Tchad

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Tchad

جمهورية تشاد (ar)

Jumhuriat Tashad (ar)

République du Tchad (fr)

Drapeau
Drapeau du Tchad.
Blason
Armoiries du Tchad.
Description de l'image Chad (orthographic projection).svg.
Devise nationale Unité, travail, progrès
الوحدة - العمل - التقدم
Hymne national La Tchadienne
Administration
Forme de l'État République, régime présidentiel
Président de la République Idriss Déby
Langues officielles arabe et français
Capitale N'Djaména

12° 07′ N, 15° 03′ E

Géographie
Plus grande ville N'Djaména
Superficie totale 1 284 000 km2
(classé 21e)
Superficie en eau 1,9 %
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Indépendance de la France
Date 11 août 1960
Démographie
Gentilé Tchadien
Population totale (2015) 11 631 456 hab.
(classé 77e)
Densité 10 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,340[1] (faible  ; 184e)
Monnaie Franc CFA (XAF​)
Divers
Code ISO 3166-1 TCD, TD​
Domaine Internet .td
Indicatif téléphonique +235
Organisations internationales CEMAC, CEN SAD, CEEAC, UA, Francophonie.
Carte du Tchad.

Le Tchad, en forme longue la république du Tchad, en arabe جمهورية تشاد, est un pays d'Afrique centrale situé au sud de la Libye, à l'est du Niger, du Nigeria et du Cameroun, au nord de la République centrafricaine, et à l'ouest du Soudan. Sans accès à la mer, il fait géographiquement et culturellement transition entre Afrique du Nord et Afrique subsaharienne.

Cinquième pays le plus vaste d'Afrique précédé de la Libye, le Tchad se divise en trois grands ensembles géographiques. Une partie non négligeable est constituée dans le nord par le désert du Sahara; le Sahel semi-aride au centre, et la savane soudanaise dans le sud du pays où la flore est apparente avec une végétation relativement diversifiée, conséquence d'un sol fertile et d'une pluviométrie plus ou moins normale. Le Lac-Tchad auquel se rattache le nom même du pays, est son principal cours d'eau alimenté par le Logone et le Chari en saison de pluie particulièrement. S'agissant des massifs montagneux, l'Emi Koussi constitue le point culminant du pays avec 3 415 mètres d'altitude et est en effet l'un des plus anciens volcans constituant le massif du Tibesti.

Différents États et empires, tentant de contrôler le commerce transsaharien et la traite orientale, se sont succédé dans la partie centrale du pays depuis la fin du Ier millénaire av. J.-C. À partir de 1897, la France affirme sa souveraineté successivement sur le Kanem-Bornou et ses anciens vassaux, le Baguirmi puis le Ouaddaï, qu'elle réunit en 1920 en une unique colonie au sein de l'Afrique-Équatoriale française. Le Tchad obtient son indépendance en 1960, François Tombalbaye étant premier chef d'État, mais conserve une relation privilégiée avec l'ancien colonisateur, qui est depuis intervenu militairement à plusieurs reprises. Il est le théâtre de troubles récurrents liés à des dissensions internes, notamment entre musulmans du Nord et chrétiens du Sud, et plus récemment au débordement de la guerre du Darfour.

Pays agricole, producteur de coton, d'arachide, de bovins, le Tchad est devenu en 2003 exportateur de pétrole, accroissant ainsi considérablement les ressources financières de l'État, dont le chef actuel est Idriss Déby. En 2015, il est classé troisième par l'Africa Performance Index (API), outil de notation des institutions du secteur public en Afrique[2]. Face à la crise que traverse le pays et les difficultés liées à ses recettes devant faciliter une relance conséquente de son économie, il se trouve régulièrement en difficulté et ce, malgré l'intervention de certains de ses partenaires internationaux.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Tsâd est le terme kanouri désignant le lac Tchad, substantif dont l'étymologie serait grande masse d'eau[3]. Les insulaires désignaient le même lac sous le nom commun de koulou, qui a explicitement le même sens[3].

