Tchad

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Tchad

جمهورية تشاد (ar)

Jumhūriyyat Tshād (ar)

République du Tchad (fr)

Drapeau
Drapeau du Tchad
Blason
Armoiries du Tchad
Description de l'image Chad (orthographic projection).svg.
Devise nationale "Unité - Travail - Progrès"
Hymne national La Tchadienne
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Idriss Déby
Premier ministre Albert Pahimi Padacké
Langues officielles Français et arabe
Capitale Ndjamena

12° 07′ N 15° 03′ E / 12.117, 15.05

Géographie
Plus grande ville Ndjamena
Superficie totale 1 284 000 km2
(classé 21e)
Superficie en eau 1,9 %
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Indépendance de la France
Date 11 août 1960
Démographie
Gentilé Tchadien
Population totale (2015) 11 631 456 hab.
(classé 77e)
Densité 10 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,340[1] (faible) (184e)
Monnaie Franc CFA (XAF​)
Divers
Code ISO 3166-1 TCD, TD​
Domaine Internet .td
Indicatif téléphonique +235
Tchad carte.gif

Le Tchad, en forme longue la République du Tchad, en arabe jumhūriyyat tshād) جمهورية تشاد), est un pays d'Afrique centrale sans accès à la mer, situé au sud de la Libye, à l'est du Niger , Nigeria, et du Cameroun et au nord de la République centrafricaine et à l'ouest du Soudan. Sa capitale est N'Djamena. Géographiquement et culturellement, le Tchad constitue un point de passage entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Doté d'une superficie de 1 284 000 km2, il est le cinquième pays le plus vaste d'Afrique.

Le Tchad se divise en trois grands ensembles géographiques : du nord au sud, on trouve successivement une région désertique, un espace semi-aride, puis la savane soudanaise. Le lac Tchad, qui donne son nom au pays, est son principal plan d'eau ; le point culminant du pays est l'Emi Koussi, dans le massif du Tibesti.

Différents États et empires se sont succédé dans la partie centrale du pays depuis la fin du Ier millénaire av. J.-C., tentant de contrôler le commerce transsaharien. De la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, la France affirme progressivement sa souveraineté sur l'ensemble du territoire du Tchad actuel, qu'elle incorpore à l'Afrique-Équatoriale française en 1920. Le pays obtient son indépendance en 1960, avec pour premier chef d'État François Tombalbaye ; il conserve néanmoins une relation privilégiée avec l'ancien colonisateur qui est depuis lors intervenu militairement à plusieurs reprises. Le pays est le théâtre de troubles presque-permanents, liés à des dissensions internes, et plus récemment au débordement du conflit du Darfour.

En 2003, le pays est devenu un pays exportateur de pétrole, alors que son économie reposait principalement sur la production de coton, d'arachide et de bœuf ; cela a considérablement accru les ressources financières de l'État tchadien, dont le chef actuel est Idriss Déby. Dans son rapport annuel de 2012, le Programme des Nations unies pour le développement classe le Tchad comme le quatrième pays le moins développé au monde en lui attribuant un indice de développement humain de 0,395. Trois ans plus tard, le Tchad occupe en 2015 la troisième place de l'Africa Performance Index (API), outil de notation et de classement des institutions du secteur public en Afrique[2].

Selon le dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains[3] d'Arol Ketchiemen, le Tchad est surnommé « le cœur mort de l’Afrique » en raison de son enclavement au centre du continent et de son climat particulièrement désertique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire du Tchad et Histoire postale du Tchad.

L'État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création de la colonisation européenne, ses frontières résultant de négociations entre Français et Allemands dans les années 1880. Mais l'espace tchadien possède une histoire riche et relativement bien connue. Il est sans doute un des berceaux de l'Humanité (découverte récente de « Toumaï »). Il a été le siège de trois grands royaumes sahéliens : le Kanem-Bornou, le Baguirmi et le Ouaddaï.

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique-Équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.

