaklicz (pl), p. 38-40.
  12. (en) Norman Davies, White Eagle, Red Star ; rééd. Pimlico, Londres, 2003.
  13. Bernard Destremeau, Weygand, éd. Perrin, 1989, p. 243.
  14. Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 369.
  15. Le Temps, 30-5-1936 ; Le Journal des débats, 19-2-1937, Gérard Chauvy, Le drame de l’armée française, Pygmalion, 2010
  16. http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/03/16/pourquoi-donc-honorer-a-paris-un-peintre-franquiste-sans-envergure_1670697_3246.html
  17. Cf. la page consacrée au fondateur des dîners parisiens des "Affinités françaises", qui rassemblent les "nationaux": Louis de Fraguier. Ceux du comité Dupleix-Bonvalot ont été fondés par l'explorateur Gabriel Bonvalot
  18. Le Temps, 9-5-1936, La Revue des deux mondes, Weygand, « L’armée d’aujourd’hui », mai 1938 ; Le Journal des débats, 22-10-1938, 20-11-1938, audition de Weygand en 1946 in Gérard Chauvy, Le drame de l’armée française, op. cit.
  19. "L'Echo d'Alger", 23/5/1937. Cf. aussi "Le Journal", 23/5/1937, dîner du comité Dupleix-Bonvalot de mai 1937
  20. Cf. Jean-Michel Barreau, Vichy contre l’école de la République, Flammarion, 2001
  21. Jean-Michel Barreau, op. cit.
  22. Allocutions de Weygand à un dîner de la Belle France et à un dîner du comité Dupleix-Bonvalot. Cf. aussi: "Revue des questions coloniales et maritimes", octobre-novembre 1935: dîner du comité Dupleix-Bonvalot sur "la grande pitié de l'école en France"
  23. Voir, par exemple : Paul-Marie de la Gorce, 39-45, Une guerre inconnue, p. 94, paragraphe « Faire la guerre à la Russie ? ».
  24. Outrageous Fortune, London 1984.
  25. Outrageous Fortune, amiral Keyes, Ed. Martin Secker & Warburg, London 1984, trad. française Un règne brisé, vol. 1, page 441, Ed. Duculot, Paris Gemblous 1985.
  26. a, b et c Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien, La France pendant la Deuxième Guerre mondiale. Atlas historique, Fayard-ministère de la Défense, 2010, p. 41 sq
  27. Crémieux-Brilhac 1990, p. 582-585
  28. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 585
  29. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 586
  30. Raymond Cartier, La Seconde Guerre mondiale, Larousse-Paris Match, 1964, t. I, p. 130-131
  31. « Chronologie militaire de Charles de Gaulle », sur le site charles-de-gaulle.org, consulté le 7 mai 2010.
  32. Mémoires de guerre, pages 54 et 55 ; voir également Eric Roussel, Charles de Gaulle, p. 104, qui démontre que Weygand n'a pas désobéi aux ordres de Reynaud d'étudier la possibilité d'un repli sur l'Afrique du Nord, au contraire de ce qu'affirmera de Gaulle après la guerre
  33. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel, op. cit., p. 59-60.
  34. Éric Roussel, Le Naufrage, Gallimard, 2009
  35. a et b Crémieux-Brilhac 1990, p. 590
  36. Crémieux-Brilhac 1990, p. 591
  37. Crémieux-Brilhac 1990, p. 592
  38. Jean-Pierre Azéma, De Munich à la Libération, Seuil, 1979, rééd. Points-Seuil, 2002, p. 66
  39. Crémieux-Brilhac 1990, p. 598, note
  40. Éric Roussel, Le Naufrage, Gallimard, 2009, p. 41-42.
  41. Jean Monnet, Mémoires
  42. Bernard Destremau, Weygand, Paris, Perrin,‎ .
  43. Gouvernement Philippe Pétain et gouvernement Pierre Laval (5)
  44. a, b, c, d, e et f (de) (fr) Eberhard Jäckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler (préface de Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1968, 554 p., p. 63-65
  45. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Appel, op. cit., p. 331 : « Lettre [de réponse] au général Weygand », du 20 juin 1940.
  46. a et b « Point d'histoire : à propos de Weygand par le général de Boissieu », article publié dans Point d'histoire, no 139, juin 2004, sur charles-de-gaulle.org.
