Georges Laederich

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Georges Laederich
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Georges René Laederich, né le à Épinal, mort le à Paris, est un industriel du textile dans les Vosges, engagé en politique aux confins de la droite et de l'extrême droite.

Patron d'une entreprise familiale[modifier | modifier le code]

Héritier d'une dynastie[modifier | modifier le code]

Georges René Laederich est issu d'une famille alsacienne protestante installée dans les Vosges après 1870. Il est l'arrière-petit-fils de Charles Laederich, fondateur de l'entreprise Charles Laederich et Cie, et le fils de Ferdinand René Laederich, fondateur des Établissements Laederich.

Berceau mulhousien[modifier | modifier le code]

Charles Laederich est commissionnaire en tissus, et a fondé en 1830 la Maison Charles Laederich et Cie à Mulhouse. Il est aussi administrateur de la Banque de France de Mulhouse, du à 1870. Après l'annexion de l'Alsace par le Reich allemand, il installe sa société à Épinal. Charles Laederich (, à Mulhouse - , à Épinal)[Note 1], son fils, en fait une entreprise du textile (filatures et tissages). Il devient administrateur de la Banque de France d'Épinal de à sa mort, le . Avec son associé Jules Favre, il est à l'origine de la B.T.T. à Thaon (Blanchisseries et Teintureries de Thaon), en 1872[Note 2]. En 1897, avec d'autres industriels il entre en possession des filatures et tissages de La Petite-Raon et de Moussey et crée l'entreprise « Filatures et Tissages de Moussey », tout en louant et en exploitant une dizaine d’autres usines au Val d’Ajol, à Bussang, et à La Bresse. Son fils Ferdinand René, né à Mulhouse le , entre comme associé dans la société en nom collectif Charles Laederich et Cie en 1891, avec un apport de 50 000 francs, ce qui porte le capital à 450 000 francs[1].

Fils de Ferdinand René Laederich, régent de la Banque de France et président du syndicat général de l'industrie cotonnière[modifier | modifier le code]

À la mort de Charles, Ferdinand René Laederich[2], prend la succession de la Maison de filature et tissage de coton Charles Laederich Fils et Cie. Il est administrateur de la Banque de France d'Épinal à la suite de son père, du à 1913, puis Régent de la Banque de France (XVe Siège) du jusqu'à son décès le , président du syndicat général de l'industrie cotonnière, de 1920 à son décès, secrétaire général puis vice-président en 1925 de l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises, premier vice-président du Comité général des assurances (le lobby des compagnies d'assurances)[3]. Il siège au conseil d'administration de plusieurs sociétés : la Compagnie des chemins de fer de l'Est à partir de 1917, la Compagnie des Docks et entrepôts du Havre, à partir de 1921[4] - il finit par présider son conseil d'administration[5] - , la société Pâtes, papiers et textiloses (fondée en 1918 et au capital de 15 millions de francs et présidée par Eugène Touron[Note 3], les compagnies d’assurances Le Phénix (Phénix-vie, Phénix-incendie); il est vice-président depuis au moins 1916. Il est aussi membre du conseil de surveillance de la Banque de Mulhouse[6]. Dans les Vosges, il siège au conseil d’administration de deux sociétés de Marcel Boussac, la filature de coton de Rambervillers et surtout les Manufactures de Senones – société anonyme depuis [7].

Durant la « Grande Guerre », il préside l’Association des sinistrés des Vosges et devient l’un des dix vice-présidents de la Fédération des associations départementales des sinistrés, présidée par Louis Nicolle, industriel textile du Nord, aux côtés notamment de Louis Marin et de Maurice de Wendel[8]. Il est en outre trésorier de l’Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle dans les régions envahies, fondée en par les industriels du Nord et de l’Est du textile, du sucre, de la métallurgie, des houillères, et président du Consortium cotonnier français, fondé en 1917 à l'initiative de l'État[Note 4]. Il préside aussi le Comptoir central d’achats industriels pour les régions envahies, de 1920 à sa dissolution en 1928, et l’Union industrielle de Crédit pour la reconstitution, fondée au début de l’année 1921 sous les auspices de l’Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle et du ministère des régions libérées, à la suite de la loi du [Note 5]. Il est aussi administrateur du Crédit national dès sa fondation en 1919.

Lorsqu’il succède à son père, René Laederich investit principalement dans les usines qu’il possède (à Moussey notamment) et ne reprend pas les usines que son père louait. Il est le fondateur des « Établissements Laederich » en 1924[9]. Le capital de cette société s'élève à 11 400 000 francs en 1929[10].

Il est membre depuis 1904 de la Société industrielle de Mulhouse[11].

Il a épousé Anna Maria Favre, fille d'Alfred Favre, de Mulhouse[12]. Le couple a trois enfants, deux filles et un garçon, Georges René.

Georges Laederich a été élève de 1910 à 1915[13] d'un pensionnat privé, le Collège de Normandie, fondé en 1902 et situé dans le petit village de Mont-Cauvaire, à Clères, près de Rouen. Il y a côtoyé des enfants de l'aristocratie parisienne, tel Pierre de Cossé Brissac, et de la haute-bourgeoisie de Paris et de province (Badin et Waddington, pour le textile normand, Raty, pour la Lorraine de l'acier, Hennessy, pour le cognac de Charente, Motte pour le textile de Roubaix, Japy pour la métallurgie, etc.)[14]. C’est un collège « à l’anglaise », sur le modèle des « public schools » britanniques et de l’École des Roches, ouverte trois ans auparavant, voulu par des admirateurs des méthodes pédagogiques anglaises, et grâce à l’argent de négociants et d’industriels normands, dont Georges Badin, Arthur Waddington et François Depeaux. C’est un collège « libre et laïc, classique et moderne » . Libre car il est privé, laïc car tous les professeurs le sont, même si l’enseignement religieux est obligatoire, délivré par un ministre des cultes auquel appartient l’enfant. Classique car il prépare au baccalauréat, et moderne du fait de sa pédagogie – il « prépare à la vie », en plus de la préparation au baccalauréat -, et de sa localisation. Contrairement aux « lycées-casernes » napoléoniens des centres-villes, il se situe dans la campagne normande[15]. Après le baccalauréat, il est entré à HEC. Mais ses études ont été écourtées par la Première Guerre mondiale. Il fait partie de la liste des élèves de cette grande école démobilisés et ayant obtenu leur diplôme en 1920[16].

Sa soeur aînée Andrée (1896-1987) épouse en 1918 le baron Henri de Turckheim, protestant, un des fils du baron Adrien de Turckheim, membre du conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer de l'Est comme René Laederich[17], son autre soeur, Nicole (1899-1990), épouse en 1919 Robert Verdet-Kleber, fils d'un industriel protestant du papier à Rives (Isère)[18]. Quant à lui, il épouse le Violette Kiener, fille d'un industriel protestant du textile des Vosges[19]. Cette-dernière est née le à Paris. Elle est l’une des huit enfants de Jacques Kiener (1877-1959) et de Laurence Crosnier de Varigny (1881-1957)[Note 6], ce qui montre l'endogamie sociale et religieuse de ce milieu. Son mariage a été célébré non en Lorraine mais à Paris. Il a épousé Violette Kiener le à la mairie du XVIe arrondissement, et la cérémonie religieuse eut lieu au temple protestant de l'Étoile, avenue de la Grande-Armée. Une des églises les plus cotées de la Haute société protestante[Note 7].

Georges Laederich et son épouse ont eu dix enfants, cinq garçons et cinq filles, en 24 ans, entre 1924 et 1948 : Dominique, née à Paris le , François-René, né à Paris le , Jean-Roger, né à Épinal le et décédé à Remiremont le 22 février 2018[20], Christian, né à Épinal le [21], Marie-Laurence, né à Épinal le , Thierry, né à Paris le [22], Georges Olivier, né à Remiremont le , France Ariane, née à Épinal le [23], Corinne, née à Moussey le , et Yolaine, née à Paris le . Leur quatrième fille, France Ariane, est décédée à 5 ans ; elle est morte à Paris en .

Groupe Laederich et rachat par Boussac en 1966[modifier | modifier le code]

Georges Laederich aide son père à gérer ses usines de textile dès les années 1920. Il est ainsi avec son père l'un des deux associés de l'entreprise Charles Laederich fils et Compagnie[24] et administrateur d'une des sociétés du groupe, la société anonyme du tissage du Haut-du-Them, lors de sa constitution en 1924, aux côtés de son père et de ses deux beaux-frères[25]. Il devient le patron du groupe en 1932, à 34 ans, à la mort de son père le [26]. Le groupe, constitué autour de la société en nom collectif Charles Laederich fils et Cie et de la société anonyme des Ets Laederich, est alors l'un des quatre plus importants groupes textiles dans les Vosges dans les années 1930.

Après le rachat de la Société cotonnière de Senones et la fusion de leurs entreprises (Société cotonnière des Vosges, Société cotonnière de Senones, Société Tissage du Haut-du-Them)[27], les Ets Laederich prennent leur forme définitive en 1935, avec un capital de 14 230 000 francs. Le siège de la société est installé à Épinal, au 2 rue Aristide Briand, où se trouvent les services commerciaux et la maison de vente, le Comptoir industriel cotonnier (CIC). Les filatures représentent alors près de 100 000 broches et les cinq groupes de tissage groupent plus de 3 000 métiers. Le groupe possède des usines dans la vallée du Rabodeau, à Moussey, Senones et La Petite-Raon, ainsi que dans la vallée de la Moselle, à Rupt-sur-Moselle où travaillent 450 personnes en 1935, et au Haut-du-Them, en Haute-Saône. Les ouvriers y sont très peu syndicalisés. Le groupe emploie alors plus de 2 000 personnes. Il célèbre en 1937 le centenaire de l'usine du Pont-de-Lette à Rupt-sur-Moselle, soulignant qu'elle n'a pas été touchée par les grèves de 1936[28], contrairement à celles de la vallée du Rabodeau.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le capital des Ets Laederich s'élève à 30 millions de francs, divisé en 6000 actions de 5 000 francs et la société présente un bilan comptable au 31 décembre 1941 s'élevant à 206 248 609 francs[29]. Dans les années 1950, le capital de l'entreprise s'élève à 350 000 000 francs, divisé en 35000 actions de 10 000 francs, puis à 600 000 000 de francs[30]. En 1960, il s'élève à six millions de nouveaux francs[31].

Georges Laederich est un patron paternaliste, à l'instar de son père. Ainsi, à Rupt-sur-Moselle, les ouvriers bénéficient de logements (45 maisons pour 162 logements en 1935 appartiennent à la société[32]), d'une crèche tenue par des religieuses, d'un ouvroir, d'une salle de théâtre, d'un terrain de sports, d'un jardin d'enfants, de l'éclairage électrique gratuit pour leurs logements et de la vente à bas prix de produits alimentaires. En 1933, Georges Laederich fonde le prix René Laederich, destiné à une « famille française méritante ». Son comité comprend le maire de la commune, le curé, le directeur de l'usine et deux membres de la famille Laederich. Son épouse distribue des jouets chaque Noël aux enfants du personnel de ses usines[33]. Il remet en 1934, comme chaque année, un livret de caisse d'épargne de 50 francs à chacun des enfants lauréats du certificat d'études primaires, à Moussey et à La Petite-Raon[34]. Les Ets Laederich disposent encore d'une maternité à Moussey après la Seconde Guerre mondiale[35].

C’est un homme aux idées novatrices; il est favorable à l’utilisation des fibres artificielles après la Seconde Guerre mondiale. En 1949, à la suite d’un voyage aux États-Unis, il modernise ses usines. Lorsque la crise du textile s’amorce, il prend conscience de la nécessité de la reconversion de son groupe. Il fonde alors un Département plastique à Senones[36], installé au tissage du Breuil en 1952 et transféré à Moussey en 1955, un atelier d’extrusion à Moussey dès 1953, puis, en 1956, une usine spécialisée dans la construction de maisons préfabriquées à La Petite-Raon, appelées « Chalets Laederich ». Mais le textile demeure l'activité dominante.

Son groupe est affaibli par la crise du textile dans les années 1960 ; des ouvriers sont licenciés[37] et plusieurs de ses usines ferment[38]. En 1966, il négocie avec Marcel Boussac, figure nationale du textile, la reprise de ses usines de textile qui frôlaient la faillite. Elles sont absorbées par le groupe Boussac, après un accord entre les deux patrons le [39]. Il reste P-DG de la Compagnie industrielle des techniques nouvelles (CIT) qui rassemble les autres activités, reprises après son décès par l'un de ses fils, Christian Laederich (1930-1995). Cette société est mise en règlement judiciaire en 1980[40].

Voies de l'influence[modifier | modifier le code]

Comme son père, Georges Laederich intègre des organismes professionnels. Il est coopté dès 1932 au comité de direction de l'Association cotonnière coloniale[41]. Il remplace son père comme vice-président du syndicat cotonnier de l'Est. À ce titre, il a participé aux négociations avec Marc Rucart et les syndicats ouvriers lors des grèves qui ont touché les usines du textile des Vosges en [42]. Il préside ce syndicat à partir de l'automne 1938, et devient de ce fait vice-président du syndicat général de l'industrie cotonnière ainsi que vice-président de l’Union des syndicats patronaux des industries textiles de France. Il devient aussi membre du conseil central de l’Union des chambres syndicales des Vosges, fondée en 1938 et qu'il a contribué à constituer en 1937. Il est membre correspondant en 1936 et membre titulaire de la Chambre de commerce et d'industrie d'Épinal de [43] à la Libération en 1944. Il préside l’Union des syndicats patronaux des industries textiles de France de 1942 à 1944 puis il est membre de son bureau de 1953 à 1965 avant d'être désigné président d'honneur[44].

Georges Laederich a également été administrateur de plusieurs autres sociétés, avec pour deux d'entre elles une interruption de quelques années, due à la Libération et à sa condamnation en 1946 : l’Union financière d’Extrême-Orient, de 1929 à 1944[Note 8], la Société alsacienne de constructions mécaniques, de 1935 à 1944, puis à nouveau à partir des années 1950, après la période de l'épuration[Note 9], la Compagnie générale de constructions de locomotives, constituée en 1917, la Société Générale des Eaux minérales de Vittel (SGEMV), de 1942 à 1944, puis de 1952 à son décès[Note 10]. Il administre aussi après la Seconde Guerre mondiale les Établissements Badin et fils, une entreprise familiale du textile (filatures et tissages de coton, de lin et de jute) de Haute-Normandie, installée notamment à Barentin, fondée par Auguste Badin et dirigée par Raymond Badin (1901-1980), qui a succédé à son père Georges[Note 11]. Raymond Badin est un ancien du collège de Normandie comme Laederich (1911-1919) et il a présidé l'association des anciens élèves[45]. Laederich est enfin administrateur de la Télémécanique, à partir de 1953.

Il est membre du club spinalien du Rotary Club, fondé en , qui comprend 25 membres en 1939, parmi lesquels Jules Py, directeur de ses usines du Rabodeau, Georges Seynave, DG de la BTT de Thaon, le brasseur René Lobstein, le papetier Georges Boucher, le négociant Émile Parisot[46].

Enfin, il préside le conseil d'administration de la société possédant et exploitant le Collège de Normandie, où il a été élève. Ce collège a connu des difficultés financières et a failli disparaître; il a été sauvé par un groupe d'anciens élèves, dont Laederich, qui constituèrent une nouvelle société pour le gérer, en décembre 1934. Son nouveau conseil a fait évoluer cet établissement privé et « on nous a bien vite reproché de (le) chambarder, on nous en a voulu », souligne Laederich en 1938. Le prix de la pension a diminué, car « il nous a semblé que l’évolution des classes sociale exigeait que nous nous missions plus à la portée des familles où la valeur morale est demeurée intacte, mais où les moyens financiers ont diminué ». Le dernier mot indique qu’il ne s’agissait pas d’accueillir des enfants de milieux plus populaires, mais des enfants de milieux bourgeois frappés par la crise des années 1930. « Nous avons introduit le scoutisme, sous la forme des Scouts de France [catholiques] et des Éclaireurs unionistes [protestants], car nous ne voulons pas de formules neutres », note-t-il aussi. Et un poste d’aumônier résidant a été créé. « Nous croyons à la valeur d’un libéralisme sain auquel nous sommes par essence attachés. Mais nous croyons à la valeur des notions morales et par conséquent, nous n’acceptons pas la neutralité religieuse, qu’elle que soit la religion ». Il s’agit selon Laederich de donner au collège « non pas une allure confessionnelle », mais « une allure plus chrétienne »[13],[47]. Le collège est dirigé de 1934 à 1940 par Maurice Vaussard, écrivain catholique, collaborateur du quotidien démocrate-chrétien L'Aube puis l'abbé Jeanjean. La guerre met un terme au collège en 1940. Ses locaux seront repris un temps par l'école des Roches après la Seconde Guerre mondiale, et le collège devient les Roches de Clères, de 1950 à 1972.

