Irak

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République d'Irak

(ar) جمهورية العراق / jumhūriyyatu l-ʿirāq

(ku) كۆماری عێراق / Komarê ʿIraq

Drapeau
Drapeau de l'Irak.
Blason
Armoiries de l'Irak.
Devise en arabe : الله أكبر (« Dieu est le plus grand »)
Hymne en arabe : موطني (Mawtini, « Mon pays »)
Description de l'image Iraq (orthographic projection).svg.
Description de l'image Iraq carte.png.
Administration
Forme de l'État République fédérale
Président Barham Salih
Premier ministre Moustafa al-Kazimi
Langues officielles Arabe et kurde
Capitale Bagdad

33° 20′ 26″ N, 44° 25′ 03,6″ E

Géographie
Plus grande ville Bagdad
Superficie totale 435 052 km2
(classé 57e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Indépendance Du Royaume-Uni
Date
Démographie
Gentilé Irakien
Iraquien[1]
Population totale (2020[2]) 38 872 655 hab.
(classé 36e)
Densité 89 hab./km2
Économie
IDH (2017) en augmentation 0,685[3] (moyen ; 120/189)
Monnaie Dinar irakien (IQD​)
Divers
Code ISO 3166-1 IRQ, IQ​
Domaine Internet .iq
Indicatif téléphonique +964
Organisations internationales
FPEG (observateur)

L’Irak[N 1] ou l'Iraq, en forme longue la république d'Irak[N 2], est un pays du Proche-Orient, situé au nord de la péninsule arabique. L’Irak, terme qui vient du persan Eraq et signifie littéralement « basse terre », est parfois appelé « le pays des deux fleuves » en arabe (بلاد الرافدين / bilād ar-rāfidayn), en référence au Tigre et à l'Euphrate. Bagdad en est la capitale et la plus grande ville.

D’une superficie de 435 052 km2, cet État a pour voisin la Turquie au nord, l’Iran à l'est, le Koweït au sud-est, l’Arabie saoudite au sud-sud-ouest, la Jordanie à l'extrême ouest et la Syrie au nord-ouest. L’Irak détient les quatrièmes plus grandes réserves de pétrole, et il est membre de l’OPEP.

L’Irak actuel couvre une grande partie de la Mésopotamie, berceau de grandes civilisations parmi les plus anciennes. C’est sur les berges du Tigre, passant par Bagdad, que l’écriture est née, il y a 5 000 ans. Aux époques achéménide, parthe et sassanide, le territoire de l’Irak (l'empire sémite de Babylone) est intégré à l’Empire perse, formant, peu avant sa conquête par les Arabes (au IIIe siècle par la tribu des Banu Lakhm) et son islamisation, la province sassanide du Khvarvaran.

Ce territoire fit longtemps partie de l’Empire ottoman. Il fut occupé par le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale, puis placé sous un régime de Mandat de la Société des Nations. Durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie, l’occupant britannique fit face en 1920 à une violente insurrection. Proclamé en 1921, le Royaume d'Irak obtint sa pleine indépendance en 1932. La monarchie dure jusqu'en 1958, puis plusieurs gouvernements se succèdent par des coups d'État, l’Irak oscillant entre les influences antagonistes occidentales et anti-occidentales dans le contexte de la guerre froide. Le parti Baas prend de plus en plus d’importance et permet l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979.

Depuis, l’Irak a connu trois guerres meurtrières, des répressions sanglantes (dont celles des Kurdes et des chiites) et plus de dix ans d’embargo. Son régime, fondé à la fin des années 1960 par le Baas, a été aboli par l’invasion de la coalition menée par les États-Unis en 2003. Ce régime, en dépit de son caractère dictatorial présent dans la majorité des États du Moyen-Orient, semble avoir été populaire chez la plupart des sunnites, traditionnellement nationalistes, mais minoritaires au sein de la population irakienne. Depuis l’invasion, l’Irak a été de facto sous tutelle de la coalition internationale, les Kurdes ont obtenu l’autonomie d’une région au nord du pays, la laïcité a disparu et la politique a été dominée par les affrontements intercommunautaires, ponctués de nombreux attentats et cause de l’émigration des minorités chrétiennes.

Le gouvernement est actuellement dirigé par Mohammed Taoufiq Allaoui, à la tête d'une coalition dominée par les partis chiites. Dans un effort de répartition des rôles entre les trois principales communautés, l'exécutif est partagé entre trois personnes : le président Barham Salih est kurde, le Premier ministre est chiite, et le président du parlement sunnite. Chacune de ces têtes est entourée de deux adjoints, appartenant aux deux autres communautés. On note l'influence déterminante de deux personnalités religieuses issues de la communauté chiite : l’ayatollah Ali al-Sistani et Moqtada al-Sadr.

Origine philologique[modifier | modifier le code]

L'Irak, terme qui vient du perse erak qui signifie littéralement « basse terre », est parfois appelé Bilad ar-Rafidain, littéralement « le pays des deux fleuves ». Pourtant, étymologiquement, l'Eraq (ou Irak) veut dire plutôt Iran bas ou bas Iran, mot qui désigne en persan Mian do Roodan (entre deux fleuves). En opposition avec une région iranienne qui se trouve dans le nord de l'Iran (à l'époque antique, situé dans le nord-ouest de l'Iran), près de Téhéran : Arak, qui signifie Iran Centre, - tout en considérant que ce centre se situe dans le nord-ouest de l'Iran dans l'Antiquité[4].

Dans la tradition arabe, son étymologie est souvent associée au mot arabe araqa qui signifie fertile. En arabe, le mot irak (عراق) peut signifier bord, bordure ou encore escarpement.

Graphie[modifier | modifier le code]

En français deux graphies sont correctes pour ce pays :

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Taureau androcéphale ailé gardien du palais de Sargon II, en Assyrie, VIIIe siècle av. J.-C.

L’Irak est le berceau de la civilisation sumérienne (IIIe millénaire av. J.‑C.), civilisation qui a inventé le plus ancien système d’écriture connu, le cunéiforme, et qui maîtrisait à un haut niveau les techniques d’irrigation.

L’histoire de l’Irak commence avec les cités-États de Mésopotamie, en particulier Uruk, Ur et Babylone. La région est ensuite dominée par les Hittites, puis par les Assyriens, et par les Mèdes.

En 586 avant l'ère commune, Nabuchodonosor II, souverain de Babylone, y déporte, après la prise de Jérusalem, 20 000 Juifs [réf. nécessaire] qui forment le noyau de la plus vieille diaspora juive au monde.

