Albin Michel (éditeur)

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Albin Michel
Description de l'image Albin Michel (1934).jpg.
Naissance
Bourmont
Décès (à 69 ans)
Bourg-la-Reine
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession
Éditeur
Conjoint
Claire Vuillaume (1881-1909) ; Georgette Deshays (1870-1953)
Descendants
Andrée Michel mariée à Robert Esménard

Albin Michel, né le à Bourmont dans la Haute-Marne et mort le à Bourg-la-Reine[1], est un éditeur français, créateur des Éditions Albin Michel en 1902.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le village de Bourmont, en Haute-Marne, Albin-Jules est le cinquième des six enfants de François Michel (1832-1915), docteur en médecine et de Françoise Emélie Mayeur (1840-1915)[2]. Son enfance est marquée par les visites de l'éditeur Ernest Flammarion, ami de la famille qui apporte dans son petit village un peu de l'agitation parisienne[3].

Il suit sa scolarité à Neufchâteau comme ses frères qui ont quitté la sous préfecture des Vosges, Georges pour entrer à l'École de chirurgie, Ferdinand à Polytechnique et Louis pour préparer le concours de la Banque de France[4].

L'ascension d'un jeune éditeur[modifier | modifier le code]

En septembre 1890, Albin Michel qui a échoué au baccalauréat, monte sur Paris, avec en poche une recommandation paternelle pour son ami Ernest Flammarion. Il est pris en charge par Auguste Vaillant, l'associé d'Ernest, dans ses librairies, et débute comme commis au 26, rue Racine, dans le quartier de l'Odéon à Paris[5]. Bon vendeur, il est nommé en 1897 gérant d'une succursale située avenue de l'Opéra, à l'époque fleuron commercial de la maison Flammarion[6]. En 1900, il veut construire une situation pour lui et sa fiancée Claire Vuillaume (1881-1909), fille de vétérinaire, qu'il épousera le 8 juin 1901.

Il propose une association avec Flammarion mais Vaillant refuse[7]. Il quitte les éditions Flammarion, dépose les premiers statuts de sa maison d'édition et, en même temps, ouvre sa propre librairie au 59, rue des Mathurins et prend une participation dans une autre, à Bordeaux[8],[9]. Il va débuter avec des livres légers, quelque peu érotique, agrémentés de petites illustrations...

Avec L'Arriviste de Félicien Champsaur, publié en 1902, premier livre paru sous sa marque, il décroche l'un des grands succès de l'époque : l'auteur est sulfureux et pour lancer ce roman Albin Michel imagine des réclames payantes. L'année 1903 voit le lancement réussi d'une collection de livres de petit format, très bon marché, à 30 centimes, puis des romans à moins d'un franc. La maison reçoit le prix Fémina en 1905 pour Jean-Christophe de Romain Rolland, qui sera un énorme succès et impose la marque. En 1908, paraît L'Enfer, d'Henri Barbusse, qui sera vendu à plus de 200 000 exemplaires[10].

Albin Michel s'entoure peu à peu d'auteurs à succès tels que Pierre Benoit, Francis Carco, Pierre Mac Orlan et publie également des écrivains étrangers comme Cronin, Daphne du Maurier, Conan Doyle ou, plus tard, Vladimir Nabokov. Il acquiert très vite un véritable talent de découvreur.

En 1910, Albin Michel décide d'installer son entreprise au 22, rue Huyghens à Paris où il loue 1 400 m2. Il deviendra propriétaire en 1929. Il s'intéresse à la littérature étrangère et crée, en 1922, la collection Les Maîtres de la littérature étrangère[11].

Le succès[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, il achète le fonds Ollendorff, puis, développant des essais, il relance la remarquable collection fondée par Henri Berr avec des auteurs comme Lucien Febvre, Marcel Granet, Marc Bloch. Ses auteurs à succès durant l'entre-deux-guerres sont Pierre Benoit, Romain Rolland, Colette, Maupassant... Sa maison décrocha de son vivant entre autres trois prix Goncourt. N'oubliant pas son premier métier, Albin Michel inventa un prix destiné à récompenser les employés de librairie.

Il décède d'une bronchite infectieuse le 2 mars 1943 et est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine[12].

Sépulture d'Albin Michel au cimetière de Bourg-la-Reine.

Aujourd'hui, toujours indépendante, les Éditions Albin Michel constituent le quatrième groupe de l'édition française.

Irène Némirovsky[modifier | modifier le code]

Deux ans avant la mort d'Albin Michel, en 1943, sa maison d'édition, après avoir fermé au début de 1940 du fait de l'invasion allemande, est réouverte en juin par son gendre Robert Esménard qui décide de publier Irène Némirovsky et de lui fournir une aide financière alors que l'auteure, parce qu'elle est juive, se voit refuser de publication par l'ensemble des places parisiennes. Avec son directeur littéraire André Sabatier, Esménard, en 1944-1945, vient ensuite en aide à Élisabeth et Denise Epstein, les filles d'Irène Némirovsky, elle-même déportée à Auschwitz en juillet 1942 où elle meurt au bout d'un mois de détention[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Robert Denoël, sur thyssens.com.
  2. Archives départementales de la Haute-Marne. E dépôt art. 8910
  3. Emmanuel Haymann, Albin Michel, le roman d'un éditeur, Éditions Albin Michel, , p. 11
  4. Emmanuel Haymann, op. cit., p. 12
  5. Henri Jean Martin, Roger Chartier, Jean-Pierre Vivet, Histoire de l'édition française, Promodis, , p. 199
  6. Le Figaro, du 18 août 2007.
  7. Emmanuel Haymann, op. cit., p. 20
  8. http://www.imec-archives.com/fonds_archives_fiche.php?i=ALM
  9. Emmanuel Haymann, op. cit., p. 31
  10. Histoire d'Albin Michel, site de la maison, années 1900-1910.
  11. Extrait de la biographie d'Albin Michel, sur evene.fr.
  12. Tombe sur landrucimetières [?].
  13. Exposition Irène Némirovsly, Mémorial de la Shoah, 2010-2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Haymann, Albin Michel : le roman d'un éditeur, Albin Michel, (ISBN 978-2226063052)

Liens externes[modifier | modifier le code]