Jean Royer (homme politique)

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Jean Royer (homme politique)
Image illustrative de l'article Jean Royer (homme politique)
Fonctions
Ministre des Poste et Télécommunications
Président Georges Pompidou
Alain Poher (intérim)
Gouvernement Pierre Messmer III
Prédécesseur Hubert Germain
Successeur Hubert Germain
Ministre du Commerce et de l'Artisanat
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Prédécesseur Yvon Bourges
Successeur Yves Guéna
Maire de Tours
Prédécesseur Marcel Tribut
Successeur Jean Germain
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nevers (Nièvre)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire)[1]
Nationalité Drapeau : France Française
Parti politique UNR, UDR, RPR
Profession Professeur

Jean Royer (homme politique)
Liste des maires de Tours
Liste des sénateurs d'Indre-et-Loire

Jean Royer, né le à Nevers (Nièvre) et mort le à Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire), est un homme politique français, maire de Tours, ministre sous les deux derniers gouvernements Pierre Messmer et candidat à l'élection présidentielle de 1974.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Natif du Nivernais, Jean Royer est d'abord instituteur, puis professeur d'enseignement général de collège. Il était marié et a eu quatre enfants.

De la mairie de Tours au gouvernement[modifier | modifier le code]

Il est élu député en Indre-et-Loire en novembre 1958 ; il siège à l'Assemblée nationale parmi les non-inscrits jusqu'en 1993.

Il remporte l'année suivante, en 1959, la mairie de Tours, bénéficiant du soutien de Charles de Gaulle en tant qu'ancien délégué du RPF en Indre-et-Loire. Il lance, dans les années 1960, une importante politique d'extension de la ville, annexant les communes de Sainte-Radegonde-en-Touraine et de Saint-Symphorien afin d'augmenter la surface de terrains constructibles. Outre la construction du quartier Sanitas, son œuvre majeure reste l'aménagement sur quatre kilomètres des rives du Cher, déviant et viabilisant le cours de la rivière pour y construire un important quartier de barres d'immeubles et une base de loisirs comprenant un lac artificiel. Il suscita cependant la controverse en soutenant le passage de l'A10 en bordure de la ville, coupant Tours de l'est de l'agglomération, mais aussi l'admiration, faisant ainsi du centre historique de Tours l'un des premiers périmètres urbains classés de France en 1964.

Cependant, sa rivalité avec Michel Debré, maire de ville voisine d'Amboise, écarte Tours du statut de capitale de la région Centre au profit d'Orléans, en 1964. On prête également à Michel Debré d'avoir influé sur le choix de cette ville, à la suite de son échec personnel lors des élections législatives de 1962 en Indre-et-Loire[2].

Considéré comme conservateur et réactionnaire, Jean Royer signe des arrêtés interdisant la projection de films pornographiques et l'ouverture d'une maison de tolérance, qui devient le musée Courteline. En 1968, il chasse de Tours Michel-Georges Micberth et ses collaborateurs qui avaient fondé « un centre de recherche en psychosexologie normale et pathologique[3] ».

Il est nommé ministre du Commerce et de l'Artisanat dans le deuxième gouvernement Pierre Messmer, en avril 1973 ; il abandonne alors son mandat de député, mais reste maire de Tours. En décembre 1973, il est l'auteur de la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat (loi Royer), qui règlemente l'ouverture des grandes surfaces de plus de 1 000 m² dans le but de soutenir les petits commerces. Il est brièvement, au début de l'année 1974, ministre des Postes et Télécommunications.

Candidature à l'élection présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Après la mort subite de Georges Pompidou, début avril 1974, Jean Royer démissionne de sa fonction de ministre pour se lancer dans la course à l'Élysée. Il se présente comme le candidat de droite de l'« ordre moral ». Durant la courte campagne, certains de ses meetings sont chahutés : ainsi, à Toulouse, des étudiants scandent des slogans obscènes et exhibent des posters osés pour protester contre la politique moraliste de Jean Royer en cette période de révolution sexuelle[4]. À Lille, où il exprime sa volonté de développer, une fois élu, la production charbonnière de la France, il obtient un certain succès. Au soir du premier tour, il arrive en quatrième position, en recueillant 3,17 % des voix (810 540 voix). Beaucoup de ses voix provient d'Indre-et-Loire et des départements limitrophes.