Les vallées du Tigre et de l’Euphrate appartiennent ensuite à une succession d'empires : empires achéménide (qui apportent le zoroastrisme, religion encore présente dans certaines provinces), grec (à travers les conquêtes d’Alexandre le Grand), sassanide, musulmans (Omeyyades, Abbassides). À l’époque pré-islamique, cette région porte le nom de Khvarvaran, qui est une des provinces de l’empire sassanide. Le nom Irak dérive du terme persan Erak, qui signifie « bas-Iran »[12].

Avec l'invasion arabe, au VIIe siècle, Bagdad devient la capitale du califat islamique et une des plus grandes villes du monde, au grand rayonnement intellectuel.

La Mésopotamie passe sous le contrôle mongol au XIIIe siècle.

Le siège de Bagdad par les Mongols en 1258.

À partir du XVIe siècle, l'Empire ottoman contrôle le territoire.

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’Irak est conquis par les Britanniques et est déclaré indépendant de l’Empire ottoman le .

Le , la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) confie un mandat au Royaume-Uni pour administrer la Mésopotamie. Le Mandat britannique de Mésopotamie, durant lequel la monarchie irakienne est proclamée, assure la transition du pays vers l'indépendance. Un mois plus tard, l'administration britannique doit déjà faire face à une importante révolte. Le clergé chiite est durement réprimé, ce qui le conduit à retourner à son apolitisme premier.

Face au repli et au déclin de leur clergé, les chiites irakiens se rallient en nombre à des courants socialisants et laïcs à partir de la fin des années 1930. Très bien structuré et très actif sous la monarchie, le Parti communiste tient un rôle important dans les protestations des paysans qui demandaient des droits et qui s’opposaient aux mesures de répression de la part des propriétaires terriens, Les habitants des nouveaux quartiers populaires de Bagdad, qui se construisent sous la pression de l'exode rural, s’intéressent rapidement aux idées d’égalité et de justice que prône le Parti communiste[13].

Indépendance[modifier | modifier le code]

Le Royaume d'Irak devient réellement indépendant le , même si les Britanniques y conservent des bases militaires. Le coup d’État républicain de 1941 est soutenu activement par le Troisième Reich. Il installe le gouvernement de Rachid Ali al-Gillani au pouvoir. Les Britanniques interviennent pour rétablir la monarchie[réf. nécessaire]. Les forces britanniques s'arrêtent aux portes de Bagdad pour permettre au régent, l'émir Abdullah, de rentrer le premier dans la ville.

Monument recouvrant le charnier du Farhoud de 1941

Pendant ce temps, les partisans de Rachid Ali al-Gillani lancent un pogrom contre la communauté juive qui, outre les pillages et les viols, fait 135 à 180 victimes juives et plus de 500 blessés[14]. Cinq des instigateurs du coup d'État furent pendus et de nombreux autres emprisonnés dont Khairallah Talfah, un oncle de Saddam Hussein[15]. Après la proclamation de l'État d'Israël, la communauté juive irakienne d'environ 125 000 personnes se réfugie massivement en Israël, à la suite du climat d'insécurité qu'elle subit alors en Irak.

En 1946, d'importantes grèves secouent Kirkouk. Les protestataires dénoncent les conditions de travail, mais également la domination britannique sur l’entreprise pétrolière. Les chefs politiques des partis progressistes sont emprisonnés. En 1948, lorsque le gouvernement signe un nouveau traité d’alliance avec le Royaume-Uni, des manifestations massives se produisent. La monarchie perd pendant quelques jours le contrôle des rues. La loi d’état d’urgence est aussitôt appliqué et Nouri Saïd, vétéran de la monarchie qui a déjà assumé de nombreuses fois la direction du gouvernement, revient au pouvoir et verrouille la scène publique autour de lois anticommunistes. Le secrétaire général du Parti communiste irakien, Youssouf Salman, est pendu et les journaux sont censurés. Dès 1954, appartenir au Parti communiste entraine la déchéance de nationalité[16].

L'immense pauvreté des campagnes pousse nombre de paysans à rejoindre les banlieues urbaines et entraine quelques tensions sociales. Dans le contexte de la guerre froide, le Royaume d'Irak entre dans le pacte de Bagdad en 1955 et se lie aux États-Unis. L'alliance du gouvernement avec les États occidentaux favorise le développement de l'armée[16].

Le , la monarchie hachémite est renversée et le général Kassem prend le pouvoir par un coup d’État. Le Comité des officiers libres proclame la République lors du premier coup d’État du parti Baas, parti de la Renaissance arabe et socialiste, allié avec un groupe d’officiers nationalistes. Le nouveau gouvernement bénéficie du soutien des exilés kurdes (dont il avait permis le retour) et du Parti communiste. Nombre de réformes sont adoptées dans les semaines qui suivent : réforme agraire, aides aux familles pauvres, plans urbains, etc[16]. Le gouvernement comprend Naziha al-Dulaimi, la première femme ministre de l'histoire de l'Irak et du monde arabe. Elle participe également à l'élaboration de la loi civile de 1959 sur les affaires civiles, qui est très en avance sur son temps dans la libéralisation des lois sur le mariage et l'héritage au profit des femmes irakiennes[17].

 : nouvelle révolte kurde en Irak. L'insurrection s'amplifie au fil des années. Le régime militaire d'Aref, issu du coup d'État de 1963, ne parvient pas à l'écraser militairement. En 1964, un cessez-le-feu est signé ; il est refusé par une partie du mouvement kurde. La révolte reprend en 1965.

Le  : les militants du Baas renversent le gouvernement du général Abdel Karim Kassem. Saddam Hussein, qui poursuivait des études de droit au Caire, revient en Irak et devient, à 26 ans, secrétaire général du parti.

Le , la révolution du Baas est renversée par Abdula salam Arif, qui s'installe au pouvoir et fait arrêter et éliminer plusieurs têtes dirigeantes du parti Baas soupçonnées de comploter contre lui. Saddam Hussein est arrêté et emprisonné. Pendant ces années de détention, il sera torturé et interrogé par la police du régime en place.

En 1965, Saddam Hussein, toujours en prison, est élu membre du commandement panarabe du parti Baas. Lentement, il accroît son influence et dirige des coups d'éclat tels que l'évasion de plusieurs membres du parti Baas, après avoir gagné la sympathie des geôliers.

Le , après la mort accidentelle ou criminelle du colonel Abdula salam Aref, son frère, le maréchal Abd al-Rahman Aref s'impose en tant que président de la République d'Irak.