Vie mondaine, art et sport[modifier | modifier le code]

Dans l’entre-deux-guerres, sa vie mondaine et celle de ses parents apparaît limitée. Dans les colonnes de quotidiens parisiens, Le Gaulois, Le Journal des débats, Le Temps et le Figaro, auxquels ils sont abonnés, on n’y lit que l’annonce des événements familiaux : fiançailles, mariages, naissances et décès. La levée du corps de son père, à son domicile parisien, est par exemple relatée par le Journal des débats et le Temps. Georges Laederich et sa famille y ont accueilli « une assistance empressée » composée de personnalités : le maréchal Hubert Lyautey et son épouse, et la plupart des personnalités du monde des affaires que son père a fréquenté[48]. Il a assisté à Paris à des obsèques de personnalités de ce monde des affaires, celles du régent William d'Eichthal en 1934 par exemple : s’y croisèrent la plupart des familles de la HSP, des banquiers, et des grands noms de l’industrie. À l’occasion du mariage d’un autre fils du baron Adrien de Turckheim en 1936 à Paris, figure parmi les demoiselles d’honneur une des filles de Laederich, Dominique, aux côtés d’autres jeunes filles de la HSP (Neuflize, Mallet)[49]. Les journaux parisiens signalent aussi les séjours de Georges Laederich à Paris, à Épinal et à Moussey, et ses villégiatures également. À Megève, la station de Haute-Savoie lancée par les Rothschild dans les années 1920, en été à Sainte-Maxime, dans le Var, où il possède une villa, qui a été placée sous séquestre en , avant son procès pour collaboration[50]. Il fréquente aussi la station thermale de Vittel, où il séjourne avec son épouse à l’Ermitage durant la saison, depuis au moins 1933. Ils furent conviés aux « élégants déjeuners » de Jean Bouloumié et de sa sœur Germaine Bouloumié, donnés dans leurs propriétés de Géromoy et d’Haréloup. Georges Laederich a intégré en 1935 le comité de la société organisant le concours hippique de Vittel présidée par Jules Perrigot aux côtés de Bouloumié. En 1938, c’est son épouse qui remit la coupe des Vosges de polo[51].

Laederich possède des tableaux de valeur. Il a acheté aux galeristes parisiens Bernheim et Rosenberg plusieurs tableaux de Gustave Courbet, à partir des années 1920. Il a possédé au moins quatre Courbet, dont le « portrait d’Éléonor Régis Courbet » de 1844, le « portrait de Jo, la belle Irlandaise » de 1865, et le tableau « Après l’orage, marine » de 1872 (appelé aussi « la plage déserte »). Il a prêté certains de ces tableaux pour des expositions dans les années 1950 et 1960, par exemple à Venise pour la Biennale en 1954 ou à Philadelphie et à Boston en 1959. Il a acheté également un tableau de Camille Pissarro, en 1955 semble-t-il[52].

C'est aussi un homme qui s'intéresse au sport dans l'entre-deux-guerres. Il s'intéresse au hippisme, préside la commission sportive de l'Automobile-club des Vosges (ACV)[53], est vice-président de cet ACV[54]. Il préside aussi la société sportive du tennis-club d'Épinal[55]. Il préside l'Athletic club spinalien (ACS). S'il démissionne de sa fonction de président, en 1935, il devient président honoraire[56] et demeure le mécène de ce club qui comprend une section de football, une section de natation, une section d'éducation physique, une section d'équitation, une section de cross et une section féminine[57]. Il préside des clubs de football dans les localités où se situent ses usines et offre également un tournoi régional de football qui porte son nom (le « challenge Laederich ») pour des équipes de minimes[58]. Il contribue à la fusion de l'ACS et d'un autre club spinalien en 1941, ce qui donne naissance au Stade athlétique spinalien[59].

Patron engagé en politique, dans la mouvance « nationale »[modifier | modifier le code]

Ancien combattant des deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, Laederich s'est engagé volontairement en 1916, à 18 ans. Le frère de son père, Charles Roger, s'était engagé en 1914, à 54 ans, par patriotisme; ce diplomate de carrière, lieutenant d'artillerie de réserve, est mort au front en . Georges Laederich hérite d'une partie de ses biens[60]. Il sert comme son oncle dans l'artillerie. Il est affecté au 259ème RAC de à , dans les Vosges, puis il rejoint l’école militaire d’artillerie de Fontainebleau. Il regagne le front en août, au 129ème RAC, sert en Champagne et dans les Ardennes jusqu’à l’armistice. Il reçoit la croix de guerre. Lieutenant en 1924 puis capitaine de réserve en , il préside la section du canton de Senones des officiers de réserve[61].

Cet ancien combattant préside également l'association des anciens combattants de Moussey[62]. Il est aussi président d'honneur de la section de l'Union nationale des combattants (UNC) du Haut-du-Them; il lui offre son drapeau en 1924[63]. Son père et lui accueillent le maréchal Hubert Lyautey en 1927 pour l'inauguration du monument aux morts de Moussey, aux côtés de Maurice Flayelle et du comte d'Alsace, sénateurs, des députés Marcel Arnould - président de la Fédération vosgienne des anciens combattants - et Constant Verlot, du préfet et du sous-préfet. Son discours patriotique, en tant que président des anciens combattants, célèbre la gloire des poilus et s'inquiète d'une victoire sacrifiée :

« Notre belle victoire, où est-elle ? (...) Le sacrifice de 1 500 000 Français serait-il vain et nos enfants reverront-ils la guerre, cette guerre que nous espérions tant avoir tué en brisant le boche ? Notre pays au lieu d'être un pays fort devient à nouveau la proie que nos voisins se reprennent à convoiter (...) Après avoir laissé dire, sans protester, que nous avions une part de responsabilité dans le déclenchement de la guerre, on veut maintenant fraterniser à tout prix avec les ennemis d'hier (...)[64]. »

Son père fait pourtant alors partie du comité français du Comité franco-allemand d'information et de documentation, initié notamment par l'industriel Émile Mayrisch, fondé en mai 1926 à Luxembourg et animé par Pierre Viénot[65].

Georges Laederich a pu se rendre à d'autres cérémonies d'anciens combattants, comme l'inauguration du monument de la Bataille de la trouée de Charmes en 1934[66] ou la commémoration de la Bataille de la Chipotte en 1936[67]. En tant que président des anciens combattants de Moussey, il siège alors au conseil d'administration de la Légion vosgienne, la principale fédération des anciens combattants vosgiens, née en 1927 de la fusion des associations vosgiennes de l'Union nationale des combattants (UNC) et de l'Union fédérale des associations françaises de mutilés, réformés, anciens combattants (UF)[68].

Au moment de la crise des Sudètes, il est mobilisé du au , comme capitaine adjoint du colonel commandant le 166e RAP[69]. Il a ensuite été mobilisé de à comme capitaine[70] à l’état-major du 166e RAP. Il aurait pu échapper à cette mobilisation, étant père d'une famille nombreuse. Dans un texte de 1941, il écrit :

« J’ai fait deux guerres. L’une, très jeune, comme engagé volontaire. L’autre, à 41 ans, et alors qu’en raison de mes six puis sept enfants et de ma position industrielle, j’aurais pu rester dans mes foyers. Je n’ai pas voulu qu’on puisse me dire un jour que mon antibellicisme était à base de couardise. D’autre part, je n’ai pas voulu, vis-à-vis de mes ouvriers et des industriels vosgiens, avoir l’air de profiter de ma situation pour rester chez moi ou dans un service à l’arrière. Enfin, c’est de l’avant qu’il était intéressant de suivre l’évolution des esprits [71]. »

Il n'a pas été fait prisonnier, réussissant à s'échapper et à rejoindre les Vosges en .

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Il est vice-président à 29 ans de la fédération vosgienne de la Fédération républicaine, constituée en [72] et qu'il a tenté de mettre en place avec un autre industriel cotonnier, plus âgé, Daniel Geistodt-Kiener (1881-1965), administrateur-délégué de la SA des tissus de Golbey, également vice-président de cette fédération vosgienne[73]. Cette fédération vosgienne est animée jusqu'en 1930 par Louis Guillon. Le président de ce parti de droite, Louis Marin, député de Nancy, les récompense en les faisant nommer membres du Conseil national du parti. Laederich assiste ainsi à son congrès national en 1931[74].

Louis Marin les fait entrer aussi en décembre 1927 au conseil d'administration de la société La Presse de l'Est, qui édite à Nancy le quotidien catholique et conservateur L'Éclair de l'Est et à Épinal son édition vosgienne, Le Télégramme des Vosges[73],[75]. Ils siègent à ce conseil aux côtés du député de Nancy Édouard de Warren, de Jules Dassonville, dirigeant du groupe de presse catholique de La Presse régionale, de François de Wendel, des frères Eugène et Adrien de Turckheim, à qui il est apparenté, et de Marcel Paul qui dirige alors les Fonderies et Hauts-fourneaux de Pont-à-Mousson. Warren et Marin ont fait entrer au conseil Laederich et Turckheim parce qu'ils sont protestants, car, comme l'écrit Edouard de Warren, « cela équilibrerait » face à des notables catholiques dont Edouard de Warren se méfie. Il fait partie d'un comité de direction restreint avec Warren, le directeur et le sous-directeur du journal, Adrien de Turckheim et Daniel Geistodt-Kiener. Georges Laederich n'est pas l'un des principaux actionnaires. Les industriels vosgiens qu'il représente avec Geistodt-Kiener n'ont pas le même poids que La Presse régionale, Louis Marin ou François de Wendel, qui comble les déficits du journal. En témoigne sa lettre à Jules Dassonville en 1933 :

« Nous avons examiné, M. Geistodt et moi, ce que nous pouvions faire de notre côté. La conclusion a été que nous ne pouvions rien demander dans les Vosges où la situation est de nouveau en train d'empirer. Tant que la Meurthe-et-Moselle n'aura pas fait un effort proportionné à sa puissance économique et à ses possibilités, nous ne pourrons décemment pas demander d'argent à nos amis, d'autant plus que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Télégramme est toujours le parent pauvre de l'organisation de la Presse de l'Est[76]. »

Dans les Vosges, il s'occupe du financement des candidats de la Fédération républicaine aux élections. C'est ce qu'il affirme lors de son procès en 1946 : « Ce n’est guère qu’à partir de cette époque qu’au cours de différentes élections législatives, un certain nombre de mes amis nationaux m’ont demandé de m’occuper de l’organisation de ces élections, et notamment des collectes de fonds nécessaires ». Soulignant les limites de son action : « À cette époque-là (…), les milieux dits nationaux avaient la fâcheuse habitude de ne s’occuper des élections qu’un mois avant qu’elles aient lieu. Par conséquent, les activités qu’on pouvait déployer pendant ce mois ne suffisaient pas, parce qu’il fallait créer de toute pièce quelque chose qui disparaissait au lendemain même de l’élection ». Une correspondance échangée en 1928 entre Laederich et Louis Madelin, député de la Fédération républicaine de 1924 à 1928 et qui s’est représenté en vain à Mirecourt, confirme son rôle :

« Notre comité a mis à votre disposition des fonds dont nous disposions ou que nous avions la possibilité de recueillir mais il n’a jamais été convenu 1 – que nous nous occuperions du règlement des dépenses pour lesquelles vous ne nous avez d’ailleurs jamais consultés. M. Laberte [agent électoral de Madelin] et moi sommes au moins aussi occupés que vous-même et c’est en somme de votre élection qu’il s’agissait, c’est-à-dire de quelque chose vous concernant beaucoup plus que nous. J’ajoute que nous avons bien voulu nous charger de recueillir les fonds, ce qui représente une large dépense de temps, sans qu’il soit jamais question pour nous d’assumer un travail matériel qui vous incombe d’autant plus que vous seul savez exactement ce qui a été fait, 2 – que vous n’auriez à vous occuper en rien de questions d’argent concernant votre élection. M. Laberte a simplement accepté de vous représenter au sein de notre comité. C’est ainsi que les choses ont été comprises par vos collègues. (…). Vous dépassez de beaucoup les sommes dépensées par vos collègues, et il faut aussi que nous songions à eux, d’autant plus que la situation matérielle de certains d’entre eux est critique[77]. »

Il se présente à 31 ans aux élections municipales de 1929 à Épinal, sans succès. Il figure sur une liste de droite menée par le notaire René Brouaux[Note 12], à la 16e place[78]. Cette liste sur laquelle figurent quelques conseillers municipaux sortants et dissidents s'oppose à une liste « de concentration républicaine » menée par le maire sortant et sur laquelle figurent des radicaux-socialistes, en butte à l'hostilité de Laederich et de ses colistiers. Elle est appuyée par Le Télégramme des Vosges et combattue par un autre quotidien, L'Express de l'Est, que contrôle un autre industriel protestant du textile, Paul Lederlin. Le , la liste du maire sortant est élue presque à l’unanimité au premier tour. L'Express de l'Est s'empare d'un incident ayant eu lieu dans la nuit précédant ce premier tour et qui a donné lieu à un procès-verbal dressé par une patrouille de policiers. Laederich et Henri Maire[Note 13], le nouveau rédacteur en chef du Télégramme des Vosges, ont arraché à plusieurs reprises des affiches qui venaient d’être collées sur les leurs par deux de leurs adversaires, l’avocat Henry Najean, conseiller municipal sortant, et le secrétaire de rédaction de L’Express de l’Est, ancien condisciple de Laederich au collège d'Épinal. Ce-dernier décrit l’épisode dans les colonnes de L’Express de l’Est, dans un article intitulé « Lettre ouverte à M. Georges Laederich ». Son article ironique évoque « (ses) mains aristocratiques arrachant les affiches de nos amis » et la « limousine » de Laederich qui convoyait Maire et ses amis, dont le secrétaire local des Jeunesses patriotes. Maire y répond par des attaques contre « les millions de Lederlin » et les « luxueuses limousines » de certains candidats. L’Express de l’Est moque aussi Laederich qui prétendait « avoir la mairie d’Épinal puis un siège de député pour se lancer dans la politique » (or il ne menait pas la liste). Il s’en prend aussi à lui sur un autre registre, celui de l’argent, évoquant le « riche, bel et jeune industriel âme de la liste Brouaux et payeur de cette liste », « Sa majesté Laederich fils en qualité de chef financier de la liste Brouaux ». Ce journal dénonce également le « concours peu reluisant des Jeunesses patriotes »[79].

Brouaux préside alors un groupement dénommé l’Entente républicaine et sociale d’Épinal, qui fonde dans cette ville un « cercle républicain national », dans un local situé rue des Petites-boucheries. Il préside ce cercle et est entouré de deux vice-présidents, Charles-Edouard Poignon et Léon Fresse, anciens conseillers municipaux, battus en 1929, d’un secrétaire général, Marcel Couchoux (également ancien de la liste Brouaux), et d’un trésorier, qui n’est autre que Georges Laederich. Ce cercle est inauguré en , avec comme invité le sénateur et ancien ministre Léon Bérard, vice-président de l’Alliance démocratique. Sont présents des maires, des conseillers municipaux, des conseillers généraux, le président de la Fédération des catholiques vosgiens, des industriels comme Geistodt-Kiener et Jules Perrigot, président de la Chambre de commerce d’Épinal, et des parlementaires vosgiens : les sénateurs Maurice Flayelle et Adrien Richard, les députés modérés Camille Amet, André Barbier et Constant Verlot. Comme Flayelle l’indique dans son discours, il s’agit de « barrer la route au cartel des gauches ». Bérard affirmant aussi que la « concentration » (c’est-à-dire l’alliance entre les modérés et les radicaux) « a été rendue impossible par le parti radical-socialiste »[80]. Ce cercle accueille quelques mois plus tard Paul Reynaud, alors ministre des finances[81]. L'Express de l'Est continue à s'en prendre à Laederich, Brouaux et Maire[82]. Un écho d'un hebdomadaire parisien affirme en 1932 que la droite cherche un candidat à Épinal contre le sortant Marc Rucart pour les législatives et prête à Laederich un rôle majeur : « M. Georges Laederich, fils du régent récemment décédé, va remplir l’escarcelle du cercle national et social du chef-lieu des Vosges. (…) Encore fallait-il découvrir une personne suffisamment reluisante pour tenter l’aventure avec le maximum de chance. Georges Laederich a deux mois durant remué ciel et terre sans rien découvrir. Il s’est enfin rappelé que le département avait à la Faculté de médecine de Paris un professeur qui jouit d’une certaine notoriété : le docteur Champy »[83]. Christian Champy s'est en effet présenté contre Rucart, sans succès.

