Louis Joxe

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Louis Joxe
Image illustrative de l'article Louis Joxe
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel
Prédécesseur Henri Rey
Successeur Jacques Robert
Député du Rhône
Ministre de la Justice
Président Charles de Gaulle
Prédécesseur Jean Foyer
Successeur René Capitant
Ministre d'État, chargé de la Réforme administrative
Président Charles de Gaulle
Prédécesseur Jean de Broglie
Successeur Edmond Michelet
Ministre des Affaires algériennes
Président Charles de Gaulle
Prédécesseur Nafissa Sid Cara
Ministre de l'Éducation nationale
Président Charles de Gaulle
Prédécesseur Michel Debré
Successeur Pierre Guillaumat
Secrétaire d'État chargé de la Fonction publique
Président Charles de Gaulle
Secrétaire général du gouvernement
19451946
Successeur André Ségalat
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bourg-la-Reine
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique UNR, UDR
Enfant(s) Alain Joxe, Pierre Joxe
Diplômé de ENA
Profession haut fonctionnaire, diplomate

Louis Joxe (né le à Bourg-la-Reine dans le département de la Seine, mort le à Paris) est un homme politique français.

Résistant gaulliste durant la seconde guerre mondiale, après laquelle il a eu une carrière de diplomate, il est ministre durant près de dix ans sous la présidence de Charles de Gaulle, est le principal négociateur des accords d'Évian ayant abouti à l'indépendance de l'Algérie en 1962, est député UDR du Rhône de 1967 à 1977, il est ensuite membre du conseil constitutionnel jusqu'en 1989.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Louis Joxe est le fils d’Auguste Joxe (1871-1958), un professeur agrégé de sciences naturelles, lui-même fils d’un menuisier de Pontivy.

Il est le père du sociologue et chercheur en géopolitique Alain Joxe, de l’homme politique Pierre Joxe et le gendre de Daniel Halévy (voir descendance de Louis Breguet).

Son épouse Françoise-Hélène est décédée en 1993 à l'âge de 93 ans[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Joxe est Agrégé d'histoire et de géographie, fait un bref passage dans l’enseignement à Metz de 1925 à 1927, puis devient journaliste à la revue de politique française et internationale l'Europe nouvelle. En 1932, il entre au cabinet de Pierre Cot, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ministre de l’Air. Il est inspecteur des services étrangers de l’agence Havas (future AFP) en 1935. Il fonde la même année, le Centre d'études de politique étrangère, structure universitaire qui servira plus tard de base à la création de l'Institut français des relations internationales. Révoqué par le gouvernement de Vichy en 1940, il enseigne au lycée d’Alger et œuvre au sein de la résistance.

Charles de Gaulle le nomme secrétaire général du Comité français de la Libération nationale (1942-1944), secrétaire général du Gouvernement provisoire de la République française (1946), et il organise donc depuis le lycée Fromentin d'Alger qui accueille provisoirement l'exécutif, puis Matignon la restauration de l'État républicain. Il reprend ensuite la carrière diplomatique au ministère des Affaires étrangères comme directeur général, ambassadeur (à Moscou en 1952, à Bonn en 1955) et secrétaire général du Quai d'Orsay (1956).

Élevé à la dignité d’ambassadeur de France en 1959, il est ministre sans interruption de juillet 1959 à mai 1968 dans les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou. Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé de la fonction publique du 24 juillet 1959 au 15 janvier 1960, il est chargé de l'Éducation nationale (du 15 janvier au 22 novembre 1960), les Affaires algériennes (du 22 novembre 1960 au 28 novembre 1962) — à ce titre il mène la négociation avec le FLN (voir accords d'Évian), qui conduit à l'indépendance le 19 mars 1962.

À nouveau ministre de l'Éducation nationale, par intérim, du 15 octobre au 28 novembre 1962 après la démission de Pierre Sudreau, ministre de la Réforme administrative (du 28 novembre 1962 au 1er avril 1967) et Garde des sceaux, ministre de la Justice (du 6 avril 1967 au 31 mai 1968). Il est député UDR du Rhône de 1967 à 1977. Le président de l'Assemblée Nationale Edgar Faure le nomme[1], le 22 octobre 1977, membre du Conseil constitutionnel pour y remplacer Henri Rey qui vient de décéder, puis Jacques Chaban-Delmas le confirme[2] le 12 février 1980 à ce poste pour un mandat complet, qui s'achève en février 1989.

Gestion du rapatriement en métropole des pieds noirs et des harkis[modifier | modifier le code]

Ministre d’État des Affaires algériennes durant les neuf mois qui suivirent l'indépendance, sa gestion du rapatriement en métropole des pieds noirs et des harkis lui sera vivement reprochée par des historiens. Auteur notamment de la directive ministérielle du 15 juillet 1962 stipulant : « Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l'armée que dans l'administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu'il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril. Je n'ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure »[3][réf. insuffisante]. Cette décision a pour conséquence de laisser les harkis aux mains du nouveau pouvoir algérien sans leur laisser la possibilité d'échapper aux premiers massacres qui suivent immédiatement l'indépendance de l'Algérie.

L'historien Pierre Vidal-Naquet concluant à ce propos dans le quotidien Le Monde : « Ce n’est pas par hasard si les harkis sont si peu nombreux à s’être réfugiés en France, des ordres ont été donnés pour éviter un afflux massif … »[4],[5],[6].

L'abandon des harkis par l'État français et les consignes données par les pouvoirs publics de n'effectuer aucun rapatriement massif de supplétifs ont été considérés par Maurice Allais comme « une des plus grandes ignominies, une des plus grandes hontes de toute l'Histoire de France »[7]. De même, Dominique Schnapper, fille de l'intellectuel français Raymond Aron, écrira « L'épisode des harkis constitue une des pages honteuses de l'histoire de France, comme l'ont été l'instauration du statut des Juifs ou la rafle du Vel d'Hiv »[8].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décision du 22 octobre 1977 sur le site du Conseil constitutionnel.
  2. Décision du 12 février 1980 sur le site du Conseil constitutionnel.
  3. [1], Télégramme N° 125/IGAA du 16 mai 1962 - directive ministèrielle du 16 juillet 1962
  4. La guerre révolutionnaire et la tragédie des harkis, Pierre Vidal-Naquet, Le Monde, 11-12 novembre 1962
  5. La longue plainte des harkis, L'Express, 9 août 2001
  6. La plainte des harkis est-elle justifiée ?, L'Express, 30 août 2001
  7. Maurice Allais, L'Algérie d'Évian (1962), éd. Jeune Pied-Noir, 1999, Les harkis, un impérieux devoir de mémoire dans la 2e édition de 1999, p. 50
  8. Préface de Dominique Schnapper dans Et ils sont devenus harkis, Mohand Hamoumou, éd. Fayard, 1993, p. 10