Allier (département)

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Allier
Allier (département)
Allier (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Moulins
Sous-préfectures Montluçon
Vichy
Président du
conseil départemental
Gérard Dériot (LR)
Préfet Arnaud Cochet
Code Insee 03
Code ISO 3166-2 FR-03
Code Eurostat NUTS-3 FR721
Démographie
Gentilé Elavérin, Elavérine
Population 343 431 hab. (2013)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Superficie 7 340 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 3
Cantons 19
Intercommunalités 21
Communes 318

L'Allier (prononcé [a.ˈlje]) est un département français qui appartient à la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 03. Sa préfecture est Moulins.

Ce département correspond pour l'essentiel à l'ancienne province du Bourbonnais.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le nom du département provient de celui d'une des rivières qui le parcourent, l'Allier.

L'Allier est appelé, en occitan, Alèir et en latin Elaver.

Gentilé[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de gentilé traditionnel pour nommer les habitants du département de l'Allier.

Parmi les noms envisagés, on note :

  • Alliérins, Elavérins, Bourbonnais ou… habitants de l'Allier[1]. Le terme Bourbonnais est cependant de loin le plus couramment utilisé tant par la presse locale que par les instances politiques (notamment le conseil général). Une enquête de ce dernier, datée de 2001, réalisée auprès de la population, a montré que 50 % des habitants se définissaient comme Bourbonnais (et 35 % comme habitants de l'Allier).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Allier.
L'Allier et les provinces et pays qui occupaient son territoire avant 1790.

L'histoire du département de l'Allier correspond à celle du duché de Bourbon (Bourbonnais), dont il partage la presque totalité du territoire. Cependant, plus d'une quarantaine de paroisses de l'ancienne province d'Auvergne (dont Cusset et Saint-Pourçain-sur-Sioule) furent incluses dans le nouveau territoire, lors de sa création en 1790.

Ce département a été l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir de la majeure partie de l'ancienne province du Bourbonnais, à l'exception de Saint-Amand-Montrond et de sa région.

En 1940, le gouvernement du maréchal Pétain s'installa dans la ville de Vichy, qui obtint alors le statut de sous-préfecture, à la place de Lapalisse.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Haute-Loire

Blasonnement : D’azur semé de fleurs de lys d’or à la bande de gueules.

Le blason de l'Allier, qui est aussi celui de l'ancienne province du Bourbonnais, est aux armes de la troisième maison de Bourbon issue de Robert de Clermont, sixième fils de Saint Louis, qui épousa Béatrice de Bourbon et fut reconnu sire de Bourbon en 1283[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Allier.
Château de Billy.

Le département de l'Allier est formé de la presque totalité de l'ancien Bourbonnais. Il fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes et est limitrophe des départements du Cher, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, de la Loire, du Puy-de-Dôme et de la Creuse.

Villes principales : Moulins (préfecture), Montluçon, Vichy, Cusset, Yzeure, Domérat, Bellerive-sur-Allier, Commentry, Gannat, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Désertines, Avermes.

Il comprend aussi trois villes thermales : Bourbon-l'Archambault, Néris-les-Bains et Vichy. Néris-les-Bains est la seule ville du département à compter plus de 10 % de résidences secondaires : 504 pour 1 800 résidences en 1999.

Relief[modifier | modifier le code]

Le bocage bourbonnais couvre la plus grande partie ouest (englobant la forêt de Tronçais) et centrale du département, suivi de la Sologne bourbonnaise pour la partie est nord-est, la Montagne bourbonnaise (proche de Vichy), qui est le toit du Bourbonnais avec le Montoncel (culminant à 1 287 mètres), enfin le sud de la province, la Limagne bourbonnaise, qui s’étend de Varennes à Gannat, et en est le grenier.