Devenu république autonome en 1958, le Tchad accède à l'indépendance le sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci doit bientôt faire face à la révolte de peuples du Nord, en majorité musulmans, ce qui l'amène à solliciter l'aide des troupes françaises en 1968. Après l'assassinat de Tombalbaye en 1975, le pouvoir échoit au général Félix Malloum, qui doit céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permet à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Article détaillé : Conflit tchado-libyen.

Après l'échec d'un projet de fusion entre le Tchad et la Jamahiriya arabe libyenne en 1981, les troupes libyennes se retirent dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français. En 1982, Goukouni Oueddei est renversé à son tour par Hissène Habré, qui doit faire appel l'année suivante au soutien des forces françaises pour l'aider à contenir une nouvelle invasion libyenne (Opération Manta). En 1987, une contre-offensive des forces tchadiennes contraint finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l'exception de la bande d'Aozou qui est restituée au Tchad seulement en 1994.

En 1990, Hissène Habré est renversé du pouvoir par Idriss Déby, soutenu notamment par la France.

Alors que dans les années 1930, seulement 337 tonnes de coton-graine sont produites, dès 1955 leur production atteint 60 000 tonnes[4], pour monter à 100 000 tonnes en 1971[5] puis 175 000 tonnes en 1975 et culminer à 263 475 tonnes en 1998. À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet[6] multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le Tchad.

En 1999, le Tchad s'engage dans la Deuxième guerre du Congo, en soutenant le gouvernement de Kinshasa.

Toumaï (fossile inventorié TM 266-01-060-01, TM pour Toros-Menala, région de sa mise au jour) est le surnom d'un crâne fossile de primate découvert en 2001 au Tchad. Il a conduit à la définition d'une nouvelle espèce, Sahelanthropus tchadensis, que certains paléoanthropologues considèrent comme l'une des premières espèces de la lignée humaine, probablement très proche de la divergence chimpanzés-homininés. Âgé d'environ sept millions d'années, il fait du Tchad aujourd'hui le Berceau de l'humanité.

En mai 2009 a lieu une autre offensive de la rébellion partant du Soudan.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Tchad.

Le Tchad est une république qui dispose d'une démocratie parlementaire critiquée par des observateurs internationaux. Le Président de la République peut notamment nommer les ministres. Le parlement ne comporte qu'une seule chambre.

Le , devant un rapport d'ONG mettant en évidence l'insécurité à la frontière entre le Tchad et la province soudanaise en guerre du Darfour, le premier ministre annonce un renforcement des moyens dans cette région.

Un référendum a eu lieu le pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects préalablement votés par l'Assemblée nationale le . Le point le plus important est la fin de la limitation des mandats (modification de l'article 61 de la constitution du ). Désormais le président peut se représenter plus de deux fois.

En 2006, Idriss Déby est réélu au suffrage universelle avec 64,67 % des votes exprimés. La dernière élection présidentielle a eu lieu le . Des groupes d'opposants dénoncent un scrutin truqué avec la complicité de la Commission nationale électorale, d'autres appellent au boycott. Peu avant cette date, le , de brefs combats ont lieu dans la périphérie de N'Djamena, entre une faction de la rébellion, le FUC (Front uni pour le changement) et les troupes gouvernementales. Idriss Déby accuse le Soudan de soutenir ses adversaires.

Le , les rebelles prennent la capitale du pays N'Djamena, à l'exception du palais présidentiel où le président Idriss Déby semble s'être réfugié[7]. La France évacue une partie de ses ressortissants. Le 4 février, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attaques contre le gouvernement tchadien[8]. L'armée tchadienne repousse les rebelles avec l'aide logistique de la France[9]. La stabilité régionale au Tchad est alors assurée conjointement par la force de l'Union européenne EUFOR (déployée de mars 2008 à mars 2009, environ 3 000 soldats) et par les forces françaises de l'opération Épervier. Menant une guerre de mouvement, les rebelles venus du Soudan voisin multiplient les attaques rapides dans l'est du pays avec pour but avoué la chute du gouvernement tchadien. En juin 2008, des combats ont opposé pour la première fois l'EUFOR et ces rebelles autour de la ville de Goz Beida, au sud d'Abéché[10]. Le 17 novembre 2008, deux hélicoptères soudanais visent délibérément des véhicules belges de l'Eufor[11]. En 2009, le président soudanais Omar el-Béchir visite le pays sans être arrêté, alors qu'un mandat d'arrêt international avait été émis à son encontre pour crimes de guerre et génocide.