Saddam Hussein au pouvoir[modifier | modifier le code]

Le  : second coup d’État baassiste. Saddam Hussein rejoint à Bagdad son cousin le général al-Bakr, chef du Baas et nouveau président de la République.

Le  : accord kurdo-irakien sur l'autonomie du Kurdistan. Il prévoit une participation des Kurdes aux instances suprêmes de l'État et un recensement destiné à délimiter la région autonome. Des institutions autonomes sont censées être mises en place dans un délai de quatre ans. Pendant cette période de « ni guerre, ni paix », l'URSS commence à soutenir l'Irak, tandis que l'Iran, conseillé par Washington, apporte son aide aux Kurdes.

En 1970 une nouvelle constitution est adoptée, renforçant notamment les droits des femmes : les droits de vote et d'éligibilité leur sont reconnus, ainsi que l'accès à l'éducation et à la propriété[18].

Le  : traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et l'Irak.

Le  : Saddam Hussein nationalise le pétrole irakien.

En , Bagdad promulgue unilatéralement une « loi sur l'autonomie du Kurdistan » ; très en retrait sur les accords de 1970, elle est rejetée par les Kurdes. La révolte reprend et revêt la forme d'une guerre généralisée.

Le  : Accord d'Alger entre le Chah et Saddam Hussein. L'Iran obtient gain de cause sur les différends frontaliers qui l'opposent à l'Irak et retire son appui aux Kurdes. La révolte s'effondre pour reprendre sous la forme de guérilla en 1976.

Le  : Jacques Chirac, alors Premier ministre, fait visiter Cadarache à Saddam Hussein, alors vice-président irakien.

Le  : sabotage du double cœur d'Osirak dans le hangar no 3 des Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée, à La Seyne-sur-Mer. Le « groupe écologiste français » revendique l'attentat, mais le Mossad est suspecté[19],[20]

Le , Saddam Hussein met Hassan al-Bakr à la retraite. Ce même jour, date d'anniversaire de la révolution de 1968, Saddam Hussein accède à la présidence à l'âge de 42 ans. Rompant avec le Parti communiste, il procède à des purges massives au sein du Parti Baas - un parti nationaliste arabe, laïc et socialiste, dont tous les dirigeants sont originaires de la ville de Tikrit - et renoue avec les monarchies du Golfe ainsi qu’avec les pays occidentaux. Le pouvoir de Saddam Hussein s'est donc constitué au départ autour de l'idéologie baasiste, relativement laïque et républicaine. Par ailleurs, il considère l'Islam comme une composante essentielle de la culture arabe.

Le  : à la suite de nombreuses ingérences du gouvernement révolutionnaire iranien sur le territoire irakien visant à déstabiliser et renverser le régime de Saddam Hussein, jugé « impie » par Khomeyni, - lequel avait pourtant bénéficié de son hospitalité pendant près de quatorze ans -, le gouvernement irakien demande une révision des traités signés en 1975, ce que refuse le gouvernement iranien. En 1980, Bagdad prend l’initiative militaire : il veut récupérer le Chatt al-Arab et le Khouzistan iranien. De plus, il veut mettre un point final à la révolution islamique, qu’il juge prête à tomber et qui menace directement la stabilité du pays. Saddam Hussein voyant que les forces armées iraniennes sont affaiblies par la révolution islamique, en profite pour déclencher la guerre.

1980-1988 : la guerre Iran-Irak[modifier | modifier le code]

Le , contrairement à ce que pense Saddam Hussein, l’Iran offre une résistance surprenante, et une guerre de tranchée de huit ans s’engage. L'Irak utilise pendant cette guerre des armes chimiques, mais aussi des armes plus conventionnelles. Le conflit change certaines alliances établies depuis très longtemps au Proche-Orient. Le , vers 17 heures 30, a lieu l'opération Opéra : l'aviation israélienne avec 14 chasseurs bombardiers F-16 Falcon détruit le réacteur nucléaire irakien Osirak en cours de construction avec l'aide de la France, ainsi que les laboratoires et le réacteur nucléaire irakiens situés à Al Tuwaïtha, à une vingtaine de kilomètres de Bagdad. Il s'agissait d'un réacteur expérimental acheté en France par l'Irak, et géré grâce à la collaboration ouverte de la France et de l'Italie, et aussi grâce à la non-hostilité des États-Unis.

Les 17 et , Saddam Hussein ordonne à l’armée d’utiliser l’arme chimique contre la ville kurde de Halabja. Le , Téhéran accepte la résolution de l’ONU sur le cessez-le-feu et le retour aux frontières. Le , l'annonce officielle de la fin de la guerre est émise. Le conflit a fait un million de morts et des centaines de milliers de blessés.

1990-1991 : la guerre Irak-Koweït, guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Au cours de l’été 1990, les finances de l'État sont au bord de la banqueroute. Le Koweït exige le remboursement immédiat de la dette contractée par l’Irak et commence à se rembourser en exploitant le gisement de Rumaila qui s’étend sur les deux territoires. Il porte ainsi préjudice à l’Irak, sorti de la guerre avec une dette extérieure de plus de 70 milliards de dollars, dont 40 dus au Koweït et à l'Arabie Saoudite. Saddam Hussein pense sortir de l’impasse en se « ré-annexant » le territoire koweïtien qui, sur la base des frontières tracées en 1922 par le proconsul britannique Sir Percy Cox, barre l’accès de l’Irak au Golfe. Washington laisse croire à Bagdad qu’il veut rester en dehors du contentieux ; l’ambassadrice des États-Unis à Bagdad, April Glaspie, assure Saddam Hussein que les États-Unis désirent avoir les meilleures relations avec l’Irak et n’entendent pas interférer dans les conflits inter-arabes. L'Irak envahit le Koweït. Commence alors la guerre du Golfe, menée sous l'égide de l'ONU. Des insurrections éclatent dans plusieurs régions chiites étalées dans le temps. L’ONU vote un embargo qui dura douze ans. Selon un rapport du Conseil économique et social des Nations unies, il cause entre 500 000 et 1,5 million de morts, dont une majorité d'enfants[21]. Cependant ces chiffres sont contestés ; l'ONU réfute par la suite ses propres enquêtes qui, selon un rapport du London School of Economics — rédigés par les chercheurs Tim Dyson et Valerie Cetorelli et publié en — se basaient sur des bilans fournis et manipulés par le gouvernement irakien[22].

Le , l’Irak occupe le Koweït : Premières sanctions de l’ONU, conduisant à un embargo et à une coalition de plus de trente pays contre Bagdad.

