Jean Royer (homme politique)

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Jean Royer
Image illustrative de l'article Jean Royer (homme politique)
Fonctions
Ministre des Poste et Télécommunications
Gouvernement Pierre Messmer III
Prédécesseur Hubert Germain
Successeur Hubert Germain
Ministre du Commerce et de l'Artisanat
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Prédécesseur Yvon Bourges
Successeur Yves Guéna
Maire de Tours
Prédécesseur Marcel Tribut
Successeur Jean Germain
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nevers (Nièvre)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire)
Nationalité Drapeau : France Française
Parti politique UNR, UDR, RPR
Profession Professeur

Jean Royer (homme politique)
Liste des maires de Tours
Liste des sénateurs d'Indre-et-Loire

Jean Royer, né le à Nevers (Nièvre) et mort le à Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire)[1], est un homme politique français, notamment ministre sous les deux derniers gouvernements Pierre Messmer et maire de Tours de 1959 à 1995.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Natif du Nivernais, Jean Royer est d'abord instituteur, puis professeur d'enseignement général de collège. Il était marié et a eu quatre enfants.

De la mairie de Tours au Gouvernement[modifier | modifier le code]

Il fut élu député d'Indre-et-Loire en novembre 1958, siégeant à l'Assemblée nationale parmi les députés non-inscrits à un groupe parlementaire, ce jusqu'en 1993. Il remporta l'année suivante le siège de la mairie de Tours, bénéficiant du soutien de Charles de Gaulle en tant qu'ancien délégué du RPF en Indre-et-Loire.

Dans la mémoire des Tourangeaux, Jean Royer gardera toujours l'image du maire bâtisseur. Il lança dans les années 1960 une importante politique d'extension de la ville, annexant les communes de Sainte-Radegonde-en-Touraine et de Saint-Symphorien afin d'augmenter la surface de terrains constructibles. Outre la construction du quartier Sanitas, son œuvre majeure reste l'aménagement sur quatre kilomètres des rives du Cher, déviant et viabilisant le cours de la rivière pour y construire un important quartier de barres d'immeubles et une base de loisirs comprenant un lac artificiel. Il suscita cependant la controverse en soutenant le passage de l'A10 en bordure de la ville, coupant Tours de l'est de l'agglomération, mais aussi l'admiration, faisant ainsi du centre historique de Tours l'un des premiers périmètres urbains classés de France en 1964.

Cependant, sa rivalité avec Michel Debré, maire de ville voisine d'Amboise, écartera Tours du statut de capitale de la région Centre au profit d'Orléans en 1964. On prête également à Michel Debré d'avoir influé sur le choix de cette ville, à la suite de son échec personnel lors des élections législatives de 1962 en Indre-et-Loire[2].

Homme politique souvent décrit, y compris dans sa majorité, comme étant conservateur et réactionnaire Jean Royer mena une politique rigide vis-à-vis des évolutions sociales que connaissait alors la ville. Il signa notamment des arrêtés interdisant la projection de films pornographiques et l'ouverture d'une maison de tolérance, qui devint le musée Courteline. En 1968, il chassa de Tours Michel-Georges Micberth et ses collaborateurs qui avaient fondé « un centre de recherche en psychosexologie normale et pathologique[3] ».

Jean Royer est nommé ministre du Commerce et de l'Artisanat dans le deuxième gouvernement Pierre Messmer en avril 1973, abandonnant son siège de député mais gardant son mandat de maire. Il sera notamment l'auteur en décembre 1973 de la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat (ou loi Royer), qui règlemente l'ouverture des grandes surfaces de plus de 1 000 m² dans le but de soutenir les petits commerces, cette loi est toujours en vigueur. Il fut brièvement, au début de l'année 1974, ministre des Postes et Télécommunications, choisissant le 11 avril d'abandonner son poste pour se consacrer à sa campagne pour l'élection présidentielle de 1974.

Candidature à l'élection présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Après la mort soudaine de Georges Pompidou début avril 1974, Jean Royer démissionne de son poste de ministre pour se lancer dans la course à l'Élysée. Il se présente comme le candidat de droite de l'ordre moral. Durant la courte campagne, certains de ses meetings sont chahutés : ainsi, à Toulouse, des étudiants scandent des slogans obscènes et exhibent des posters coquins (une jeune femme ira jusqu'à exposer sa poitrine aux caméras) — allusion à la politique moraliste de Jean Royer en cette période de révolution sexuelle[4]. Par contre, à Lille, où il exprime sa volonté de développer, une fois élu, la production charbonnière de la France, il obtient un certain succès. Au soir du premier tour, il arrive en quatrième position en recueillant 3,17 % des voix (810 540 voix). L'essentiel de ses voix provient d'Indre-et-Loire et des départements limitrophes.