Le , il est réélu pour un quatrième mandat dès le premier tour de l'élection présidentielle par 88,7 % des voix, face à Albert Pahimi Padacké (6 %) et Madou Nadji (5,3 %)[12].

En janvier 2013, le Tchad envoie des troupes au nord du Mali pour participer à l'opération Serval[13],[14]. Idriss Déby décrit alors ce qui se passe dans le nord du Mali comme la conséquence de "la dislocation de la Libye" et de la "dissémination de son arsenal"[15].

En février 2016, Idriss Déby est nommé par son parti pour concourir lors de la future élection présidentielle se déroulant en avril 2016. Il fait alors figurer dans son programme l'instauration d'une limite des mandats dans la constitution, déclarant qu'"en 2005, la réforme de la constitution était menée dans un contexte où la nation était en danger" tandis qu'en 2016, le Tchad "ne peut pas se concentrer sur un système qu'un changement de pouvoir mettrait en difficulté"[16].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Tchad.
Image satellite du Tchad

Le Tchad est un pays vaste et de faible densité humaine. Il connaît pourtant d'importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d'hommes. Plus au sud se trouve le Sahel où les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. C'est dans le Sud de cette zone que se trouve la capitale Ndjamena ainsi que le lac Tchad. Plus au sud encore, se trouve une zone de savane où les précipitations peuvent dépasser 900 mm. C'est là, dans le sud-ouest qu'en moyenne les densités sont les plus élevées.

Le Nord et le Centre représentent les deux-tiers de la superficie du pays et comptent environ 30 % de la population totale. Ces régions sont peuplées de populations négro-africaines et sahariennes disparates, mais toutes musulmanes, appartenant aux groupes linguistiques saharien, soudanais oriental et central.

Par ailleurs, les Arabes (de souche, métissés et négro-africains arabisés), musulmans, occupent trois grandes zones de peuplement, au Nord (nord-ouest du Kanem), au Centre (Batha, Guéra, Chari-Baguirmi et nord du Ouaddaï) et au Sud-est (Salamat), représentant environ 56,5 % de la population tchadienne.

D'autre part, les Hadjaraïs (8,5 %), nom de désignation ethnique, communément attribué aux divers groupes ethniques (plus en référence à la région administrative qu'à leurs divergences culturelles ou religieuses) qui peuplent le centre et le centre-ouest du pays, groupes linguistiques afro-asiatique, tchadique, nilo-saharien, bongo baguirmi, sara baguirmi, baguirmi, soudanais oriental et central, sont majoritairement musulmans. Néanmoins, il existe une minorité de chrétiens voire des animistes dans cette partie du territoire.

Enfin, le Sud-Ouest, chrétien, musulman et très marginalement animiste, est composé de populations négro-africaines appartenant aux groupes linguistiques tchadien et soudanais central (Saras – 30 %, Ngambayes – 5,5 %, Toupouris, Kotokos, Baguirmis, Massas, et autres – 9,5 %).

Environnement[modifier | modifier le code]

Des sites consacrés à la conservation de la diversité biologique couvrent environ 20 % du territoire national (en 2014)[17]:

- 10 forêts classées,

- 3 parcs nationaux,

- 7 réserves de faune,

- 1 réserve de biosphère,

- des zones humides d’importance internationale (voir Ramsar sites in Chad),

- une multitude de forêts sacrées et des forêts communautaires

La conservation de la nature est concrétisée par la création de parc nationaux dont le Parc National de Zakouma, dans le sud-est du Tchad, d'un superficie de 3.000 km².

