Gironde (département)

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Gironde
Gironde (département)
Gironde (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Bordeaux
Sous-préfectures Arcachon
Blaye
Langon
Lesparre-Médoc
Libourne
Président du
conseil départemental
Jean-Luc Gleyze
Préfet Pierre Dartout
Code Insee 33
Code ISO 3166-2 FR-33
Code Eurostat NUTS-3 FR612
Démographie
Gentilé Girondins
Population 1 483 712 hab. (2012)
Densité 138 hab./km2
Géographie
Superficie 10 725 km2
Subdivisions
Arrondissements 6
Circonscriptions législatives 12
Cantons 33
Intercommunalités 46
Communes 542

Le département de la Gironde (prononcé [ ʒi.ˈʁɔ̃ ] en « français standard ») est un département français situé dans le sud-ouest du pays en région Aquitaine.

Ce département doit son nom à l'estuaire de la Gironde qui prend naissance après la confluence de la Dordogne et de la Garonne au bec d'Ambès, en aval de Bordeaux. De 1793 à 1795 il s'appela département du Bec-d'Ambès.

La Gironde est le plus vaste département de France métropolitaine (10 725 km2) et le 2e plus vaste après la Guyane (83 846 km2).

L'Insee et la Poste lui attribuent le code 33.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie des anciennes provinces de Guyenne et Gascogne.

Il s'appela aussi Bec-d'Ambès, de 1793 à 1795, à l'époque où le terme Gironde désignait l'origine du groupe parlementaire des Girondins qui furent alors tous arrêtés.

La Gironde est composée de trois entités distinctes, avec un héritage historique qui leur est propre :

Entre 1789 et 1850, la partie occidentale du département était couverte de landes mal drainées (sur environ 60 % à 70 % de l'espace). Cette lande était entretenue par écobuage afin de pourvoir en nourriture les grands troupeaux de moutons, surveillés par des bergers montés sur des échasses ; l'usage de ces dernières permettait d'accomplir plus facilement de grandes distances (15 à 20 kilomètres par jour), tout en surveillant le troupeau. Avant 1857, date de la Loi d'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne, le régime agropastoral est généralisé : il puise sa force dans le libre usage des communaux majoritaires. Puis la systématisation des plantations de pins exploités pour leur résine (gemmage) et leur bois, accompagnée de la vente des communaux durant la deuxième moitié du XIXe siècle, a complètement modifié le paysage et l'économie de la moitié du département.

Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III, la Gironde fait partie des départements placés en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif. Moins d'une centaine d'opposants sont arrêtés[1].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les FFI du département comptent 2 705 membres[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Gironné d’argent et d’azur de huit pièces, au chef de gueules chargé d’un léopard d’or, armé et lampassé d’azur.
Commentaires : le blason a été conçu vers 1950 par l'héraldiste Robert Louis et n'a, à l'heure actuelle, aucune existence officielle. Le gironné est parlant. Le chef est aux armes de l'ancienne province de Guyenne, le léopard d'Aquitaine datant du XIIe siècle ne rappelle en rien la possession anglaise mais renvoie aux armes de la première famille ducale d'Aquitaine qui était par ailleurs famille comtale du Poitou. C'est le lion des armes de cette famille qu'on retrouve sur leurs anciennes possessions. À ce titre, Aliénor d'Aquitaine portait déjà ces armes avant son mariage avec le futur roi d'Angleterre et le basculement dans l'orbite anglaise de l'Aquitaine.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil général de la Gironde.

De longue date, le département de la Gironde a été marqué par la confrontation, plus ou moins équilibrée, entre la gauche (singulièrement le PS), et la droite, et surtout le courant gaulliste depuis les débuts de la Cinquième République.

Cette confrontation est fondée en particulier sur l'organisation politique de chaque courant, le Parti socialiste ayant tendance à rassembler autour de lui les couches intermédiaires, les milieux ouvriers et certains des milieux ruraux, tandis que la droite dispose de positions fortes au sein de la bourgeoisie d'affaires de Bordeaux, dans le milieu de la viticulture sur le Libournais, des couches retraitées aisées très présentes sur le bassin d'Arcachon.