Le Bocage bourbonnais
Au nord, et ne dépassant guère les 500 mètres d'altitude, le bocage bourbonnais occupe un bon tiers du département, avec deux déclinaisons, centre et ouest (pour la partie comprise entre le Val de Cher et les limites occidentales du territoire). Le bocage est notamment remarquable pour sa richesse en forêts et bois, dont la célèbre forêt de Tronçais mais aussi les forêts de Moladier, Bagnolet, Civrais, Soulongis, Grosbois, Dreuille, Lespinasse ou la Suave. Sur presque tout le sud du bocage s’étend la Combraille, parfois baptisée Haut Bourbonnais, sur un territoire qui va au-delà des limites départementales de la Creuse et du Puy-de-Dôme. Cette zone du département culmine à 778 mètres à la Bosse, et les rivières (Sioule, Bouble et Cher) y ont creusé les gorges les plus pittoresques de l’Allier.
La Sologne bourbonnaise
À l'est, reliant le Val d’Allier et les frontières avec la Nièvre et la Saône-et-Loire, la Sologne Bourbonnaise présente un bel équilibre entre prairies, cultures, bois et étangs, ce compromis entre agriculture et espaces semi-sauvages constituant un écrin très favorable à la faune et à la flore.
La Montagne bourbonnaise
Dans son prolongement au sud, la Montagne Bourbonnaise prend naissance dès le Puy Saint-Ambroise (442 mètres), près de Saint-Léon, pour ensuite s’affirmer sur tout le massif de l’Assise et des Bois Noirs, à la limite du Puy-de-Dôme et de la Loire, jalonnée par le Puy de Montoncel (1 287 mètres), point culminant de l’Allier.
La Limagne bourbonnaise
Communément rassemblées sous la dénomination de Val d’Allier, la Limagne et la Forterre s’étendent de part et d’autre de la rivière, entre Vichy et Saint-Pourçain, avec une qualité essentielle, la fertilité. La première citée, entre Sioule et Allier, s'inscrit dans le triangle Gannat/Escurolles/Saint-Pourçain, tandis que la Forterre couvre le canton de Varennes-sur-Allier, avec une pointe jusqu’à Jaligny.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Cours d'eau : à l'ouest le Cher, en son centre l'Allier et son affluent la Sioule, à l'est la Loire et son affluent la Besbre.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de l'Allier.

Pays frontière au milieu des terres, l’Allier constitue réellement une zone franche entre nord et midi. Largement ouvert aux influences atlantiques le département bénéficie d’un climat doux et humide, dominé par les vents d’ouest, ce qui contribue un peu plus à le démarquer de ses cousins auvergnats.

L’humeur du temps s’identifie à la diversité des territoires Bourbonnais, comme les régions plates, et de faible altitude de la Sologne Bourbonnaise et des grandes plaines fluviales ; les pays de collines, à l’altitude moyenne de 300 à 600 mètres, de la partie centrale du département ; ou la semi-montagne des cantons du sud, avoisinant la Combraille et le Forez, entre 700 et 1 200 mètres. On relève deux maxima de précipitations en juin et octobre, et un minimum en janvier-février, avec des moyennes de 694 millimètres à Montluçon (altitude 207 mètres) ; 763 mm à Moulins (245 m) ; 778 mm à Vichy (251 m) ; 791 mm à Lapalisse (285 m) ; et près de 1 200 mm à l’Assise (1,050 m.).

Comme on l’a remarqué les vents atlantiques sont dominants, qu’ils soient d’ouest, nord-ouest, ou sud-ouest. L’influence du relief, notamment dans les vals de Cher et d’Allier, donne également des flux sud-nord. On notera enfin que l’insolation moyenne, relevée à la station météo de Vichy-Charmeil, sur la période 1971/2000, est de 1 880 heures par an.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Allier.
Carte de l'Allier.

Au , la population de l'Allier était estimée à 357 100 habitants ce qui représente une densité moyenne de 50 hab./km2. De nombreuses régions ont une densité inférieure à 20 hab./km2.

Les habitants de ce département, sans gentilé propre, peuvent être baptisés Alliérains ou Elavérins[3].

L'Allier est confronté depuis le début des années 1980 à de nombreux handicaps démographiques. Le taux des personnes âgées est important et le taux de fécondité faible de telle sorte que le solde naturel est déficitaire. Parallèlement le solde migratoire est devenu très négatif.

Au , la population légale est de 343 309 habitants[4]. Le taux de fécondité est légèrement inférieur à celui de la moyenne nationale en 2007, il suffirait pourtant au renouvellement de la population d'Allier mais la pénurie d'emplois incite à l'exode rural des jeunes vers les bassins d'emplois plus propices, confirmant un solde migratoire négatif.