  47. Cité par Paul Baudouin, Neuf mois au gouvernement, avril à décembre 1940, Éditions La Table Ronde, 1948, p. 224-225.
  48. tome I, Robert Laffont, 1997, p. 436-437
  49. Jean Monnet, Mémoires, Paris, Fayard,‎ , 824 p., P.212
  50. Robert Paxton, L'armée de Vichy, 1966, traduction française, 2004, Tallandier, p. 240
  51. Robert Frank, « Pétain, Laval, Darlan », in La France des années noires, Seuil, 1993, rééd. 2000, t. I, p. 518-523
  52. a et b Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le néant, Monaco, éd. du Rocher, 2004, p. 143.
  53. Georges Hirtz, Weygand, p. 112.
  54. Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le néant, Monaco, Le Rocher, 2004, p. 145.
  55. Article de La Revue des deux mondes d'octobre 1952, cité par "Le Monde", 21/10/1952
  56. Michel Debré, Trois Républiques pour une France. Mémoires. Tome II - Agir 1946-1958, Albin Michel, 1988, p. 218-219, Le Monde, 27/8/1954, "Nouvelliste valaisan", 27/8/1954, p. 2
  57. Le Monde, 5/10/1954, 25/10/1954, "Declaration of Atlantic unity" d'octobre 1954 avec ses signataires
  58. "Declaration of Atlantic unity" de 1962, avec ses signataires
  59. Le Monde, 19/11/1956, 22/11/1956, "Une lettre du général Weygand"
  60. Le Monde, 23/2/1956
  61. Le Monde, 27/11/1957, "Et maintenant ?"
  62. Le Monde, 7/10/1959
  63. Le Monde, 19/5/1960
  64. "Le Monde", 16/6/1962
  65. "Le Monde", 18/12/1964
  66. Le Monde, 30/1/1956, Weygand, "L'Euratom".Cf. aussi Le Monde, 6/3/1958, "Réflexions personnelles par le général Weygand", 27/11/1957, "Et maintenant ?"
  67. "Fédération", juin 1953, "Pour ou contre l'armée européenne", avis de Weygand
  68. "Le Monde", 28/2/1958
  69. "Le Monde", 12/6/1951, 30/1/1953
  70. "La Revue des deux mondes", 1/3/1956
  71. Guy Raïssac, op. cit., p. 431, Les Etudes américaines, 1962, n° 85
  72. Le Monde, 24/7/1951, 26/7/1951, "Feuille d'avis de Neuchâtel", 24/7/1951, déclaration de Weygand
  73. Le Monde, 17/4/1956, 23/4/1956, 24/4/1956, , Centenaire du maréchal Pétain, 1856-1956, brochure de l’ADMP, 1956, L’Est républicain, 27-4-1956 : cérémonies de Verdun ( en ligne sur le site consacré au général Héring ). Sur l’ADMP et ses prises de position, cf. Henry Rousso, « A contre courant, l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain », in Alfred Wahl ( dir. ), Mémoire de la Seconde Guerre mondiale, Metz, centre de recherche histoire et civilisation de l’Université de Metz, 1984, p. 111-123
  74. Alain Guérin, Le général gris, 1968, p. 482, collection d’Exil et liberté
  75. L’Ordre français, « échec au communisme », session nationale d'étude des 28 et 29 novembre ( 1959 ): message de Weygand, Partis, journaux et hommes politiques d'hier à aujourd'hui, Lectures françaises, décembre 1960, Le Monde, 30/11/1959. Selon Pierre Milza ( L'Europe en chemise noire, Fayard, 2002 ), Ariane Chebel d’Appollonia ( L'Extrême droite en France, Complexe, 1998, p. 296 ) et Anne-Marie Duranton-Crabol ( Le temps de l'OAS, Complexe, 1995, p. 302 ), Weygand préside le CESPS, ce qui semble être en fait une erreur
  76. Cahiers du Cercle, juillet 1954
  77. "ABC", 8/3/1951, "ABC", 14/3/1952
  78. Weygand, témoignages et documents inédits, Résiac, 2006, Jacques Weygand, Weygand, mon père, op. cit., p. 462
  79. "La Revue des deux mondes", 1/2/1957