L’Entente républicaine et sociale d’Épinal se transforme en Centre vosgien d'action républicaine, sociale et agraire d'Épinal, lors de son assemblée générale du [84]. Laederich est membre de son comité. Ce Centre est présidé par Henri Maire, futur candidat sans succès aux élections législatives de 1936 contre le sortant radical-socialiste, Marc Rucart. C'est une structure politique où voisinent des modérés, des membres de la Fédération républicaine, des membres des Ligues d'extrême droite, les Jeunesses patriotes (JP) surtout. Laederich est alors proche des JP. Il a assisté en 1931 à Remiremont, avec Brouaux, à un meeting des JP, avec comme orateur Emile Bergeron, cadre parisien des JP et du Centre de propagande des républicains nationaux, dénonçant les francs-maçons[85]. Il est venu écouter ce même orateur discourir une nouvelle fois contre la franc-maçonnerie en 1934 à Raon-l'Étape[86]. Laederich a financé les JP selon un témoignage ultérieur de Bergeron : « J’ai connu M. Laederich aux environs de 1930 à l’occasion de réunions ou de manifestations organisées par le groupement des Jeunesses patriotes dont j’étais membre et pour lequel je m’occupais de la propagande tandis que M. Laederich aidait financièrement ce mouvement »[87].

Le Centre invite en 1934 le député Philippe Henriot à tenir une conférence contradictoire à Épinal, qui fut tumultueuse et à laquelle Laederich assiste à la tribune[88]. La même année, Maire et Laederich président un meeting du dirigeant national des Jeunesses patriotes, Pierre Taittinger, à Épinal[89].

Laederich donne un exposé sur la situation de l'industrie cotonnière française lors de l'assemblée générale du Centre, présidée par Flayelle, en . Il souligne que les industriels de Normandie, de Roubaix et de Tourcoing demandent le concours de l'Etat, contrairement à ceux de Lille et à ceux de l'Est, hostiles à l'intrusion de l'Etat : tout appel à l'Etat est « un danger » puisque l'Etat est ingouvernable du fait des méthodes parlementaires et parce que les parlementaires votent des lois en pensant d'abord à leur réélection. Il préconise le retour au « jeu normal des lois économiques », ainsi que la « préférence impériale ». De 400 membres, le Centre serait passé à 2 000[90]. Le Centre se dote en d’un périodique bimensuel, L’Action républicaine des Vosges, afin de préparer les élections de 1936[91].

Il s'intéresse aux Croix-de-Feu à partir de 1934, de concert avec Jean Bouloumié, et cherche à développer ce groupement dans les Vosges[92]. Il préside la section du canton de Senones, fondée en 1936, et tient des réunions de propagande dans ce canton en , avec trois dirigeants nancéiens de la ligue, dont le chef régional, Raoul Nanty[93]. Il met au service de cette ligue l'harmonie des Ets Laederich pour un défilé patriotique en 1935 et une salle en à Épinal pour une réunion de propagande accueillant le chef national de la ligue, François de La Rocque[94]. Selon la presse syndicale, il pousse ses ouvriers à adhérer à ce groupement. Il célèbre en 1935 dans un discours les qualités d'un de ses ouvriers décédés, membre des Croix de Feu : « (il avait senti) ce qu'il y avait de juste, de fort, de vrai dans ce groupement de bonnes volontés qui n'ont qu'une idée : servir la France en écartant ce qui divise, en rapprochant les hommes par le rapprochement des âmes, en forgeant un nouveau cœur à la France, mais avec tous les matériaux légués par nos ancêtres »[95]. En , il intervient pour faire libérer deux militants de l'Action française, emmenés au poste à la suite d'une bagarre avec des militants de gauche, lors de la venue d'Eugène Frot à Épinal, qui donne lieu à une mobilisation des nationaux, des Croix de feu aux JP et à l'AF, unis contre Frot[96]. Le directeur général des Établissements Laederich de la vallée du Rabodeau, Jules Py[Note 14], est également un Croix de feu influent et actif depuis 1934.

En 1935, il fait un voyage d'étude dans l'Italie fasciste avec d'autres industriels menés par Ernest Mercier[97]. Deux mois plus tard, il est invité à un déjeuner par François de Wendel, à l'un de ses domiciles en Lorraine, avec d'autres industriels et personnalités, pour honorer une délégation d'industriels italiens menés par le comte Volpi, ministre d'État[98].

Il reste proche des mouvements nationaux après la victoire du Front populaire, ceux liés à la Fédération républicaine et au Rassemblement national lorrain[99].

Il est contacté en octobre 1936 par le secrétaire général d'une association politique parisienne, Lucien Souchon. Cette association est le « Rassemblement national pour la reconstruction de la France », fondé en février 1936. Il rencontre Souchon à Paris, s'abonne aux Cahiers publiés par son association, qu'il distribue un temps à son personnel, et contribue au financement du groupement, aux côtés d'autres patrons comme Georges Brabant, du Nord, Bernard du Perron de Revel, des raffineries de sucre Saint-Louis de Marseille, et Marcel Doligez, patron d'une entreprise du textile de Tarare dans le Rhône, les Ets Champier[Note 15], à partir de 1937, après une rencontre avec le général Maxime Weygand, membre du comité directeur du Rassemblement. La contribution de Laederich est fixée à 30 000 francs[100].

S'il se montre plus discret publiquement, son action politique est en revanche encore plus active, à travers une officine patronale anticommuniste, la Société lorraine d'étude et d'expansion économique (SLEEE), fondée à Nancy en avril 1937, dont il est le principal fondateur avec l'industriel du sel Jean Payelle et dont il anime l'annexe vosgienne[101]. Parmi les fondateurs de la SLEEE figurent les Vosgiens Jean Bouloumié, Émile Parisot[Note 16], négociant, et Emmanuel Geisler[Note 17], papetier à Raon-l'Étape et dirigeant du journal Le Messager vosgien, dont Laederich est actionnaire. Des patrons de Meurthe-et-Moselle, dont le minotier Louis Vilgrain (frère d'Ernest Vilgrain), le verrier Paul Daum, Charles Masson[Note 18], président de l’Union des chambres syndicales de l’Est, Charles Friedel[Note 19], de Berger-Levrault, vice-président délégué de cette dernière Union et trésorier de la Fédération des associations régionales (FAR, branche de la Confédération générale du patronat français), ou Jean Payelle[Note 20], de la Société des Salines de Rosières-Varangéville, son principal animateur dans ce département. Figurent aussi un industriel meusien, André Lion, administrateur des papeteries Claudel[Note 21], et un patron haut-marnais, Pierre Chatel, des fonderies de Bayard, près de Saint-Dizier[102].

La fondation de la SLEEE n'est pas une initiative isolée. Elle imite des sociétés semblables, à Montbéliard (le Centre d'études économiques et sociales de Franche-Comté, fondé par Jean-Pierre Peugeot) ou à Lyon (SA pour le commerce et l'industrie ou Centrale industrielle et commerciale/CIC, fondée en septembre 1936[103]). Laederich est en relation avec le Lyonnais Georges Roque, de Souchon-Neuvesel, des « amis parisiens », par l'intermédiaire de Philippe Domergue, directeur du périodique La Réforme économique et directeur-adjoint de l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises, le Marseillais Bernard de Revel, Marcel Doligez, animateur de la CIC, l'Alsacien Roger Ruillier (directeur de la SA d'industrie cotonnière à Mulhouse), qui est son équivalent dans le Haut-Rhin, Georges Brabant, du Nord[104]. Avec Ruillier, il discute du financement de journaux parisiens comme le quotidien Le Jour de Léon Bailby ou Le Courrier royal du comte de Paris (Henri d'Orléans (1908-1999))[105].

Cette officine établit des listes d'électeurs, qu'elle cherche à identifier, est en relation avec les élus et les candidats aux élections, tel Marcel Deschaseaux, élu député en 1939, finance des journaux comme L'Éclair de l'Est ou des petits périodiques d'arrondissement comme La Plaine des Vosges[106], un syndicat hostile à la CGT, la Confédération générale ouvrière (CGO) de Robert Lespagnol et Albert Crémieux, ainsi que des partis de droite comme le Parti social français (PSF) et le Parti populaire français (PPF). Ainsi, Laederich écrit à Payelle en février 1939 à propos du financement du PPF : « Sur la demande de certains de nos adhérents, nous avons décidé de ne pas réduire notre contribution à une œuvre dont s’occupait M. Pucheu, à condition que la totalité de notre versement soit réservée à l’activité de cette œuvre dans les Vosges, alors qu’auparavant une certaine somme allait au budget général ». Ce qui confirme et éclaire, si besoin était, le rôle d'intermédiaire financier joué par Pierre Pucheu jusqu'en 1938[107]. La SLEEE publie en 1938-1939 un hebdomadaire, La Voix des Vosges, organe de défense républicaine et d'action antimarxiste, encarté dans les périodiques de droite paraissant dans ce département. Il est dirigé par Louis Leroux[108]. Elle emploie des militants comme Maurice François-Brajon[109].

Laederich adhère en mars 1936 au Centre d’action et de propagande nationale à l’école, dirigé par le général René Madelin, qui publie un périodique, L’Instituteur national[110]. Un an plus tard, il vient dans les bureaux parisiens de cette association pour avoir des renseignements sur les instituteurs vosgiens. Madelin lui fait savoir que sur 1 216 instituteurs vosgiens, 300 peuvent être considérés comme « nettement nationaux ». Il lui fait surtout connaître son projet de dresser en face du « syndicat rouge » (le Syndicat national des instituteurs) un « groupement puissant d’instituteurs patriotes et antimarxistes ». Il souhaite donc bénéficier du « concours le plus large possible » de Laederich. La SLEEE décide, le mois suivant, de faire abonner tous les instituteurs vosgiens à L’Instituteur national. En juillet, un délégué du groupement est envoyé dans les Vosges pour provoquer la constitution d’une association de professeurs et d’instituteurs qui serait rattachée à la Fédération des groupements professionnels d’instituteurs, de Marcel Sivé. En 1938, il supprime toute subvention au groupement de Madelin, estimant qu'il est inefficace, et cherche conseil auprès du général Weygand. En juillet, il prend contact avec l'instituteur Serge Jeanneret, fondateur du périodique L’École française et animateur avec son frère René de l’Union corporative des instituteurs. Son périodique est envoyé à des instituteurs vosgiens mais très peu s'y abonnent. Laederich, dans le même temps, doit arbitrer entre d'une part un nouveau groupement fondé en décembre 1938 et issu du Rassemblement national, soutenu par Lucien Souchon et Weygand, l’Association des Amis de l’école française, rebaptisée en 1939 Les Amis de l’Éducation française, financée par Georges Brabant, et d'autre part le groupement L’Alerte d'Émile Bergeron, sous-titré « Centre de défense et d’action nationale contre l’école unique » et fondé en 1935, que financent Laederich et la SLEEE. Souchon réclame son appui et dénigre Bergeron mais Laederich choisit de continuer à financer Bergeron. Il écrit à Souchon :

« Par notre ami Domergue, j’avais demandé une prise de contact entre votre organisation et M. Bergeron qui mène (…) une campagne très vive contre l’étatisation et l’enjuivement (sic) de l’école en France. (…) Ici, nous soutenons Bergeron et nous voudrions que l’on comprenne un peu mieux, tant à Paris que dans les différentes régions, que son action courageuse et ardente doit être soutenue, (…) malgré son indépendance et son (caractère) ombrageux[111]. »

Bergeron, membre comme Souchon de l’Union antimaçonnique de France, tient alors un discours antimaçonnique et antisémite. En janvier 1938, il vitupère le « cabinet essentiellement maçonnique » et le ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay, « de race juive, qui n’est pas français et ne s’appelle pas Zay mais Ezus. Et dire que cet homme sans diplôme est à la direction de l’enseignement français. Il a mis en carte les écoliers à partir de l’âge de 11 ans et organise ainsi la soviétisation. (…) Les bureaux des ministères sont infestés de juifs placés là par Léon Blum qui n’a jamais eu de terre française à la semelle de ses souliers ». L’année précédente, Bergeron avait été jusqu’à conseiller ce classique de la littérature antisémite que sont Les Protocoles des sages de Sion car « toutes les manœuvres lentes de décompositions collectives qui y sont mentionnées, conseillées avec un si grand cynisme, nous les voyons pratiquées au grand jour par notre gouvernement de métèques et de créatures à leur solde »[112].

Georges Laederich est le commanditaire principal du périodique vosgien de Remiremont L'Industriel vosgien, à partir de 1936, lorsque ce périodique devient un véritable brûlot anticommuniste[Note 22]. À partir de 1937, il est l'un des industriels qui contribuent à financer l'agence de presse Inter-France, fondée par Dominique Sordet et chargée de renforcer la documentation des périodiques de province de droite et de combattre le Front populaire. L'argent du patronat est centralisé par Georges Brabant[113],[114],[115],[116]. Georges Riond, qui a travaillé avec Sordet, cite dans ses mémoires quatre bailleurs de fonds de l’agence, issus du « patronat de province, en bisbille avec les états-majors parisiens, (qui) a décidé de prendre lui-même en main ses opérations de sauvegarde politique » : Jean Fraissinet, « César fougueux » et « patron de combat », Bernard de Revel, « avançant cent idées pour en laisser tomber 99 », Georges Roque, « potentat maussade », et « René (sic) Laederich, magnat lorrain dont l’impulsivité idéologique brouille le jugement »[117].

En 1937 encore, au nom d'un groupe d'industriels vosgiens, il prend secrètement le contrôle du quotidien vosgien fondé en 1921 par Paul Lederlin, L'Express de l'Est, et contrôlé alors par Raymond Patenôtre depuis 1936[118],[119]. Il adresse en février 1938 un courrier à Albert Lejeune, demeuré président du conseil d'administration pour conserver le secret sur le rachat, pour lui préciser la nouvelle ligne politique que doit avoir le quotidien selon ses nouveaux propriétaires :

« Je constate que L’Express de l’Est a fait ces temps ci une très large place à des hommes politiques comme Leroy, député de Mirecourt, Camille Picard, ancien député de Neufchâteau, ou à des manifestations présidées par ces personnalités. Je voudrais vous préciser l’attitude que nous désirerions voir adopter par L’Express de l’Est à l’égard des parlementaires vosgiens. Vous verrez comment vous pouvez vous-même transmettre les instructions nécessaires à vos services d’Epinal, afin que cela ne prenne pas le caractère d’un changement d’orientation du journal, ce qui n’est, d’ailleurs, nullement le résultat auquel nous voulons arriver. Il n’entre pas dans notre esprit de vouloir donner une place plus importante que celle que vous leur accordez actuellement à MM. Barbier, Flayelle et Richard, sénateurs, et à MM. Boucher et Gaillemin, députés. Par contre, nous désirerions voir nettement diminuer dans vos colonnes l’importance que vous donnez à M. Leroy, député de Mirecourt, que nous considérons comme un intrus dans la politique vosgienne. En ce qui concerne MM. Rucart et Elbel, nous considérons que leur situation est tout à fait spéciale, du fait qu’ils sont membres du gouvernement et membres d’un gouvernement qui a réuni une majorité assez étendue. Par contre, nous vous demandons de faire en sorte que leur participation à des cérémonies de Front populaire, dans les Vosges ou hors des Vosges, soit mentionnée le moins possible et que les paroles qu’ils peuvent être amenés à y prononcer soient relatées avec beaucoup de circonspection et le plus succinctement possible. (…) Je me rends parfaitement compte de la difficulté de réalisation du programme que je vous trace[120]. »

Il est en relation avec les dirigeants de la Cagoule ou Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale, Eugène Deloncle et François Méténier. Ils seraient entrés en contact avec lui par l'intermédiaire de l'Alsacien Paul Dungler, industriel du textile[121].