Le , « Tempête du désert » : la coalition internationale, à la demande de l'ONU, intervient militairement en Irak et au Koweït. Objectif : la destruction du potentiel militaire et de l'infrastructure économique de l'Irak, ainsi que l'évacuation du Koweït. Pendant 43 jours l’aviation américaine et alliée effectue, avec 2 800 avions, plus de 110 000 sorties, larguant 250 000 bombes, dont celles à fragmentation qui diffusent 10 millions de sous-munitions, quantitativement autant que l'Allemagne pendant toute la Seconde Guerre mondiale. À la suite de ces bombardements, des milliers de familles sont forcées de fuir le pays. Plus de 100 000 soldats irakiens ont été tués et 20 000 victimes civiles ont péri sous les bombardements[23]. Le , Saddam Hussein annonce son retrait du Koweït. Les combats cessent le .

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Le , la résolution 687 du Conseil de sécurité de l'ONU fixe un cessez-le-feu définitif et impose à l'Irak, notamment, l'élimination de toutes ses armes de destruction massive. Création de la Commission spéciale des Nations unies chargée du désarmement, l'Unscom. Le , après l'insurrection kurde dans le Nord irakien et chiite dans le Sud, le Conseil de sécurité adopte la résolution 688 qui condamne la répression des populations civiles irakiennes et appelle à une aide humanitaire. Le , L'ONU décide de maintenir l'embargo total contre l'Irak.

Le , la résolution 986, dite « pétrole contre nourriture », autorise Bagdad pour des raisons humanitaires à procéder à des ventes limitées de pétrole. En , Bagdad décide de rompre totalement la coopération avec l'Unscom, affirmant qu'il n'a plus aucun espoir de voir l'ONU recommander une levée des sanctions. Bill Clinton lance en décembre, et sans mandat de l'ONU, l'opération Desert Fox

pour obliger Bagdad à coopérer. Dans les années suivantes, les États-Unis et la Grande-Bretagne lancent des opérations quotidiennes dans les zones d'exclusion aérienne.

2003 : la guerre d'Irak, seconde guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Le  : l’Irak est attaqué par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni, sans mandat de l'ONU et soutenue par plusieurs dizaines de pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie. Le régime de Saddam Hussein est renversé trois semaines après l’entrée des troupes de la coalition dans le pays. Cette deuxième guerre du Golfe s’achève officiellement le . Le pays est ensuite occupé par la coalition.

Un soldat américain à Falloujah en 2003.

Le  : le pouvoir a été remis entre les mains d’un gouvernement intérimaire, au pouvoir inexistant, dirigé par Iyad Allaoui. Ce transfert concerne aussi bien l'autorité civile que militaire. Les troupes de la coalition doivent "demander" l'autorisation du gouvernement irakien avant toute opération militaire offensive[24] ; toutefois, seule l'armée américaine et, jusqu'en 2007, les troupes britanniques, participent à de telles opérations. (Tous les contingents étrangers en Irak, à l'exception de celui des États-Unis et, à une certaine époque, du contingent britannique, ne peuvent se servir de leurs armes qu'en état de « légitime défense »).

Le ont lieu les premières élections réellement démocratiques de l'histoire du pays, dans un climat de terreur. Les chiites et kurdes d’Irak se sont malgré tout massivement rendus aux urnes, malgré des menaces terroristes. Le , l’Irak s'est choisi pour la première fois de son histoire un président kurde, Jalal Talabani.

Le [25],[26], un attentat contre le sanctuaire Al-Askari à Samarra, un des hauts lieux saints du chiisme irakien, provoque une vague de représailles et le début de la première guerre civile irakienne, entre les groupes insurgés sunnites et chiites[27].

Le , Saddam Hussein est exécuté à Bagdad, le jour de l'Aïd al-Adha par pendaison pour crimes contre l'humanité, à la suite d'une procédure judiciaire, « supervisée » ou « dirigée » par les autorités américaines (le procès se déroula sans avocat pour l'accusé, les trois avocats devant assurer sa défense ayant tour à tour été assassinés dans les premiers jours du procès, et Saddam Hussein ayant refusé les avocats commis d'office qui lui avaient alors été proposés en remplacement par le Tribunal spécial irakien). Ces deux « incidents », s'ajoutant à celui de la diffusion des photographies de Saddam Husein que les Américains avaient prises lors de sa « capture » et qui avaient été « très diversement perçues » en Irak, ont beaucoup contribué à déterminer l'attitude finale des sunnites vis-à-vis de l'occupant et du nouveau régime).

Des années après la fin officielle de la guerre, le gouvernement de l’Irak est très fragile. Les violences sont quotidiennes, résultant des attaques de soldats et de convois de l'armée américaine par des insurgés, de la guerre civile entre les chiites, sunnites baassistes et les sunnites salafistes, et entre le pouvoir en place et des groupuscules islamistes qui opéreraient actuellement en Irak, tels qu'Ansar el sunna, ou Al-Qaïda.

À partir de fin 2008, les États-Unis se désengagent progressivement en finançant notamment les milices sunnites Sahwa afin d'affronter l'État islamique d'Irak et commencent à se retirer à partir du , date à laquelle la première guerre civile irakienne prend fin[28],[29].

Les violences enregistrent une nette diminution : 2010 serait l'année la moins meurtrière pour les civils irakiens 3 976 morts depuis le début de la guerre. À Bagdad, où l'on enregistrait en moyenne un attentat toutes les deux semaines en 2006 ou en 2007, les attaques terroristes se font moins fréquentes, même si la communauté chrétienne a connu un « décembre noir » en 2010. Même si les menaces d'attentats ou de kidnappings planent toujours sur la capitale irakienne, les fêtards s'enhardissent de plus en plus tard dans les rues, en dépit des couvre-feux.

Le , les derniers soldats américains quittent l'Irak, mettant fin à la guerre d'Irak. Ne reste qu'un contingent chargé de protéger l'ambassade américaine, et une centaine d'instructeurs pour l'armée irakienne. Faute d'accord d'immunité avec le gouvernement irakien, aucune force antiterroriste ne reste sur place.

L’échec des négociations avec le premier ministre Nouri al-Maliki sur l'immunité des soldats américains font que le Pentagone a abandonné l'idée d'une force antiterroriste permanente sur le sol irakien.

2013 : la seconde guerre civile irakienne[modifier | modifier le code]

Le , une insurrection de tribus sunnites éclate dans la province d'Al-Anbar et engendre la seconde guerre civile irakienne[30],[31]. Des djihadistes créent l'État Islamique (EI) à cheval sur l'est de la Syrie et l'ouest de l'Irak et persécutent des chrétiens et des yézidis qui sont obligés de fuir au Kurdistan.