Quand de l'été 1899 au printemps 1900, les missions Joalland-Meynier, Gentil et Foureau-Lamy, qui sont des colonnes de tirailleurs sénégalais, conquièrent les royaumes tombés durant les vingt années précédentes sous la domination du trafiquant d'esclaves Rabah, ceux de ces territoires devant, selon les accords de la conférence de Berlin, revenir à la France sont regroupés en une entité administrative unique, la zone militaire dite du Tchad, connexe au territoire du Haut-Oubangui. C'est une tradition républicaine héritée de Jean-François Reubell de désigner le ressort d'une administration territoriale par son site géographiquement le plus remarquable et non par son nom historique pratiqué par le régime précédent. Le territoire militaire du Tchad, rattaché en 1903 au territoire de l'Oubangui-Chari, en est séparé en 1920 pour être érigé en colonie du Tchad.

Le Tchad est surnommé « le cœur mort de l’Afrique » en raison de son enclavement au centre du continent et de son climat particulièrement désertique[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création de la colonisation européenne, ses frontières résultant des négociations menées entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880 à la suite de la conférence de Berlin, mais l'espace tchadien possède une histoire riche et relativement bien connue. Il est sans doute un des berceaux de l'Humanité en la personne de « Toumaï », Sahelanthropus tchadensis daté d'environ sept millions d'années dont le crâne fossilisé (no  d'inventaire TM 266-01-060-01) a été découvert en 2001 dans l'erg de Toros Menala.

Des spécimens d'hominidés Sahelanthropus tchadensis (dont fait partie Toumaï) ont été retrouvés au Tchad, dans le désert du Djourab. L'espèce a été estimée à 7 millions d'années. D'autres spécimens plus récents ont été trouvés dans le Nord-Ouest tchadien, dont Abel, un australopithèque de l'espèce Australopithecus bahrelghazali estimée à 3-3,5 millions d'années.


Il y a six mille ans, le lac Tchad, alors immense mer intérieure de plusieurs dizaines de mètres de profondeur emplissant le bassin inférieur du Chari jusqu'à la dépression du Bodélé, le recouvre presque entièrement et commence de régresser. Dès le troisième millénaire avant notre ère, son territoire est parcouru par des caravanes préhistoriques qui, à travers le pays de Yam, alias Kerma, apportent à l'Égypte les produits tropicaux.

Agisymba et Kanem[modifier | modifier le code]

Peut être en lien avec le profil archéologique dit Sao qui émerge au Ve siècle av. J.-C., la partie méridionale de l'actuel Tchad forme dès avant le Ier siècle av. J.-C. une très vaste[5] région riche de ses troupeaux de rhinocéros[6] que bordent cinq massifs montagneux[7], l'Agisymba (en)[8], dont le roi des Garamantes, revendique la suzeraineté[9] face à l'expansionnisme de Rome.

L'empire du Kanem de ca. 1240 à 1395.

Ceux ci, « hommes des montagnes » septentrionales, fondent au début du VIIIe siècle un royaume du Kanem, littéralement « du sud », qui assoie à partir du XIIIe siècle son empire sur un territoire à peu près identique à celui du Tchad actuel. Le démantèlement du Kanem fait émerger trois principaux royaumes sahéliens : le Kanem-Bornou, le Baguirmi et le Ouaddaï. Au XIXe siècle, ces États finissent, comme tout le Soudan, par être submergés par un trafic d'esclaves séculaire destiné aux pays arabes, la traite orientale.

Colonisation et indépendance[modifier | modifier le code]

Le Kanem, le Ouaddaï et le Baguirmi au centre de l'Afrique en 1890.

Le Tchad, après la conférence de Brazzaville de 1944 et la création de l'Union française, devient un territoire d'outre- mer intégré dans la fédération française de l'Afrique équatoriale française. Le 10 novembre 1946, Gabriel Lisette et René Malbrant sont élus député du Tchad à l'Assemblée territoriale. La France étend son protectorat sur le Baguirmi en 1897, le Bornou en 1900, le Ouaddaï en 1909. Le territoire militaire du Tchad est érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'Afrique-Équatoriale française, AEF. Sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, il est en 1940 le premier territoire français à se rallier à la France libre.