Hostile à l'influence de la CGT et du Parti communiste, il refuse alors d'employer dans ses usines des militants de ce parti. Il se plaint ainsi à Marcel Boussac en 1937: « Ruffenach, chef communiste de Moussey, auquel nous ne donnons pas de travail depuis des années (...). Depuis 18 mois, nous avons dans nos propres établissements pu évacuer un très grand nombre d'éléments mauvais et beaucoup d'entre eux ont été engagés chez vous »[122]. Il se fait aussi le porte-parole des patrons vosgiens dans leur lutte contre un projet de la CGT sur l'embauchage qui porte atteinte à l'autorité patronale, à l'appel de la Confédération générale du patronat français[123]. Il préconise la collaboration des classes et s'intéresse en 1937 à la mise en place en Alsace de l'Alliance corporative de l'industrie textile du Haut-Rhin, fondée en réponse aux grèves de 1936. Ce groupement fait collaborer patrons et cadres, placés sur un plan paritaire, et espère à terme pouvoir y intégrer les ouvriers[124]. Laederich vante en 1939 cette expérience précorporative et d'autres expériences similaires telle l’Alliance corporative des industries textiles de Reims de Jacques Warnier, lors d'une conférence donnée à l'occasion de l'assemblée générale de l’Union des chambres syndicales des Vosges; il estime alors que ces expériences peuvent contribuer, par l'intermédiaire des cadres, à rapprocher patrons et ouvriers[125]. Le syndicat cotonnier qu'il dirige a fondé une Alliance corporative du textile des Vosges en 1939.

Son activisme anticommuniste se double au moment de Munich en 1938 d'un activisme pacifiste, qui l'amène à diffuser dans les Vosges une note hostile à l'entrée en guerre de la France pour sauver la Tchécoslovaquie de l'Allemagne d'Hitler, à mettre en garde ses ouvriers contre « le parti de la guerre » et à cesser de financer le petit périodique parisien La Victoire de Gustave Hervé, que le père de Georges Laederich soutenait depuis 1924 ou 1925, car Hervé préconise l'alliance avec l'URSS. C'est que Laederich est convaincu des « dangers du marxisme », abhorre l'Union soviétique qui prône la déchristianisation et déteste Maurice Thorez car il « prend ses ordres de Moscou et entraîne les ouvriers à la grève et la révolution, c'est-à-dire au sabotage de la défense nationale ». Son anticommunisme le conduit à envoyer en 1939 un des agents de la SLEEE, Louis Leroux, à Genève pour assister à la 13e conférence internationale de l'Entente internationale anticommuniste du Suisse Théodore Aubert. Des industriels de son réseau patronal anticommuniste partagent son pacifisme, tel Marcel Doligez, qui lui adresse en 1939 un courrier révélant que ces patrons tentent de coordonner leur action politique : « Lors de la réunion du 22 septembre, nous avions admis sur la proposition de Marseille le soutien de l’excellente campagne que le journal L’Action française a entreprise pour barrer la route à ceux qui veulent la guerre. (…) Nous envoyons à Maurras 20 000 francs. Pourriez-vous en faire autant ? J’alerte Marseille par ce même courrier. Notre brave Hervé continue de dérailler ». Laederich lui répond : « Je ne peux malheureusement rien faire actuellement pour L’Action française car j’ai beaucoup de mal à tenir le coup en raison des circonstances et la région de l’Est ne m’a pas remboursé les avances que j’avais faites l’année dernière pour participer aux engagements que vous aviez pris dans le même sens. Ce n’est que maintenant que je peux songer à organiser la campagne Pétain, étant parti le lendemain de notre dernière réunion chez JPP (Jean Pierre Peugeot) ». Il justifiera en 1945 son appui à cette campagne par deux arguments : seul Pétain aurait été à la fois en mesure de faire l’union autour de sa personnalité et d’éviter la guerre[126].

Patron pétainiste sous l'Occupation, condamné à la Libération[modifier | modifier le code]

Pendant l'Occupation, il est désigné en par François Lehideux délégué au Commissariat au chômage pour les Vosges[127]. Le secrétaire d'État à la production industrielle et au travail René Belin le désigne la même année membre de la commission consultative du comité de la branche de production coton de l'industrie textile[128]. Lehideux l'a aussi pressenti à l'automne 1941 pour prendre la tête du Comité d'organisation du textile, mais Laederich a refusé[127]. Il le désigne membre de la commission consultative du comité de la branche de production tissage de lin et de coton, un sous-comité du comité général d'organisation (C.O.) du textile[129]. Laederich réfléchit à la formation professionnelle des apprentis et à la sélection des meilleurs ouvriers, futurs contremaîtres de l'industrie textile[130].

Il est nommé membre du Conseil national de Vichy en [131]. Il a été l'un des secrétaires de sa commission de la réforme municipale[132] et a fait partie de sa commission d'études de l'organisation économique. Son rapport est présenté lors de la venue du maréchal Pétain en à cette session du conseil[133]. Il est titulaire de la francisque. Il a tenté de former un « Groupe des amis du maréchal » en 1941. Pétain l'a reçu à Vichy en [134].

Partisan de la politique sociale du régime de Vichy, il est proche du Centre des jeunes patrons[135], fait partie de la commission patronale de l'Office des comités sociaux fondé par Jacques Warnier en 1941 et préside de 1943 à 1944 la commission vosgienne de cet office, au sein de laquelle des patrons, des cadres et des ouvriers discutent de questions sociales[136]. Il retrouve à l'OCS Marcel Doligez et rencontre des syndicalistes tel Roger Paul (qui est aussi Conseiller national), à propos des modes de constitution des comités sociaux[137].

Choisi par ses pairs et par son président Henri Donon[Note 23] en 1942 pour co-présider l'Union des syndicats patronaux des industries textiles de France (ou Union des industries textiles), la confédération patronale qui rassemble toutes les branches de cette industrie[138], il est membre de la commission provisoire de la famille professionnelle de la fabrication des tissus et industries similaires, désignée en août 1942 par le ministre du travail Hubert Lagardelle, en application de l'article 77 de la Charte du travail du 4 octobre 1941. Il y côtoie d'autres patrons comme Jacques Warnier et Marcel Doligez, de l'Office des comités sociaux, Henri Donon, Robert Vandendriesche, conseiller national comme Laederich, ou Raymond Badin, aux côtés de syndicalistes ouvriers et de cadres[139]. Il préside sa commission patronale et préside la commission de cet organisme jusqu'en 1944, à tour de rôle avec un cadre et un ouvrier puisque c'est un organisme paritaire tripartite, c'est-à-dire rassemblant des patrons, des cadres et des ouvriers. À ce titre, il assiste à l'inauguration du premier comité social local de cette famille professionnelle, en novembre 1943[140], et il est désigné par le gouvernement membre du Conseil supérieur du travail en 1943 et président de sa commission des employeurs, qui se nomme le Centre d'information des employeurs[141]. Le ministre Jean Bichelonne préside en la première réunion du conseil consultatif de ce Centre d'information ; Laederich lui répond[142]. Il est également désigné membre du Conseil supérieur de l'économie industrielle et commerciale[143]. Au sein de ces organismes, il s'oppose en 1944 aux projets de Gérard Bardet, principal animateur de ces conseils et porte-parole du nouveau ministre du travail Marcel Déat (projets de réforme des comités sociaux, qui seraient désormais composés de salariés uniquement et qui pourraient s'intéresser à la gestion économique de l'entreprise). Il refuse également une application étatiste de la Charte du travail[144].

A Epinal, il accède à la vice-présidence de la Chambre de commerce[145].

Dans les Vosges, la SLEEE est mise en sommeil en 1940. Maurice François-Brajon se plaint en mai 1941 que « la lutte [menée avec la SLEEE] est suspendue ». Lors de son procès en 1946, il affirmera qu'il a voulu remettre en route la SLEEE, sous le nom des Amis du maréchal, mais que les Allemands s'y sont opposés même si la SLEEE a fonctionné à nouveau en octobre 1941[146]. Elle cesse de fonctionner dans le courant de l'année 1942 et Laederich s'occupe de reclasser ses militants[147].

Il adhère au MSR d'Eugène Deloncle mais il en démissionne en . Il écrit alors à Deloncle :

« Je reçois (…) une lettre de M. Jean Goy m’indiquant que le RNP m’a nommé adjoint départemental provisoire pour le département des Vosges. Je trouve un peu singulier que votre groupement auquel j’ai adhéré au mois de novembre [en fait septembre 1940] dernier puisse user de mon nom en faveur d’un groupement auquel je n’ai pas adhéré, sans m’en référer au préalable. (…) Cela n’implique nullement que je sois en désaccord avec vous sur la nécessité d’une révolution nationale très profonde et encore moins sur le principe de la collaboration. Nous en avons longuement discuté à diverses reprises et nos vues sont en concordance sur presque tous les points (…). Mais il y a dans le RNP certains hommes que leur passé ne désigne pas particulièrement pour être à la base de cette révolution nationale et que des hommes comme Jean Goy, Déat et vous-même auraient beaucoup mieux fait d’évincer dès la naissance du mouvement[148]. »

Pierre Péan le présente comme l'un des bailleurs de fonds du MSR, sans preuves[149].

Il contrôle toujours L'Express de l'Est, qui reparait le 3 août 1940, d'abord comme bihebdomadaire puis comme quotidien à partir d'octobre 1940, à l'initiative de son secrétaire de rédaction, Robert Huin. Le journal suit une ligne éditoriale pétainiste puis ouvertement collaborationniste, sous la direction de Robert Huin, qui adhère au Parti populaire français en 1942[Note 24] puis Alfred Jolly, également membre du PPF[Note 25], à partir de la fin de l'année 1943. Au lendemain de l’Entrevue de Montoire, Huin affirme ainsi, légitimant la collaboration d’Etat : « Comprendra-t-on qu’un monde nouveau sort du chaos et que dans ce monde notre place sera marquée si nous acceptons loyalement de collaborer à l’œuvre commune ? (…) Il faut mettre fin à une hostilité artificielle et séculaire et c’est ainsi que nous gagnerons ce « véritable nationalisme qui, renonçant à se concentrer sur lui-même, se dépasse pour atteindre la collaboration internationale », ainsi que l’écrit Philippe Pétain ». En juin 1942, il va jusqu'à écrire : « Tous ceux qui veulent que la France vive dans une Europe réconciliée (...) souhaitent la victoire de l'Allemagne sur le marxisme de Moscou et sur le capitalisme de Londres et Washington »[150]. En février 1943, Huin loue « l'idéal révolutionnaire national-socialiste, seul palliatif » au communisme et au « capitalisme de droit divin », dénonce deux mois plus tard « la médiocrité républicaine du personnel vichyssois » qui n'a pas voulu « un légitime renversement d'alliance au lendemain de Mers-el-Kébir », et ses articles célèbrent l'espoir d'un « régime socialiste et anticapitaliste après la victoire de l'Europe contre l'esclavage russe et contre les coffres-forts de Londres et de New York »[151]. Louis Leroux, nommé rédacteur en chef puis directeur du journal en juin 1941 à la place d'André Dauxin, décédé, et Laederich sont partisans d'une ligne plus modérée que celle de Huin, soutenu par les Allemands, notamment le Sonderführer Singrün, qui dirige la Propagandastaffel à Epinal [152]. Leroux rédige des éditoriaux à la gloire du maréchal Pétain en 1941[153]. En réponse à une enquête de l’agence Inter-France sur « les journaux devant les problèmes de la collaboration », il répond en mars 1941 : « Quant à tous ceux qui sont demeurés fidèles à la politique de Montoire, il leur reste à travailler, malgré toutes les difficultés, pour que l’immense espoir suscité par la rencontre historique entre chef allemand et chef français soit suivi de résultats féconds. (…) (Nous avons le) devoir de guider les esprits tout en ménageant (l’opinion) pour éviter d’aller à l’encontre du but poursuivi »[154]. Le journal cesse de paraître le 12 septembre 1944.

Laederich tente de convaincre ses relations de la nécessité de la collaboration franco-allemande, après Montoire. Par exemple l’armateur marseillais Jean Fraissinet, qui finança aussi Inter-France :

« Une conversation avec Bernard de Revel[Note 26] à Paris m’a appris que nos amis de Lyon vous avaient indiqué que j’étais d’accord avec eux pour blâmer la position prise par Inter-France au cours de ces derniers mois. Je dois vous dire que je me suis trouvé en parfaite communauté de pensée avec Inter-France et que j’approuve entièrement la voie dans laquelle Sordet l’a engagée. Nous devons ici dans l’Est nous faire violence pour ne pas raisonner au travers de nos sentiments mais au travers de notre raison. En effet, nous assistons à quelques kilomètres de nous à une tragédie épouvantable [allusion à l’Alsace, annexée de facto par le Reich] qui touche nos familles, nos amis, dans leurs biens, dans leur amitié, dans leurs souvenirs. Mais nous avons trop le sentiment que nous avons la possibilité d’être traités de même pour ne pas nous raccrocher désespérément à la seule planche de salut qui est la politique actuelle du maréchal et de Laval. (…) Nous sommes le gage de cette politique de collaboration. Est-ce trop demander qu’on nous considère comme valant quelque concession faites par les sentiments à la raison ? »[155].

Il a en effet maintenu son appui à l’agence de presse Inter-France, devenue collaborationniste. Il assiste à son congrès en à Paris, au palais de Chaillot, aux côtés de ténors de la collaboration, comme Jacques Doriot, Marcel Déat ou Jean Luchaire, de personnalités officielles françaises et allemandes (l’ambassadeur Otto Abetz), de nombreux journalistes, de quelques industriels ou banquiers comme (Eugène Schueller, Georges Brabant du Crédit du Nord, Henri Ardant de la Société générale, Paul Marcel-Cavallier de Pont-à-Mousson, Bernard du Perron de Revel des raffineries de Saint-Louis, Paul Berliet)[156]. A cette occasion, Dominique Sordet rend hommage non sans flatterie à sa fidélité et à celle de deux autres industriels, soulignant qu'ils ont maintenu leur engagement depuis 1937, contrairement à d'autres commanditaires :

« Parmi ces industriels (...), quelques-uns allaient y montrer bientôt une intelligence, un courage, une ouverture d'esprit qu'on n'a pas coutume de rencontrer chez les grands bourgeois qui se prennent de passion pour les affaires publiques. Je ne citerai que trois d'entre eux. C'est à Bernard de Revel, à Georges-René Laederich, à Georges Marignier qu'Inter-France doit ses premiers développements. (...) Ils devaient nous rester fidèles au milieu de toutes les traverses, alors que d'autres, cédant à l'esprit général, lâchèrent pied au moment de Munich, au lendemain de l'armistice, ou pendant les mois troubles qui suivirent le 13 décembre [1940, soit la date de l'éviction de Pierre Laval][157]. »

De même, Lucien Rebatet le cite dans Je suis partout, dans un article consacré à Dominique Sordet, comme un des hommes qui lui apportèrent les premiers concours matériels, l'autre étant le Marseillais Bernard de Revel[158]. Un exemplaire d’une brochure décrivant le congrès « a été imprimé spécialement pour M. Georges-René Laederich en souvenir des journées Inter-France en hommage à l’ami courageux et fidèle qui depuis six ans partage nos risques et allège notre tâche »[159]. La brochure contient aussi ces mots de Laederich, datant du 5 août 1941 : « Il faut louer très particulièrement Inter-France qui, dans le chaos des idées, a tenu sans défaillance le flambeau de la vérité et a mis cette vérité à la portée de beaucoup de Français »[160]. En , il voyage aux côtés de Sordet en Allemagne, à Berlin. L'année suivante, Sordet s’adresse à Laederich, pour lui proposer de souscrire à une augmentation du capital de la Société des éditions Inter-France : « Je cherche quelques souscripteurs et je m’adresse à vous, cette fois-ci, avec le sentiment que pour la première fois dans l’histoire de nos sentiments amicaux et politiques, je viens vous proposer une participation dans une affaire commercialement viable et même intéressante ». Laederich a accepté, faisant souscrire L’Express de l’Est pour 125 000 francs. Avec 25 parts, le journal contrôlé par Laederich est le deuxième plus gros actionnaire[159]. En , le fils aîné de Laederich se présente au domicile spinalien de son père, alors occupé par un officier de l’armée américaine. Ce-dernier le prend en flagrant délit alors qu’il tente de découper la page de garde d'un livre du colonel Alerme, autre dirigeant d'Inter-France, où apparaît une dédicace à Laederich : « En hommage de tout cœur et en remerciement du constant et cordial effort qu’il n’a cessé d’apporter à Inter-France »[161].