L'Allier compte trois agglomérations importantes, les unités urbaines de Vichy, Montluçon et Moulins par ordre de taille. Le reste du département comprend quelques petites villes et bourgs dispersés, principalement le long des rivières. Les villages peu nombreux sont éloignés les uns des autres, et c'est dans l'ensemble un département faiblement peuplé. Jusque vers la fin du XIXe siècle pourtant, la population augmenta grâce au développement de ses villes (industries à Montluçon et à Moulins, thermalisme à Vichy) qui compensa l'exode rural. Le département dépassa alors les 420 000 habitants. Après les pertes de la Première Guerre mondiale, la population se stabilisa, puis réaugmenta un peu dans les années 1960. Depuis, en raison de la poursuite de l'exode rural et surtout du déclin des industries anciennes, la population a diminué et vieilli régulièrement, passant de 386 533 habitants en 1968 à 343 309 en 2006.

Communes les plus peuplées[modifier | modifier le code]

En 2011, les quinze communes les plus peuples du département étaient :

Rang Nom de la commune Population municipale (2011)
1 Montluçon 38 166
2 Vichy 24 992
3 Moulins 19 094
4 Cusset 13 525
5 Yzeure 12 990
6 Domérat 9 027
7 Bellerive-sur-Allier 8 530
8 Commentry 6 580
9 Gannat 5 806
10 Saint-Pourçain-sur-Sioule 4 944
11 Désertines 4 290
12 Avermes 3 794
13 Saint-Germain-des-Fossés 3 697
14 Varennes-sur-Allier 3 574
15 Dompierre-sur-Besbre 3 128

Unités urbaines[modifier | modifier le code]

Selon l'INSEE, l'Allier comptait en 2010 treize unités urbaines, dont huit composées d'une commune isolée et cinq formant de petites agglomérations composées de deux à treize communes. de ces unités urbaines avaient plus de 3 000 habitants en 2012 :

Rang Nom de l'unité urbaine Population municipale (2012) Nombre de communes
(dont villes-centres)
1 Vichy 65 931 13
2 Montluçon 58 188 7
3 Moulins 37 282 4
4 Commentry 7 421 2
5 Gannat 5 806 1
6 Saint-Germain-des-Fossés 5 018 3
7 Saint-Pourçain-sur-Sioule 4 956 1
8 Varennes-sur-Allier 3 542 1
9 Dompierre-sur-Besbre 3 128 1
10 Lapalisse 3 122 1
11 Néris-les-Bains 2 588 1
12 Bourbon-l'Archambault 2 561 1
13 Cosne-d'Allier 2 194 1

Aires urbaines[modifier | modifier le code]

Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, l'Allier compte 9 aires urbaines. Trois communes du département appartiennent aux aires urbaines de Digoin (2) et Saint-Amand-Montrond (1).

Rang Nom de l'aire urbaine Population municipale (2012) Nombre de communes
1 Vichy 84 153 37 (dont deux en Puy-de-Dôme)
2 Montluçon 79 313 39
3 Moulins 61 346 39
4 Commentry 7 746 3
5 Saint-Pourçain-sur-Sioule 5 972 3
6 Gannat 5 806 1
7 Varennes-sur-Allier 3 542 1
8 Dompierre-sur-Besbre 3 128 1
9 Lapalisse 3 122 1

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Arnaud Cochet, ancien préfet de Haute-Saône, est nommé préfet de l'Allier le 30 avril 2014.

Benoît Brocart, ancien préfet du Territoire de Belfort, a été nommé préfet de l'Allier le .

Jean-Luc Marx, préfet du Lot, a été nommé le préfet de l'Allier, en remplacement de Pierre Monzani, nommé le 25 mai préfet de Seine-et-Marne.

Pierre Monzani était préfet de l'Allier depuis le 14 janvier 2009. Né le 12 mai 1958 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), Pierre Monzani est titulaire d'une agrégation d'histoire et d'un DEA d'histoire et civilisation. Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Saint-Cloud) et de l’ENA, il avait été depuis août 2006 directeur de l’INHES (Institut National des Hautes Études de Sécurité)[5].