Une forme de partage des pouvoirs locaux s'est ainsi organisée : la droite gère depuis soixante ans la ville de Bordeaux, et dispose durablement des sièges de député du centre-ville de Bordeaux, de ses banlieues aisées et d'Arcachon, tandis que la gauche obtient la prédominance dans le reste du département, exerçant par là même la présidence du conseil général, celle de la communauté urbaine de Bordeaux et détient la majorité des élus au conseil régional d'Aquitaine.

Lors des consultations nationales, la gauche obtient en général la majorité des suffrages.

Le département a voté majoritairement pour François Mitterrand en 1974, en 1981 et en 1988, pour Lionel Jospin en 1995, pour Ségolène Royal en 2007 et pour François Hollande en 2012.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Gironde.
Carte des « Pays » du département de la Gironde.

La Gironde fait partie de la région Aquitaine. Elle est limitrophe des départements des Landes, de Lot-et-Garonne, de la Dordogne et de la Charente-Maritime. La Gironde est le plus vaste département métropolitain de France[3].

La Gironde est traversée par la Dordogne et la Garonne qui se rejoignent pour former la Gironde qui rejoint l'Océan Atlantique. L'estuaire de la Gironde est le plus grand estuaire d'Europe.

Le territoire se structure en quatre entités distinctes :

  • le littoral, où sont dispersées quelques stations balnéaires très animées en été. Les dunes du littoral ont été fixées par l'homme au XIXe siècle. La Côte d'Argent est réputée pour le surf ;
  • la forêt, couvrant la moitié ouest du département. Cette forêt a été en partie plantée au XIXe siècle afin d'assécher les terres marécageuses, ce qui marqua la fin du système agro-pastoral, largement répandu dans les Landes à cette époque[4]. On y pratiquera le gemmage jusqu'à la fin du XXe siècle ;
  • le Bordelais est une région viticole où l'on retrouve les grandes exploitations qui font la renommée mondiale des vins de Bordeaux ;
  • le Bazadais, structuré autour de la ville de Bazas. Sans réelle production viticole, c'est un pays de polyculture ; production de maïs, tabac, tomates, asperges et élevage de la race bazadaise, ainsi que des plantations de bois. Les traditions gasconnes y sont biens ancrées. C'est le pays de Clément V, pape gascon par excellence. C'est dans ce pays que l'on trouve le plus grand nombre de monuments historiques de la Gironde : la cathédrale de Bazas (patrimoine Mondial de l'Unesco), les châteaux de Roquetaillade, de Malle, de Cazeneuve, de Budos, de Fargues, de Villandraut, la collégiale d'Uzeste.

Une majorité ouest et sud du département fait partie de la Gascogne et abrite une grande partie de la forêt des Landes de Gascogne. La Gironde bénéficie d'une très longue façade côtière de 126 km sur l'océan Atlantique, de la pointe de Grave au sud du bassin d'Arcachon.

Carte de la Gironde, villes et routes.

Le littoral girondin s'est ouvert au tourisme balnéaire, notamment autour du bassin d'Arcachon. Les principales stations balnéaires sont du Nord au Sud :

La dune du Pilat est une des principales attractions touristiques du littoral girondin. Plus haute dune d'Europe, elle appartient au réseau des grands sites de France.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de la Gironde.

Climat océanique

Économie[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Gironde.

Les habitants de la Gironde sont les Girondins. La démographie de la Gironde est caractérisée par une forte densité et une population en croissance continue depuis les premiers recensements.

           Évolution de la population  [modifier]
1791 1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846
- 502 723 522 371 522 041 538 151 554 225 555 809 568 034 602 444
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
614 387 640 757 667 193 701 855 705 149 735 242 748 703 775 845 793 528
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
809 902 821 131 823 925 829 095 819 128 827 973 852 768 850 567 858 381
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
896 517 935 448 1 009 390 1 061 480 1 127 546 1 213 499 1 287 334 1 393 758 1 463 662
2012 - - - - - - - -
1 483 712 - - - - - - - -
Les données proposées pour les années antérieures à 2004 sont établies à périmètre géographique identique, dans la géographie communale en vigueur au 8 mars 1999.
(Sources : Insee, Population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[5] puis population sans doubles comptes à partir de 1962[6] puis population municipale à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

En janvier 2011, le département de la Gironde comptait officiellement 1 463 662 habitants[8], se situant en septième position sur le plan national. En douze ans, de 1999 à 2011, sa population s'est accrue de plus de 176 000 personnes, soit environ 14 700 par an. Mais ce rythme de croissance varie beaucoup, de l'une à l'autre des 542 communes du département.

