Antoine Waechter

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Antoine Waechter
Image illustrative de l'article Antoine Waechter
Fonctions
Conseiller régional d'Alsace
Conseiller municipal de Fulleren
En fonction depuis
(16 ans et 6 mois)
Conseiller municipal de Mulhouse
Vice-président du Conseil régional d'Alsace
Député européen

(2 ans, 4 mois et 24 jours)
Élection 15 juin 1989
Législature 3e
Groupe politique Les Verts
Biographie
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Mulhouse (Haut-Rhin)
Nationalité Française
Parti politique Les Verts (1984-1994)
MEI (depuis 1994)

Antoine Waechter, né le à Mulhouse (Haut-Rhin), est un homme politique français, membre du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Il est le candidat des Verts à l'élection présidentielle de 1988 et député européen de 1989 à 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Waechter s'investit très tôt dans la défense de la nature et des animaux (son père était boucher ce qui expliquerait selon lui son engagement précoce[1]). Né à Mulhouse, il fonde à 16 ans, en 1965, la section mulhousienne des Jeunes Amis des animaux. Il mène une thèse de doctorat en psychophysiologie portant sur « l'éthologie et l’écologie de la fouine »[2],[3]. À partir de 1967 il se bat en faveur de la préservation de la faune et des zones naturelles : réintroduction des castors en Alsace, bataille pour la Vanoise en 1970, remise en question de plusieurs chantiers routiers ou industriels, fondation du premier conservatoire des sites régionaux en 1976. Il devient président départemental puis secrétaire régional de la Fédération alsacienne des associations de protection de la Nature (AFRPN)[4].

En 1973, il participe à l'émergence du premier mouvement politiques écologistes en France : Écologie et Survie, avec Solange Fernex et Henri Jenn. Il contribue à la création du Mouvement écologique, fondé à la suite de la candidature de René Dumont à la présidentielle de 1974. Il en deviendra le président (1977), le transformera en Coordination interrégionale des mouvements écologistes, structure porteuse de la liste Europe Écologie en 1979. Il sera ainsi membre du Mouvement d'écologie politique, qui se transformera en Les Verts Parti écologiste en 1982 et contribuera à la fusion qui donnera naissance aux Verts en 1984.

Minoritaire entre 1984 et 1986, il devient l'un des porte-paroles du parti en 1986.

Figure la plus voyante de la motion « L'écologie n'est pas à marier » qui remporte la majorité à l'assemblée générale des Verts de 1986 en réaffirmant la stricte autonomie et indépendance idéologique et électorale du mouvement, après les tentations d'accord à la « gauche de la gauche » menées par Yves Cochet et la majorité qui suit la fondation des Verts, Antoine Waechter est une des figures les plus marquantes du parti écologiste jusqu'à son départ en 1994.

Antoine Waechter en 1989, lors d'une manifestation au Puy-en-Velay en septembre 1989 contre le barrage de Serre de la Fare.

Il est le candidat des Verts à la présidence de la République à l'élection de 1988. Il y obtient 3,78 %, se situant derrière André Lajoinie (PCF) et devant Pierre Juquin (communiste dissident) et Arlette Laguiller (LO). Son directeur de campagne, Jean-Louis Vidal, est le premier élu des Verts à Paris, en mars 1989.

En , il devient conseiller municipal de Mulhouse. Les Verts percent dans les grandes villes. Trois mois plus tard, en juin, la liste qu'il conduit aux élections européennes obtient 10,8 % (1 922 945 voix) et 9 sièges ; c'est le meilleur résultat jamais obtenu par les Verts à cette élection jusqu'en 2009. Il est élu député européen.

En , Les Verts et Génération écologie de Brice Lalonde obtiennent chacun environ 7 %. Waechter est élu conseiller régional d'Alsace.

À l'assemblée générale de Lille en 1993, la motion qu'il soutient est mise en minorité et c'est Dominique Voynet qui devient la porte-parole la plus influente du mouvement. Il s'oppose aux alliances électorales que la motion opposée veut conclure dès le premier tour avec la gauche dans les élections au scrutin majoritaire. Il quitte les Verts en 1994 et fonde le Mouvement écologiste indépendant (MEI). Ce parti ne réussira pas à reprendre aux Verts l'image de l'écologie politique en France et finira par ne plus regrouper que quelques centaines d'adhérents.