En 1942, il s'exprime à deux reprises en faveur de la Relève (régime de Vichy)[162] : une de ses déclarations est publiée en dans des journaux comme L'Echo de Nancy[163] ou Le Petit Troyen[164]. Le quotidien L'Ouest-Éclair publie une autre déclaration quelques mois plus tard :

« La plupart des prisonniers ont combattu courageusement: ils portent bien plus que les autres Français le poids des fautes commises par un régime démocratique qui a fait faillite. Dès l'automne 1940 l'idée de cette relève avait germé dans les camps. Il faut en faire une réalité de demain et montrer que nous sommes conscients de la vraie situation dans laquelle se trouve la France[165]. »

En 1942 également, il accepte de dire un mot sur le rapprochement franco-allemand dans un périodique lancé par l'éditorialiste de L'Echo de Nancy (ce quotidien remplaçant L'Est républicain est possédé par les Allemands et emploie des journalistes français), Martin de Briey, un militant de la collaboration[166].

En avril 1943, il assiste à Épinal à une conférence de Georges Claude en faveur de la collaboration. L'Express de L'Est fait alors savoir qu'un comité départemental du groupe Collaboration vient de se former. Il est présidé par l'ancien député Marcel Boucher. Le vice-président est l’abbé Paul Robert, curé de Saint-Michel-sur-Meurthe, conseiller départemental. Le nom de Laederich figure dans ce comité dont sont membres aussi Jean Haffner, directeur général adjoint de la SA textile de Dompaire, André Mathieu, président de l’association vosgienne des Amputés de guerre, le docteur Jacquot, du RNP, Louis Molia, petit patron et cadre du PPF, Petitjean, industriel du textile à Plainfaing, administrateur des Ets Géliot, et Chédaille, pharmacien à Épinal[167].

Deux mois plus tard, Laederich accepte de répondre à une enquête menée par L’Express de l’Est, parue le . Il s’agissait de répondre à une interview voulue par Robert Huin, qui a posé trois questions à plusieurs personnalités des Vosges à l’occasion de la commémoration de l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS : « Que pensez-vous du communisme ? Que pensez-vous de la lutte contre le bolchevisme ? Que pensez-vous de la dissolution du Komintern ? ». Ont répondu plus ou moins brièvement des représentants de Vichy, des personnalités politiques comme Louis Gaillemin et Marcel Boucher, des ecclésiastiques, des dirigeants locaux de mouvements collaborationnistes, et quelques rares personnalités du monde économique vosgien. Quant à Laederich, sa réponse est parue ainsi :

« On dit que : Certains Français souhaiteraient une victoire russe en Europe, Certains Français, qui, d’autre part, ont une nostalgie marquée pour une « Démocratie » dont on sait où elle nous a menés, Certains Français qui sont nettement opposés à un « Etatisme » dont ils craignent l’incompétence envahissante et le fonctionnarisme irresponsable. Ces mêmes Français ont-ils bien conscience que le régime russe est le plus « Etatiste » et le plus « fonctionnarisé » qui existe dans le monde, le régime où le travail est le plus dur et la vie la moins souriante. Sur les classes nivelées dans un malheur commun, sur les hommes devenus, dès le temps de paix, de terribles machines à produire, sur les hommes à qui on a retiré le droit de penser, de croire, d’avoir un espoir individuel, règne en Russie une classe nouvelle, toute puissante, de véritables féodaux, jouissant de larges prérogatives, qui sont les agents actifs d’un panslavisme renouvelé des grands Tsars. Le communisme – article d’exportation russe – sert dans le monde entier d’appui extérieur à ce panslavisme et prépare son expansion par cette dissociation des esprits et des forces morales et spirituelles qu’on appelle l’anarchie. Sur le plan intérieur, lutter contre le communisme, c’est donc lutter contre l’anarchie, source de misères matérielles et morales. Et lutter contre l’anarchie, c’est déjà lutter pour un socialisme vrai, seul capable de rapprocher les hommes et les classes, en leur donnant un sens nouveau et meilleur du respect de la personnalité humaine. Sur le plan extérieur, la lutte contre la Russie revêt le caractère d’un combat de défense contre une tentative d’hégémonie slave et asiate, dont la guerre actuelle, voulue et rendue possible par Staline (sic), devait hâter l’heure. Bien des Français, qui déplorent avec raison l’occupation de notre pays, devraient, avec raison également, méditer un peu sur cet aspect des responsabilités dans le déclenchement de la guerre et en tirer les conclusions qui s’imposent[168]. »

Il assiste à Épinal en 1944 à une conférence donnée par un Allemand célébrant la collaboration, aux côtés des autorités locales et de militants collaborationnistes[169].

Dans les Vosges, son épouse est directrice des ouvroirs spinaliens du Secours national[170] et l'une des deux déléguées départementales de la Croix-Rouge[171], l'autre étant Germaine Bouloumié. Son fils François, né en 1925, a été déporté en 1944 à Buchenwald.

Malgré son appui au régime de Vichy et à la collaboration, il a été brièvement arrêté et détenu par les Allemands, du 4 au , car ils le soupçonnaient - à raison - d'avoir mis son domicile parisien - un hôtel particulier rue Barbet-de-Jouy -, au service de son cousin, le capitaine Serge Depret-Bixio, du SR Guerre clandestin[172] qui s'en servait comme boîte aux lettres. Il a fait jouer ses relations pour être libéré. D'où les mots publiés par l'agence Inter-France en 1942, issus d'un texte de Laederich daté du 5 août 1941. En outre, le directeur de ses usines de la vallée du Rabodeau, Jules Py, maire de Moussey, a organisé à partir de cette localité une filière d'évasion pour les prisonniers de guerre et les Alsaciens évadés, avec son accord semble-t-il, et a aidé ensuite la résistance locale en 1944. Une résistante, membre d’un réseau d’évasion, prétend que Laederich a eu recours à ses services pour obtenir de faux papiers permettant de faire passer en zone libre des Alsaciens-Lorrains. Selon deux autres témoignages, « ce fut grâce à lui qu’un aviateur britannique, blessé et égaré [en 1944], fut hébergé et put rejoindre l’Angleterre »[173]. Comme beaucoup d'hommes adultes de Moussey et de la vallée du Rabodeau, Jules Py a été arrêté par les Allemands, le , et rendu responsable des actes de résistance commis sur le territoire de sa commune. Il meurt en déportation à Dachau, le .

Georges Laederich est inquiété à la Libération, accusé par les communistes d’avoir collaboré. L’organe communiste du comité vosgien du Front national, Le Réveil des Vosges, l’accuse d'avoir été en contact avec des émissaires nazis et fascistes dès 1937, et aussi avec la Cagoule. L'ancien déporté et communiste militant André Sester reprend ces accusations dans son ouvrage Résistance et collaboration – aspects vosgiens[174], ajoutant qu'il a fait partie du Comité France-Allemagne et du Comité France-Italie et qu'il a subventionné l'agence de presse Inter-France.

Georges Laederich est arrêté en mars 1945 à Paris dans son hôtel particulier de la rue Barbet-de-Jouy et emprisonné, à la prison de Fresnes puis à celle de Nancy. Il explique son arrestation par son engagement politique remontant à l’avant-guerre et son anticommunisme, dans un plaidoyer pro domo adressé à Louis Marin :

« Ce qui me nuit sans doute le plus, c’est l’action politique menée depuis près de 20 ans dans les Vosges et l’espèce de normalisation de cette action entreprise après 1936 pour la rendre plus efficace. Tous les fils aboutissaient à moi dans les Vosges. Ce n’est qu’en 1942 que j’ai pu tout mettre en sommeil et me consacrer à l’Union textile (…). J’ai été et je reste anti-bolcheviste parce que [le communisme] représente à mes yeux le totalitarisme le plus complet[175]. »

En juin 1946, plusieurs patrons vosgiens, souvent anciens souscripteurs de la SLEEE, tels Jean Bouloumié ou Victor Tenthorey, président national du Syndicat général de l’Industrie cotonnière française, depuis 1938, et président de la Chambre de commerce d’Épinal, s'adressent au garde des sceaux pour lui signifier « l’émotion qu’a suscitée l’arrestation de Georges Laederich dont ils ont pu pendant nombre d’années apprécier l’activité toujours nationale » et souhaiter qu’il soit mis « fin à sa détention qui en est à son quinzième mois sans action de justice et prive ainsi la reconstruction du pays d’un homme apprécié tant sur le plan de l’entreprise industrielle que sur celui des réalisations sociales »[176]. D'autres patrons lui viennent en aide, comme le fromager meusien Henri Hutin ou l'industriel de Reims Jacques Warnier, membre du comité de l'Union des industries textiles[177].

Il est jugé en à Nancy, aux côtés de l'ancien directeur de L'Express de l'Est, Louis Leroux, par la Cour de justice locale. Il est défendu par trois avocats, dont Pierre Gutton, ancien bâtonnier, de Nancy, et André Lénard, de Paris. Ses avocats et le président estiment que l'accusation a trop privilégié l'engagement politique de Laederich avant la guerre. Un seul témoin à charge est prévu, le commissaire de la PJ Georges Richier, de Paris, qui a enquêté notamment sur la Cagoule[178] et sur l'agence Inter-France, alors que la défense fait citer une cinquantaine de témoins, ouvriers et industriels pour la plupart, qui soulignent son engagement social, sa volonté de freiner les départs des ouvriers pour l'Allemagne et de limiter les livraisons de coton aux Allemands. Quant à Leroux, des résistants témoignent de son double jeu et soulignent qu'il dirigea à la Libération un journal prévu par la résistance, Le Démocrate de l'Est, et appuyé par le président du Comité départemental de libération, Georges Savouret[Note 27]. Mais d'autres résistants lui dénient tout brevet de résistance. Le commissaire du gouvernement, dans son réquisitoire, reconnaît les services que Laederich a pu fournir mais souligne que ses relations avec des collaborationnistes comme Dominique Sordet ont contribué à son enlisement dans la collaboration[179]. Il est condamné à deux ans de prison et à l'indignité nationale pour avoir notamment adhéré au Cercle européen à Paris, au Mouvement social révolutionnaire, subventionné des journaux - 10 000 francs versés au Lien de Martin de Briey par exemple - et partis collaborationnistes[180].

Les lois d'amnistie de 1951-1953 ont effacé cette condamnation. L'historien Jean Garrigues évoque Laederich dans Les patrons et la politique : 150 ans de liaisons dangereuses, et s’interroge : « Ce partisan du régime de collaboration doit-il être considéré comme un collaborateur ? Un homme comme René (sic) Laederich, patron du textile du Nord (sic), n’a fait aucune affaire avec l’occupant (?), mais il a ouvertement soutenu Vichy, exerçant notamment la présidence du Comité d’organisation textile [inexact]. A la Libération, il est l’un des rares patrons à proclamer sa fidélité à Pétain, organisant même un Groupe des amis du maréchal [A la Libération ?] »[181].

Engagement au sein des cercles patronaux, pétainistes et néolibéraux dans les années 1950 et 1960[modifier | modifier le code]

À partir de 1952, on le trouve dans trois cercles de réflexion patronaux. Il fait partie cette année-là des fondateurs du groupe français d'un club de réflexion, atlantiste, néolibéral et proeuropéen, transnational, le Comité européen pour le progrès économique et social (CEPES); il en est l'un des deux vice-présidents jusqu'en 1965/66. Son comité français a été fondé et présidé par François Lehideux, puis il est présidé par le négociant cotonnier Jean-Edouard Senn, membre comme Laederich du conseil d'administration de la Société alsacienne de constructions mécaniques[182]. Il y côtoie à ses débuts Jacques Warnier.

En 1952 également, il participe aux discussions qui mènent l'année suivante à la formation du Centre de recherche des chefs d'entreprise (CRC), fondé par le président du Conseil national du patronat français, Georges Villiers, et par Jacques Warnier[183]. Ainsi qu'aux discussions qui ont débouché sur la formation en 1954 du Centre d'études politiques et civiques (CEPEC). Il écrit ainsi à Warnier : « Quelques personnes m'ont demandé d'organiser un dîner pour rencontrer le général Maxime Weygand (qui va être le président d'honneur du CEPEC) et pour discuter de l'idée (...) qui consiste en la constitution d'un centre de hautes études politiques et économiques ». Trois autres fondateurs du CEPEC y participent : Alfred Pose, son premier président, Marcel Demonque et Gaston Moyse, industriel et trésorier de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP). Ainsi que d'autres patrons comme Warnier, Serge Scheer, membre du CEPES, Lehideux, Roger Boutteville, vice-président de la SACM - Laederich entre à son conseil d'administration cette année-là - et futur vice-président du CEPES français, Jean Borotra et le minotier Louis Vilgrain, un ancien de la SLEEE[184]. Il en est l'un des vice-présidents en 1954, puis le président de 1958 à son décès. Il est aussi l'un des deux vice-présidents de l'Association pour la meilleure Sécurité sociale, fondée en 1959 et appuyée par le CEPEC[185].

Il fait partie en 1955 du « comité du centenaire du maréchal », constitué par l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) pour célébrer l'année suivante le centenaire de la naissance de Pétain. Il est le seul membre du monde des affaires avec Jean Borotra, parmi un aréopage composé d'Académiciens, de membres de l'Institut, d'officiers généraux et des avocats de Pétain. Il prend part au déjeuner privé du 27 avril 1956, présidé par le général Weygand et qui se tient au domicile de Me Jean Lemaire. Il fait partie des 102 convives aux côtés d'autres membres du CEPEC (René Gillouin, Gaston Moyse) et du CEPES (René Belin), et de futurs vice-présidents du CEPEC (Borotra, Lehideux)[186]. En 1964, il entre au comité directeur de l'ADMP, puis en démissionne deux ans plus tard à la suite de tensions qui secouent l'association. Il est réintégré par la suite et désigné membre d'honneur statutaire en 1968[187].

En 1960, en tant que président du CEPEC, il écrit une lettre ouverte au Premier ministre Michel Debré en faveur de l'Algérie française et pour une « refonte constitutionnelle (...) inspirée des principes fédéralistes »:

« Comme tous les grands États modernes, la France doit se donner une constitution fédérale, solution à tous ses problèmes, y compris le problème algérien. Les grands États du monde contemporain, à l’exception de la France, sont tous de type fédéral. On peut penser que cette formule a été imposée aux nations par la complexité du monde moderne et le développement constant de l’économie, qui obligent à laisser aux éléments qui composent l’ensemble une certaine souplesse se traduisant par des libertés. Il en va ainsi du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de l’URSS. La république française, pour sa part, continue d’être constitutionnellement proclamée une et indivisible. (…) la situation angoissante en Algérie peut servir d’exceptionnelle occasion à une refonte constitutionnelle de l’ensemble de la nation, inspirée des principes fédéralistes de décentralisation et de régionalisation qui permettent, dans une constitution de type fédéral, de définir sous une même souveraineté des statuts différents pour des territoires différents[188]. »

La demande d’une réforme constitutionnelle s’explique par le référendum sur l'autodétermination en Algérie de . Son projet vise à doter l’Algérie d’un statut particulier, tout en restant « indissolublement liée à la France » afin que les « Français d’Algérie, métropolitains ou musulmans », ne craignent plus « de se voir séparés de ce qui pour eux est et doit continuer d’être la mère-patrie ». Car il est convaincu qu’un État centralisé ne peut attribuer ce statut sans danger : « La république française, pour sa part, continue d’être constitutionnellement proclamée une et indivisible ce qui fait que si l’on concède à une fraction du territoire national des droits qui la distinguent substantiellement du reste de la nation, on pousse inévitablement cette fraction, à brève échéance, par une nécessité juridique et logique, plus forte que toutes les volontés, vers la séparation totale d’avec le reste du pays ». Or La perte de l’Algérie serait un « désastre » selon lui, et il n’hésite pas à prédire les pires catastrophes :

« Il est bien certain que toute solution qui conduirait directement ou indirectement à l’indépendance de l’Algérie se traduirait sur tous les plans : économique, social, politique et stratégique par un désastre, non seulement pour la France métropolitaine et l’Algérie elle-même, mais aussi pour l’Europe et le monde occidental tout entier aboutissant finalement à la guerre générale. »

Son projet est soutenu par l'hebdomadaire La Nation française qui publie un article l'évoquant d'un groupe anonyme d'officiers supérieurs et subalternes[189].