2018 - aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les tensions sont toujours extrêmement présentes surtout à cause du conflit entre la Turquie et les Kurdes ou de Daesh qui organise toujours des guérillas et des attentats.

Politique[modifier | modifier le code]

Un Irakien faisant le signe de la victoire en montrant son doigt marqué par l'encre indélébile, en janvier 2005.

Jusqu'en 2003, l'Irak était officiellement une république depuis le début des années 1960, gouvernée par Saddam Hussein depuis le .

L'attaque menée par les États-Unis et le Royaume-Uni soutenue par plusieurs dizaines de pays a entraîné le renversement du gouvernement de Saddam Hussein et la présence des armées étrangères coalisées.

Gouvernement provisoire[modifier | modifier le code]

D'avril 2005 à mai 2006, le pouvoir est détenu par le gouvernement de transition dirigé par le chiite Ibrahim al-Jaafari. Jalal Talabani, le nouveau président irakien intérimaire, est un important dirigeant kurde, favorable à la scission de l'Irak en trois entités distinctes, idée considérée comme totalement inacceptable par la minorité sunnite. Les chiites ont toutefois une position intermédiaire, préférant quant à eux créer un État fédéral.

Élections législatives de janvier 2005[modifier | modifier le code]

Le scrutin du proposait l'élection d'une assemblée nationale constituante, composée de 275 sièges. La journée du vote fut marquée par des attentats ayant tué 36 personnes dont 30 civils. Le taux de participation s'établit à 58 % (8 456 266 votants).

La Commission de rédaction de la Constitution, qui a écrit la loi fondamentale de l'Irak avant le , réunit 55 membres dont 25 sunnites. Elle est proposée à l'approbation du peuple le  : 61 % des citoyens ont participé à cette consultation démocratique, malgré les tentatives d'intimidation qui ont fait quatre morts dans tout le pays. Les résultats sont connus le  : la Constitution est acceptée par 78 % des suffrages exprimés.

Élections législatives de décembre 2005[modifier | modifier le code]

Une fois la constitution approuvée, l'élection de la chambre basse (Conseil des représentants), en devait mettre en place une assemblée nationale permanente et un gouvernement qui ne soit plus de transition.

Les élections de sont marquées par la victoire de l'Alliance irakienne unifiée, et un taux de participation de près de 80 %. En mai 2006, Nouri al-Maliki est investi Premier ministre à la tête d'un gouvernement de coalition. Le mandat des députés est de 4 ans et devait se terminer fin 2009.

Élections législatives de 2010[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de 2010 sont marquées par un taux de participation de près de 63 %, malgré des menaces d'attentats contre les bureaux de vote, et une série d'attentats faisant 40 morts le jour du scrutin. Les résultats montrent l'importante remontée des sunnites par la victoire de la coalition laïque du Mouvement national irakien (25,8 %), suivie de près par la Coalition de l'État de droit du Premier ministre Nouri al-Maliki (25,7 %), et le déclin relatif de l'Alliance irakienne unifiée (19 %).

Géographie[modifier | modifier le code]

Image satellite de l'Irak en septembre 2003.

D’une superficie de 437 052 km2 (dont 4 910 km2 d'eau), il partage ses frontières terrestres de 3 650 km avec la Turquie (352 km), l’Iran (1 458 km), le Koweït (240 km), l’Arabie saoudite (814 km), la Jordanie (181 km) et la Syrie (605 km).

L’Irak est majoritairement composé de plaines, désertiques dans la partie occidentale du pays, fertiles à l’est de l’Euphrate et du Tigre ; des marais bordent, au sud, la frontière iranienne ; une zone de montagne s’étend au nord-est le long des frontières avec la Turquie et l’Iran. Le climat est désertique à l’ouest, chaud et humide dans la partie est. Le Nord possède un climat montagnard avec des hivers froids et enneigés et des étés cléments du fait de l’altitude.

Le pays est dominé par la vaste plaine de la Mésopotamie où coulent, en direction du Golfe persique, le Tigre (1 718 km dont 1 419 en Irak) et l'Euphrate (2 330 km dont 1 200 en Irak).

Le Nord est occupé par les hautes montagnes du Kurdistan qui, avec des sommets dépassant ou approchant les 3 000 mètres (Cheekha Dar, Halgurd, Shax-î Ḧesarost, ce dernier atteignant 2 874 mètres) prolongent le Taurus turc ou le Zagros iranien.

Les plateaux steppiques s'abaissent en pente douce vers la Mésopotamie. Aux confins de la Turquie et de la Syrie, le plateau de la Chamiyé est coupé par l'Euphrate qui est bordé par des talus abrupts ('irâq). En aval de Hit et de Samara, les vallées du Tigre et de l'Euphrate forment une large plaine alluviale : la Mésopotamie proprement dite. Aux environs de Bagdad, les deux fleuves se rapprochent puis s'étalent dans une basse plaine marécageuse, avant de former le Chatt-al-Arab débouchant sur le Golfe persique par un vaste delta. La violence des crues a rendu nécessaire la construction de barrages qui distribuent les surplus d'eau par exemple vers le lac Habbaniyya, vers des dépressions, des réservoirs artificiels, des canaux, afin de mettre villes et campagnes à l'abri des inondations.

L'Irak est vulnérable face au changement climatique. Une augmentation d’un mètre du niveau des mers forcerait à l’exil les deux millions d’habitants de Bassorah, tandis qu’une augmentation de trois mètres irait jusqu’à 150 kilomètres à l’intérieur des terres et submergerait des millions d’autres personnes dans un marais géant. La Banque mondiale prévoit une baisse de près de 10 % des précipitations annuelles d’ici 2050, ce qui aggraverait les problèmes d’évaporation et ferait basculer l’Irak de la précarité dans une véritable crise de l'eau[32].

Administration[modifier | modifier le code]

Provinces[modifier | modifier le code]

Provinces d'Irak avec leur numéro.

Cette liste de subdivisions a été établie en 1976.

Principales villes[modifier | modifier le code]

Carte des villes de l'Irak.

Économie[modifier | modifier le code]

Le PIB par habitant s’élève en 2017 à 4 990 dollars, contre 7 000 dollars en 1990[33].

