Élisabeth Borne

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Élisabeth Borne
Illustration.
Élisabeth Borne en 2017.
Fonctions
Ministre de la Transition écologique et solidaire
En fonction depuis le
(1 mois et 3 jours)
Président Emmanuel Macron
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur François de Rugy
Ministre chargée des Transports

(2 ans, 1 mois et 29 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Alain Vidalies (secrétaire d'État)
Successeur Fonction supprimée
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité française
Parti politique LREM
Diplômée de École polytechnique
ENPC
Collège des ingénieurs
Résidence Hôtel de Roquelaure
Paris 7e (France)

Élisabeth Borne
Ministres français de l'Écologie
Ministres français des Transports

Élisabeth Borne, née le à Paris, est une haute fonctionnaire et femme politique française.

Préfète de la région Poitou-Charentes de 2013 à 2014, directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie de 2014 à 2015, puis présidente de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) de 2015 à 2017, elle est ministre chargée des Transports depuis le dans le second gouvernement Édouard Philippe. Longtemps proche du Parti socialiste, elle rejoint La République en marche.

Elle est nommée ministre de la Transition écologique et solidaire le 16 juillet 2019, en remplacement de François de Rugy, démissionnaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Née le à Paris[1] d'un père « juif d'origine russe » résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et d'une mère normande[1], directeurs ensemble d'un laboratoire pharmaceutique[1], Élisabeth Borne est ancienne élève de l'École polytechnique (promotion 1981)[2],[3] et ingénieur des ponts, des eaux et des forêts (IPEF)[4], ainsi que du Collège des ingénieurs (maîtrise en administration des affaires).

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Elle commence sa carrière en 1987, quand elle intègre le ministère de l'Équipement, avant de rejoindre la direction régionale de l'Équipement d'Île-de-France en 1989[5]. Au début des années 1990, elle devient conseillère au ministère de l'Éducation nationale auprès de Lionel Jospin puis de Jack Lang[6].

Après un passage chez Sonacotra (renommée Adoma en 2007) en tant que directrice technique, ce qui constituera sa première expérience en entreprise, elle rejoint en 1997, le cabinet de Lionel Jospin comme conseillère technique chargée des transports[7],[8].

En 2002, elle devient directrice de la stratégie de la SNCF, puis rejoint la société Eiffage en 2007 en tant que directrice des concessions. De 2008 à 2013, elle est directrice générale de l'urbanisme à la mairie de Paris[4].

En , elle est nommée préfète de la région Poitou-Charentes et préfète de la Vienne, première femme à occuper ce poste[9],[10].

De 2014 à 2015, elle est directrice du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie[11],[12]. À ce poste, conjointement avec Alexis Kohler, alors directeur de cabinet d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, elle négocie le protocole d’accord d’avril 2015 entre l’État et les sociétés concessionnaires d'autoroutes permettant d’allonger jusqu’à six ans les concessions et d’élaborer un rattrapage tarifaire qui se traduit par un surcoût de 500 millions d’euros pour les usagers[13].

Elle succède en à Pierre Mongin à la tête de la Régie autonome des transports parisiens (RATP)[1]. En , elle annonce sur RTL le recrutement de « 3 000 nouveaux collaborateurs » au cours de l'année 2016 au sein de la RATP[14].

Ministre chargée des Transports[modifier | modifier le code]

En , elle est nommée ministre chargée des Transports, auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, dans le premier gouvernement Édouard Philippe et reconduite dans ses fonctions, le , dans le second gouvernement Édouard Philippe.

Son premier directeur de cabinet est Marc Papinutti, précédemment président du directoire de l’établissement public chargé de la réalisation du canal Seine-Nord Europe après avoir été directeur général de Voies navigables de France et membre du cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Écologie en 2007[15].

Longtemps proche du Parti socialiste, elle vote pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, puis rejoint La République en marche[16],[17].

En , elle annonce vouloir donner la « priorité aux déplacements de la vie quotidienne »[18], estimant que « l'argent doit prioritairement aller à l'entretien et à la modernisation » des réseaux existants[18]. Dans cette logique, elle s'engage le pour un « plan national vélo » interministériel[19].

Début 2018, elle conduit une réforme de la SNCF consistant en l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, la transformation du statut de l'entreprise et l'arrêt du recrutement au statut de ses agents à partir du , ainsi que la reprise progressive par l'État de 35 milliards d'euros de la dette de l'entreprise publique[20],[21].