Le 1er décembre 2015, à l'occasion du sommet "Défi climatique et solutions africaines" en marge de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), Idriss Déby a alerté la communauté internationale sur le besoin de financement pour l'avenir du Lac Tchad (dont la surface a été divisée par 8 depuis 1973) "La question du lac Tchad est ancienne. A toutes les rencontres sur le climat depuis 20 ans, ce dossier a été évoqué [...] depuis Copenhagues, Rio et aujourd'hui Paris. Je ne suis pas sûr que jusqu'à aujourd'hui, nous ayons trouvé des oreilles, tout au moins des actions concrètes"[18].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Carte des 22 régions du Tchad (situation février 2008)

En 2002, le Tchad a été divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22 ; le 4 septembre 2012 à 23. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien.

(les n° correspondent à la carte)

Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures. Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue mais aucune élection n'a encore eu lieu.

Les unités administratives sont les relais de l'État à un niveau local. La ville de Ndjamena (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Tchad.
Un tailleur vendant des vêtements traditionnels.

Le Tchad est aux trois-quarts rural. L'agriculture et l'élevage du bétail sont les activités dominantes. La mise en exploitation des gisements pétroliers depuis 2003 a été très encadrée par la Banque mondiale. Elle pourrait avoir des effets importants sur l'économie tchadienne. Dès 2004, le pétrole représentait plus de 80 % des exportations nationales, permettant à la balance commerciale de devenir nettement excédentaire[19].

Au mois de mai 2012, Idriss Déby lance une vaste opération anti corruption dans le pays, baptisée "opération Cobra". L’État perd alors un montant estimé à 300 milliards de F CFA (soit 460 millions d'euros) par an à cause de détournements d'argent public. Le but est de sécuriser les circuits de recettes et de dépenses et de contrôler les procédures de préparation, de passation et d'exécution des marchés publics. Après un an et 23 missions de contrôles effectuées à N'Djamena et 22 en province, environ 25 milliards de F CFA ont été recouvrés[20].

En 2015, alors qu'Idriss Déby développe depuis plusieurs années une politique de diversification de l'économie tchadienne, les ressources pétrolières représente 20 % du PIB[21]. Le commerce associé au secteur des transports pèse plus lourd et représente 22 % du PIB[21]. L'Africa Performance Index (API), qui évalue le développement économique des pays Africains membres de la zone, place alors le Tchad au pied de son podium et souligne que "l'amélioration de l'orientation budgétaire du pays et les mesures significatives de réduction de la dette (...) ont permis à la machine économique et financière du Tchad d'opérer dans le bon sens"[2]. La croissance du pays en 2015 est estimée à 7,6 % selon le FMI[22], soit l'un des taux les plus importants du continent avec le Nigeria[2].

Alors que l'exploitation d'hydrocarbures a permis au Tchad de générer en dix ans plus de 10 milliards de dollars, Idriss Déby investit notamment dans le rattrapage du pays en termes d'infrastructures afin d'attirer les investissements[2]. Une dynamique illustrée par la construction de la Cité internationale des affaires, à N'Djamena, pour un coût total de 366 millions d'euros[2].

Idriss Déby ouvre également le pays aux capitaux étrangers, en particulier ceux venant de Chine. Selon le chargé des affaires de l'ambassade de Chine, qui rappelle que le Tchad et la Chine développent leurs relations économiques depuis dix ans, "la coopération économique et commerciale se développe progressivement et les échanges humains et culturels s'intensifient"[18]. Plusieurs grands chantiers sont menés au Tchad par des groupes chinois : la raffinerie de Djarmaya, la cimenterie de Baoré, le Palais de la Démocratie (siège de l'Assemblée nationale), l'Hôpital de la liberté et la Maison de la Femme[2].