Après les Accords d'Évian en 1962, un courrier du CEPEC adressé aux parlementaires, cosigné par Laederich, Louis Salleron et le colonel Rémy, « les (prie) de proposer que soit réservé au moins la possibilité d’un choix aux harkis »[190]. Il appuie après la guerre d'Algérie les demandes d'amnistie des activistes pro-Algérie française. Il soutient les initiatives du colonel Rémy, siège au comité de patronage du pèlerinage de Chartres de 1963 initié par ce-dernier[191],[192]. Il figure en 1967 parmi les signataires, avec des généraux, l'amiral Gabriel Auphan, Henri Massis, André Voisin de La Fédération, l'armateur Jean Fraissinet, Jean Madiran, Gabriel Marcel, Jean-Louis Tixier-Vignancour, Raymond Bourgine d'un appel du colonel Bertrand de Sèze annonçant un pèlerinage à Chartres d'un groupe d'anciens détenus politiques pour remercier Notre-Dame des libérations et lui demander son intercession en faveur de la libération des autres détenus encore incarcérés et le retour des exilés[193]. Il est cité comme l'un des soutiens du Secours populaire pour l'entraide et la solidarité (SPES), fondé en 1961 pour venir en aide aux personnes incarcérées pour avoir lutté pour l'Algérie française[194]. Toujours anticommuniste, il figure aussi au comité de patronage du Comité franco-hongrois pour la célébration de l'insurrection de Budapest de 1956, qui organise une réunion commémorative à la Mutualité en 1966, aux côtés du général Lionel-Max Chassin, d'André François-Poncet, du président de l'Union des intellectuels indépendants (Me François Cathaha), de Jean Baylot, ancien préfet de police, de la militante anticommuniste Suzanne Labin, de Marcel-Edmond Naegelen, du colonel Rémy, vice-président du CEPEC, de Louis Rougier, de Dominique Venner, d'Horace Savelli, etc.[195].

Si le CEPEC a critiqué plusieurs aspects de la politique gaullienne à partir de 1959-60, Laederich n'est pas devenu pour autant un antigaulliste militant. Il a pris position pour la « réconciliation » : « Il y aura la Paix entre les Français à refaire. Il y aura le Pouvoir à humaniser ». C'est pourquoi il a voulu l’amnistie, car « elle ramènerait un peu de sagesse chez certains » . Cela désigne ceux qui « ont très durement ressenti personnellement, familialement, moralement les conséquences déjà lointaines de 1944-45 et proches des événements d'Algérie », ceux qui ne pardonnent ni l’épuration de la Libération, ni la perte de l’Algérie, tels les dirigeants de l'Union des intellectuels indépendants. Dans la perspective de l'élection présidentielle de 1965, le CEPEC dit travailler à « la réconciliation des Français, gaullistes et antigaullistes ». Son argumentation repose sur deux convictions. La première se fonde sur la prise de conscience que personne à droite n’est pour le moment en mesure de succéder au général de Gaulle : il n’y a « personne pour remplacer (de Gaulle) » affirme Laederich. La seconde sur la volonté de voir la France rester ancrée à droite. Laederich se dit en effet effrayé par ceux prêts à voter à gauche contre de Gaulle. De même, après la crise de et dans la perspective des élections législatives de juin, il évoque la position à « prendre en face des bulletins de vote » :

« Le CEPEC s’est toujours abstenu de donner des directives à cet égard. Mais il ne peut s’empêcher de faire remarquer que la carence que l’on reproche au gouvernement (…) a eu comme parallèle une carence égale de l’opposition. L’opposition s’est bornée à dire « non » au pouvoir – trop personnel à son gré comme au nôtre. »