En 2005, il se prononce pour le « oui » au référendum sur le TCE alors que la majorité du MEI se prononce en faveur du « non » dans une consultation interne. Il fait remplacer ses opposants au conseil national, ce qui entraîne de nouveaux départs d'adhérents et de responsables, dont certains rejoignent les Verts, et il fait campagne en participant à des réunions publiques organisées par la droite.

Après son départ des Verts, Antoine Waechter rate de peu l'élection présidentielle de 1995, en n'obtenant que 480 signatures d'élus. Le MEI le choisit comme candidat pour la présidentielle de 2007[5], mais il se prononce en faveur d'une éventuelle candidature de Nicolas Hulot[6] et finalement soutient au premier tour la candidature de François Bayrou.

Antoine Waechter garde une visibilité dans sa région en Alsace où la liste du MEI qu'il mène aux élections régionales de 2004 obtient plus de 7 % des suffrages, les Verts ayant renoncé à se présenter pour s'intégrer à la liste du Parti socialiste.

Aux élections européennes de 2009, après l'échec d'une négociation avec Europe Écologie, le MEI suscite la naissance de l'Alliance écologiste indépendante (AEI), avec Génération écologie et La France en action. L'AEI réunit 3,63 % des suffrages exprimés au niveau national, contre 16,28 % à Europe Écologie.

En , le MEI conclut un accord pour les élections régionales avec Europe Écologie en Alsace et dans le Nord Pas de Calais. Deuxième de liste dans le Haut-Rhin derrière la porte-parole des Verts Djamila Sonzogni, et avec plusieurs places éligibles réservées à son parti en cas de victoire[7], il est élu au second tour, après avoir accepté une fusion avec la liste du Parti socialiste.

Waechter est désigné candidat par le conseil national du MEI les et comme candidat à l’élection présidentielle de 2017[8],[9],[10].

Formation et activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Docteur en biologie écologie de l’université de Strasbourg, Antoine Waechter dirige un bureau d’étude dédié à l’environnement depuis 1978[11].

Pensée politique[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1970, Antoine Waechter estime que l'action écologiste doit dépasser le cadre des associations et se développer dans un véritable parti politique. C'est ainsi qu'il crée le mouvement Écologie et Survie en 1973. Face à Brice Lalonde qui préfère agir à travers des réseaux associatifs tels que Les Amis de la Terre, Waechter participe à la création du Mouvement d'écologie politique (MEP) puis participe à la création des Verts.

Il refuse toutefois d'inscrire ce parti dans la séparation traditionnelle gauche/droite sur l'échiquier politique. Jusqu'au début des années 1990, il parvient à maintenir les Verts dans une stratégie qui officiellement se place à égale distance entre la droite et la gauche. Lorsque la majorité du parti des Verts, maintenant l'idée que l'écologie politique est certes une nouvelle pensée politique, décide néanmoins de s'assumer comme héritière des combats historiques de la gauche et de n'accepter d'alliances qu'avec elle, Antoine Waechter, mis en minorité, fait scission et crée un nouveau parti, le Mouvement écologiste indépendant (MEI).

Antoine Waechter, auteur d'ouvrages naturalistes, s'oppose à l'anthropocentrisme de la société moderne. Il rejette en particulier le terme « environnement », qui supposerait que la nature ne doit être conservée que pour servir de cadre de vie à l'homme. La Nature est « tout ce qui naît, vit et meurt hors de la maîtrise de l'Homme ». L'homme, selon lui, a le devoir moral de respecter la vie : sa pensée sur ce points s'inscrit dans la ligne de l'œuvre du naturaliste Robert Hainard et de son compatriote Albert Schweitzer.

Il affirme l'impossibilité d'une « croissance infinie dans un monde limité »[12] et décrit les risques posés par l'explosion démographique, la mobilité accrue et les évolutions techniques non maîtrisées.

Mandats politiques[modifier | modifier le code]

  • Député européen de 1989 à 1991. Président de la commission parlementaire de développement régional et d'aménagement du territoire.
  • Conseiller régional d'Alsace de 1986 à 1989, de 1992 à 1998 et de 2010 à 2015 ;
  • Vice-président du Conseil régional d'Alsace de 1989 à 1991 et de 1992 à 1998 ;
  • Conseiller municipal de Mulhouse de 1989 à 1994 ;
  • Conseiller municipal de Fulleren depuis .

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Avec Fabien Niezgoda, Le Sens de l'écologie politique, Paris, Sang de la Terre, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]