Deux sénateurs[modifier | modifier le code]

Aux élections sénatoriales de 2008, la gauche a conquis un des deux sièges de sénateurs de l'Allier jusque-là détenu par la droite. Mireille Schurch, maire PCF de Lignerolles, a été élue.

Aux élections de 2014, Mireille Schurch ne se représentait pas. C’est Claude Malhuret, maire de Vichy, qui a été élu sénateur, Gérard Dériot étant pour sa part réélu.

Trois députés : à gauche, 2 PS et 1 PRG[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de 2012 se sont déroulées pour la première fois avec trois circonscriptions seulement dans l'Allier au lieu de quatre auparavant, à la suite du redécoupage électoral de 2009 (JO du 23 février 2010). L'ancienne troisième circonscription, auparavant détenue par Jean Mallot (PS), a été supprimée.

Les trois députés de la XIVe législature (2012-2017) sont Guy Chambefort (PS), Bernard Lesterlin (PS) et Gérard Charasse (PRG).

Les élections législatives de 2007 avaient envoyé à l'Assemblée trois socialistes (Bernard Lesterlin à Montluçon, Jean Mallot à Saint-Pourçain et Guy Chambefort à Moulins) et un PRG (Gérard Charasse à Vichy).

Un département : à gauche (PCF)[modifier | modifier le code]

Depuis les élections cantonales de mars 2008, l'Allier a de nouveau une majorité de gauche. L'URB (Union Républicaine pour le Bourbonnais, droite) avait dirigé le département entre 2001 et 2008, les dernières années d'une seule voix d'avance. Désormais, la coalition de gauche est aux manettes, avec également un avantage d'une seule voix (10 PC, 6 PS, 2 PRG, 18 sièges au total), face à 17 conseillers généraux de l'URB. L'Allier est ainsi présidé par un communiste, Jean-Paul Dufrègne, à l'instar du Val-de-Marne en Île-de-France. Le Conseil général de l'Allier avait déjà été dirigé - après la décentralisation - par un communiste, Jean-Claude Mairal (1998-2001) ; la perte de son mandat s'était inscrite dans une dynamique nationale de victoire de la droite.

Trois grandes villes : à droite[modifier | modifier le code]

Les trois grandes villes de l'Allier sont gérées par des maires de droite, réélus lors des élections municipales de 2014 au premier tour : Daniel Dugléry à Montluçon (maire depuis 2001), Pierre-André Périssol à Moulins (depuis 1995) et Claude Malhuret à Vichy (depuis 1989).

Éléments d'histoire de la gauche dans l'Allier[modifier | modifier le code]

Le département se signale par un vote rouge précoce, qui se maintient jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour les deux grands partis politiques de gauche, le PCF et la SFIO, aujourd'hui devenue le PS, et même jusqu'à nos jours.

La petite ville de Commentry a ainsi la particularité d'avoir été la première ville de France[6] et du monde[7] à élire, en 1882, un maire socialiste : Christophe Thivrier. Une autre figure locale, Pierre Brizon, député en 1910, est typiquement le député des métayers[8].

Plus anciennement, on peut relever que Ledru-Rollin y fait un très bon score en 1848 (14 %), ainsi que les candidats démocrates et socialistes l’année suivante (44 % des voix, contre 35 % en France)[9]. De même, la résistance au coup d'État du 2 décembre 1851 est importante, après une tentative de soutien à l’insurrection de juin 1849[10]. Les Républicains sont majoritaires dès 1876, et emportent les six sièges de députés[11]. Après des scores voisins de 15 % des inscrits de 1893 à 1906, les socialistes montent à 31 % des inscrits (42 % des exprimés) en 1910, score maintenu en 1914[12]

L'Allier est encore aujourd'hui une des terres du communisme rural (encore 14,66 % aux régionales de 2004, soit le 2e meilleur score du parti derrière la Somme), dans une cohabitation parfois difficile avec le parti socialiste.