Devenu république autonome en 1958, le Tchad accède à l'indépendance le sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci doit bientôt faire face à la révolte de peuples du Nord et il sollicite l'aide des troupes françaises en 1968. Après l'assassinat de Tombalbaye en 1975, le pouvoir échoit au général Félix Malloum, qui doit céder la place à Goukouni Oueddei en 1979 à la suite de la Première Bataille de N'Djaména.

Conflit tchado-libyen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conflit tchado-libyen.
Hissène Habré, ravisseur de Françoise Claustre puis président du Tchad de 1982 à 1990.

En 1980, la Seconde Bataille de N’Djamena permet à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Après l'échec d'un projet de fusion entre le Tchad et la Jamahiriya arabe libyenne en 1981, les troupes libyennes se retirent dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français. En 1982, Goukouni Oueddei est renversé à son tour par Hissène Habré, qui doit faire appel l'année suivante au soutien des forces françaises pour l'aider à contenir une nouvelle invasion libyenne (opération Manta). En 1987, une contre-offensive des forces tchadiennes contraint finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l'exception de la bande d'Aozou qui est restituée au Tchad seulement en 1994.

En 1990, Hissène Habré est renversé du pouvoir par Idriss Déby, soutenu notamment par la France. En 1999, le Tchad s'engage dans la Deuxième Guerre du Congo, en soutenant le gouvernement de Kinshasa.

Crise du Darfour[modifier | modifier le code]

zone de darfour a un très grand bassin pétrolier et comme en 2003 le Tchad s'est lancé dans le diamant noir[pas clair],

Le , devant un rapport d'ONG mettant en évidence l'insécurité à la frontière entre le Tchad et la province soudanaise en guerre du Darfour, le Premier ministre annonce un renforcement des moyens dans cette région.

Peu avant la réélection d'Idriss Déby, le , de brefs combats ont lieu dans la périphérie de N'Djaména, entre une faction de la rébellion, le FUC (Front uni pour le changement) et les troupes gouvernementales. Idriss Déby accuse le Soudan de soutenir ses adversaires.

Le , les rebelles prennent la capitale du pays N'Djaména, à l'exception du palais présidentiel où le président Idriss Déby semble s'être réfugié[10]. La France évacue une partie de ses ressortissants. Le 4 février, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attaques contre le gouvernement tchadien[11]. L'armée tchadienne repousse les rebelles avec l'aide logistique de la France[12]. La stabilité régionale au Tchad est alors assurée conjointement par la force de l'Union européenne EUFOR (déployée de mars 2008 à mars 2009, environ 3 000 soldats) et par les forces françaises de l'opération Épervier.

Menant une guerre de mouvement, les rebelles venus du Soudan voisin multiplient les attaques rapides dans l'Est du pays avec pour but avoué la chute du gouvernement tchadien. En juin 2008, des combats ont opposé pour la première fois l'EUFOR et ces rebelles autour de la ville de Goz Beïda, au sud d'Abéché[13]. Le 17 novembre 2008, deux hélicoptères soudanais visent délibérément des véhicules belges de l'EUFOR[14].

En mai 2009, une nouvelle rébellion conduit l'offensive à partir du Darfour. En 2009, le président soudanais Omar el-Béchir visite le pays sans être arrêté, alors qu'un mandat d'arrêt international avait été émis à son encontre pour crimes de guerre et génocide.

Crise post-libyenne[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, le Tchad envoie des troupes au nord du Mali pour participer à l'opération Serval[15],[16]. Idriss Déby décrit alors ce qui se passe dans le Nord du Mali comme la conséquence de « la dislocation de la Libye » et de la « dissémination de son arsenal »[17].

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Tchad.

Trois zones climatiques[modifier | modifier le code]

Image satellite du Tchad.
Schéma des trois zones climatiques du Tchad.

