Commissariat général aux questions juives
| Fondation | |
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| Dissolution |
| Sigle |
CGQJ |
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| Siège |
Paris (1-3, place des Petits-Pères) |
| Pays |
Le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) est un organisme administratif français, créé en sous le régime de Vichy, chargé de préparer et d'appliquer à l'encontre des Juifs de France la politique antisémite introduite par les lois sur le statut des Juifs, pendant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. Il est dirigé par Xavier Vallat puis, à partir de , au moment de la mise en place de la déportation en France occupée, par Louis Darquier de Pellepoix. Il est dissous en à la Libération.
Direction
[modifier | modifier le code]Historique
[modifier | modifier le code]Le CGQJ est créé par la loi du [d]. Par décret du [e], il intègre le Service de contrôle des administrateurs provisoires (SCAP). Il est chargé de préparer et proposer au chef de l'État, Philippe Pétain, toutes les mesures législatives concernant les Juifs, de fixer les dates de liquidation des biens juifs, de désigner les administrateurs séquestres et de contrôler leur activité. Le commissariat est aussi chargé du traitement des Roms, eux aussi ciblés par la politique raciale des Allemands, formant une population d'environ 30 000 personnes avant leur déportation (Porajmos)[1].
Installé à l'hôtel Algeria à Vichy, le CGQJ a une antenne dans le bâtiment de la banque Léopold Louis-Dreyfus, 1 place des Petits-Pères dans le 2e arrondissement de Paris. Il est représenté dans onze préfectures de la zone nord et dans sept de la zone sud[2].
Il comprend principalement deux services : la Direction de l'aryanisation économique (DAE) et la Police aux questions juives (PQJ), devenue en la Section d'enquête et de contrôle (SEC). Il compte jusqu'à 1 200 employés[2].
La DAE, qui a plus d'importance que tous les autres services du Commissariat, est chargée de l'exécution des mesures économiques prises contre les Juifs et englobe le Service du contrôle des administrateurs provisoires (SCAP). Forte de huit cents employés, elle procède à la vente ou la liquidation des entreprises juives[2].
La PQJ, dont le rôle est la recherche des infractions au statut des Juifs, effectue en outre fréquemment des arrestations[2].
Le CGQJ est officiellement fermé fin , ses biens sont mis sous séquestre et le séquestre confié au ministère des Finances[3].
Branche algérienne : Service algérien des Questions juives
[modifier | modifier le code]Durant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été commandant en chef de l'armée française, puis ministre de la Défense dans le régime de Vichy de Philippe Pétain, Maxime Weygand a été nommé Délégué général en Afrique française du Nord.
À ce poste, il a mis en œuvre de manière particulièrement dure et zélée les politiques antisémites du régime de Vichy, les lois raciales décidées par le gouvernement de Vichy, notamment celles qui excluent les Juifs de la fonction publique, de presque toutes les activités privées et de l'université, et qui placent leurs biens sous séquestre. Ainsi, il supervise la création d'un « Service algérien des Questions juives » en août 1941, l'équivalent du Commissariat général aux questions juives de Vichy. Ces mesures ont été prises de sa propre initiative et n'ont pas été imposées par les forces d'occupation allemandes.
Mais il va plus loin que le régime de Vichy, en excluant, sans aucune loi, les enfants juifs des écoles et lycées, avec l'appui du recteur Georges Hardy. Il instaure en effet, par une simple note de service no 343QJ du un numerus clausus scolaire excluant la quasi-totalité des enfants juifs des établissements publics d'enseignement, y compris des écoles primaires, « par analogie avec la législation de l’Enseignement supérieur », alors que des mesures semblables n'avaient pas été prises en métropole [4].
Il a été ultérieurement démis de ses fonctions en à la demande d'Adolf Hitler pour son opposition à une collaboration plus poussée avec l'Allemagne sur d'autres sujets, mais son antisémitisme personnel et son rôle actif dans l'application des lois anti-juives sont des faits historiques établis.
- Affiche apposée à la demande du Commissariat sur l'hôtel Drouot, où étaient vendus de nombreux bien spoliés aux Juifs, leur en interdisant l'accès (mahJ).
- Courrier de la direction de Clermont-Ferrand du Commissariat demandant à Léon Abraham (he) de se manifester, en .
- « Certificat de non-appartenance à la race juive » délivré par le Commissariat en .
- Plaque commémorative apposée sur l'immeuble du Commissariat.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Donald Kenrick et Grattan Puxon (trad. de l'anglais par Jean Sendy), Destins gitans : Des origines à la solution finale [« The Destiny of Europe's Gypsies »], Paris, Gallimard, , 190 p. (ISBN 2-07-073550-8), p. 130–137.
- 1 2 3 4 Bernard Frédérick, « , la création du Commissariat général aux questions juives (CGQJ) », L'Humanité Dimanche, no 748, 11–17 mars 2021, p. 76–81.
- ↑ « AJ/38 : Commissariat général aux questions juives (C.G.Q.J.) et Service de restitution des biens des victimes des lois et mesures de spoliation » [PDF], sur culture.gouv.fr, Musées nationaux récupération, ministère de la Culture (version du sur Internet Archive).
- ↑ Geneviève Dermenjian, « Les Juifs d’Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1943) », dans Antijudaïsme et antisémitisme en Algérie coloniale : 1830-1964, Presses universitaires de Provence, coll. « Le temps de l’histoire », , 83–101 p. (ISBN 979-10-365-7739-0, lire en ligne)
Dans le Journal officiel de l'État français (JOEF) sur Gallica :
- ↑ Arrêté du portant nomination du commissaire général aux questions juives, JOEF, no 90, , p. 1387.