Pour les causes, on peut relever qu’historiquement, l’Allier est un département où la grande propriété se combine à un important métayage. Celui-ci, qui se répand seulement au XVe siècle[13], n’est pas contrebalancé par la vente des biens nationaux à la Révolution[14]. Au XIXe siècle, les grandes propriétés (100 ha et plus) occupent environ la moitié des terres, et même plus de 70 % dans le nord du département. Dans le sud, la petite propriété domine[14]. Le métayage se maintient comme forme de mise en valeur des terres, puisqu’il concerne encore 40 % des terres en 1892 (7 % en France)[15]. Les conditions défavorables faites aux métayers favorisent la création de syndicats ruraux, entre 1904 et 1911 (troisième département en France, après l’Hérault et les Landes). Malgré le peu de résultats, la mobilisation est importante et favorise l’élection de candidats de gauche[16].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Allier.

L'économie du département de l'Allier reste très ancrée sur l'agriculture traditionnelle (notamment l'élevage et la sylviculture) et sur des ressources héritées du passé. L'agriculture occupe encore une grande part du marché de l'emploi, plus qu'au niveau national (21 300 personnes sur 129 700 emplois en 2010) et représente ainsi 7 à 8 % du produit intérieur brut départemental[17]. S'y ajoutent le tourisme et le thermalisme.

L'industrie est très présente, principalement avec la métallurgie, la construction mécanique, le matériel électrique et la fabrication de denrées alimentaires, mais aussi avec les produits en caoutchouc et en plastique, ce qui totalise la moitié des emplois industriels du département. Les secteurs incluent l'automobile, l'armement, le bâtiment, le textile, l'ameublement, la chimie, la santé. Elle comporte plus de petites et moyennes entreprises qu'au niveau national (seules une vingtaine d'établissements occupent au moins 250 salariés), mais plutôt plus pérennes et moins renouvelées[17].

Les services marchands donnent eux une activité bien inférieure à la moyenne métropolitaine (38 % contre 46 %), au contraire des services non marchands plus présents (domaines médical, médico-social et social, en particulier, les établissements du domaine public)[17].

Industrie[modifier | modifier le code]

L'observatoire économique[18] répertorie, en 2015, 260 entreprises / 10 600 employés dans le secteur mécanique au sens large, 90 / 3 200 dans la filière IAA, 150 / 2 800 en transport et logistique, 360 / 1 500 en filière bois, 94 / 1 450 en écoactivités, et 16 / 1 300 en santé.

  • La filière mécanique/électronique/informatique/automatique/plasturgie compte des grands groupes comme Sagem-Safran (à Montluçon), Potain-Manitowoc, PSA Peugeot Citroën, Dunlop Goodyear (à Montluçon), Erasteel-Eramet, Amis, Bosch (à Yzeure)… et un tissu de PME riche et diversifié. Son développement s'appuie sur le pôle de compétitivité Viameca et sur les formations techniques locales (Montluçon).
  • Une cinquantaine d’entreprises spécialisées opèrent en éco-construction, éco-énergie, éco-ingénierie (protection, analyse, récupération/traitement/élimination des déchets, liées au cluster d’excellence labellisé auvergnat (E2IA) et aux formations spécialisées à Montluçon et Vichy.
  • L'activité transport et logistique comporte plus de 160 sociétés qui bénéficient d'une situation stratégique vers le nord via l'A77 et l'A71 (Paris, Nantes), l'est via la RCEA et le sud via l'A75, ainsi que des parcs d'activité logistique (La Loue à Montluçon, Château d'eau à Montmarault, Logiparc03 à Moulins, Écherolles à Saint-Loup) et les ZAC (à Saint-Pourcain, Vichy, Commentry et Lapalisse), plus des sociétés d'emballage.
  • La filière bois, liée à la sylviculture locale, compte des groupes leaders comme Berry Wood, Chignac Bois et scierie, Ets Canard, Ets J. Bourdier, Ets Roy et Fils, Fournel Emballages, Menuiserie Charpente Philippe Guillaumin, Menuiserie Dutour, Office national des forêts, Sedec, Sefic, Stand Expo Deco, Tonnerre.
  • La filière agroalimentaire s'appuie sur la forte tradition agricole locale, la qualité et le haut de gamme, principalement autour de l’eau et de la viande ainsi que le pôle de compétitivité d’envergure internationale Céréales Vallée. Elle compte de grands groupes industriels (Alliance Bigard Charal, Compagnie de Vichy, Épicentre, Kraft Food, Ldc, Sicarev, Société commerciale des eaux du bassin de Vichy…) et de nombreuses PME (Allier Volailles, Convivial, Pouzadoux, Puigrenier, Sicaba…).
  • La filière nutrition-santé compte une dizaine de société actives dans la fabrication, l’emballage et le conditionnement et les biotechnologies, groupées dans une association (Nutravita). Elle bénéficie du dynamisme du Parc Naturopôle Nutrition santé et du BioParc de Vichy (L'Oréal Cosmétique à Vichy).