Le Tchad est un pays vaste et de très faible densité humaine. Il connaît pourtant d'importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d'hommes. Plus au sud se trouve le Sahel où les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. C'est dans le Sud de cette zone que se trouve la capitale N’Djamena ainsi que le lac Tchad. Plus au sud encore, se trouve une zone de savane où les précipitations peuvent dépasser 900 mm. C'est là, dans le Sud-Ouest, qu'en moyenne les densités sont les plus élevées.

Le Nord et le Centre représentent les deux tiers de la superficie du pays et comptent environ 30 % de la population totale. Ces régions sont peuplées de populations négro-africaines et sahariennes disparates, mais toutes musulmanes, appartenant aux groupes linguistiques saharien, soudanais oriental et central.

Par ailleurs, les Arabes (de souche, métissés et négro-africains arabisés), musulmans, occupent trois grandes zones de peuplement, au nord (Nord-Ouest du Kanem), au centre (Batha, Guéra, Chari-Baguirmi et Nord du Ouaddaï) et au sud-est (Salamat), représentant environ 56,5 % de la population tchadienne.

D'autre part, les Hadjaraïs (8,5 %), nom de désignation ethnique, communément attribué aux divers groupes ethniques (plus en référence à la région administrative qu'à leurs divergences culturelles ou religieuses) qui peuplent le Centre et le Centre-Ouest du pays, groupes linguistiques afro-asiatique, tchadique, nilo-saharien, bongo baguirmi, sara baguirmi, baguirmi, soudanais oriental et central, sont majoritairement musulmans. Néanmoins, il existe une minorité de chrétiens voire des animistes dans cette partie du territoire.

Enfin, le Sud-Ouest, chrétien, musulman et très marginalement animiste, est composé de populations négro-africaines appartenant aux groupes linguistiques tchadien et soudanais central (Saras – 30 %, Ngambayes – 5,5 %, Toupouris, Kotokos, Baguirmis, Massas et autres – 9,5 %).

Zones protégées[modifier | modifier le code]

Des sites consacrés à la conservation de la diversité biologique couvrent environ 20 % du territoire national (en 2014)[18] :

  • 10 forêts classées ;
  • 3 parcs nationaux ;
  • 7 réserves de faune ;
  • 1 réserve de biosphère ;
  • des zones humides d’importance internationale ;
  • une multitude de forêts sacrées et des forêts communautaires ;

La conservation de la nature est concrétisée par la création de parc nationaux dont le parc national de Zakouma, dans le Sud-Est du Tchad, d'un superficie de 3 000 km2.

Le 1er décembre 2015, à l'occasion du sommet « Défi climatique et solutions africaines » en marge de la conférence de Paris sur le climat (COP 21), Idriss Déby a alerté la communauté internationale sur le besoin de financement pour l'avenir du lac Tchad (dont la surface a été divisée par 8 depuis 1973) « La question du lac Tchad est ancienne. À toutes les rencontres sur le climat depuis 20 ans, ce dossier a été évoqué […] depuis Copenhague, Rio et aujourd'hui Paris. Je ne suis pas sûr que jusqu'à aujourd'hui, nous ayons trouvé des oreilles, tout au moins des actions concrètes »[2].

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Carte des 22 régions du Tchad (situation février 2008).

En 2002, le Tchad a été divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22 ; le 4 septembre 2012 à 23. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien.

(les no  correspondent à la carte)

Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures. Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue mais aucune élection n'a encore eu lieu.

Les unités administratives sont les relais de l'État à un niveau local. La ville de Ndjamena (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Tchad.

Vers une diversification[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8 000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet[19] multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le Tchad.

En 2012, Idriss Déby développe une politique de diversification de l'économie tchadienne. L'Africa Performance Index (API), qui évalue le développement économique des pays africains membres de la zone, place alors le Tchad au pied de son podium et souligne que « l'amélioration de l'orientation budgétaire du pays et les mesures significatives de réduction de la dette (…) ont permis à la machine économique et financière du Tchad d'opérer dans le bon sens »[2]. La croissance du pays en 2015 est estimée à 7,6 % selon le FMI[20], soit l'un des taux les plus importants du continent avec le Nigeria[2].