Le programme de l'opposition ne répond pas aux exigences du CEPEC. En outre, « trop de précédents sont là, dans un passé proche, pour nous rappeler que les solutions démocratiques proposées par elle sont en réalité les chemins vers l’asservissement et un autre pouvoir personnel ». C’est donc à chacun de peser lui-même « le pour et le contre » pour choisir « ce qui lui apparaîtra comme le chemin menant à la vraie France ». Les conseils de Laederich tendent à conseiller le vote en faveur du pouvoir établi, du pouvoir gaullien, malgré les désaccords et les rancœurs[196].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Charles LAEDERICH », sur www.ecrivosges.com (consulté le ), Biographie et photographie sur le site de l'Université Haute-Alsace
  2. Les statuts de l'entreprise, au capital de 3 500 000 francs, sont déposés le 10 janvier 1872. Elle a été créée parce que la production de leurs tissages vosgiens ne peut plus être envoyée à Mulhouse pour y être traités. Cf. Jean Lambert-Dansette, Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France , Tome I Le temps des pionniers 1830-1880, Paris, L'Harmattan, 2000, p. 365; Claude Ferry, La Blanchisserie et teinturerie de Thaon: 1872-1914, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1992
  3. Cette société associe des papetiers et des industriels du textile : E. Motte, Carmichaël, Ed. Gillet, E. Prouvost-Eloy, Léon Lévy, etc.
  4. Parmi les autres administrateurs, on peut relever le nom de Marcel Boussac. Constitué à l’initiative de l’État, comme 13 autres consortiums, sous la forme d’une société anonyme au capital de 10,6 millions de francs, il est doté du monopole de l’achat, l’importation, l’exportation et la vente du coton, destiné à satisfaire d’abord les besoins de l’État en guerre, et en second lieu ceux de l’industrie et du commerce, et aussi pour éviter toute hausse des prix.
  5. Avec comme vice-présidents Léopold Pralon et le banquier Charles Sergent, ancien sous-secrétaire d’État aux finances: Cf. notamment: L'Est républicain, 30 janvier 1921, Les Documents politiques, diplomatiques et financiers, avril 1929, BNF/gallica: Bulletin de l’Association centrale pour la reprise de l’activité industrielle. Sans surprise, Laederich fut qualifié de « profiteur de la reconstitution » par le Populaire (BNF/gallica, n° du 2-9-1923)
  6. La famille Kiener possède une entreprise textile à Eloyes depuis 1856
  7. Les mariages de ses sœurs, Nicole avec Robert Verdet-Kleber, alors lieutenant, en 1919, et Andrée avec Henri de Turckheim, alors aspirant, en 1918, ont été célébrés également à l’église protestante de l’Étoile.
  8. C’est une société anonyme formée en octobre 1929 au capital de 15 millions de francs (8,5 millions d’euros), divisé en 150 000 actions de cent francs. Elle a été fondée par des personnalités résidant en France et en Indochine, afin d’investir dans les colonies, et surtout en Indochine: L'Indochine, 5 mai 1930, L'Information d'Indochine, 1/8/1936, Bulletin économique de l'Indochine, 1943
  9. Le Temps, 1/4/1935, François Bernard, L’Alsacienne de constructions mécaniques des origines à 1965, Presses universitaires de Strasbourg, 2000. Elle est présidée en 1935 par Émile Dollfus (1862-1945), président de la Chambre de commerce de Strasbourg de 1926 à 1939, président de la Société industrielle de Mulhouse depuis 1933, dirigeant de Dollfus-Mieg depuis 1933, qui a été administrateur de la Banque de Mulhouse comme le père de Laederich. La société, qui a réussi sa reconstruction après la guerre, est présidée en 1952 par le polytechnicien Arthur Bommelaer, assisté de deux vice-présidents, Ernest Mercier et Roger Boutteville. Laederich côtoie au conseil des banquiers : Jacques Berthoud, administrateur de 1945 à 1965, le baron Jean-Pierre Mallet, administrateur en 1956, associé-gérant de la banque Mallet, Jean Wenger-Valentin, administrateur en 1960, P-DG du Crédit industriel et commercial. Et aussi des industriels : le protestant Richard Baumgartner, gendre de Mercier, entré au conseil de la SACM en 1951, vice-PDG puis PDG en 1953 de Lille-Bonnières § Colombes, Jean Dollfus et Roger Julia, P-DG d’Alcatel. La SACM est présidée par Roger Boutteville, de 1955 à janvier 1964. A-t-il bénéficié de l’appui de Boutteville, qui comme lui figura au conseil supérieur de l’économie industrielle et commerciale de Vichy ? Ou bien de celui de Jean-Edouard Senn, négociant cotonnier, administrateur depuis 1949 et qu'il a côtoyé au comité de direction de l'Association cotonnière coloniale ?
  10. Georges Laederich est devenu à nouveau administrateur de la SGEMV, le 23 juin 1952, pour combler le poste laissé vacant par la mort de Jean Bouloumié le 3 mars. Le mandat de Laederich a été renouvelé pour 6 ans en 1958 et en juin 1964. Les sociétés de Jean Bouloumié sont désormais dirigées par sa sœur Germaine (1888-1981). En 1954, date du centenaire de l’achat de la Grande source, Laederich est donc membre du conseil, présidé par Germaine Bouloumié, aux côtés d’Hubert Chavane, Georges Roque, P-DG de Souchon-Neuvesel, Jean Frébillot, administrateur de Berger-Levrault, choisi pour ses compétences « économiques et bancaires », entré au conseil en septembre 1946 puisque « un poste d’administrateur se trouvait vacant » (celui de Laederich), Bernard de la Motte et Jacques Aguillon.
  11. Son capital était de 620 millions de francs (17 millions d’euros) en 1950. L’usine principale emploie 700 personnes en 1952. La filature de coton comprend alors 62 000 broches, celle de lin 8 500 et celle de jute1 400. cf. Emeline Osmont, Les Etablissements Badin à Barentin : quand l'usine devient patrimoine, dans Etudes normandes, 2009 (Lire en ligne)
  12. Né en 1880, ancien officier de cavalerie, saint-cyrien, il a repris l'étude de son père à Epinal. C'est lui qui a présidé la toute première réunion de la Fédération républicaine à Epinal en février 1927. Il sera candidat aux cantonales en 1931, sans succès.
  13. D'origine mosellane où son père travaille à l'imprimerie du quotidien messin Le Lorrain (Le Lorrain, 4 décembre 1933), il a travaillé au Messin puis au Lorrain avant de venir s'installer dans les Vosges vers 1928-1929 pour être rédacteur en chef du Télégramme des Vosges. Il y reste huit ans, jusqu'en aout 1936, après son échec aux élections législatives contre Marc Rucart ; il regagne alors Metz pour être le premier rédacteur en chef du Républicain lorrain, fondé en septembre 1936 : "Dans la presse spinalienne", L'Express de l'Est, 28 août 1936, Ibid., "Un nouveau confrère", 13 septembre 1936. Il est ensuite journaliste au Progrès de la Somme puis est après le second conflit mondial éditorialiste et grand reporter au Courrier picard : Jacques Béal, Histoire d'un quotidien régional, Le Courrier Picard, 1993, François Roth, Le temps des journaux 1860-1940, Presses universitaires de Nancy, 1983, p. 66, 232 (confusion entre Le Télégramme des Vosges, L'Express de L'Est et La Liberté de L'Est)
  14. Né le 16 avril 1883, il est aussi maire de Moussey, conseiller général du canton de Senones de 1931 à 1937, lieutenant-colonel de réserve, titulaire de la croix de guerre et de la Légion d'honneur. Il est entré aux Ets Laederich en 1911 et a gravi assez rapidement les échelons. Il est aussi président d'honneur du Front national de Saint-Dié en 1935 et, comme son patron, il est proche du PSF et du Rassemblement national lorrain à partir de 1936. Les deux hommes sont souvent cités ensemble dans les comptes rendus de presse qui listent les personnalités assistant aux réunions politiques des années 1930. Il a également été membre du conseil départemental pendant l'Occupation.
  15. Marcel Auguste Joseph Doligez (1891-1979), ingénieur civil des mines et de l'école supérieure d'électricité, membre de la Société de physique (janvier 1932) est chevalier en 1915 puis officier de la Légion d'honneur en 1919 à titre militaire (à la suite de sa conduite durant la Première Guerre mondiale comme lieutenant de réserve puis capitaine en 1916 de chasseurs alpins, sept fois cité et plusieurs fois blessé: Journal officiel, 17 septembre 1915, Journal officiel, 18 juillet 1916, Ibid., 15 juillet 1917, Ibid., 20 décembre 1918, Ibid., 11 janvier 1919, Ibid., 16 janvier 1919 ). Il a épousé en 1920 Aline Champier, fille d'Adolphe dit Hippolyte fils Roche-Champier. Avec son beau-père, héritier de la Maison Champier fondée en 1884 par Hippolyte Champier, et Jean Claudius Champier, il a fondé à Tarare en 1923 la SA Ets H. Champier, au capital à l'origine d'un million de francs, une firme de blanchiment, d’apprêt et de teinture, et la SA Blanchiment et apprêts de Tarare (BAT): Le Salut public, 21 novembre 1923, Éléments de biographie. Doligez a été membre de l'Action française de 1926 à 1936.
  16. Parisot (1886-1967) dirige la Jeanne d’Arc, une société anonyme fondée en 1921. C’est une société d’alimentation générale en gros. Il a marié l’un de ses fils, Albert, à la fille de Louis Guillon, Yvonne. Il est commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
  17. Geisler (1895-1978) est administrateur-délégué des papeteries des Chatelles, vice-président à partir de 1934 du syndicat général des fabricants de papier et de carton de France et président du groupe régional de l’Est. Il est membre en 1934 du comité de la Fédération des catholiques vosgiens
  18. Charles Masson (1864-1944), ingénieur des Arts et métiers, est administrateur-délégué de la société Mécanique moderne, qu’il a fondée à Nancy en 1906. Ce membre de la Chambre de commerce de Nancy cumule les présidences et les sièges dans de nombreux organismes (professionnels, assurances sociales, anciens élèves, enseignement technique, etc.) : président-fondateur de la Chambre syndicale des constructeurs et fondeurs de l’Est, membre du comité directeur de la fédération de syndicats de la construction mécanique, électrique et métallique de France, président de l’Union des chambres syndicales de l’Est depuis 1925 (La Journée industrielle, 3 mars 1939), président de la Caisse d’allocations familiales de la région de l’Est, président du conseil d'administration de l'école professionnelle de l'Est et de l'école supérieure de commerce de Nancy, etc. : cf. son dossier de la Légion d’honneur sur la base Léonore (Lire en ligne)
  19. Polytechnicien (1913), Charles Friedel est administrateur-délégué des imprimeries Berger-Levrault depuis 1920; il en sera le PDG en 1940, jusqu’en 1965. Il est vice-président de l’Union syndicale des maîtres-imprimeurs de France, vice-président délégué de l’Union des chambres syndicales de l’Est et trésorier de la FAR depuis 1934. Il est lié à la famille Peugeot ; il a épousé la fille de Robert Peugeot, Hélène. Il est le président-fondateur en 1930 de l’Union nancéienne des sociétés de secours mutuels – Charles Masson est membre de son conseil d’administration - et le président d’honneur en 1938 de l’Union mutualiste de Meurthe-et-Moselle. Il siège au conseil d’administration de l’Office d’hygiène sociale et il est enfin le vice-président de la Caisse d’allocations familiales de la région de l’Est, fondée en 1920 et présidée par Charles Masson. Il préside un temps après la Seconde Guerre mondiale l'Union des chambres syndicales de l'Est et la Fédération des associations régionales.
  20. Payelle (1885-1969), ingénieur de l’Ecole centrale, a succédé à son père René, décédé en 1924, à la tête de la SA des mines de Rosières-Varangéville et du comptoir des sels de l’Est (Société commerciale des sels Socosel de Nancy). Il siège au conseil d'administration d'autres sociétés, dont la société des grands hôtels de Vittel (La Journée industrielle, 23 mars 1928), Produits céramiques de Rambervillers (L'Est républicain, 11 avril 1925, p. 9). Il est aussi délégué régional de la Société française de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) (Annuaire de la SSBM, 1935)
  21. André Lion, ingénieur des Arts et manufactures, a épousé en 1921 Simone Claudel, une héritière de la famille Claudel, qui possède les papeteries de Ville-sur-Saulx depuis 1892
  22. Pierre Durupt, Hommes et femmes du textile dans les Hautes-Vosges: influences sociales et culturelles de l'industrie textile sur la vie des vallées vosgiennes aux XIXe et XXe siècles, Société d'histoire locale de Remiremont et de sa région, 1990, p. 105. Ce bi-hebdomadaire, paraissant le mercredi et le samedi, couvre l'arrondissement de Remiremont depuis 1888. Ce journal a été très nettement républicain depuis sa création mais il a évolué progressivement vers la droite. Il est longtemps contrôlé par l'industriel Edouard Pinot, de Rupt-sur-Moselle. Il est dirigé par Charles Courtin-Schmidt, qui abandonne la fonction de rédacteur en chef à Gustave Lesaing (1888-1981, catholique militant - membre du comité de l'Union diocésaine des Vosges de l'ACJF, orateur de la Fédération des catholiques vosgiens affiliée à la Fédération nationale catholique - et militant « républicain national », futur résistant et président de l'Union mutualiste des Vosges) à partir du début de l'année 1937. Ce dernier fait du périodique un journal nettement marqué à droite, très hostile au Front populaire et au communisme, prônant sans relâche l'union des « nationaux » et soutenant le PSF. Le journal a été en voie de réorganisation à la fin de l'année 1936 : les administrateurs les plus âgés, en place depuis 1904, ont laissé la place à une nouvelle génération d'administrateurs, parmi lesquels Georges Laederich.
  23. Donon (1882-1968), des Ets David et Maigret (il est le gendre de Henri Maigret et le neveu de David-Mennet), président de l'Union des syndicats patronaux des industries textiles depuis 1931 (après en avoir été le secrétaire général adjoint en 1920, le secrétaire général en 1923, le premier vice-président en 1928), choisit Laederich comme co-président, sous sa direction. Cf. le Dossier de la Légion d'honneur d'Henri Donon dans la base Léonore.
  24. Né à Saint-Laurent près d'Epinal, il est entré en 1936 à L'Express de l'Est comme journaliste chargé des informations locales. C'est lui qui réussit à faire reparaître le journal en août 1940 après la défaite. Promu secrétaire de rédaction, il ambitionne le poste de rédacteur en chef, qu'il obtient finalement, dénonçant notamment comme franc-maçon Louis Leroux. Il entre en 1943 à L'Echo de Nancy et gagne Berlin où il est le correspondant de ce journal aux mains des Allemands : L'Est républicain, 2 octobre 1946. Il est jugé en octobre 1946 et condamné à mort, et fusillé en janvier 1947.
  25. Il était auparavant chef des services rédactionnels de l'agence de Chaumont (Haute-Marne) de La Tribune de l'Est (Aube), collaborateur de ce journal durant 27 ans et animateur de la fédération PPF de la Haute-Marne : La Tribune de l'Est, 8 janvier 1944, Le Petit Troyen, 29 mai 1943, Le Cri du peuple, 5 février 1943
  26. Le comte Bernard du Perron de Revel, fils d'un officier, ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, est à sa mort en 1958 vice-Président directeur général des Raffineries de sucre Saint-Louis et PDG de filiales comme la Compagnie Sucrière Marocaine (COSUMA). Il est entré en 1920 comme ingénieur dans l'entreprise qu'a fondé et dirigé son grand-père, Henry Bergasse : cf. Olivier Lambert, Marseille entre tradition et modernité: Les espérances déçues (1919-1939), Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille-Provence, 1995, Laurence Américi, Xavier Daumalin, Les dynasties marseillaises: de la Révolution à nos jours, Perrin, 2010. C'est un cousin germain de Dominique Sordet.
  27. Le quotidien, qui prend la suite de l'Express de l'Est, parait d'octobre 1944 au 11 mars 1945 (Notice de la BNF). La Liberté de l'Est lui succède. Savouret, socialiste, cadre de Ceux de la Résistance (cf. sa biographie : site ecrivosges.com, notice biographique de Savouret, site maitron-en-ligne.univ-paris1.fr, notice biographique) démissionne du CDL en mars 1945; il est remplacé par Joseph Negri, fondateur et rédacteur en chef du Réveil des Vosges, l'organe procommuniste du comité vosgien du Front national, qui mène campagne contre Laederich, avant et après son arrestation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Archives commerciales de la France : journal hebdomadaire... », sur Gallica, (consulté le )
  2. « Biographie de F.R. Laederich dans le Dictionnaire des Vosgiens célèbres », sur www.ecrivosges.com (consulté le )
  3. "Revue générale des assurances", janvier 1933
  4. La Journée industrielle, 6 avril 1921
  5. Bulletin des annonces légales, 9 juin 1930
  6. Les Assemblées générales, 1922
  7. L'Est républicain, 29 janvier 1927
  8. BNF/gallica: Le Petit parisien, 12-3-1915, Le Temps, 11-3-1915, Le Matin, 4-4-1917
  9. L'Est républicain, 8 mars 1924, p. 6
  10. « Archives commerciales de la France : journal hebdomadaire... », sur Gallica, (consulté le )
  11. L'Express de Mulhouse, 14 mai 1932
  12. L'Express de Mulhouse, 26 février 1927
  13. a et b Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 52
  14. Duc de Brissac, En d'autres temps (1900-1939), Grasset, 2003, Nathalie Duval et P. Clastres, « Bien armé pour la vie ou Français je suis. Deux modèles scolaires concurrents : L’École des Roches et le Collège de Normandie », Les Études Sociales, n° 137, 1er semestre 2003, p. 21-35
  15. Nathalie Duval, « Un collège « à l’anglaise dans la campagne normande » 1902-1972, Etudes normandes, mars 1992, p. 39-49 (Lire en ligne). Cf. aussi Nathalie Duval, L’Ecole des Roches, Belin, 2009 : Comparant l’origine sociale des élèves des deux écoles, elle relève que le collège « n’a donc rien à envier à l’Ecole des Roches ; il apparaît même plus aristocratique et il est dominé (…) par une forte présence de la bourgeoisie » parisienne, normande, du Nord, de l’Est, de Lyon et de Bordeaux (p. 235)
  16. Bulletin de la Chambre de commerce de Paris, 25 décembre 1920
  17. « Figaro : journal non politique », sur Gallica, (consulté le )
  18. Cf. Le Temps, 29 septembre 1919, "Informations diverses", le dossier de la Légion d'honneur de Robert Verdet-Kleber sur la base Léonore et le dossier de son père Maurice Verdet-Kleber: Dossier de la Légion d'honneur de Maurice Verdet-Kleber, Papeteries de Rives dans l'Annuaire industriel de 1925, Carole Darnault, Rives, la mémoire du papier: Histoire d'une papeterie dauphinoise, Presses universitaires de Grenoble, 2000
  19. L'Express de l'Est, 24 février 1923
  20. Vosges-Matin, 24 février 2018, Avis de décès
  21. Journal des débats, 10 mars 1929
  22. Le Figaro, 7 janvier 1937
  23. Le Figaro, 24 janvier 1942
  24. Le Télégramme des Vosges, 28 septembre 1922
  25. L'Est républicain, 8 mars 1924. Capital de cette société: 1 million de francs
  26. Il meurt à cette date, à Paris 7e, 25 rue Barbet-de-Jouy. Ses obsèques ont lieu le 22 mars 1932 à Moussey. Son épouse meurt en 1951. Ils sont tous deux inhumés à Moussey.
  27. Le Télégramme des Vosges, 24 avril 1935, p. 6, L'Est républicain, 28 avril 1935
  28. Le Télégramme des Vosges, 22 décembre 1937
  29. Bulletin des annonces légales, 5 avril 1943
  30. Bulletin des annonces légales, 10 février 1953, Ibid., 26 octobre 1959
  31. Bulletin des annonces légales, 18 juillet 1960
  32. Le Télégramme des Vosges, 24 avril 1935
  33. Le Télégramme des Vosges, 20 janvier 1933, Ibid., 3 décembre 1936, L'Express de l'Est, 1er janvier 1937, Ibid., 15 novembre 1937
  34. Le télégramme des Vosges, 7 juillet 1934
  35. La Croix, 12 janvier 1952
  36. La Croix, 5 mai 1956
  37. Paris-presse, L'Intransigeant, 23 février 1965, "120 ouvriers licenciés dans les Vosges"
  38. Le Monde, 20/3/1963, 19/1/1965, 11/12/1965
  39. http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/inventaires1987/1987003-b.html
  40. Archives et documents, INSEE, no 18, mars 1981
  41. Bulletin de l'Association cotonnière coloniale, , Bulletin de l'Association cotonnière coloniale, juillet 1939
  42. L'Est républicain, 22 septembre 1936,
  43. Le Télégramme des Vosges, 27 novembre 1937, p. 3, Ibid., 9 décembre 1937
  44. Le Monde, 22 novembre 1969
  45. L'Ecole des Roches, histoire, images et paroles d'hier, d'aujourd'hui et de demain (Lire en ligne)
  46. Claude Malbranke, Le Rotary-Club en France sous Vichy, L’Harmattan, 1996, p. 166-167
  47. Nathalie Duval, « Un collège « à l’anglaise dans la campagne normande » 1902-1972, Etudes normandes, mars 1992, op. cit.
  48. Le Journal des débats, Le Temps, 22 mars 1932: le gouverneur, le gouverneur honoraire (Moreau) et les deux sous-gouverneurs de la Banque de France, le président du conseil d’administration de la Compagnie de l’Est, Cordier, président du PLM, le gouverneur du Crédit foncier, le baron James de Rothschild, le baron Hottinguer, Charles Sergent, Roger Lehideux, le baron James de Neuflize, William d'Eichthal, François et Guy de Wendel, Henri de Peyerimhoff, Lambert-Ribot, Ph. Vernes, Robert Darblay, le marquis de Vogüé, Louis Marlio, Le Mire et Plichon, députés, Edmé Sommier mais aussi Paléologue, Académicien et ambassadeur de France, le comte Fr . Pillet-Will, de Witt-Guizot, Georges Blondel, le comte Étienne Bandy de Nalèche, etc.
  49. Le Journal des débats, 19-7-1934, Ambassades et légations, mai 1936 : mariage d’Hubert de Turckheim et de Solange de Watteville, à l’église de l’étoile
  50. Journal officiel, 3 juillet 1945, p. 4054
  51. Le Figaro, 27-8-1936, 27-8-1937, 20-8-1937, 14-8-1938, Le Sport universel illustré, 1-9-1935 (société du concours hippique : son nom est orthographié Loederich)
  52. Gustave Courbet, 1819-1877 : Exhibition 1959-1960, Philadelphia, Museum of Art, Ibid., Museum of fine Arts, Boston, volume 1, 1959 ; Annual report of the Museum of fine arts Boston, 1960, p. 123, Gustave Courbet : hôtel de ville d’Ornans, 1962, La Biennale di Venezia, 1954, volume 27 ; The french portrait, 1550-1850, 1996, site internet de Christie’s, Pissaro : critical catalogue of paintings, volume 3, Wildenstein Institute, 2005, p. 774.
  53. Le Télégramme des Vosges, 5 juillet 1922
  54. Le Télégramme des Vosges, 30 mai 1927, Ibid., 29 juillet 1928
  55. L'Express de l'Est, 30 mars 1926
  56. L'Express de l'Est, 8 juin 1935
  57. L'Express de l'Est, 31 janvier 1932, Ibid., 11 septembre 1937, Ibid., 15 novembre 1937
  58. L'Est républicain, 13 avril 1924, L'Est républicain, 26 juin 1926, Ibid., 7 juillet 1935, Ibid., 27 juin 1938: "challenge Laederich", Ibid., 17 juin 1939, Ibid., 27 avril 1939. Le challenge Laederich fonctionne jusqu'en 1942 au moins.
  59. L'Echo de Nancy, 10 janvier 1941, "L'ACS et le SSM fusionnent pour donner le S.A. spinalien"
  60. site elec.enc.sorbonne.fr, Testaments de poilus, Testament de Charles Roger Laederich
  61. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, dans Jean El Gammal, Jérôme Pozzi (dir.), Le Grand Est (1870-2019). Forces et cultures politiques, Presses universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, 2019, p. 144
  62. Le Télégramme des Vosges, 3 août 1928, Ibid., 16 novembre 1931, Ibid., 31 août 1936
  63. La Voix du combattant, 11 mai 1924. La section a été fondée en décembre 1923 : Ibid., 9 décembre 1923
  64. Le Télégramme des Vosges, 11 juillet 1927
  65. Laurence Badel, Chapitre IV. Associations privées et Europe In Un milieu libéral et européen: Le grand commerce français 1925-1948, Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique, 1999 (Lire en ligne)
  66. Le Télégramme des Vosges, 20 août 1934
  67. Le Télégramme des Vosges, 31 août 1936
  68. Le Télégramme des Vosges, 20 décembre 1935
  69. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit., p. 144
  70. Le Figaro, 8 décembre 1939
  71. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit., p. 147
  72. Le Télégramme des Vosges, 7 février 1927
  73. a et b Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 53
  74. Le Télégramme des Vosges, 17 mai 1931
  75. « Le Télégramme des Vosges », sur kiosque.limedia.fr (consulté le )
  76. Lettre à Jules Dassonville, 22 mars 1933, dans Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002,
  77. Ibid., p. 53-54
  78. Le Télégramme des Vosges, 21 avril 1929
  79. L'Express de l'Est, 30 avril 1929, Ibid., 5 mai 1929, Ibid., 6 mai 1929, pp. 1-2, Ibid., 8 mai 1929, pp. 1-2, Le Télégramme des Vosges, 7 mai 1929, Le Télégramme des Vosges, 9 mai 1929. Sur les suites judiciaires : L'Express de l'Est, 3 juillet 1929, Ibid., 19 octobre 1929, Le Télégramme des Vosges, 4 juillet 1929, Ibid., 26 octobre 1929 (Me Nejean perd son procès en diffamation)
  80. Le Télégramme des Vosges, 6 avril 1930, Ibid., 7 avril 1930, Le Journal des débats, 8 avril 1930
  81. Le Télégramme des Vosges, 4 août 1930. Sur la polémique née de la venue du ministre et sur le rôle de Laederich : La Pie vosgienne, 20 août 1930, p. 2-13
  82. L'Express de l'Est, 15 juin 1930, Ibid., 15 mars 1931, Ibid., 17 mars 1931, Ibid., 26 mars 1931
  83. Bec et ongles, 2 avril 1932
  84. Le Télégramme des Vosges, 2 décembre 1933. Outre Laederich, sont membres de son comité Alfred Thinesse (vice-président, futur maire d'Epinal, ancien de la liste Brouaux), Marcel Couchoux, secrétaire général (assureur, secrétaire de la section spinalienne de la Légion vosgienne, qui aurait été membre de la Solidarité française en 1934 : Le Télégramme des Vosges, 19 février 1934), Pierre Gondouin (animateur de la section spinalienne de la Solidarité française en 1935 (Le Télégramme des Vosges, 18 avril 1935), Jean Bailly, dirigeant des JP des Basses-Vosges (Le Télégramme des Vosges, 31 mai 1934), Fellmann, Depreux, Bihr, Beaumont, Strobel (membre des JP), et des anciens conseillers municipaux ayant figuré sur la liste Brouaux, Emile Albiser (employé de commerce) et Camille Schamber (négociant). René Brouaux en est le président d’honneur. Il préside aussi la société des officiers de réserve d'Epinal et de sa région, dont sont membres du comité Couchoux, Thinesse, Schamber : Le Télégramme des Vosges, 22 janvier 1935
  85. Le Télégramme des Vosges, 8 février 1931. Bergeron a donné une conférence pour l'Entente républicaine et sociale en 1930 à Epinal : Le Télégramme des Vosges, 22 décembre 1930
  86. Le Télégramme des Vosges, 12 décembre 1934 (aux côtés d'un de ses directeurs, Jules Py)
  87. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 55
  88. L'Express de l'Est, 26 mars 1934, La Croix, 27 mars 1934, "M. Philippe Henriot à Epinal et autres incidents...": « la vérité commande à signaler la peu élégante manière de certains éléments d’ordre qui empêchèrent presque systématiquement » les quatre contradicteurs de présenter leur programme. Des bagarres ont éclaté à l’extérieur de la salle, faisant une douzaine de blessés. C’est que, selon Le Populaire, « tout Epinal ouvrier était dehors », devant la salle, chantant l’Internationale et conspuant Henriot. A la sortie du meeting, en réponse à la Marseillaise, les « travailleurs entonnèrent l’Internationale » à nouveau : Le Populaire, 27 mars 1934.
  89. Le Télégramme des Vosges, 28 mai 1934. Son service d’ordre était assuré par des militants des JP, de la Solidarité française et de l’Action française
  90. Le Télégramme des Vosges, 20 juin 1935, Ibid., 17 juin 1935
  91. Notice de la BNF
  92. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 55-56
  93. Le Télégramme des Vosges, 18 mars 1936, p. 3, Le Figaro, 20 mars 1936, "L'activité Croix de Feu, p. 4
  94. Le Télégramme des Vosges, 15 mars 1936
  95. Le Télégramme des Vosges, 23 août 1935
  96. Le Télégramme des Vosges, 11 novembre 1935, L'Action française, 12 novembre 1935
  97. Le Temps, 27/4/1935
  98. Le Matin, 27/6/1935
  99. Le Télégramme des Vosges, 7 juillet 1936 (réunion de Raon-l'Etape, avec notamment Adrien Sadoul, du RNL, Louis Marin, François Valentin), L'Express de l'Est, 25 janvier 1937, Le Télégramme des Vosges, 25 janvier 1937 (réunion du RNL à Rouceux)
  100. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 57-58
  101. François Moulin, op. cit., p. 277 et 299, Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 265
  102. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 60-61
  103. La CIC centralise les fonds de propagande du patronat de la région lyonnaise : cf. Annie Lacroix-Riz, De Munich à Vichy: L'assassinat de la Troisième République 1938-1940, Armand Colin, 2008
  104. ean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 62-64
  105. Ibid., p. 80
  106. Notice de la BNF
  107. Robert Soucy, Fascismes français ?: 1933-1939. Mouvements antidémocratiques, Autrement, 2004, p. 318
  108. Notice de la BNF, Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit.
  109. Ibid., p. 65 : Né à Lunéville le 6 janvier 1905, agent d’assurances à Raon-l’Étape depuis 1932, et président du syndicat d’initiatives de la vallée de la Celles, il anime avec l’avocat nancéien Adrien Sadoul l’Union des républicains du canton de Raon-l'Étape, un groupement fondé par le député décédé Constant Verlot. François-Brajon et Sadoul menèrent la liste de droite, d’union nationale d’entente républicaine, aux municipales de 1935. François-Brajon étant élu au premier tour et Sadoul au second. Emile Bergeron du CPRN a donné une conférence pour ce groupement en décembre 1934. Il a été administrateur et rédacteur du Messager vosgien, petit périodique d'Emmanuel Geisler, dont Laederich est administrateur, et délégué local du Centre de propagande des républicains nationaux. Il s’est présenté aux cantonales de 1937 contre le radical-socialiste Charles Weill, sans succès. Il adhère au PSF, au RNL, et également au PPF, de 1937 à 1939. Sous l'Occupation, Laederich a songé à lui pour un poste officiel, celui de délégué départemental à l’Information, en 1942. Il est à la place nommé délégué régional des sociétés secrètes, pour les trois départements lorrains. Il sera un délateur antisémite, en relation avec Xavier Vallat, sera jugé en 1946 et condamné à cinq ans de travaux forcés : cf. aussi Laurent Joly, "La délation antisémite sous l'Occupation", Vingtième siècle. Revue d'histoire, 2007/4 (no 96), Lucien Sabah, Une police politique de Vichy : le Service des sociétés secrètes, Klincksiek, 1996, p. 37 : audition de François-Brajon, 19-9-1945, François Moulin, Lorraine années noires. De la collaboration à l’épuration, La Nuée bleue, 2009
  110. Cf. Jean-Michel Barreau, Vichy contre l’école de la République, Flammarion, 2001. Le général Madelin est le frère de Louis Madelin.
  111. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 81-82
  112. Ibid., p. 83
  113. Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Société de l'histoire de la guerre, Centre national de la recherche scientifique, Presses universitaires de France, 1974, p. 98
  114. Le Monde, 23 mai 1949
  115. Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite, les élites françaises dans les années 1930, Armand Colin, 2010 : cette historienne décrit les commanditaires de l'agence comme une « nébuleuse patronale catholique ». Laederich est cependant protestant.
  116. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 77-79
  117. G. Riond, Chroniques d’un autre monde, Paris, France-Empire, 1979, p. 105
  118. Claude Ferry, L'Express de l'Est (1921-1944), in L'Est républicain 1889-1989. Le quotidien dévoilé, Éditions de l'Est, 1990, p. 71, François Moulin, op. cit., p. 299
  119. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 74
  120. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 75
  121. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, op. cit., p. 83-85
  122. Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 268
  123. Le Télégramme des Vosges, 25 novembre 1937
  124. Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 267-268
  125. La Journée industrielle, 8 juillet 1939
  126. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, dans Jean El Gammal, Jérôme Pozzi (dir.), Le Grand Est (1870-2019). Forces et cultures politiques, Presses universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, 2019, pp. 144-147
  127. a et b Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, p. 266
  128. Journal officiel, 31 octobre 1940
  129. Journal officiel, 23 mars 1942
  130. Au Travail, 14 février 1942
  131. Michèle Cointet-Labrousse, Vichy et le fascisme. Les hommes, les structures, les pouvoirs, Bruxelles, Ed. Complexe, 1987, p. 64; Michèle Cointet, Le conseil national de Vichy : vie politique et réforme de l'État en régime autoritaire, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 1984, Le Temps, 26 janvier 1941
  132. Le Journal, 12/6/1941, Informations générales, 27/5/1941, Ibid., 17/6/1941, p. 752
  133. Le Journal, 15/11/1941, Ibid., 29/10/1941, Informations générales, 4/11/1941, Ibid., 18/11/1941
  134. Le Petit Parisien, 7/1/1942
  135. Aujourd'hui, 31 mars 1941, Achille Dauphin-Meunier, "Liaisons interprofessionnelles régionales" (Laederich préside une séance du Centre d'études des jeunes patrons)
  136. Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale,, op. cit., p. 268
  137. L'Atelier, 25 avril 1942
  138. Le Monde, 22/11/1969. Frédéric Charpier écrit faussement qu’il a été « longtemps le patron de l’Union des industries textiles » (Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, 2005, p. 150) alors qu'il a démissionné (ou été démissionné) en 1944. Il siège à son bureau à partir des années 1950.
  139. Journal officiel, 28 août 1942
  140. Le Progrès de la Somme, 6 novembre 1943, Ibid., 7 novembre 1943
  141. L'Œuvre, 29 janvier 1944, Le Petit Parisien, 17 février 1944
  142. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5880339.r=Laederich+.langFR Le Matin, 17/5/1944 (avec une photographie de Laederich et des autres dirigeants du Conseil), L'Œuvre, 18 mai 1944
  143. Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 265
  144. Jean-Pierre Le Crom, Syndicats, nous voilà!: Vichy et le corporatisme, Editions de l'Atelier, 1995, p. 176-177
  145. Le Réveil économique, 31 octobre 1943
  146. L'Est républicain, 8 octobre 1946
  147. Jean-François Colas, « Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939 », op. cit., p. 86-88
  148. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit., pp. 149-150. Deloncle refusa sa démission, faisant notamment appel à ses « sentiments » qui sont « ceux d’un très ancien de notre mouvement » [Allusion sans doute à la Cagoule. Son adhésion apparaît dans quelques ouvrages, mais sans précisions ni sources : Dominique Lormier, Les années interdites: Auteurs, journalistes et artistes dans la collaboration, Archipel, 2018
  149. Pierre Péan, Vies et morts de Jean Moulin, Fayard, 2014, Ibid., Le Mystérieux Docteur Martin: (1895-1969), Fayard, 2014
  150. Claude Ferry, L'Express de l'Est (1921-1944), op. cit., François Moulin, Lorraine, années noires, La Nuée bleue, 2009, p. 165-166. cf. aussi cet article de Huin : L'Express de l'Est, 10/11 janvier 1943, "Lettre à un bourgeois vosgien"
  151. L'Express de l'Est, 3 février 1943, Ibid., 14 avril 1943, Ibid., 16 décembre 1942
  152. Claude Ferry, op. cit., François Moulin, op. cit., p. 166. Sur la mort de Dauxin : La Tribune de l'Aube, 3 juillet 1941
  153. L'Express de l'Est, 13/14 avril 1941, Ibid., 6 février 1941, Ibid., 5 octobre 1941 (page spéciale reprenant notamment des textes de Leroux en l'honneur de Pétain)
  154. Cité par la brochure Les Cahiers de la résistance. Les ultras de la collaboration : Inter-France. T. II
  155. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit., pp. 147-148
  156. Henry Coston, Dictionnaire de la vie politique française, Paris, La Librairie française, 1967, p. 553-554 et p. 589.
  157. Dominique Sordet, Six ans de combat, 1943, p. 11
  158. Je suis partout, Lucien Rebatet, "Dominique Sordet ou les chemins d'un politique", 16 octobre 1942, p. 8
  159. a et b Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit., pp. 151-152
  160. Gérérd Bonet, 'L'agence Inter-France de Pétain à Hitler. Une entreprise de manipulation de la presse de province (1936-1950), édition du félin, 2021, p. 395
  161. Ibid., p. 148
  162. Jean-Pierre Harbulot, op. cit.
  163. L'Echo de Nancy, 7 août 1942, "Le grand industriel vosgien M. Georges Laederich parle de la Relève"
  164. Le Petit Troyen, 6 août 1942. Cf. aussi : L'Indépendant de la Charente-Inférieure, 19 septembre 1942
  165. L'Ouest-Eclair, 4 novembre 1942
  166. L'Echo de Nancy, 17 novembre 1942: "Le Lien publie son cahier de novembre"
  167. L'Express de l'Est, 2 avril 1943 et 6 avril 1943
  168. L'Express de l'Est, 22 juin 1943
  169. L'Echo de Nancy, 23 mars 1944, "Le docteur Bran à Epinal"
  170. L'Express de l'Est, 4 mars 1941
  171. L'Echo de Nancy, 22/23 novembre 1941, L'Express de l'Est, 25 juin 1943
  172. Futur résistant du Réseau Kléber, arrêté en 1942 et déporté. cf. son témoignage sur ses activités de résistance en 1950 : Lire en ligne sur le site francearchives.fr, Notice biographique dans la Revue des deux mondes
  173. Jean-François Colas, Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun, op. cit. pp. 149-150 et p. 153. Mais il a mis le groupe Laederich au service des maquisards de Moussey et des prisonniers évadés (fabrication de faux papiers, asile). Cf. http://www.resistance-deportation.org/spip.php?article58
  174. Édité à Epinal, ed. du Sapin d'or, 1976, p. 250-255. Il se fonde sur les accusations du procureur lors du procès.
  175. Jean-François Colas, Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 51
  176. Ibid., p. 89
  177. Richard Vinen, The politics of french business 1936-1945, Cambridge University Press, 2002, p. 195-196. L'auteur présente faussement Laederich comme « the head of the Comité d’organisation for the textile industry ». Laederich avait aidé Warnier en juin 1940, lorsque ce-dernier fut blessé.
  178. Jean-Raymond Tournoux, L'histoire secrète : la Cagoule, le Front populaire, Vichy, Londres, Plon, 1965, Annie-Lacroix-Riz, La non-épuration en France de 1943 aux années cinquante, Paris, Armand Colin, 2019
  179. L'Est républicain, 15 octobre 1946, L'Est républicain, 16 octobre 1946, Ibid., 17 octobre 1946, L'Est républicain, 18 octobre 1946, Ibid., 19 octobre 1946
  180. L'Est républicain, 21 octobre 1946, François Moulin, op. cit., p. 296-300, Annie Lacroix-Riz, Industriels et banquiers français sous l'Occupation, Armand Colin, 2013
  181. Jean Garrigues, Les patrons et la politique :150 ans de liaisons dangereuses, Perrin, 2011 , p. 202
  182. Sigfrido M. Ramirez Pérez, « The European Committee for Economic and Social Progress : business networks between Atlantic and European Communities », dans Wolfram Kaiser, Brigitte Leucht, Michael Gehler (dir.), Transnational networks in regional integration - Governing Europe, 1945-1983, Palgrave Macmillan, 2010, p. 61-84 ( Laederich est cité en note, p. 83 ), Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 266
  183. Jean-François Colas, Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 271
  184. Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 273
  185. APMSS, n° 4, mars 1961, p. 2
  186. Le Monde, 15/10/ 1955, Centenaire du maréchal Pétain, 1856-1956, p. 7-9, Bulletin de l'ADMP, no 14, octobre 1955.
  187. Le Maréchal (organe de l'ADMP ), no 43, août-septembre 1964, no 51, mars-avril 1966, no 53, juillet-août 1966, no 56, janvier 1967, no 59, juillet-septembre 1967, no 64, mars 1968. Le Maréchal fait part de sa « profonde émotion » pour annoncer son décès dans les numéros de novembre et de décembre 1969
  188. Le Monde, 24/12/1960, La Nation française, 14 décembre 1960, L’Indépendant du Sud et du Centre-Ouest, n° 158, décembre 1960.
  189. La Nation française, 21 décembre 1960
  190. La Voix du Limousin, 23-3-1962
  191. Rémy, La grande prière de chartres, éditions France-Empire, 1963
  192. Philippe Kerrand, L'étrange colonel Rémy, Champ Vallon, 2020
  193. Le Monde, 28/11/1967
  194. La Défense, mai 1962. Le SPES, fondé et animé par Jean La Hargue, est aussi appelé le Secours populaire aux familles des personnes épurées ou sanctionnées.
  195. Le Monde, 3/11/1966
  196. Les Cahiers du CEPEC, n° 20, Les Dossiers du CEPEC, n° 22