Agriculture, thermalisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Allier.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est très actif en Allier, s'appuyant sur ses sites naturels et son patrimoine historique et culturel.

Le département de l'Allier est un pays de rivières, de bocage et de petites montagnes. Des paysages comme le bocage bourbonnais, la montagne bourbonnaise ou la forêt de Tronçais sont autant de lieux adaptés à la pratique d'activités de pleine nature : randonnée, cyclotourisme et VTT, pêche, nage, aviron et sports d'eaux vives.

Le thermalisme est un des secteurs phare de l'activité touristique bourbonnaise avec la station internationale de Vichy, et d'autres (Bourbon-l'Archambault, Néris-les-Bains).

Cette nature préservée abrite également une multitude de châteaux (plus de 500), d'églises romanes et de belles demeures.

La gastronomie bourbonnaise reflète l'histoire de la province et présente des produits de qualité : pâté aux pommes de terre, viande charolaise, andouillette, vins de saint-pourçain (AOC), chambérat du Bourbonnais, moutarde de Charroux, moulinois, vérités de Lapalisse et pastilles de Vichy.

Parmi les sites touristiques à visiter, on peut citer :

  • Monuments : le château de La Palice et ses célèbres plafonds à caissons Renaissance, le château de Bourbon-l'Archambault, « berceau des Bourbons », le Grand Casino de Vichy, le beffroi Jacquemart de Moulins, le château de Chareil-Cintrat, la route historique des châteaux d'Auvergne.
  • Églises et abbayes : la cathédrale de Moulins et le triptyque de la Vierge en gloire, l'église prieurale Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Souvigny, plus communément appelée le « Saint-Denis » des Bourbons, l'église de Saint-Menoux, l'église de Saint-Désiré, l'église Saint-Croix de Saint-Pourçain-sur-Sioule, l'abbaye Saint-Vincent de Chantelle.
  • Musées : Le centre national du costume de scène, le musée de la Visitation et de la Vie bourbonnaise, le musée Anne-de-Beaujeu, le musée de l'illustration jeunesse (MIJ), le musée du Bâtiment et la Maison Mantin à Moulins, le musée Augustin-Bernard à Bourbon-l'Archambault, le musée des Musiques populaires (Mupop) à Montluçon, le musée des Arts d'Afrique et d'Asie à Vichy, le musée de la Vigne et du Terroir à Saint-Pourçain-sur-Sioule, le musée de Souvigny.
  • Beaux villages : Charroux, Hérisson, Souvigny et Verneuil-en-Bourbonnais.
  • Parcs et jardins : l'arboretum de Balaine, le parc des Sources et les parcs d'Allier de Vichy, la route des jardins du Massif Central.
  • Parc de sculptures : exposition de sculptures monumentales en acier plein par l'artiste d'origine allemande Erich Engelbrecht (1928-2011), au château des Fougis, à Thionne.
  • Activités : Le PAL, parc d'attraction et animalier à Dompierre-sur-Besbre, Paléopolis, à Gannat, un site conçu pour comprendre les sciences de la vie et de la terre par le biais de la paléontologie, le ski dans la montagne bourbonnaise, à Lavoine, à la Loge des Gardes et au Mayet-de-Montagne, les gorges de Chouvigny, les plans d'eau de Pirot, de Sault, de Saint-Bonnet-Tronçais, du lac d'Allier de Vichy.

Trois villes se distinguent : Moulins, ville d'art et d'histoire, pour son patrimoine historique du XVe siècle, Montluçon, ville d'art et d'histoire, médiévale et festive dominée par son château, et Vichy, importante ville d'eaux et de musées.

