Michel Charasse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Michel Charasse
Illustration.
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel français

(8 ans, 11 mois et 27 jours)
Président Jean-Louis Debré
Laurent Fabius
Prédécesseur Olivier Dutheillet de Lamothe
Successeur Jacques Mézard
Questeur du Sénat

(2 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection
Président Christian Poncelet
Sénateur

(17 ans, 5 mois et 4 jours)
Élection 27 septembre 1992
Réélection 23 septembre 2001
Circonscription Puy-de-Dôme
Successeur Serge Godard

(6 ans, 8 mois et 29 jours)
Réélection 25 septembre 1983
Circonscription Puy-de-Dôme
Prédécesseur Roger Quilliot
Successeur Gilbert Belin
Ministre du Budget

(6 mois)
Président François Mitterrand
Premier ministre Pierre Bérégovoy
Gouvernement Bérégovoy
Prédécesseur Pierre Bérégovoy
Lui-même (ministre délégué)
Successeur Martin Malvy
Ministre délégué au Budget

(3 ans, 9 mois et 5 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Michel Rocard
Édith Cresson
Gouvernement Rocard II
Cresson
Prédécesseur Pierre Bérégovoy (ministre)
Successeur Lui-même (ministre)
Conseiller général du Puy-de-Dôme

(21 ans, 4 mois et 20 jours)
Élection 2 octobre 1988
Circonscription Canton de Châteldon
Prédécesseur Genest Fradin
Successeur Caroline Dalet
Maire de Puy-Guillaume

(32 ans, 11 mois et 9 jours)
Successeur Nadine Chabrier
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Chamalières (France)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Clermont-Ferrand (France)
Nationalité Français
Parti politique SFIO (1962-1969)
PS (1969-2008)
Diplômé de IEP de Paris
Profession Attaché d'administration

Michel Charasse, né le à Chamalières (Puy-de-Dôme) et mort le à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est un homme politique français.

Sénateur pour le Puy-de-Dôme de 1981 à 1988, il est ministre du Budget entre 1988 et 1992. Réélu au Sénat en 1992, il est exclu du Parti socialiste en 2008. Il est membre du Conseil constitutionnel de 2010 à 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un employé de l'imprimerie de la Banque de France, licencié en droit et diplômé de l'IEP de Paris, membre de la Conférence Olivaint, Michel Charasse adhère à la SFIO en 1962. Attaché d'administration centrale (1965-1976), attaché principal (1976) au ministère de l'Économie et des Finances, en service détaché auprès de la communauté urbaine de Lille (1973-1978). Il est également secrétaire général adjoint du groupe de la FGDS, puis secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée nationale de 1967 à 1981[1].

En 1967, il se présente aux élections municipales à Corte (Corse) sur la liste de Jean-Charles Colonna[2]. Élu conseiller municipal, il démissionne cependant au bout de six mois de mandat[2].

Il est élu maire de Puy-Guillaume en 1977. Après l'élection présidentielle de 1981, remportée par François Mitterrand, il devient sénateur du Puy-de-Dôme en remplacement de Roger Quilliot, nommé ministre. Michel Charasse rejoint alors l'Élysée avec le titre de conseiller, cumulant cette activité avec celles de parlementaire et de maire.

En , il est nommé ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, chargé du Budget, dans le gouvernement Michel Rocard II, fonction qu'il conserve sous le gouvernement Édith Cresson. Il rétablit l'impôt sur les grandes fortunes (IGF), aujourd'hui impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le , il devient ministre du Budget du gouvernement Pierre Bérégovoy.

Réélu sénateur aux élections de 1992, il quitte le gouvernement et redevient conseiller du président Mitterrand. Il est questeur du Sénat de 2001[3] à 2004[4].

Il est un grand amateur de cigares. La presse a abondamment relaté comment Michel Charasse, alors ministre délégué au Budget, a reçu en 1990 les cinq « sages » préparant la fameuse loi Évin contre le tabagisme : dans son bureau, en fumant tranquillement son Havane. En 1992, redevenu sénateur, il rejoint les rangs de la Confrérie Jean Nicot[5].

Par conviction anticléricale, Michel Charasse refuse d'entrer dans une église. Ainsi, aux obsèques de François Mitterrand le , il reste à l'extérieur de l'église de Jarnac, tenant en laisse la chienne de Mitterrand, Baltique[6]. Vice-président de l'Institut François-Mitterrand, il se veut un « gardien du temple mitterrandien ».