- ↑ Décret no 1365 du portant nomination du commissaire général aux questions juives, JOEF, no 110, , p. 1722.
- ↑ Décret no 655 du portant nomination du commissaire général aux questions juives, JOEF, no 50, , p. 627.
- ↑ Loi no 1450 du créant un commissariat général aux questions juives, JOEF, no 90, , p. 1386.
- ↑ Décret no 2005 du organisant les services du commissariat général aux questions juives, JOEF, no 171, , p. 2598–2599.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Joseph Billig (préf. Edmond Vermeil, avant-propos Isaac Schneersohn), Le Commissariat général aux questions juives (-), Paris, Centre de documentation juive contemporaine (BNF 31817262), t. I, , 392 p., t. II, , 382 p. et t. III, , 344 p.
- Léon Poliakov, « Joseph Billig, Le Commissariat général aux Questions juives » (compte-rendu), Annales. Économies, sociétés, civilisations, 22e année, no 6, , p. 1383–1384 (lire en ligne).
- Tal Bruttmann, Au bureau des affaires juives : L'administration française et l'application de la législation antisémite (-), Paris, La Découverte, coll. « L'espace de l'histoire », , 286 p. (ISBN 2-7071-4593-9, lire en ligne).
- Dominique Chathuant, « Au bureau des affaires juives, l'administration française et l’application de la législation antisémite (-) », compte-rendu, sur clio-cr.clionautes.org, .
- Carmen Callil (trad. de l'anglais par Françoise Jaouën), Darquier de Pellepoix ou La France trahie [« Bad Faith: A Forgotten History of Family and Fatherland »], Paris, Buchet-Chastel, , 706 p. (ISBN 978-2-283-02255-9).
- Asher Cohen, « Le « peuple aryen » vu par le Commissariat général aux questions juives », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. XXXV, no 3, juillet–septembre 1988, p. 482–494 (DOI 10.3406/rhmc.1988.1462, JSTOR 20529383, lire en ligne).
- Laurent Joly (préf. Philippe Burrin), Xavier Vallat (-) : Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'État, Paris, Grasset, , 446 p. (ISBN 2-246-60831-7 et 978-2-246-78375-6, lire en ligne).
- Laurent Joly, Darquier de Pellepoix et l'antisémitisme français, Paris, Berg international, , 199 p. (ISBN 2-911289-49-8) ; rééd. Laurent Joly, Le cas Darquier de Pellepoix : antisémitisme et fascisme français, -, Paris, Tallandier, , 255 p. (ISBN 979-10-210-5142-3 et 979-10-210-5144-7, lire en ligne).
- Laurent Joly (sous la dir. de Pascal Ory), Vichy et le Commissariat général aux questions juives : contribution à l'histoire de la Shoah en France, - (thèse de doctorat en histoire à Paris 1, no 2004PA010560), , VI-1410 p., 3 vol. (SUDOC 083295194, présentation en ligne).
- Laurent Joly, Vichy dans la « Solution finale » : Histoire du Commissariat général aux questions juives (-) (texte remanié de Joly 2004), Paris, Grasset, coll. « Documents français », , 1014 p. (ISBN 2-246-63841-0 et 978-2-246-63849-0, lire en ligne).
- Alya Aglan, « Laurent Joly, Vichy dans la solution finale. Histoire du Commissariat général aux questions juives (-) » (compte-rendu), Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 55, no 4, , p. 236 (DOI 10.3917/rhmc.554.0236, lire en ligne).
- Laurent Joly, « La délation antisémite sous l'Occupation », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, no 96, octobre–décembre 2007, p. 137–149 (ISBN 978-2-7246-3070-1, DOI 10.3917/ving.096.0137, lire en ligne).
- Laurent Joly, « L'administration française et le statut du », Archives juives. Revue d'histoire des Juifs de France, Paris, Les Belles Lettres, no 41 « Les évictions professionnelles sous Vichy », 1er semestre 2008, p. 25–40 (DOI 10.3917/aj.411.0025, lire en ligne).
- Laurent Joly, « Tradition nationale et « emprunts doctrinaux » dans l'antisémitisme de Vichy », dans Michele Battini (dir.) et Marie-Anne Matard-Bonucci (dir.), Antisemitismi a confronto : Francia e Italia. Ideologie, retoriche, politiche, Pise, Edizioni Plus / Pisa University Press, , 199 p. (ISBN 978-8-88492-675-3), p. 139–154.
- Laurent Joly, L'antisémitisme de bureau : enquête au cœur de la Préfecture de police de Paris et du Commissariat général aux questions juives, -, Paris, Grasset, coll. « Collection dirigée par Patrick Weil », , 444 p. (ISBN 978-2-246-73691-2 et 978-2-246-78512-5, lire en ligne).
- Laurent Joly, « Postuler un emploi auprès du commissariat général aux Questions juives (-). Antisémitisme d'État et crise de recrutement dans la fonction publique des années noires », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 63, no 3, juillet–septembre 2016, p. 163–185 (DOI 10.3917/rhmc.633.0163, lire en ligne).
- Michel Laffitte, « La question des « aménagements » du statut des juifs sous Vichy », dans Michele Battini (dir.) et Marie-Anne Matard-Bonucci (dir.), Antisemitismi a confronto : Francia e Italia. Ideologie, retoriche, politiche, Pise, Edizioni Plus / Pisa University Press, , 199 p. (ISBN 978-8-88492-675-3), p. 179–194.
Voir aussi
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