La densité de population de la Gironde, 136 habitants par kilomètre carré en 2011, dépassait de 35 % celle de la France (101).

Culture[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

La Gironde connaît deux langues traditionnelles :

  • l'occitan est la langue traditionnelle de presque toute la Gironde. Il y est parlé sous trois formes dialectales : le gascon en grande partie (Bazadais, Médoc, Haute Lande Girondine, Pays de Buch, Entre-deux-Mers), le languedocien dans le nord-est de l'Entre-deux-Mers et l'est du Libournais), enfin le limousin à Puynormand. Le gascon, en Gironde, comprend plusieurs variantes locales :
    • le landais : Médoc, Bassin, Lande girondine. Caractérisé par -D- intervocalique, imparfait en -È, -W- intervocalique…,
    • le bordelais : Bordelais, Entre-deux-Mers. Caractérisé par -B- intervocalique, subjonctif en -E, assez francisé… On peut y rattacher les parlers du Bourgeais, Cubzagais, Fronsadais, Libournais,
    • le bazadais : Bazadais et région de Saint-Macaire. Caractérisé par les conjugaisons en -O- (prétérit/subj. passé), le A- prosthétique, -S- intervocalique, -W- intervocalique, absence de -N- intervocalique…
Landais : Lo dròlle li hadè búver la harina avant qu'i angussi. (Lou drolle li hadè buwe la harine awann qu'i angussi)
Bordelais : Lo dròlle li fedèva/hadèva beure la harina/farina avant qu'i angusse. (Lou drolle li fédèbe/adèbe béwre la harine/farine abann qu'i angusse)
Bazadais : Lo dròlle li hasèva béver la haria avant qu'i angossi. (Lou drolle li hasèwe béwe la hariye awann qu'i angoussi) ;

Le français, langue officielle nationale, est parlé par l'ensemble de la population. Utilisé par les élites depuis le Moyen Âge, il s'est imposé avec l'unification linguistique de la France promue par la IIIe République. Il est désormais la langue de communication de l'ensemble de la population girondine.

Lo Sarmonèir est un journal en langue occitane qui traite de l'actualité en Gironde.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine bordelaise.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Châteaux[modifier | modifier le code]

Phares[modifier | modifier le code]

Villes[modifier | modifier le code]

Abbayes et prieurés[modifier | modifier le code]

Églises remarquables[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • La stèle du 45e parallèle sur le coteau de Montalon

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

  • Bordeaux
  • Écomusée de Vertheuil
  • Écomusée du Libournais
  • Musée municipal de Bazas
  • Musée d'Art religieux de Verdelais
  • Jardin de la Lamproie
  • Centre François Mauriac
  • Maison Lillet

Symbole[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Gironde.
Carte de la Gironde

Résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 8,8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes de Gironde dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Girondins célèbres[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

En 2015, le port de la Lune de Bordeaux accueille le départ et l'arrivée de l'expédition scientifique et environnementale Race for water, destinée à étudier et faire connaître la pollution marine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impériale, La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, p. 11 (carte de Gilles Pécout)
  2. Dominique Lormier, La Libération de la France : Aquitaine, Auvergne, Charentes, Limousin, Midi-Pyrénées, Éditions Lucien Sourny, ISBN 978-2-84886-065-7, p 15
  3. La Gironde sur regionsdefrance.eu
  4. L'image caractéristique de cette époque est celle du berger sur ses échasses.
  5. Structure de la population du département de 1968 à l'année de la dernière population légale connue
  6. Structure de la population du département de 1968 à l'année de la dernière population légale connue
  7. Fiches Insee - Populations légales du département pour les années 2006, 2012
  8. Populations légales 2011 des départements sur le site de l'Insee, consulté le 13 janvier 2014.
  9. Le poitevin-saintongeais est dans la liste des langues de France, langues d'oïl, depuis début 2010, sur le site de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), service du ministère de la Culture, sous le libellé suivant : « poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais] ». Voir site de la DGLFLF : DGLF, ministère de la Culture
  10. Charles de Tourtoulon et Olivier Bringuier, Limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oil, Paris, Imprimerie nationale (réimprimé en 2007 par Massert-Meuzac, IEO),‎ , 63 p. [[ Carte de la limite oc-oil en France, partie ouest, visualisation en ligne]]
  11. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=2806

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]