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Broche, Dictionnaire de la collaboration. Collaboration, compromissions, contradictions, Belin, 2014.
  • Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, 3 volumes.
  • Jean-François Colas, Patronat et réseaux d'influence: l'exemple de Georges-René Laederich, ou les ambiguïtés du néolibéralisme chrétien, dans Collectif, Histoire de l'Europe libérale, Libéraux et libéralisme en Europe, XVIIIe-XXIe siècle, Nouveau monde éditions, 2016, p. 265-280.
  • Jean-François Colas, « Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun », dans Jean El Gammal, Jérôme Pozzi (dir.), Le Grand Est (1870-2019). Forces et cultures politiques, Presses universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, 2019, p. 143-157.
  • Jean-François Colas, « Georges Laederich (1898-1969) : le combat d'un industriel vosgien contre le Front populaire et le communisme, 1934-1939 », dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2018, p. 51-89.
  • Henry Coston, Partis, journaux et hommes politiques d'hier et aujourd'hui, Paris, Lectures françaises, .
  • Henry Coston, Dictionnaire de la vie politique française, Paris, La Librairie française, 1967.
  • Pierre Durupt, Hommes et femmes du textile dans les Hautes-Vosges : influences sociales et culturelles de l'industrie textile sur la vie des vallées vosgiennes aux XIXe et XXe siècles, Société d'histoire locale de Remiremont et de sa région, 1990.
  • Jean-Pierre Harbulot, Le Service du travail obligatoire: la région de Nancy face aux exigences allemandes, Presses universitaires de Nancy, 2003.
  • François Moulin, Lorraine années noires. De la collaboration à l’épuration, La Nuée bleue, 2009.
    Quelques erreurs factuelles concernant Laederich
  • Georges Poull, L'industrie textile vosgienne 1765-1981, Rupt-sur-Moselle, chez l'auteur, 1982.
  • Georges Poull, « Les Usines textiles de Rupt-sur-Moselle », dans Dialogues transvosgiens : Colloques d'histoire des Hautes-Vosges, 2000, no 15, p. 31-40.
  • Georges Poull, Bon pour le STO : chronique d'une jeunesse perdue dans la guerre, Gérard Louis, 2002.
  • Albert Ronsin (dir.), Dictionnaire biographique illustré : les Vosgiens célèbres, Vagney, Éd. Gérard Louis, 1990 (des erreurs dans la notice biographique).

Liens externes[modifier | modifier le code]