Retour à la politique locale[modifier | modifier le code]

Passé l'échec de la présidentielle, Jean Royer se reconcentre sur son mandat de maire de Tours, et retrouve son siège de député le après la démission de Jean Chassagne. Son action en tant que maire est cependant ralentie à partir de 1974 par la crise économique et l'exode rural : la ville commence à perdre des habitants, le grand projet des Rives du Cher doit être revu à la baisse. Néanmoins, comme par le passé, si sa politique municipale demeure teintée de certaines décisions autoritaires, Jean Royer reste d'un grand recours dans les situations de crise : après l'effondrement du pont de pierre en avril 1978, faisant preuve d'un grand sang-froid, il a chapeauté le ravitaillement en eau de la ville de Tours.

Plus tard, dans les années 1980, la ville stagne économiquement, l'agglomération est frappée par d'importantes vagues de fermetures et de licenciements (notamment à la SKF, fabrique suédoise de roulements à billes, à Saint-Cyr en 1989). L'arrivée du TGV en plein centre-ville, la construction du centre de congrès Vinci, d'après les plans de l'architecte Jean Nouvel, sont à mettre au crédit de Jean Royer. Mais briguant un nouveau mandat lors des élections municipales de 1995, il est battu par Jean Germain (PS) à l'occasion d'une triangulaire. Acceptant sa défaite, Jean Royer décide de se « retirer totalement de la mairie ».

À la tête de l'EPALA[modifier | modifier le code]

Manifestation contre le barrage de Serre de la Fare.

Jean Royer a été responsable de l'EPALA (Établissement Public d'Aménagement de la Loire et de ses Affluents) de 1983 à 1995. C'est là qu'il a connu son échec le plus retentissant : l'abandon du plan de construction du barrage de Serre-de-La-Fare, en amont du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Ce projet, en décalage total avec les préoccupations nouvelles de l'opinion publique en matière d'environnement, a montré que la vision de Jean Royer dans la gestion d'un bassin hydrographique était dépassée et a poussé l'État à l'abandonner.

Retrait progressif de la vie politique[modifier | modifier le code]

Il préside de 1993 à 1997 le groupe parlementaire République et liberté, renonçant sur le tard à sa non-affiliation politique. Il ne se représente pas aux élections législatives de 1997, permettant ainsi l'élection du chiraquien Renaud Donnedieu de Vabres, avec comme suppléant le sien propre, Benoît Roy. Lors des élections européennes de 1999, il apporta son soutien à Philippe de Villiers[réf. nécessaire]. Lors de la présidentielle de 2002, Jean Royer soutient la candidature de Jean-Pierre Chevènement, fidèle à ses convictions et à son attachement à la nation française. Il se retire ensuite de la vie politique, n'apparaissant plus qu'à de rares réunions. Résidant en maison de retraite à Saint-Avertin, Jean Royer s'éteint le , à l'âge de 90 ans[5]. Une statue de Jean Royer a été inaugurée place de la Liberté à Tours, en octobre 2013 ; elle est l'œuvre du sculpteur Vincent Guderzo[6].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • Député d'Indre-et-Loire de 1958 à 1973 (réélu en 1962, 1967, 1968, 1973) et de 1976 à 1997 (réélu en 1978, 1981, 1986, 1988, 1993).
  • Président du groupe "République & Liberté" (1993-1997)

Mandats politiques locaux[modifier | modifier le code]

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Mémoire[modifier | modifier le code]

  • Un boulevard porte son nom à Tours depuis mars 2012. Il s'agit de l'ancien boulevard Thiers[8].
  • L'association « Les Amis de Jean Royer » a le projet d'ériger une stèle en sa mémoire, comportant un buste en bronze réalisé par un jeune sculpteur, Vincent Guderzo, qui a déjà présenté sa maquette en plâtre[8]. Il est prévu que le buste soit installé à Tours, place de la Liberté, sur un socle en pierre de taille[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ancien ministre et maire de Tours, Jean Royer est mort, Le Parisien, 25 mars 2011
  2. Deux villes, deux stratégies - article de L'Express du 6 mars 2003.
  3. Vincent Soulier, Presse féminine, La puissance frivole, L'Archipel 2008, p. 214-215
  4. www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAF88045260/monsieur-royer-a-toulouse.fr.html
  5. « Mort de Jean Royer, maire de Tours pendant 36 ans », sur La Nouvelle République.fr, 25 mars 2011.
  6. « La statue de Jean Royer attend son inauguration », La Nouvelle République, 29 octobre 2013
  7. Une diversité d'élus sur le site de l'EPL (Établissement public Loire).
  8. a et b Tours : un boulevard et une statue pour honorer Jean Royer sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 18 janvier 2015)
  9. Le souvenir de Jean Royer entre les mains du sculpteur sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 18 janvier 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Jouet et Jean-Jacques Martin, Jean Royer, un réformisme autoritaire, Éditions sociales, 1975
  • Jean Royer, la cité retrouvée, avec la collaboration de Christiane Baillaud. Presses de la cité, Paris, 1977, (ISBN 2-258-00223-0)
  • Christian Garbar, Jean Royer 1974 : objectif Élysée, Blois, Le clairmirouère du temps, 1982
  • Jean Royer, il était une fois... un maire. Éditions C.L.D. 1997. (ISBN 2-85443-340-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]