Le 14 décembre 2015, le FMI, désireux "d'épauler le pays dans la poursuite de ses efforts", approuve le déblocage de 28,7 millions de dollars d'aide au développement au Tchad[23].

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Trois opérateurs mobiles se partagent le marché : Airtel, Tigo (Millicom) et Salam.

Nombre de clients par opérateur (source OTRT)[24]

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Airtel 1 036 987 1 211 704 1 393 954 1 697 509 2 278 974 2 107 223 2 283 187
Tigo 541 159 1 017 159 1 429 350 1 894 278 2 029 882 2 403 985 2 922 249
Salam 10 000 24 000 52 000 73 874 93 426 50 035 46 124

Pétrole[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du pétrole au Tchad.

L'exploitation commerciale des gisements pétroliers de Doba, dans le sud du pays à partir des années 2000 a un impact profond sur la vie économique et politique tchadienne.

L'exploitation a commencé après l'achèvement en 2003 de l'oléoduc Tchad-Cameroun qui permet d'acheminer le pétrole dans le golfe de Guinée. Les gisements sont exploités par un consortium associant ExxonMobil, Chevron, et Petronas. L'oléoduc a été partiellement financé par la banque mondiale. En échange du prêt, l'État tchadien touche des redevances et des dividendes, soient des recettes de 2 milliards de dollars/an sur 25 ans[25]. Le Tchad s'est engagé auprès de la Banque mondiale à dépenser 80 % des redevances et 85 % des dividendes à la lutte contre la pauvreté[26]. À la suite d'un différend entre la Banque et le gouvernement tchadien, un nouveau protocole d'accord a été signé en juin 2006, le gouvernement tchadien doit désormais consacrer 70 % de son budget total aux programmes prioritaires de réduction de la pauvreté[27]. Le Tchad espère le triplement de la production du pétrole de son pays à partir de 2015. L’entrée en production d’un champ pétrolier à proximité du lac Tchad nourrit un tel optimisme. Le pays du Sahel pourrait atteindre la barre des 200 000 barils par jour en 2014, puis dépasser le cap des 300 000 en 2015.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Après le pétrole, la première ressource d'exportation du Tchad est le coton de la Cotontchad et le sucre de la CST, Compagnie sucrière du Tchad (anciennement SONASUT).

Sécurité[modifier | modifier le code]

En 2015, Idriss Déby débloque 4,57 millions d'euros pour venir en aide à la région du lac Tchad, en proie à la désertification et fertile au développement de groupes terroristes tels que Boko Haram. Le Tchad étant une cible stratégique pour le groupe terroriste Boko Haram, Idriss Déby tourne une partie de sa politique de ce mandat vers la lutte contre le terrorisme.

Devant faire face à la menace grandissante de Boko Haram, un groupe terroriste rallié à Daesh dans le nord du Nigeria, Idriss Déby augmente la participation du Tchad à la Multinational Joint Task Force (MNJTF), une force armée composée du Niger, du Nigeria, du Benin et du Cameroun[28]. En août 2015, Idriss Déby déclare à ce sujet dans un entretien que la MNJTF a "décapité" Boko Haram[29].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Tchad.
Famille tchadienne

En 2015, la population tchadienne est estimée par le CIA World Factbook à environ 11,63 millions d'habitants[30] ; 44,2 % a moins de quinze ans, 52,8 % entre quinze et soixante-quatre ans, et 2,98 % soixante-cinq ans et plus. Le taux de croissance démographique serait de 1,89 %, avec un taux de natalité de 36,6 pour mille et un taux de mortalité de 14,28 pour mille. Le Recensement général de la population et de l'habitat de 1993 faisait état de 6 288 261 habitants. Plus de 47 % de la population a moins de 15 ans et le taux de fécondité était de 6,08. L'espérance de vie était de cinquante-et-un ans.

