Alain Krivine

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Alain Krivine
Illustration.
Alain Krivine en 2009.
Fonctions
Député européen

(4 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 13 juin 1999
Législature 5e
Groupe politique GUE/NGL
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 15e (France)
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Paris 17e (France)
Nationalité Française
Parti politique LC (1969-1973)
FCR (1973-1974)
LCR (1974-2009)
NPA (2009-2022)
Fratrie Jean-Michel Krivine
Hubert Krivine

Alain Krivine, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un homme politique français d'extrême gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, enfance et famille[modifier | modifier le code]

Alain Krivine naît le à Paris[1] du mariage de Pierre Léon Georges Krivine (1899-1977), médecin stomatologiste, et d'Esther Lautman (1906-1981), sœur du philosophe des mathématiques et résistant Albert Lautman et du résistant Jules Lautman. Du mariage de Pierre Krivine et d'Esther Lautman sont nés six enfants, cinq garçons et une fille (Gérard, Jean-Michel, Roland, Michelle, Alain et son frère jumeau Hubert). La famille Krivine est une famille juive d'Ukraine émigrée en France à la fin du XIXe siècle lors des pogroms[2].

Pendant l'occupation allemande, il est caché par ses parents à Danizy, dans l'Aisne.

En 1962, Alain Krivine épouse Michèle Martinet, enseignante, fille de Gilles Martinet[2], journaliste et ancien député socialiste au Parlement européen, qui fut l'un des fondateurs du PSU et ambassadeur à Rome.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Élève au lycée Condorcet[3], puis étudiant à la faculté des lettres de Paris, il s’engage en 1956 au Mouvement jeunes communistes de France, organisation de jeunesse du Parti communiste français (PCF). Cependant, lors des journées de formation des cadres du PCF à Viroflay, il exprime des divergences importantes sur le rapport Khrouchtchev. Il est par ailleurs en désaccord avec la ligne du PCF, encore hostile à l'indépendance de l'Algérie[2]. Par la suite, il continue des études d’histoire en militant parallèlement dans l’Union des étudiants communistes (UEC), et obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) d'histoire sous la direction de Jacques Droz. Il est nommé maître auxiliaire d’histoire au lycée Voltaire.

Membre de l’UEC après 1958, il est membre des réseaux de soutien au Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d'Algérie, en particulier du mouvement Jeune Résistance[2],[4].

En réaction au putsch d’Alger du 23 avril 1961, il fonde le FEA (Front étudiant antifasciste), rapidement devenu le Front universitaire antifasciste (FUA), engagé dans l’activisme anti-OAS et la lutte contre l'extrême droite[5].

Le , l’appartement de son père est visé par un attentat, provoquant de lourds dégâts. Il adhère clandestinement au mouvement trotskiste et à sa Quatrième Internationale, il est donc exclu du Parti communiste français en [2].

Sur les cinq frères Krivine, trois sont devenus « trotskistes » : Jean-Michel, Alain et Hubert. Les deux autres, Gérard et Roland, sont restés au Parti communiste et à la CGT.

En , il fonde la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), dont les activités se tournent vers les Comités contre la guerre du Viêt Nam et dans l’organisation et la participation au mouvement contestataire de Mai 68[2]. La JCR est dissoute en par décret gouvernemental pour ses activités, et Alain Krivine est arrêté puis emprisonné le à la prison de la Santé[2]. Il est libéré en automne et participe à la création, en , de la Ligue communiste. Il est parallèlement surveillant à mi-temps au lycée Condorcet à Paris, puis, pendant deux ans, professeur d’histoire-géographie au cours Saint-Louis de Monceau, établissement privé catholique, et à partir du début 1968, secrétaire de rédaction aux éditions Hachette[6].

Campagnes présidentielles de 1969 et 1974[modifier | modifier le code]

Après la création de la Ligue communiste, Alain Krivine part effectuer son service militaire à Verdun comme 2e classe au 150e régiment d'infanterie. C'est pendant ce service militaire qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 1969, représentant alors la Ligue communiste, située à la gauche du PCF[2]. Son concurrent communiste Jacques Duclos obtiendra la troisième place avec 21,3 % des voix, alors qu'Alain Krivine se contentera de la dernière avec seulement 1,1 %[7]. Au second tour, Georges Pompidou est élu face à Alain Poher. Sa première candidature est donc considérée comme un échec, même si le candidat révolutionnaire déclarait lors de sa campagne : « Le pouvoir n’est pas dans les urnes », dénonçant la « duperie » des élections[2]. Il revient à Paris où il devient journaliste à Rouge à partir de 1970.