Alors que l'exploitation d'hydrocarbures a permis au Tchad de générer en dix ans plus de 10 milliards de dollars, Idriss Déby investit notamment dans le rattrapage du pays en termes d'infrastructures afin d'attirer les investissements[2]. Une dynamique illustrée par la construction de la Cité internationale des affaires, à N'Djaména, pour un coût total de 366 millions d'euros[2].

Idriss Déby ouvre également le pays aux capitaux étrangers, en particulier ceux venant de Chine. Selon le chargé des affaires de l'ambassade de Chine, qui rappelle que le Tchad et la Chine développent leurs relations économiques depuis dix ans, « la coopération économique et commerciale se développe progressivement et les échanges humains et culturels s'intensifient »[21]. Plusieurs grands chantiers sont menés au Tchad par des groupes chinois : la raffinerie de Djarmaya, la cimenterie de Baoré, le palais de la Démocratie (siège de l'Assemblée nationale), l'hôpital de la liberté et la maison de la Femme[2].

Le 14 décembre 2015, le FMI, désireux « d'épauler le pays dans la poursuite de ses efforts », approuve le déblocage de 28,7 millions de dollars d'aide au développement au Tchad[22].

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Trois opérateurs mobiles se partagent le marché : Airtel, Tigo (Millicom) et Salam.

Nombre de clients par opérateur (source OTRT)[23]

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Airtel 1 036 987 1 211 704 1 393 954 1 697 509 2 278 974 2 107 223 2 283 187
Tigo 541 159 1 017 159 1 429 350 1 894 278 2 029 882 2 403 985 2 922 249
Salam 10 000 24 000 52 000 73 874 93 426 50 035 46 124

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Cuvette au relief très accidenté, le Tchad est une succession de plaines et de montagnes. Le nord du pays est dominé par le massif du tibesti, qui s'étend sur une superficie de 75 000 kilomètres carrés et le point culminant, l'Emi koussie , est à 3 414 m. Dans l'est les sommets les plus élevés des plateaux du Ouaddaï culminent à environ 1 450 m.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Tchad.
Famille tchadienne.

En 2015, la population tchadienne est estimée par le The World Factbook à environ 11,63 millions d'habitants[24] ; 44,2 % a moins de quinze ans, 52,8 % entre quinze et soixante-quatre ans, et 2,98 % soixante-cinq ans et plus. Le taux de croissance démographique serait de 1,89 %, avec un taux de natalité de 36,6 pour mille et un taux de mortalité de 14,28 pour mille. Le Recensement général de la population et de l'habitat de 1993 faisait état de 6 288 261 habitants. Plus de 47 % de la population a moins de 15 ans et le taux de fécondité était de 6,08. L'espérance de vie était de cinquante-et-un ans.

27 % des Tchadiens vivent en ville, et près de la moitié des urbains résident à Ndjamena, la capitale. Les densités varient considérablement du nord au sud du pays, avec 0,1 habitant au km² dans les régions du Borkou, de l'Ennedi Est, de l'Ennedi Ouest et du Tibesti, et 52,4 habitants au km² dans le Logone Occidental. La moitié de la population vit dans le cinquième le plus méridional du territoire. Selon le World Refugee Survey 2008[25] publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants[26], le Tchad abritait 294 100 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007. 242 600 d'entre eux provenaient du Soudan et le reste de la République centrafricaine[25]

Calendrier des jours fériés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Tchad.
Défilé des chameliers à Moussoro sur la place du marché.
Fêtes et jours fériés[27]
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an
1er décembre Fête nationale Prise du pouvoir par l'actuel président Idriss Déby en 1990
1er mai Fête du travail
11 août Jour de l'Indépendance
28 novembre Jour de la République Proclamation de la République en 1958
25 décembre Noël
Aîd Alkabir
Aïd Alfitr
Achoura'a
Hégire (nouvel an)
Isra'a et Mi'raj
6 mai Le Labétien
Lundi de Pâques
1er novembre Toussaint

Langues[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Langues au Tchad et Liste des langues du Tchad.