Après l'élection présidentielle de 2002, il apporte son soutien à la réforme Fillon sur le régime des retraites en affirmant que le PS avait préparé une réforme comparable au cas où Lionel Jospin aurait été élu.

Lors de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2007, il crée la surprise en recevant chaleureusement, dans sa mairie, le candidat UMP Nicolas Sarkozy[7]. Le , Michel Charasse est suspendu du Parti socialiste sur décision du bureau national, pour avoir soutenu un candidat dissident à la présidence du conseil général du Puy-de-Dôme[8].

Le , après avoir refusé un ultime compromis que leur proposait le bureau national, Michel Charasse et dix-sept conseillers généraux du Puy-de-Dôme sont exclus du PS[9]. Le sénateur trouve alors refuge au groupe du RDSE, bien que ce groupe soit l'auteur de l'amendement de l'article 89 de la loi n° 2004‑809 favorisant l'école privée[10]. En 2009, Michel Charasse apporte son soutien à la défense et la reconnaissance de la langue auvergnate[11].

Le , Michel Charasse est proposé comme membre du Conseil constitutionnel par le président de la République française, Nicolas Sarkozy[12]. Il prend ses fonctions le suivant[13]. Jacques Mézard lui succède en 2019[14].

Il meurt le à Clermont-Ferrand[15],[16], des suites d'un cancer de la mâchoire[17]. Ses obsèques ont lieu le suivant à Puy-Guillaume, en présence notamment du président de la République, Emmanuel Macron, de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin et de Gilbert Mitterrand, fils de François Mitterrand[18]. Michel Charasse est ensuite inhumé au cimetière de Puy-Guillaume[19], ville dont il a été maire jusqu’à sa nomination au Conseil constitutionnel.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire et archives orales de l'enseignement, témoin N°104 : Michel CHARASSE, sur le site Ressources numériques en histoire de l'éducation, consulté le 13 juin 2014.
  2. a et b « Michel Charasse neveu de Joseph Castellani... », sur lemonde.fr, .
  3. Compte rendu de l'élection sur le site du Sénat. Consulté le 10 février 2009.
  4. « Table nominative », sur senat.fr.
  5. « Michel Charasse, cigare compris | Le Monde du Tabac », sur lemondedutabac.com, (consulté le 22 février 2020).
  6. « Michel Charasse : Un fidèle de François Mitterrand au Conseil constitutionnel », sur archive.francesoir.fr, .
  7. « VIDEO - Quand Sarkozy visitait Charasse », sur Europe1.fr, (consulté le 21 février 2020).
  8. Jean-Michel Normand, « Le sénateur Michel Charasse suspendu du Parti socialiste », sur lemonde.fr, (consulté le 10 février 2009).
  9. « Michel Charasse a été exclu du Parti socialiste », sur lemonde.fr, (consulté le 10 février 2009).
  10. J. F. Launay, « Charasse et l'article 89 », sur deblog-notes.com, .
  11. Michel Feltin, « Charasse, le jacobin qui défend l'auvergnat », L'Express,‎ (ISSN 0014-5270, lire en ligne).
  12. Bruno Jeudy, « Sarkozy nomme Charasse au Conseil constitutionnel », sur lefigaro.fr, .
  13. « Les trois nouveaux membres du Conseil constitutionnel ont prêté serment », sur ladepeche.fr, (consulté le 21 février 2020).
  14. « Mézard, Pillet et Juppé au Conseil constitutionnel », sur Public Sénat, (consulté le 21 février 2020).
  15. Emmanuel Moreau, « Puy-de-Dôme : Michel Charasse est mort », sur France Bleu, (consulté le 21 février 2020).
  16. Raphaëlle Bacqué, « L’ancien ministre Michel Charasse est mort », sur lemonde.fr, (consulté le 21 février 2020).
  17. Julie Cloris, Ronan Tésorière et Philippe Martinat, « Influent, truculent, républicain, mitterrandien, ainsi était Michel Charasse », sur leparisien.fr, (consulté le 21 février 2020).
  18. « Obsèques de Michel Charasse : la cérémonie en présence d'Emmanuel Macron », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 26 février 2020).
  19. « Avis de décès de Michel CHARASSE à Puy-Guillaume », sur www.avis-de-deces.net, (consulté le 26 février 2020).
  20. Eric Mandonnet, « Michel Charasse, la politique jusqu'au bout du cigare », sur lexpress.fr, (consulté le 21 février 2020).
  21. Décret du 13 juillet 2019 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
  22. Décret du 31 décembre 2010 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]