Eugène Marie Louis Bridoux

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Officier général francais 4 etoiles.svg Eugène Marie Louis Bridoux
image illustrative de l’article Eugène Marie Louis Bridoux

Naissance 24 janvier 1888
Doulon, France
Décès 6 juin 1955
Madrid, Espagne
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de corps d'armée
Années de service 1934-1945
Famille Marie Joseph Eugène Bridoux (père)

Eugène Marie Louis Bridoux, né à Doulon (Loire-Inférieure, aujourd'hui Loire-Atlantique) le 24 janvier 1888 et mort en exil à Madrid le 6 juin 1955, est un général français, secrétaire d'État à la Guerre sous le régime de Vichy, entre le 18 avril 1942 et le 20 août 1944, dans le gouvernement de Pierre Laval.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant guerre[modifier | modifier le code]

Officier de cavalerie, comme son père, le général Marie Joseph Eugène Bridoux (tué durant la Première Guerre mondiale), il commande le 2e régiment de hussards (1934-1936), puis devient général de brigade en 1938 et dirige l'École de cavalerie de Saumur.

Début de la Seconde Guerre mondiale et captivité[modifier | modifier le code]

Il est nommé à la tête de la 41e division d'infanterie. Il est encerclé par l'avance allemande et capturé le . Son unité venait d'être citée à l'ordre de l'armée. Il fera jouer ses relations de concours hippiques, ses relations politiques françaises et ses amitiés allemandes. Il sera « mis en congé de captivité  » en mars 1941 puis définitivement libéré en février 1942[1].

Régime de Vichy[modifier | modifier le code]

Il s'engage dans la Collaboration, dans le sillage de Fernand de Brinon[1]. Il est successivement Secrétaire général de la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés du 20 mars 1941 au 18 avril 1942, puis secrétaire d'État à la Guerre, succédant au général Charles Huntziger (du au ) dans le nouveau gouvernement de Laval, puis sous-secrétaire d'État à la Défense nationale (du 26 mars 1943 au 20 août 1944) dans ce même gouvernement. Ces nominations sont vues avec bienveillance « dans l'intérêt allemand » par Otto Abetz car il est « partisan convaincu de la politique de collaboration et offre la garantie nécessaire pour procéder à une épuration des noyaux de résistance gaulliste dans l'armée, en particulier du 2e Bureau anti-allemand ».

Collaboration[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Pierre Laval (6).

La nomination de Bridoux lui permet de contenter les Allemands. En effet, ce dernier se montre partisan de l'idée d'une armée française sous la coupe de l'Allemagne, voire sous l'uniforme allemand, dans le conflit[2]. Un de ses fils est capitaine dans la Légion des volontaires français.

En 1942, le Maréchal Pétain en voyage dans le Limousin est accompagné du Général Bridoux, assiste au défilé de l'Armée de l'Armistice (l'armée réduite du gouvernement de Vichy) et des élèves des grandes écoles au camp de La Courtine en Creuse. Il participe à l'organisation de la déportation des Juifs, allant jusqu'à démettre de ses fonctions Pierre Robert de Saint-Vincent qui avait refusé de mettre un bataillon de gendarmerie à la disposition de l'intendant de police Marchais pour procéder au convoyage de 650 Juifs de la zone Sud vers la zone Nord[3].

Il est promu général de division en 1941 puis général de corps d'armée en 1942.

Dans le courant de 1944, Bridoux se verra confier la difficile mission de recrutement de cadres pour les unités Waffen-SS composées de Français.

Fuite à Sigmaringen[modifier | modifier le code]

Lors de la Libération de la France, il s'enfuit en août 1944 à Sigmaringen où sont transférés Pétain et Laval, rejoints par un grand nombre de collaborateurs. Il participera à la commission gouvernementale vichyste, sorte de gouvernement en exil, en tant que « commissaire aux prisonniers de guerre français », mais n'exerce pas réellement ses fonctions dans ce cabinet fictif, n'y faisant que de rares apparitions[4].

Capture et fuite[modifier | modifier le code]

Capturé par les troupes américaines en mai 1945 en Allemagne[5], il est rapatrié en France et est interné au fort de Montrouge[5]. Hospitalisé au Val de Grace à Paris à la suite d'ennuis de santé, il s'en évade[6] le 6 juin 1947[7] et se réfugie en Espagne où il meurt le 6 juin 1955[5].
Il fut condamné à mort par contumace par la Haute cour de justice[5] et à la dégradation militaire pour faits de collaboration le 18 décembre 1948.
Ses archives sont déposées à la Bibliothèque nationale de France. Elles comprennent ses Souvenirs de Vichy, journal tenu du 18 avril 1942 au 15 avril 1944.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Chauvy, Le drame de l’armée française : du Front Populaire à Vichy, Paris, Flammarion, coll. « Pygmalion », , 694 p., 15x24 (ISBN 978-2-7564-0291-8), chap. XXX (« L'armée éclatée »), pp. 659-661 : Les compromisDocument utilisé pour la rédaction de l’article
Cet ouvrage est remarquablement documenté par de nombreuses références, en particulier aux documents du Service historique de la Défense (SHAT, Vincennes). D'autres sources sont également utilisées.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b op. cit. Chauvy (2010) p. 660
  2. op. cit. Chauvy (2010) pp. 659-661
  3. Martin Gilbert, Les Justes, Les héros méconnus de la Shoah, Calmann-Lévy, 2004, p. 256. (ISBN 2-7021-3508-0)
  4. Henry Rousso, Pétain et la fin de la collaboration, Sigmaringen 1944-1945, Éditions Complexe, 1999, p. 126.
  5. a, b, c et d Jean-Paul Cointet, Sigmaringen, Perrin, coll. « Tempus », , 462 p. (ISBN 9782262033002), p. 432.
  6. Pour s'échapper du Val-de-Grâce, il sortit simplement par l'entrée principale (source Sigmaringen de Jean-Paul Cointet)
  7. « Epuration »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  8. Archives nationales.
  9. op. cit. Chauvy (2010) p. 659