Charles Lacheroy

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Charles Lacheroy (, Chalon-sur-Saône - , Aix-en-Provence) était un officier supérieur de l'armée de terre (colonel) ; il fut élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr entre 1925 et 1927 (promotion Maroc/Tunisie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, le sous-lieutenant Alexandre Charles Bernard Lacheroy, mobilisé en 1914 au 56e Régiment d'Infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre, est tué le à Fleury, devant le fort de Douaumont.

Élevé par son grand-père paternel, ancien combattant de la guerre franco-allemande de 1870, Charles Lacheroy entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1925 (après des études secondaires au Prytanée national militaire) et en sort en 1927, parmi les vingt premiers de sa promotion.

Il choisit, après sa scolarité à l'E.S.M., au vu de ses résultats et de ses souhaits, les troupes coloniales comme arme et plus précisément, l'infanterie en tant que subdivision d'arme ; il exerce alors ses compétences de jeune sous-lieutenant dans la 3e Compagnie méhariste saharienne du Levant (Proche-Orient), à Lattaquié en Syrie, et cela jusqu'en 1935.

En 1936, le capitaine Lacheroy est nommé officier instructeur du groupe aérien à Rabat (Maroc), et fait connaissance d'un tout jeune élève sous-lieutenant, polytechnicien, Antoine Argoud, qu'il retrouve une vingtaine d'années plus tard en Algérie.

En 1937, il épouse une jeune fille docteur en médecine ; de cette union naîtront trois enfants.

En 1941, il est appelé à l'état-major du général Jean de Lattre de Tassigny, alors en fonction en Tunisie.

En 1951, il part pour l'Indochine où, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny, il doit protéger la voie ferrée du train qui rallie Saïgon (devenu Hô-Chi-Minh-Ville en 1975, après l'invasion du Sud-Vietnam par l'armée nord-vietnamienne, aidée par ses supplétifs qu'étaient les membres armés du front de libération du Sud-Vietnam ), et sécuriser le secteur de Biên Hòa en Cochinchine à la tête de plus de 5 000 hommes.

En 1953, le lieutenant-colonel Lacheroy est nommé, à Paris, directeur du Centre d'études asiatiques et africaines (CEAA).

En 1954 et 1956, il est tour à tour conseiller de deux ministres de la Défense Maurice Bourgès-Maunoury et André Morice.

En 1958, le colonel Lacheroy est limogé par Jacques Chaban-Delmas et il est muté dans le Nord de l'Algérie, dans le Constantinois.

Le , il est nommé directeur des services de l'information et de l'action psychologique à Alger.

En décembre 1958, il est nommé conférencier de chaire à l'École supérieure de guerre puis affecté à la direction de l'École supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (ESORSEM).

Le colonel Charles Lacheroy, en désaccord total avec la politique voulue par le général de Gaulle en Algérie, prépare et organise une partie des opérations de tentative du coup d'État du à Alger, ce qui le conduit à devenir clandestin puis à quitter l'Algérie.

Il vit ensuite en exil en Espagne jusqu'en 1968 ; il fut en liaison constante avec Antoine Argoud, Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz (activiste); il avait disposé, en 1961, d'un des commandements de l'OAS.

Destitué officiellement de ses fonctions d'officier supérieur par décret du 5 mai 1961, il est condamné à mort par contumace.

En 1968, l'amnistie proposée par le général de Gaulle et votée ensuite par l'Assemblée nationale et le Sénat en faveur des anciens membres de l'O.A.S. condamnés notamment par la cour de sûreté de l'État ou par d'autres tribunaux d'exception en 1961 ou les années suivantes, lui permet de regagner Paris afin de bénéficier notamment de sa pension de retraite en tant qu'officier supérieur de l'armée de terre.

Théoricien de la guerre révolutionnaire[modifier | modifier le code]

En février 1951, il prend, en Cochinchine, le commandement du secteur de Biên Hòa et, à partir de son expérience du terrain, y développe son analyse de la guerre révolutionnaire telle qu’elle est menée par le Viêt-minh. De là débutent les conférences à ses pairs sur ce thème qui conduisent le haut commandement à le rappeler à Paris en 1953 et à lui confier la direction des études au sein du Centre d’études asiatiques et africaines (CEAA), devenu Centre militaire d’information et de spécialisation pour l’outre-mer (CMISOM), de la direction des troupes coloniales. Au fur et à mesure que s’affinent ses réflexions sur « l’action psychologique » (tournée vers les indifférents ou les amis) et sur la « guerre psychologique » (tournée contre l’ennemi), sa réputation se répand, d'autant plus que la situation en guerre d'Algérie se dégrade[1]. Il est le premier à enseigner une théorie sur la responsabilité des armées modernes dans la conceptualisation et l'aggravation de la guerre révolutionnaire[2], il ouvre une véritable « École stratégique française de la guerre révolutionnaire »[3].

Cette théorie de la guerre révolutionnaire, apportée par son expérience et par son action auprès des Viêt-Minhs en Indochine, puis appliquée en Algérie, est basée et analysée en quatre phases[4] :

  • d'une période de paix apparente ;
  • d'une phase de terrorisme ;
  • d'une guérilla avec obligatoirement le contrôle et la complicité des populations (quels que soient les moyens..) ;
  • de la mise en place d’une organisation politico-administrative clandestine et si possible de la formation de troupes régulières.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Charles Lacheroy ». Les amis de Raoul Salan - le bulletin no 04 1er trimestre 2005
  2. « Le colonel Lacheroy théoricien de l’action psychologique», par Paul Villatoux . In: Jauffret, Jean-Charles Des hommes et des femmes en guerre d’Algérie. Autrement , 2003 (collection Mémoires/Histoire). 574 pp. (ISBN 9782746704213). Ouvrage issu du colloque international d’histoire militaire comparée, coorganisé par l’Unité mixte de recherche du CNRS de Montpellier-III (États, Sociétés, Idéologies, Défense) et le Centre d’études d’histoire de la défense (château de Vincennes); Auditorium du CNRS, 7 et 8 octobre 2002
  3. Charles Lacheroy, De Saint-Cyr à l'action psychologique : mémoires d'un siècle, Panazol, Lavauzelle, , 203 p. (ISBN 2702509517)
  4. Marie-Catherine Villatoux, « Hogard et Némo. Deux théoriciens de la « guerre révolutionnaire » », Revue historique des armées, no 232, 2003 [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Lacheroy, Action Viet-Minh et communiste en Indochine, ou une leçon de « guerre révolutionnaire », Centre d'études asiatiques et africaines, Paris, 1954

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]