27 % des Tchadiens vivent en ville, et près de la moitié des urbains résident à Ndjamena, la capitale. Les densités varient considérablement du nord au sud du pays, avec 0,1 habitant au km² dans les régions du Borkou, de l'Ennedi et du Tibesti, et 52,4 habitants au km² dans le Logone Occidental. La moitié de la population vit dans le cinquième le plus méridional du territoire. Selon le World Refugee Survey 2008[31] publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants[32], le Tchad abritait 294 100 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007. 242 600 d'entre eux provenaient du Soudan et le reste de la République centrafricaine[31]

La polygamie est couramment répandue, et concerne environ 39 % des femmes tchadiennes ; elle est encadrée par la loi, qui prévoit que la femme peut refuser cette pratique dans son contrat de mariage. Les mutilations génitales féminines sont interdites par la loi mais couramment pratiquées[33]

Langues[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Langues au Tchad et Liste des langues du Tchad.

Même si le français et l'arabe sont les seules langues officielles, plus d'une centaine de langues ou dialectes sont utilisées à travers le pays, comme le sar, le ngambay, le mbay, le kabalaye, le lélé, le kim, le massa, le toupouri, le baguirmi, le nandjéré, le mboum, le hadjeray, le gorane, le balala, le kanembou, le Haoussa, le zaghawa, le mabak, le kado, le laga, le gor, le kaba, le zimé, le n'gama, le moundang, le labet ,le mousseye, le quera, etc.
Le français, qui a été introduit dans les écoles tchadiennes à partir de 1911 et qui est langue officielle du pays depuis son indépendance, est la langue de l'administration et de l'éducation ; bien qu'elle ne soit la langue maternelle que d'une minorité, c'est une langue seconde qui jouit d'une grande vitalité et qui est la langue véhiculaire du Sud du pays, plus urbanisé[34].

Religions[modifier | modifier le code]

D'après le recensement de 2011, les religions les plus pratiquées au Tchad sont : l'islam (81 %), le christianisme (14,7 %) et l'animisme (3,4 %). Les personnes sans religion représentent 0,7 % de la population et les autres religions 0,2 %[35].

Peuples[modifier | modifier le code]

Peuples nomades : selon le recensement du pays de 2009, les nomades représentent 3,4 % de la population totale du pays, soit 368 066 personnes[36] ; ils étaient 353 489 lors du recensement de 1993, mais 5,7 % de la population totale du pays[37].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Tchad.
Chadian delegation.jpg
Fêtes et jours fériés[38]
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an
1er décembre Fête nationale Prise du pouvoir par l'actuel président Idriss Déby en 1990
1er mai Fête du travail
11 août Jour de l'Indépendance
28 novembre Jour de la République Proclamation de la République en 1958
25 décembre Noël
Aîd Alkabir
Aïd Alfitr
Achoura'a
Hégire (nouvel an)
Isra'a et Mi'raj
6 mai Le Labétien
Lundi de Pâques
1er novembre Toussaint

Codes[modifier | modifier le code]