Résidences secondaires[modifier | modifier le code]

En 2008 le département comptait 7,5 % de résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes de l’Allier dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Le département a attiré de nombreux étrangers, Britanniques, Belges, Suisses et Néerlandais. Ceux-ci ont acquis de nombreuses résidences secondaires en les rénovant, apportant ainsi à l’Allier une diversité culturelle sans égal.

On retrouve ainsi de nombreuses communes devenues « européennes », comme Pouzy-Mésangy qui accueille aujourd’hui des résidents Britanniques et Suisses.

Communes ayant plus de 10 % de résidences secondaires en 2008[19]
Commune Population municipale Nombre de logements Rés. secondaires  % rés. secondaires
Saint-Nicolas-des-Biefs 181 300 203 67,67 %
Laprugne 360 537 305 56,80 %
Chouvigny 239 268 131 48,88 %
Châtel-Montagne 419 373 131 35,15 %
Arfeuilles 685 667 234 35,08 %
Saint-Clément 355 313 105 33,55 %
Néris-les-Bains 2 704 1 842 435 23,62 %
Saint-Bonnet-Tronçais 755 538 125 23,32 %
Ébreuil 1 270 736 160 21,74 %
Cérilly 1 379 886 119 13,40 %
Bourbon-l'Archambault 2 593 1 519 170 11,17 %

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture dans l'Allier.

Langues régionales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bourbonnais (dialecte).

Le département de l'Allier est traversé par la frontière entre langue d'oc et langue d'oïl[20],[21].

Longtemps la population de l'Allier n'a pas parlé le français standard, mais une des langues locales suivantes :

Interférences :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réunion publique du 22 septembre 2011.
  2. Blasons d'Auvergne.
  3. Pierre Foncin, Géographie de la France.
  4. Populations légales des départements français, Insee.
  5. CV de Pierre Monzani [PDF], sur le site du Haut Comité français pour la défense civile.
  6. Agnès Roche, « Un terreau favorable », Études rurales, no 171-172,‎ , p. 111.
  7. Commentry sur le site des Amis des Musées de Castres.
  8. Agnès Roche, op. cit., p. 108-109.
  9. Agnès Roche, op. cit., p. 109.
  10. Agnès Roche, op. cit., p. 109-110.
  11. Agnès Roche, op. cit., p. 111.
  12. Agnès Roche, op. cit., p. 111-112.
  13. Agnès Roche, op. cit., p. 105.
  14. a et b Agnès Roche, op. cit., p. 106.
  15. Agnès Roche, op. cit., p. 107.
  16. Agnès Roche, op. cit., p. 107-108.
  17. a, b et c « Insee - Territoire - L'Allier à grands traits », sur www.insee.fr (consulté le 5 octobre 2015).
  18. « Les filières du CEEA, apporter à l'entreprise un appui adapté en Auvergne », sur www.ceea-allier.com (consulté le 5 octobre 2015).
  19. Source INSEE
  20. Charles de Tourtoulon et Octavien Bringuier, Étude sur la limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oïl (avec une carte), Paris, Imprimerie Nationale,
    Réédition Masseret-Meuzac, Institut d'Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume, 2004.
  21. Abel Hugo, France pittoresque, tome premier, 1835
  22. Guylaine Brun-Trigaud, Le Croissant : le concept et le mot. Contribution à l'histoire de la dialectologie française au XIXe siècle (thèse), Lyon, Centre d'études linguistiques Jacques Goudet, coll. « Série dialectologie », .
  23. Par ex. Nicolas QUINT, Le parler marchois de Saint-Priest-la-Feuille (Creuse).
  24. Bonin, Le patois de Langy et de la Forterre (région de Varennes-sur-Allier), Cagnes-sur-Mer, Cahiers Bourbonnais, .
  25. Simone Escoffier, La rencontre de la langue d'oïl, de la langue d'oc et du francoprovençal entre Loire et Allier : limites phonétiques et morphologiques (thèse), Mâcon, Imprimerie Protat,
    Édition identique de la même année : coll. Publications de l'Institut de Linguistique Romane de Lyon, vol. 11, Paris, Les Belles Lettres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lagardette et René Laplanche (sous la coordination de), Panorama bourbonnais 1950-2000. 50 ans de la vie de notre département Allier, Association Panorama Bourbonnais, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]