Confrontée à la plus longue grève de la SNCF[22] depuis plusieurs décennies, elle fait tout de même voter cette réforme à une large majorité[23]. Cette dernière lui attire l'hostilité d'une partie importante du monde cheminot et de la gauche radicale, qui l’accusent d'affaiblir le secteur ferroviaire, en particulier les petites lignes et le fret en la tenant responsable de la fin du train de fruits et légumes Perpignan-Rungis[24].

Elle présente le 26 novembre 2018 en Conseil des ministres le projet de loi d'orientation des mobilités[25], qui traduit la volonté du Gouvernement de donner la priorité aux transports du quotidien et qu'elle présente comme « un antidote aux fractures sociales et territoriales »[26].

En juin-juillet 2019, alors que s'achève l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités à l’Assemblée, trois de ses huit conseillers quittent son cabinet, dont son directeur de cabinet, Julien Dehornoy[27].

Ministre de la Transition écologique et solidaire[modifier | modifier le code]

Le , quelques heures après la démission de François de Rugy, Élisabeth Borne est nommée ministre de la Transition écologique et solidaire et des Transports[28]. Elle n'est pas ministre d'État, contrairement à ses deux prédécesseurs Nicolas Hulot et François de Rugy, et conserve ses attributions de ministre chargée des Transports[29]. L'Opinion indique qu'elle « est largement reconnue, dans ses rangs comme en-dehors, comme une ministre qui maîtrise ses dossiers et sait les mener à terme », mais relève « son manque de poids politique »[30]. En raison de précédentes déclarations jugées peu favorables à l'environnement, notamment au sujet de la taxation des carburants maritimes ou du kérosène dans l'aviation, certaines personnalités et associations se montrent sceptiques quant à la réussite de sa mission[31]. BFM TV estime qu'en tant que ministre des Transports, elle ne s'est « jamais départie d'une grande prudence au moment d'aborder les chapitres environnementaux de la politique nationale »[32]. Selon un sondage BVA mené peu après son entrée fonction, 60 % des Français interrogés ne lui font pas confiance pour faire de la cause environnementale une priorité de son action dans les prochains mois[33]. En réponse aux critiques à son égard, elle déclare ne pas avoir « de leçons à recevoir sur l'écologie » et se définit comme « une écologiste de terrain »[34].

Alors que, depuis le début de la présidence d'Emmanuel Macron, les ministres peuvent disposer au maximum de 10 collaborateurs au sein de leurs cabinets, elle en obtient 15. Elle emmène avec elle la quasi-intégralité de son cabinet au ministère des Transports, et conserve Cyril Forget, jusqu’alors directeur adjoint de cabinet de François de Rugy, ainsi que trois conseillers du pôle « transition écologique » de François de Rugy. Jack Azoulay et Baptiste Perrissin-Fabert, les deux directeurs de cabinet d’Emmanuelle Wargon et Brune Poirson, sont également directeurs de cabinet adjoints d’Élisabeth Borne[35].