Le Tchad a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Indicateurs internationaux de développement humain
  2. a, b, c, d, e et f « En pleine diversification économique, le Tchad attire les investissements étrangers », sur www.cameroonvoice.com (consulté le 9 mars 2016)
  3. Arol Ketchiemen, Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains, Favre, , 316 pages p., p.290
  4. http://books.google.fr/books?id=i0_5k2xV3-sC&pg=PA19&lpg=PA19&dq=Coton+tchad&source=bl&ots=PH7DwPojrv&sig=0mjT_o6aqkHPhcGE8MAVcNYADIc&hl=fr&ei=pw2rTd3uGYaWhQeXg6XICQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=7&ved=0CEoQ6AEwBjgU#v=onepage&q=Coton%20tchad&f=false
  5. Tchad, vingt ans de crise par Guy Jérémie Ngansop, page 19
  6. "L'Afrique des Grands Lacs: Annuaire 1999-2000", par Stefaan Marysse et Filip Reyntjens, page 302 [1]
  7. Occupation de N'Djamena le 02/02/2008
  8. centre de nouvelles de l'ONU, 4 février 2008
  9. La France a acheminé des munitions depuis la Libye, déclaration du ministère de la Défense AFP le 14 février 2008
  10. Le Monde, édition du 17 juin 2008, « Dans l'est du Tchad, premier incident armé entre EUFOR et rebelles venus du Soudan »
  11. 2 véhicules belges de l'Eufor brûlés, De Crem confirme, Bruxelles2, 9 février 2009
  12. Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad - TV5
  13. Le président Idriss Déby veut faire du Tchad un acteur majeur en Afrique, Charlotte Bozonnet, Le Monde
  14. In Mali fight, Chad proves a powerful partner for France, The Christian Science Moinitor, Peter Tintin, 7 mars 2013
  15. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :3.
  16. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :8.
  17. 5ème Rapport National sur la Diversité Biologique du Tchad (2014)
  18. a et b « En pleine diversification économique, le Tchad attire les investissements étrangers », sur www.cameroonvoice.com (consulté le 9 mars 2016)
  19. [PDF] World Data, Encyclopædia Britannica
  20. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :72.
  21. a et b (fr) « Idriss Déby prône une diversification de l'économie pour contrer la chute des prix du pétrole », sur Ekonomico (consulté le 1er avril 2016)
  22. « Tchad - Perspectives économiques en Afrique », sur www.africaneconomicoutlook.org (consulté le 1er avril 2016)
  23. « L’économie du Tchad en voie de rémission – Le Journal Economique » (consulté le 1er avril 2016)
  24. « Site officiel de l'Office Tchadien du Régulation des Télécommunications », sur otrt.td (consulté le 18 août 2015)
  25. Le Monde économie du 18 octobre 2005 TRIBUNES Par Mballe M. Alonge www.amisdelaterre.org
  26. dispositions exactes du contrat : « 80 % des Redevances et 85 % des Dividendes servent à financer des dépenses, jugées acceptables par la Banque, dans les secteurs prioritaires pour la lutte contre la pauvreté à l’appui de l’objectif d’équilibre régional visé par l’Emprunteur, à savoir : santé et affaires sociales ; éducation ; infrastructure ; développement rural (agriculture et élevage) ; environnement et ressources en eau." "10 % des Redevances et des Dividendes doivent être déposés et investis dans les meilleurs délais dans des instruments de placement à long terme auprès d’une institution financière, satisfaisants pour la Banque (le Fonds pour les générations futures) » ; [PDF]traduction non officielle de l'accord de prêt entre le Tchad et la banque mondiale
  27. Questions et réponses, site de la Banque mondiale
  28. Arol Ketchiemen, Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains, Favre, , 316 pages p., p.290
  29. http://books.google.fr/books?id=i0_5k2xV3-sC&pg=PA19&lpg=PA19&dq=Coton+tchad&source=bl&ots=PH7DwPojrv&sig=0mjT_o6aqkHPhcGE8MAVcNYADIc&hl=fr&ei=pw2rTd3uGYaWhQeXg6XICQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=7&ved=0CEoQ6AEwBjgU#v=onepage&q=Coton%20tchad&f=false
  30. CIA World Factbook - Chad.
  31. a et b World Refugee Survey 2008
  32. (en) U.S. Committee for Refugees and Immigrants
  33. Country Human Rights Report, 2010.
  34. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 133.
  35. (en) « Table 6 (Population by religion, sex, urban/rural residence: each census, 1985-2004) », dans Special Census Topic 2000 Round (1995 - 2004), vol. 2b - Ethnocultural characteristics Table 6, New York, United Nations, , XLS (ISSN 0082-8041, OCLC 173373970, lire en ligne)
  36. http://www.inseedtchad.com/IMG/pdf/rapport_situation_des_nomades.pdf, 36.
  37. http://www.inseedtchad.com/IMG/pdf/rapport_situation_des_nomades.pdf, page 35.
  38. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Tchad, Petit Futé, (lire en ligne), p. 216

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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