La Ligue communiste (LC) est dissoute par l'État français en , en raison de violences entre ses militants et des membres du mouvement d'extrême droite Ordre nouveau[2]. Cette dissolution oblige les militants de la Ligue communiste à rester clandestins durant deux mois sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire. C'est dans ce contexte qu'Alain Krivine se présente de nouveau à l'élection présidentielle, en 1974, où il recueille 0,4 % des voix, nettement derrière la candidate de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller (2,3 % des voix)[8].

Activités après 1974[modifier | modifier le code]

Alain Krivine en 1982.

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est officiellement créée peu de temps après cette élection présidentielle de 1974 et Alain Krivine devient membre de son bureau politique, le demeurant jusqu'en 2006. Avec elle, il aura participé à de nombreux mouvements et manifestations sur des thèmes très divers (internationalisme, syndicalisme, éducation, féminisme, antiracisme, antifascisme, soutien aux sans-papiers, droit au logement, etc.)[2].

En 1981, la LCR souhaite présenter Alain Krivine une troisième fois comme candidat à l'élection présidentielle. Elle ne parvient cependant pas à obtenir les 500 signatures nécessaires pour qu'il soit candidat. Il appelle alors, au nom de son mouvement, à voter au premier tour pour l'un des quatre candidats des partis « ouvriers » : Arlette Laguiller (LO), Huguette Bouchardeau (PSU), Georges Marchais (PC) ou François Mitterrand (PS).

En 1988 et 1995, il ne se porte pas candidat aux élections présidentielles, la LCR se ralliant en 1988 au candidat dissident du PCF Pierre Juquin, et en 1995 en appelant à voter indifféremment pour Dominique Voynet (Les Verts), Robert Hue (PCF) ou Arlette Laguiller (LO).

En 2002 et 2007, il participe activement à la campagne présidentielle d'Olivier Besancenot, nouveau visage de la Ligue communiste révolutionnaire.

Aux côtés d'Olivier Besancenot et de Roseline Vachetta, il reste (malgré sa démission du bureau politique, ayant pris sa retraite) l'un des trois porte-parole de la LCR jusqu'à sa dissolution début 2009. Il joue aussi un rôle important à la direction de la Quatrième Internationale (SU) et participe activement à la création du Nouveau Parti anticapitaliste, dont il devient membre du premier conseil politique national, sans pour autant participer à l'exécutif.

Mort[modifier | modifier le code]

Alain Krivine meurt à Paris le , à l'âge de 80 ans[2]. Ses obsèques se tiennent le au crématorium du cimetière du Père-Lachaise en présence de nombreuses figures de la gauche française[9].

Récapitulatif des mandats, fonctions et candidatures[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « L’adieu à Alain Krivine de la gauche révolutionnaire : "Sans toi, le combat n’aura plus la même saveur" », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  2. a b c d e f g h i j k l et m « Alain Krivine, ancien leader de la Ligue communiste révolutionnaire, est mort », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Pierre Albertini, « Les juifs du lycée Condorcet dans la tourmente »], Vingtième Siècle : Revue d'histoire, n° 92, 2006/4, p. 81-100, [lire en ligne].
  4. Témoignage cité par Jacques Charby, Les porteurs d'espoir : les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie : les acteurs parlent, Paris, Éditions La Découverte, , 300 p. (ISBN 2-7071-4161-5 et 978-2-7071-4161-3, OCLC 56967241), p. 130.
  5. Gilles Vergnon, « Chapitre V. L’antifascisme après 1945 », dans L'antifascisme en France : De Mussolini à Le Pen, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-6699-6, lire en ligne), p. 133–161
  6. Notice consacrée à Alain Krivine sur le site du Maitron, [lire en ligne]].
  7. Site du Conseil constitutionnel.
  8. Site du Conseil constitutionnel.
  9. Victor Boiteau, « Adieu à Alain Krivine au Père-Lachaise: tristes trotskistes », sur Libération, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]