  80. "Le Monde", 20/5/1958
  81. Le Monde, 23/4/1956
  82. "Le Monde, 14/5/1956, Association universelle des Amis de Jeanne d'Arc, Patrie française et principes chrétiens, NEL, 1956: contient son discours prononcé aux Arènes de Lutèce le 13 mai 1956, et ceux de Léon Bérard, Marcel Clément, Raoul Follereau, Georges Hardy, André Frossard, Xavier de Bourbon, etc.. Cf. le site de cette association: amis-jeanne-darc.org
  83. Partis, journaux et hommes politiques d'hier à aujourd'hui, Lectures françaises, décembre 1960, p. 510, "Le Monde", 16/2/1957, Cf. une lettre-circulaire de Weygand sur le site amis-jeanne-darc.org, L'Histoire", Michel Winock, "Jeanne d'Arc", mai 1997
  84. "Le Monde", 31/5/1957
  85. Le Monde, 8/4/1957, 11/4/1957: "Une lettre du général Weygand"
  86. "La Revue des deux mondes", 2/8/1050, Weygand, mon père, op. cit., p. 463
  87. Le Monde, 30/11/1951, 26/11/1954, 29/11/1957, "Nouvelles de l'Institut catholique", avril 1952
  88. Le Monde, 4/7/1960. Cf. Raphaëlle de Neuville, Jean Ousset et la Cité catholique, Dominique Martin Morin, 1998
  89. "Verbo", n° 9-19, 1962, p. 127
  90. Jacques Weygand, op. cit., p. 463
  91. Itinéraires (revue), n° 93, mai 1965, Amiral Auphan, « Weygand chrétien », p. 146. Sa mémoire est honorée de nos jours par les catholiques « intégristes » de Civitas : cf. Civitas, n° 35, mars 2010, Philippe Girard et Pierre Martin, « Maxime Weygand ( 1867-1965 ), un grand chef militaire catholique et français », p. 68-71.
  92. Dont aussi les généraux d'armée Guillaume de Montsabert, Ely, Carpentier, Lorillot, Boyer de la Tour, Henri Zeller, Demetz, Noiret, Beauffre
  93. Maurice Genevoix, Daniel-Rops, Wladimir d'Ormesson, Maurice Garçon, Marcel Pagnol, Henri Troyat, Carcopino, Jacques Rueff, Jean Ghéhenno, Henri Massis, André François-Poncet, Jean Guitton, André Maurois, le pasteur Boegner, Jean Rostand. Jean Paulhan, en tant que directeur de l'Académie, prononça un éloge, mais il fut hué car on jugea inconvenant qu'il rappelle que Weygand "était né à Bruxelles de père et mère inconnus"
  94. Quelques jours plus tard, lors d'un meeting de Tixier-Vignancour à la Mutualité pour protester contre l'attitude du gouvernement lors des obsèques de Weygand, des jeunes gens manifestent aux cris de « De Gaulle assassin » et « Tixier au pouvoir » : "Feuille d'avis de Neuchâtel", 8/2/1965
  95. Les Dossiers du CEPEC, n° 20, p. 9-18, "Feuille d'avis de Neuchâtel", 3/2/1965, vidéo des obsèques de Weygand sur le site British Paté. Ont signé le registre à l'église: le général Pierre Kœnig, Louis Jacquinot, ministre d'Etat, Maurice Papon, préfet de police, Mgr Pierre Veuillot, le général Gouraud, Maurice Chevalier, Serge Lifar, Mmes Challe et Zeller, etc.
  96. Les Dossiers du CEPEC, n° 20
  97. Les Dossiers du CEPEC, n° 20, p. 173-175
  98. La Revue des deux mondes, février 1966, Carton d’invitation : liste des associations invitantes : Anciens du XXe corps, Médaillés militaires, Union nationale de la cavalerie, de l’arme blindée et de chars, UNOR, CEDN, ORA, SNSOR, UNC et UNC-AFN, Parents des tués, Fils des tués, Écrivains combattants, AGMG, FARAC, Ceux de Verdun, Fédération de l’artillerie, Poilus d’Orient, DRAC, Fédération des anciens chasseurs, Rhin et Danube, CEF d’Italie, SSDN, Flandre-Dunkerque, Anciens combattants polonais.