Jacques Le Roy Ladurie

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Jacques Le Roy Ladurie
Jacques Le Roy Ladurie en 1942[1].
Jacques Le Roy Ladurie en 1942[1].
Fonctions
Député
1951-1955
1958-1962
Gouvernement IVe République
Ve République
Groupe politique CRAPS (1951-1956)
IPAS (1958-1962)
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Calvados

Jacques Le Roy Ladurie ( à Saint-Mihiel - à Caen)[2] était un syndicaliste agricole, un militant et théoricien du catholicisme social français.

La famille Le Roy Ladurie[modifier | modifier le code]

La famille Le Roy Ladurie est une vieille famille normande de la région de Domfront, installée peu avant la Révolution française à Verneuil-sur-Avre. Jacques Le Roy Ladurie est aussi affilié à la famille Delauney.

Le père de Jacques Le Roy Ladurie, le commandant Barthélemy-Emmanuel Le Roy Ladurie, est un officier de carrière destitué à 43 ans, lors d'un conseil de guerre, à Nantes, le , pour avoir refusé de participer, le , à la fermeture des écoles des congrégations catholiques ouvertes avant 1901, à Douarnenez, sous le gouvernement d'Emile Combes. Il sera réintégré avec son grade, mais sans avancement, au début de la Première Guerre mondiale[3].

Barthélemy-Emmanuel et Jeanne Le Roy Ladurie, issue d'une famille de l'aristocratie bas-normande, ont eu sept enfants dont Jacques et Gabriel, directeur de la banque Worms sous Vichy.

Du syndicalisme à la guerre[modifier | modifier le code]

Jacques Le Roy Ladurie a milité au sein de l'Union nationale des syndicats agricoles durant les années 1930. On lui doit quelques ouvrages consacrés à la politique et au syndicalisme paysan. À la même époque, il dirige l'« Encyclopédie paysanne » La Terre, publiée à Paris chez Flammarion. Il préfaça également plusieurs ouvrages de ses confrères du syndicat. Il est proche de Gaston Bergery, et soutient les accords de Munich. Il participe également au financement des Chemises vertes d'Henri Dorgères, un groupe agricole fascisant [4].

Il rencontre Pétain, ancien camarade de promotion de son père, qui, dès 1940, lui propose le ministre de l'Agriculture. Après un premier refus, lié à la question du ravitaillement, il accepte de devenir ministre de l'agriculture et du ravitaillement sous le Régime de Vichy, dans le gouvernement Laval, dont il s'éloigne progressivement pour se rapprocher de la Résistance rejoignant en janvier 1943 l'Organisation civile et militaire (OCM), et combattant sous le nom de capitaine Lempereur avec des FFI dans les maquis d'Orléans. Cela lui permet d'obtenir un non-lieu de la commission d'instruction de la Haute Cour de justice après une incarcération à la Libération. Il fut également député du Calvados de 1951 à 1955 et de 1958 à 1962[2], sous les étiquettes successives de l'Union des nationaux indépendants et républicains puis du Centre national des indépendants et paysans. Le Roy Ladurie est le père du célèbre historien Emmanuel Leroy Ladurie qui publia une partie de ses Mémoires en 1997.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Vers une politique paysanne. Suivi de Le serment du syndicalisme agricole, par M. de Guébriant, Congrès syndical paysan. Caen (5-6 mai 1937), Paris, Flammarion, « Union nationale des syndicats agricoles », 1937.
  • Les Syndicats paysans dans la nation, Congrès de Caen, 5-6 mai 1937, 3e rapport, Lagny, Imprimerie E. Grévin et fils, « Union nationale des Syndicats agricoles », 1937.
  • Produire ou mourir, Lyon, Information de l'État français, 1942.
  • Mémoires (1902-1945), texte établi et présenté par Anthony Rowley et Emmanuel Le Roy Ladurie, Paris, Flammarion, Plon, 1997

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier Walter, Paysan militant : Jacques Le Roy Ladurie 1925-1940, François-Xavier de Guibert, 2008 (ISBN 978-2755402117)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait photographique publié dans le journal Le Matin (no 21155, ), lors de la formation du sixième gouvernement Pierre Laval.
  2. a et b « Assemblée nationale - Les députés français depuis 1789 » (consulté le 11 avril 2008)
  3. Emmanuel Le Roy Ladurie, « L'affaire Le Roy Ladurie, 1902 », in l'avant-propos de Les Grands Procès politiques, dir. Emmanuel Le Roy Ladurie, éd. du Rocher, 2002, p.7-22
  4. Pascal Ory, "Le dorgérisme, institution et discours d'une colère paysanne (1929-1939)", in Revue d'histoire moderne et contemporaine, T. 22e, No. 2 (Apr. - Jun., 1975), pp. 168-190

Liens externes[modifier | modifier le code]