Raymond Mondon (1914-1970)

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Raymond Mondon
Fonctions
Parlementaire français
Député 1946-1969
Gouvernement IVe et Ve Républiques
Groupe politique UDSR (1946-1951)
RPF (1951-1956)
IPAS (1956-1962)
RI (1962-1969)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Ancy-sur-Moselle (Empire allemand)
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès Metz, Moselle (France)
Nature du décès Cancer
Nationalité française
Résidence Moselle

Raymond Mondon, né le à Ancy-sur-Moselle et mort le à Metz, est un homme politique français. Il est maire de Metz de 1947 à 1970 et occupe deux postes ministériels en 1955 et de 1969 à 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Raymond Mondon est le fils unique de vignerons installés en Alsace-Lorraine, alors dans l'Empire allemand. Il devient Français, de fait en 1919 à l'âge de 5 ans. Élève chez les jésuites du collège Saint-Clément[Où ?], il obtient son baccalauréat en 1931 et poursuit ses études à la faculté de droit de Nancy où il obtient une licence. En , il est arrêté avec vingt-cinq autres personnes à Nancy lors d’une manifestation des Ligues contre Stavisky, pour tapage et attroupement sur la voie publique[1].

Résistant (« Rudemonde »)[modifier | modifier le code]

Mobilisé comme lieutenant d’infanterie durant la Seconde Guerre mondiale, il est sérieusement blessé en , puis fait prisonnier, avant d’être libéré en de la même année. Reçu au concours de la magistrature un an plus tard, il est nommé juge d’instruction à Saint-Mihiel. Il entre alors en résistance sous le pseudonyme de Rudemonde. Le , il échappe une première fois à la Gestapo. Obligé de quitter la Meuse pour Paris, il est à nouveau arrêté et torturé. Le suivant, il échappe au dernier train qui s’apprête à partir pour Dachau.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Le , lors des élections à la première Assemblée nationale de la IVe République, il est élu député UDSR de la Moselle. Il est réélu sous l'étiquette RPF lors du scrutin du , puis comme candidat du CNI lors des élections du .

Il est très brièvement secrétaire d’État à l’Intérieur du au auprès du ministre de l’Intérieur François Mitterrand dans le cabinet de Pierre Mendès France. Mitterrand et Mondon se connaissent bien depuis les années noires de la Résistance où ils appartenaient au même réseau. Leurs chemins se croisent mais se séparent définitivement en 1958 quand Mondon choisit « le général » et Mitterrand l’opposition à de Gaulle.

Maire de Metz[modifier | modifier le code]

Le , Raymond Mondon, alors âgé seulement de 33 ans est élu maire de Metz. Sa devise pour sa ville est : « Voir grand pour demain ». Il est réélu au premier tour à chaque consultation électorale qui s’apparente dans son cas à un plébiscite renouvelé des Messins et demeure en poste jusqu'à sa mort. Deux faces opposées caractérisent son action : d’une part la modernisation économique de la ville, de l’autre, l’échec patent de la rénovation urbaine. En effet, ses choix urbanistiques, délibérément tournés vers la « modernité » d'alors, sont aujourd'hui contestables et contestés[2].

Conseiller général[modifier | modifier le code]

De 1949 à 1970, Mondon est également élu au conseil général de la Moselle dans le canton de Metz-Ville-3.

Député sous la Ve République[modifier | modifier le code]

Sous la Ve République, il est réélu à l'Assemblée nationale en 1958 et 1962. Gaulliste de cœur et homme indépendant, grand expert du Parlement et de ses manœuvres, son influence au sein de l’Assemblée est réelle.[réf. nécessaire]

En 1962, il fonde, avec Valéry Giscard d’Estaing, le groupe centriste des Républicains indépendants (RI) et préside ce groupe à l’Assemblée. Il est réélu sous cette étiquette en 1967 et 1968 et conserve son siège jusqu'à son entrée au gouvernement l'année suivante.

Les relations amicales entre Giscard d’Estaing et Mondon vont se détériorer à la fin de la décennie soixante. Ceci n’empêchera pas Valéry Giscard d’Estaing de déclarer en 1976, lors d’une visite à Metz, que Mondon a été « son meilleur ami dans la vie politique française ».

Ministre des transports[modifier | modifier le code]

En 1969, Mondon soutient la candidature à la présidence de Georges Pompidou qui, en récompense de sa loyauté, le fait entrer au gouvernement de Jacques Chaban-Delmas comme ministre des Transports, le . Il a 55 ans et adhère complètement au projet de « Nouvelle société » de Chaban. En tant que ministre des Transports, il lance les études portant sur une liaison ferroviaire rapide entre Paris et Strasbourg, devant profiter des travaux d'infrastructure de la future autoroute A4 qui passera finalement par Metz, fief électoral de Raymond Mondon.

On sait que l'intérêt de l'industrie allemande pour l'ICE, le train à grande vitesse allemand, a desservi le TGV français[3] et son projet de ligne dans l'Est de la France, défendu par Mondon. Néanmoins, l'idée a fait son chemin et la LGV Est européenne a vu le jour en 2007, 38 ans après l'étude de Mondon[4].

Décès[modifier | modifier le code]

Il reste ministre jusqu'à son décès qui survient brutalement le , des suites d'un cancer. Au cours de ses funérailles le , la tristesse de Chaban-Delmas est palpable dans son éloge funèbre lequel émeut l’assemblée et tous les Messins réunis une dernière fois autour de leur ancien maire.

Hommages[modifier | modifier le code]

Un rond-point à l’entrée de Metz et à proximité de la sortie Metz-Centre de l’autoroute A31 porte le nom de place Raymond-Mondon.

En outre, son nom a été donné à un lycée des métiers de l'hôtellerie.

Institut Raymond Mondon[modifier | modifier le code]

L'Institut Raymond Mondon est une association créée en 2011 dans le but de perpétuer la mémoire de l'ancien maire de Metz et de contribuer à la recherche sur l'histoire contemporaine de la ville[5].

Liste des fonctions et mandats[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Mandat Début Fin
Député de la Moselle
Maire de Metz
Conseiller général de la Moselle
1949

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonction Gouvernement Début Fin
Secrétaire d’État à l’Intérieur Mendès France
Ministre des Transports
et des Travaux publics
Chaban-Delmas

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaëtan Avanzato, Raymond Mondon, Serpenoise, 2000.
  • Gaëtan Avanzato, Raymond Mondon, le donjon de Metz, Metz, Éditions des Paraiges, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, t. I, université de Paris X-Nanterre, , p. 119 — Thèse de doctorat.
  2. Jean-Claude Berrar, Metz défigurée dans les années 60-70. Éditions Serpenoise, 2011.
  3. L'ICE a fédéré l'industrie allemande , in Les Échos, n° 15900 du 3 juin 1991 (page 13)
  4. André Schontz: Le chemin de fer et la gare de Metz, Éditions Serpenoise, 1990 (p.205)
  5. Site officiel de l'Institut