Retour à la politique locale[modifier | modifier le code]

Jean Royer se recentre ensuite sur son mandat de maire de Tours, et retrouve son siège de député le , après la démission de Jean Chassagne. Son action en tant que maire est cependant ralentie à partir de 1974 par la crise économique et l'exode rural : la ville commence à perdre des habitants, le grand projet des Rives du Cher doit être revu à la baisse. Néanmoins, comme par le passé, si sa politique municipale demeure teintée de certaines décisions autoritaires, Jean Royer reste d'un grand recours dans les situations de crise : après l'effondrement du pont de pierre en avril 1978, faisant preuve d'un grand sang-froid, il a chapeauté le ravitaillement en eau de la ville de Tours.

Plus tard, dans les années 1980, la ville stagne économiquement, l'agglomération est frappée par d'importantes vagues de fermetures et de licenciements (notamment à la SKF, fabrique suédoise de roulements à billes, à Saint-Cyr en 1989). L'arrivée du TGV en plein centre-ville, la construction du centre de congrès Vinci, d'après les plans de l'architecte Jean Nouvel, sont à mettre au crédit de Jean Royer. Mais briguant un nouveau mandat lors des élections municipales de 1995, il est battu par Jean Germain (PS) à l'occasion d'une triangulaire. Acceptant sa défaite, Jean Royer décide de se « retirer totalement de la mairie ».

Manifestation contre le barrage de Serre de la Fare.

En tant que responsable de l'Établissement public d'aménagement de la Loire et de ses Affluents (EPALA), de 1983 à 1995, il doit concéder l'abandon du plan de construction du barrage de Serre-de-La-Fare, en amont du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Ce projet, en décalage total avec les préoccupations nouvelles de l'opinion publique en matière d'environnement, a poussé l'État à l'abandonner.

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

Il préside de 1993 à 1997 le groupe parlementaire République et liberté, renonçant sur le tard à sa non-affiliation politique. Le Front national lui apporte son soutien aux élections municipales de 1995[5].

Lors des élections législatives de 1997, il renonce à briguer un nouveau mandat de député, favorisant ainsi l'élection à l'Assemblée nationale du chiraquien Renaud Donnedieu de Vabres, qui a pour suppléant Benoît Roy, qui était jusqu'alors le suppléant de Jean Royer.

Il apporte son soutien à Philippe de Villiers aux européennes de 1999 et à Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002. Il se retire ensuite de la vie politique.

Le , il meurt à l'âge de 90 ans[6].

Une statue de Jean Royer a été inaugurée place de la Liberté à Tours, en octobre 2013 ; elle est l'œuvre du sculpteur Vincent Guderzo[7].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

  • 1959 - 1995 : maire de Tours
  • 1961 - 1988 : conseiller général d'Indre-et-Loire, élu dans le canton de Tours-Ouest
  • 1983 - 1995 : président de l'Établissement public d'aménagement de la Loire et de ses affluents (EPALA, aujourd'hui Établissement public Loire)[8]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un boulevard porte son nom à Tours depuis mars 2012. Il s'agit de l'ancien boulevard Thiers[9].
  • L'association « Les Amis de Jean Royer » a le projet d'ériger une stèle en sa mémoire, comportant un buste en bronze réalisé par un jeune sculpteur, Vincent Guderzo, qui a déjà présenté sa maquette en plâtre[9]. Il est prévu que le buste soit installé à Tours, place de la Liberté, sur un socle en pierre de taille[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ancien ministre et maire de Tours, Jean Royer est mort, Le Parisien, 25 mars 2011
  2. Deux villes, deux stratégies - article de L'Express du 6 mars 2003.
  3. Vincent Soulier, Presse féminine, La puissance frivole, L'Archipel 2008, p. 214-215
  4. www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAF88045260/monsieur-royer-a-toulouse.fr.html
  5. http://www.ina.fr/video/CAC95037612
  6. « Mort de Jean Royer, maire de Tours pendant 36 ans », sur La Nouvelle République.fr, 25 mars 2011.
  7. « La statue de Jean Royer attend son inauguration », La Nouvelle République, 29 octobre 2013
  8. Une diversité d'élus sur le site de l'EPL (Établissement public Loire).
  9. a et b Tours : un boulevard et une statue pour honorer Jean Royer sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 18 janvier 2015)
  10. Le souvenir de Jean Royer entre les mains du sculpteur sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 18 janvier 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Jouet et Jean-Jacques Martin, Jean Royer, un réformisme autoritaire, Éditions sociales, 1975
  • Jean Royer, la cité retrouvée, avec la collaboration de Christiane Baillaud. Presses de la cité, Paris, 1977, (ISBN 2-258-00223-0)
  • Christian Garbar, Jean Royer 1974 : objectif Élysée, Blois, Le clairmirouère du temps, 1982
  • Jean Royer, il était une fois... un maire. Éditions C.L.D. 1997. (ISBN 2-85443-340-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]