L'économie du pays a surmonté les conséquences immédiates de l’invasion et connaît, après l'effondrement total de celle-ci en 1991, davantage aggravée par l'embargo, une croissance prometteuse, malgré les innombrables difficultés actuelles avec 17 % de croissance en 2005 et une estimation de 13 % de croissance en 2006[34] :

  • 18,4 milliards de $ de produit intérieur brut et un revenu par habitant de 780 $ en 2002
  • 25,7 milliards de $ de PIB en 2004, 949 $ par habitant
  • 29,3 milliards de $ de PIB en 2005
  • ~ 47 milliards en 2006 de PIB, 1 635 $ par hab.
  • Une projection de 71 milliards $ de PIB en 2008 avec un revenu de 2 319 $ par hab.

Le nombre d'entreprises privées en Irak est passé de 8 000 en 2003 à 35 000 en 2006, bien que le taux de chômage n'ait pas sensiblement varié (plus de la moitié des Irakiens sont soit au chômage, soit en sous-emploi). Une moyenne de 60 sociétés est créée chaque semaine[35].

Le pétrole est la principale ressource du pays, avec une production en novembre 2006 de 2,05 millions de barils par jour, malgré l'insécurité ; soit : 41 milliards de dollars de revenus pétroliers et des concessions étrangères pour 2006. Ceci fait alors de l'Irak le sixième plus gros producteur au sein de l'OPEP. En 2008 la production a retrouvé son niveau du temps de l'embargo (2,4 millions de barils par jour en mars, et 2,9 millions espéré fin 2018)[36]. En 2004, ses réserves estimées étaient de 115 milliards de barils (chiffres suspects selon quelques spécialistes (voir Pic pétrolier). Classé quatrième après l'Arabie saoudite, le Venezuela et l'Iran en termes de réserves, ce pays a pris la deuxième place au palmarès des producteurs OPEP pendant la décennie 2010, derrière l'Arabie saoudite, mais devant l'Iran et les Émirats.


Début 2019, selon l'AIE le pays est 5e producteur et exportateur mondial, et le 2e producteur au sein de l'OPEP[37]. Sa capacité de production serait de 4,6 Mb/j, mais en , seuls 3,4 Mb/j ont été exportés, afin de soutenir le cours du pétrole (qui pourrait aussi remonter à cause des sanctions américaines sur le pétrole iranien)[37]. Toujours selon l'Agence, si les investissements étrangers se font, si une stabilité géopolitique du pays le permet et que le pays gère ses pénuries d'eau, il pourrait devenir en 2030 le 4e producteur mondial de pétrole en produisant alors environ 6 millions de barils/jour, dont 4,4 destinés à l'export[37].

Sa population adopte rapidement et avec enthousiasme les techniques de communication modernes, également utilisées par les insurgés et les terroristes (4,5 millions d’abonnés au téléphone – fixe et mobile – en août 2005 contre 833 000 avant l’invasion ; 147 000 abonnés à Internet en contre 4 500 en 2002 ; 7,1 millions de téléphone portable fin 2006).

Il y a toujours un énorme fossé entre la demande et la production d'électricité (5 000 mégawatts produits pour 9 200 demandés en 2006 ; 6 020 MW produits en [38]) avec l'immense augmentation de cette dernière depuis 2003, date à laquelle cette production était pratiquement tombée à zéro par suite des bombardements alors qu'elle était de 4 000 MW avant guerre.

Le chômage touche en 2006 officiellement de 13,4 à 18 % de la population, et le sous-emploi en touche encore 30 % ; cela pousserait un nombre non négligeable d'Irakiens à travailler plus ou moins régulièrement pour différents groupes armés, indépendamment de leurs propres convictions politiques (les membres permanents de ces groupes armés ne réaliseraient pratiquement pas d'actions à caractère militaire ou terroriste par eux-mêmes, étant avant tout des "financiers", la location des armes et la vente des munitions se faisant pas d'autres réseaux, moins "nobles", susceptibles d'alimenter dans certains cas des factions rivales, ce qui rendrait la détection et le démantèlement de ces réseaux extrêmement difficiles ; l'importance exacte de cette "économie souterraine" n'est pas connue).

Malgré la rente pétrolière, près d'un Irakien sur quatre vit sous le seuil de pauvreté de 2,20 dollars par jour[réf. nécessaire].

L'inflation devrait reculer selon les économistes américains, elle est passée de 32 % en 2006 à 17 % en 2007 et 10 % en 2008[39] contre 120 % en 2001[40].

Les lois sociales du régime baasiste n'ont pas été modifiées, à l'exception de celles qui touchent à la laïcité. La Confédération générale des syndicats, syndicat unique dans le (petit) secteur privé, a été interdite et a été remplacée dans ce rôle par la Fédération irakienne des syndicats, seule reconnue par l'État. Cette fédération est également présente dans le secteur public, bien que les syndicats y soient toujours légalement interdits. Le principal syndicat libre, interdit, est la Fédération des comités et syndicats de travailleurs d'Irak. Il existe également des syndicats de branches autonomes, également interdits, notamment chez les enseignants et dans le secteur pétrolier.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en millions d'habitants.

La population de l'Irak lors de sa création en 1920 est estimée à 3 millions d'habitants, les estimations actuelles sont 38 146 025 habitants en juillet 2016 selon le The World Factbook de la CIA[41]. En 2009, le Fonds monétaire international estimait sa population à 31 234 000[42].

  • Arabes (88 %) (sunnites : 17 %, chiites : 77 %, minorité chrétienne)
  • Kurdes (11 %, sunnites en majorité et minorité yézidie)[43]
  • Turkmènes, Assyriens et autres (1 %)

Un recensement devait avoir lieu en (le premier depuis 22 ans) mais il a été reporté à une date ultérieure non précisée[44].

Le nombre d'Irakiens ayant quitté leur pays à la suite de la guerre d'Irak (depuis 2003) est estimé à deux millions début 2007[45], même chiffre pour l’ambassade de France au Danemark[46] (1,8 million fin 2006)[47].

Parmi les ethnies minoritaires : Afro-Irakiens, Ajam (Perses), Arabes des marais, Arméniens, Assyriens, Baha'is, Bédouins, Chaldéens, Chrétiens arabes, Circassiens, Doms, Juifs, Kaka'is, Kurdes, Kurdes Feylis (en), Mandéens, Palestiniens, Roms, Sabéens, Shabaks, Turkmènes, Yezidis...

Religions[modifier | modifier le code]

L'Irak est un pays majoritairement musulman. Les chiites constituent la communauté la plus nombreuse, présente surtout dans le sud et dans le quartier de Sadr City à Bagdad. Le représentant le plus important de la communauté chiite est l'ayatollah Ali al-Sistani particulièrement influent depuis le renversement du gouvernement de Saddam Hussein[48].