Elle entame l'exercice de sa fonction avec la défense au Parlement du projet de loi énergie-climat, commencée par François de Rugy[24].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Divorcée d'Olivier Allix[36], Élisabeth Borne est mère d'un fils[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Sibylle Vincendon, « Elle a pris le métro » sur Libération, .
  2. De la promotion X1981, cf. « Fiche de Élisabeth Borne », sur le site de l'Association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l'AX), Paris (consulté le 31 octobre 2015) ; y est notamment indiqué le grade de Élisabeth Borne dans la fonction publique : « ingénieur en chef des ponts et chaussées ».
  3. « Borne, Élisabeth (X 1981). », sur Bibliothèque centrale École polytechnique (consulté le 18 juillet 2019).
  4. a et b Isabelle Chaperon, Philippe Jacqué et Cédric Pietralunga, « RATP : Élisabeth Borne devrait remplacer Pierre Mongin » sur Le Monde, .
  5. Élisabeth Borne, directrice de cabinet de Royal, prendra les commandes de la RATP sur La Tribune, .
  6. Voir sur ouest-france.fr.
  7. L'Usine nouvelle, « Elisabeth Borne, de la RATP à ministre de la Transition écologique chargée des transports », usinenouvelle.com,‎ (lire en ligne, consulté le 28 septembre 2017).
  8. « Biographie d'Elisabeth Borne », sur ecologique-solidaire.gouv.fr, (consulté le 16 avril 2018).
  9. Philippe Bruyère, « Élisabeth Borne, première préfète de Poitou-Charentes » sur Centre Presse, .
  10. Décret du 31 janvier 2013 portant nomination de la préfète de la région Poitou-Charentes, préfète de la Vienne (hors classe) - Mme BORNE (Elisabeth), publié au Journal Officiel du , sur legifrance.gouv.fr, consulté le .
  11. La préfète de Poitou-Charentes nommée directrice de cabinet de Royal sur Charente libre, .
  12. « La préfète de Poitou-Charentes nommée directrice de cabinet de Ségolène Royal », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Martine Orange, « La mission d’Elisabeth Borne: démanteler EDF », sur Mediapart, (consulté le 17 juillet 2019).
  14. « VIDÉO - Élisabeth Borne, PDG de la RATP, était l'invitée de RTL », sur RTL.fr (consulté le 8 juin 2016)
  15. « Gouvernement : Marc Papinutti débarque au ministère des Transports », sur Le Moniteur.fr, (consulté le 18 juillet 2017).
  16. Dominique Albertini et Franck Bouaziz, « Transports : Elisabeth Borne, lasse du volant ? », sur liberation.fr, (consulté le 17 juillet 2019).
  17. « 10 choses à savoir sur Élisabeth Borne, la ministre qui porte la réforme de la SNCF », L'Obs, (consulté le 28 mai 2018).
  18. a et b « Elisabeth Borne : «  Nous ne pouvons pas poursuivre les promesses non financées », sur lesechos.fr, (consulté le 9 août 2017).
  19. « Élisabeth Borne annonce un Plan National Vélo à l’issue des Assises », sur bemobi.fr, (consulté le 21 décembre 2017).
  20. « Réforme de la SNCF : Ce que contient le projet de loi », sur quotidiendutourisme.com, article du (consulté le 4 avril 2018) : « Élisabeth Borne, ministre chargée des transports, a présenté le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ».
  21. « Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat – Audition de Mme Elisabeth Borne, Ministre chargée des Transports : Examen du projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » [PDF], sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, (consulté le 10 décembre 2018).
  22. Le Point magazine, « SNCF: la grève la plus longue depuis 30 ans », sur Le Point, (consulté le 25 mai 2019)
  23. « Réforme ferroviaire : large majorité pour l'ultime vote de l'Assemblée, avant le Sénat jeudi », sur Europe 1 (consulté le 25 mai 2019)
  24. a et b Éric Beziat, « Elisabeth Borne à l’écologie, une travailleuse acharnée de la macronie monte d’un cran », sur lemonde.fr, (consulté le 17 juillet 2019).
  25. Éric Béziat, « Le projet de loi qui veut désenclaver la France périphérique », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 mai 2019)
  26. Stéphane Vernay, « ENTRETIEN. Élisabeth Borne : « la loi mobilités est un antidote aux fractures sociales et territoriales » », sur ouest-france.fr,
  27. Camille Selosse, « Fin de cycle au cabinet d’Élisabeth Borne », sur Contexte.com, (consulté le 20 juin 2019).
  28. « Élisabeth Borne, actuelle ministre des Transports, remplace François de Rugy au ministère de la Transition écologique », sur France Info, (consulté le 17 juillet 2019).
  29. http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/contrairement-a-rugy-elisabeth-borne-n-a-pas-ete-promue-ministre-d-etat-20190717
  30. Océane Herrero, « Consensuelle, efficace: Elisabeth Borne doit remettre en marche un ministère esquinté », sur lopinion.fr, (consulté le 22 juillet 2019).
  31. « Avion, vélo, train… Les étranges positions écologiques d’Elisabeth Borne », sur nouvelobs.com, (consulté le 18 juillet 2019)
  32. Robin Verner, « Le très discret passé écologiste d'Elisabeth Borne », sur bfmtv.com, (consulté le 17 juillet 2019).
  33. Grégoire Normand, « Les Français sceptiques sur l'arrivée d'Élisabeth Borne à la Transition écologique », sur latribune.fr, (consulté le 22 juillet 2019).
  34. « Élisabeth Borne n'a "pas de leçons à recevoir sur l'écologie" », sur lexpress.fr, (consulté le 5 août 2019).
  35. Camille Selosse, « Info Contexte - Cabinet d’Élisabeth Borne : quinze pour le prix de dix », sur Contexte.com, (consulté le 25 juillet 2019).
  36. Biographie d'Élisabeth Borne, sur Who's Who in France.
  37. Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination, publié au JORF du , texte no 4, sur legifrance.gouv.fr, consulté le .
  38. Décret du 14 novembre 2016 portant promotion et nomination, publié au JORF du , texte no 8, sur legifrance.gouv.fr, consulté le .
  39. Décret n° 2002-88 du 17 janvier 2002 relatif à l'ordre du Mérite maritime.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]