Les sunnites sont présents quant à eux dans le centre (région de Bagdad ainsi qu'en Assyrie), auxquels il faut rajouter des groupes plus ou moins nombreux yézidites et mandéistes.

Les chrétiens (notamment la communauté chaldéenne), estimés à plus d'1 million avant 2003, sont depuis l'objet de nombreuses persécutions, et les deux tiers d'entre eux ont émigré dans la décennie suivante[49], la tendance se poursuivant avec l'émergence de l'État islamique[50].

L’athéisme tend à progresser ces dernières années[51].

Langues[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

La culture irakienne est fondée sur un grand nombre de juxtapositions à la suite des apports des différentes civilisations qui se sont développées en Irak (sumériennes, assyriennes, ninivites et musulmanes, sans compter les multiples influences perses, grecques, romaines, mongoles, ottomanes, européennes, etc.) ainsi qu'une mosaïque de religions (chrétiennes, juives, et musulmanes, etc.).

L'Irak fut au cours de son histoire un carrefour exceptionnel où se créèrent et se rencontrèrent de nombreuses civilisations. Cela apporta de nombreuses superpositions de couches culturelles à cet État.

Scène de la chasse au lion du palais nord-est d'Assurbanipal.

Sa culture est donc imprégnée fortement de cette mosaïque culturelle. Nabuchodonosor apporta une certaine forme de monothéisme. On trouve toujours en Irak des zoroastriens, traces de la lointaine présence perse. Les Arabes apportèrent la religion musulmane, etc.

La société irakienne possède différents niveaux de clivages culturels, politiques, religieux et claniques d'une très grande complexité, qu'il est au minimum indispensable de connaître pour pouvoir un peu comprendre l'évolution de la situation dans ce pays.

L'Irak moderne du XXe siècle a été très productif intellectuellement et artistiquement : œuvres de M'aruf al-Rusafi et de Jabra Ibrahim Jabra, création des Beaux-Arts par Faiq Hassan en 1939, œuvres révolutionnaires du peintre et sculpteur Jawad Saleem, architectures modernes de Rifat Chadirji, Qahtan Madfai, Qahtan Awni, Jaafar Allawi, Midhat et Ali Madhloom, etc. Creuset du modernisme au Moyen-Orient dans les années 1950, Bagdad a attiré les plus grands architectes internationaux et compte notamment aujourd'hui des réalisations de Walter Gropius, Gio Ponti, Werner March, Le Corbusier, Josep Lluís Sert. Bagdad est aussi la ville natale de l'architecte irako-britannique Zaha Hadid, figure du mouvement déconstructiviste et première femme à obtenir le prix Pritzker en 2004[52],[53],[54],[55].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Le système éducatif irakien est dirigé et contrôlé par l’État qui finance en totalité tous les domaines de l’éducation. L’arabe est la première langue d’enseignement dans tous les établissements publics, tandis que le kurde se considère comme la première langue d’enseignement dans les régions kurdes.
À Mossoul, l’enseignement du français a commencé en 1991 dans la mesure où les élèves étaient libres de choisir son apprentissage.

L'Irak reçoit en 1982 le prix de l'UNESCO pour ses efforts dans la lutte contre l'analphabétisme (le taux d’alphabétisation des femmes, de 87 % en 1986, est alors le plus élevé de la région). Celui-ci s'étend pourtant à nouveau dans les années 1990 en raison du poids des sanctions économiques[18].

Selon un rapport de l’UNICEF paru en 2018, la majorité des enfants défavorisés ne reçoivent « aucune aide gouvernementale », ce qui tend à creuser les écarts et les inégalités. En matière d’éducation notamment, où les besoins restent « immenses » après des années de conflit. La moitié des écoles publiques irakiennes nécessitent une sérieuse réhabilitation et le pays aurait besoin de 7 500 écoles supplémentaires. En outre, « une école sur trois fonctionne par quarts multiples, ce qui réduit le temps d’apprentissage des enfants ». 92 % des enfants sont inscrits à l’école primaire, mais seuls un peu plus de la moitié des enfants défavorisés finiront le cycle primaire. L’écart se creuse plus encore dans l’enseignement secondaire et supérieur, « où moins d’un quart obtiennent leur diplôme (23 %), contre les trois quarts des enfants issus de milieux plus aisés (73 %) ». D'autre part, seuls 40 % des enfants sont entièrement vaccinés, et moins de 40 % de la population a accès à l’eau potable à domicile, ce qui expose les enfants à un risque grave de maladies d’origine hydrique[56].

Codes[modifier | modifier le code]

L'Irak a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Irak est la transcription recommandée par la Commission d'enrichissement de la langue française dans un avis publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008 ; cependant, on utilise parfois Iraq pour transcrire plus fidèlement la consonne correspondante de la langue arabe.
  2. en arabe ʿIrāq, العراق et jumhūrīyatu-l-ʿIrāq Écouter, جمهورية العراق, en kurde ʿIraq, عێراق et Komarê ʿIraq, كۆماری عێراق

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté français du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales
  2. (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 12 avril 2018).
  3. (en) « Human Development Reports », sur hdr.undp.org (consulté le 6 octobre 2018).
  4. M. A. Oraizi, Amérique, pétrole, domination: Une stratégie globalisée, tome II: Hégémonie anglo-saxonne et duels des empires pétroliers, Paris, L'Harmattan, 2012, p. 29.
  5. Dénominations des pays et des zones et règles d'emploi et numéros de référence utilisés à DOSCOM
  6. Office des publications — Code de rédaction inter-institutionnel — Annexe A5 — Liste des États
  7. Nomenclature des Pays et territoires étrangers du Code officiel géographique de l'INSEE
  8. JORF du 25 janvier 1994 p. 1291, mentionnant Iraq, l'article 2 alinéa 3 stipulant «Les noms de pays et de villes étant des noms propres, il est recommandé de respecter la graphie locale en usage, translittérée ou non.»
  9. Recommandation parue au Journal Officiel du 24 septembre 2008
  10. La République d’Irak en bref sur le site du Département fédéral des affaires étrangères (Suisse)
  11. « Pays et capitales du monde, Commission de toponymie »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), IGN
  12. Khvarvaran (Modern Iraq), An Iranian Province, Shapour Suren-Pahlav, Iranchamber.com (consulté le 28 septembre 2006).
  13. « Comment le communisme a façonné le chiisme politique irakien », Orient XXI,
  14. (en) Ari Alexander, « The Jews of Baghdad and Zionism: 1920-1948 » [PDF], p. 86-103
  15. (en) Robert Fisk: The Great War for Civilisation: The Conquest of the Middle East, p. 148, (ISBN 9781400075171)
  16. a b et c Matthieu Rey, « 1958. Quand l’Irak découvrait l’espérance révolutionnaire », sur Orientxxi.info,
  17. (en-US) Zahra Ali, « Analysis | Women's rights are under threat in Iraq », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne)
  18. a et b (en) « Was Life for Iraqi Women Better Under Saddam? », Muftah,‎ (lire en ligne, consulté le 30 septembre 2017)
  19. (en) Peter Scott Ford, Israel’s attack on Osiraq: A model for future preventive strikes?, Naval Postgraduate school, (lire en ligne), page 16
  20. (en) http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/middle_east/article4791158.ece « The secret life of Tzipi Livni », par James Hider, Charles Bremner et Fran Yeoman. 20 septembre 2008. TimesOnLine
  21. Marc Bossuyt, « Conséquences néfastes des sanctions économiques pour la jouissance des droits de l'homme », Conseil économique et social des Nations unies, (voir archive) [PDF]
  22. Liz Sly, Saddam Hussein said sanctions killed 500,000 children. That was ‘a spectacular lie.’, The Washington Post, 4 août 2017.
  23. « Wages of War -- Appendix 2: Iraqi Combatant and Noncombatant Fatalities in the 1991 Gulf War », sur www.comw.org (consulté le 19 mai 2016)
  24. Paris-Match, 8-15 novembre 2006
  25. : Affrontements entre chiites et sunnites en Irak après l'attaque du mausolée de Samarra, Le Monde, 22 février 2006
  26. : Emeutes après la destruction d'une mosquée, L'Obs, 22 février 2006
  27. :« Liberté en Irak », retour sur le fiasco de l'invasion américaine, Le Monde, 14 juin 2006
  28. : Irak : l'armée américaine se retire des villes, Le Figaro, 30 juin 2009
  29. :Les Irakiens retrouvent le contrôle de leurs villes, Le Monde, 29 juin 2009
  30. Démantèlement d'un camp sunnite en Irak, 13 morts, L'Obs, 30 décembre 2009.
  31. Révolte sunnite et impasse de la violence: l'Irak au bord de l'implosion?, HuffingtonPost avec Le Monde, 6 janvier 2014.
  32. Peter Harling, « L'Irak assoiffé par la folie humaine », sur Orient XXI,
  33. Safaa Khalaf, « L'Irak, pays riche peuplé de pauvres - Un budget 2019 exsangue », sur Orient XXI,
  34. Iraq Economy is Booming, MSNBC, 01/01/2007
  35. Iraq on the right path, Dr Sami Alrabaa, Kuweit times
  36. Irak : cinq ans après, l’argent du pétrole coule à flot, 19 mars 2008
  37. a b et c En 2030, l'Irak deviendrait le 3e exportateur de pétrole au monde selon l'AIE ; AFP ; Brève publiée le 25 avril 2019
  38. (en) The States of Iraq and Afghanistan, The New York Times, 18 juin 2009
  39. Chiffres de la banque mondiale et Rapport Baker de novembre 2006
  40. L'année stratégique 2002, IRIS, p. 379
  41. (en) « The World Factbook », sur www.cia.gov (consulté le 26 octobre 2018)
  42. (en) « World Economic Outlook Database, April 2009 », sur http://www.imf.org, Fonds monétaire international, (consulté le 7 juillet 2009)
  43. (en) « The World Factbook », sur www.cia.gov (consulté le 26 octobre 2018)
  44. http://www.lejdd.fr/International/Moyen-Orient/Depeches/Irak-Report-du-recensement-a-2010-130084/
  45. Les Irakiens quittent le navire, InfoSud Tribune des droits humains, 7 mars 2007.
  46. lundi 22 janvier 2007, Ambassade de France au Danemark, 22 janvier 2007.
  47. Amnesty international
  48. Renaud Girard : après Daech, comment sauver le Moyen-Orient ?, entretien, lefigaro.fr, 28 octobre 2016
  49. Agence France Presse, « Les chrétiens d'Irak pris entre deux feux, inquiets après le retrait américain », lepoint.fr, (consulté le 30 décembre 2016)
  50. Louis Imbert, « Les chrétiens d'Irak pris entre deux feux, inquiets après le retrait américain », lepoint.fr, (consulté le 30 décembre 2016)
  51. « New survey reveals drop-off in religiosity across Arab world, especially North Africa », sur Middle East Eye (consulté le 4 juin 2020).
  52. Caecilia Pieri, "Bagdad Arts Déco, architectures de brique 1920-1950", Paris, L'Archange Minotaure, 2008.
  53. http://www.gremmo.mom.fr/pieri/Pieri-Recensions%20-PDF/_1_English-Recension-Pieri2009.TAARII.pdf
  54. Mina Marefat, "1950s Baghdad, Modern and International", "TAARII Newsletter, no 2-2, Automne 2007.
  55. P.Azara (ed.), "City of Mirages: Baghdad, from Wright to Venturi", Barcelone, 2008.
  56. Stanislas Tain, « De profondes inégalités façonnent la vie des enfants en Irak », sur Le Monde arabe,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Saint-Prot. Histoire de l'Irak. Paris : Ellipse, 1999.
  • Pierre-Jean Luizard, La question irakienne, Fayard, 2002, Paris.
  • Bernard Vernier, L'Irak D'Aujourd'hui, Paris, Librairie Armand Colin, 1963, 494 pp.
  • Patrick Denaud, Irak, la guerre permanente. Traduit en portugais Ed du Félin, 2003
  • Revue Géostratégiques, Irak (numéro spécial), no 7, , 240 p, Paris.
  • Chris Kutschera (sous la direction de), Bernard Kouchner (Préface), Le Livre noir de Saddam Hussein, Oh! éditions, 2005, Paris (ISBN 2915056269).
  • Revue Maghreb-Machrek, no 190, texte de la constitution irakienne traduit de l'arabe par J.-P. Milelli, Éditions Choiseul, 2007, Paris.
  • Alexandra de Hoop Scheffer, Hamlet en Irak, CNRS Éditions, 2007, Paris.
  • « L'Irak: violence et incertitudes », Critique internationale no 34, janvier-.
  • Fanny Lafourcade. Le chaos irakien. La Découverte: Paris, 2007, 123 p.
  • Témoignage de Mgr Rabban, évêque chaldéen d'Erbil, in Le Figaro, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]