Même si le français et l'arabe (depuis 1978[28],[29]) sont les seules langues officielles, plus d'une centaine de langues sont utilisées à travers le pays, comme le gourane, le sar, le ngambay, le mbay, le kabalaye, le lélé, le kim, le massa, le toupouri, le baguirmi, le nandjéré, le mboum, le hadjeray, le gorane, le balala, le kanembou, le haoussa, le kanouri, le zaghawa, le mabak, le kado, le laga, le gor, le kaba, le zimé, le n'gama, le moundang, le labet, le mousseye, le quera, etc.

L'arabe tchadien est pratiqué par plus de la moitié de la population[30], surtout sur les marchés.

Le français, qui a été introduit dans les écoles tchadiennes à partir de 1911 et qui est langue officielle du pays depuis son indépendance, est la langue de l'administration et de l'éducation ; bien qu'elle ne soit la langue maternelle que d'une minorité, c'est une langue seconde qui jouit d'une grande vitalité et qui est la langue véhiculaire du Sud du pays, plus urbanisé[31].

Religions[modifier | modifier le code]

D'après le recensement de 1993, les religions les plus pratiquées au Tchad sont : l'islam (53,9 %), le christianisme (34,7 %) et l'animisme (7,4 %). Les personnes sans religion représentent 3,1 % de la population (l'un des taux les plus forts en Afrique), et les autres religions 0,9 %[32].

Nomadisme[modifier | modifier le code]

Peuples nomades : selon le recensement du pays de 2009, les nomades représentent 3,4 % de la population totale du pays, soit 368 066 personnes[33] ; ils étaient 353 489 lors du recensement de 1993, mais 5,7 % de la population totale du pays[34].

Défis et enjeux[modifier | modifier le code]

Régime politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Tchad.

Sous la forme de république, Le Tchad est une dictature critiquée par des observateurs internationaux. Le Président de la République nomme les ministres. Le parlement ne comporte qu'une seule chambre.

Un référendum a eu lieu le pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects préalablement votés par l'Assemblée nationale le . Le point le plus important est la fin de la limitation des mandats (modification de l'article 61 de la constitution du ). Désormais le président peut se représenter plus de deux fois.

Le 3 mai 2006, Idriss Déby est réélu au suffrage universel avec 64,67 % des votes exprimés. Des groupes d'opposants dénoncent un scrutin truqué avec la complicité de la Commission nationale électorale, d'autres appellent au boycott. Le , il est réélu pour un quatrième mandat dès le premier tour de l'élection présidentielle par 88,7 % des voix, face à Albert Pahimi Padacké (6 %) et Madou Nadji (5,3 %)[35].

En février 2016, Idriss Déby est nommé par son parti pour concourir lors de la future élection présidentielle se déroulant en avril 2016. Il fait alors figurer dans son programme l'instauration d'une limite des mandats dans la constitution, déclarant qu'« en 2005, la réforme de la constitution était menée dans un contexte où la nation était en danger » tandis qu'en 2016, le Tchad « ne peut pas se concentrer sur un système qu'un changement de pouvoir mettrait en difficulté »[36].

Corruption[modifier | modifier le code]

Au mois de mai 2012, Idriss Déby lance une vaste opération anti corruption dans le pays, baptisée opération Cobra. L’État perd alors un montant estimé à 300 milliards de F CFA (soit 460 millions d'euros) par an à cause de détournements d'argent public. Le but est de sécuriser les circuits de recettes et de dépenses et de contrôler les procédures de préparation, de passation et d'exécution des marchés publics. Après un an et 23 missions de contrôles effectuées à N'Djamena et 22 en province, environ 25 milliards de F CFA ont été recouvrés[37].

Sécurité[modifier | modifier le code]

En 2015, Idriss Déby débloque 4,57 millions d'euros pour venir en aide à la région du lac Tchad, en proie à la désertification et au développement de groupes terroristes tels que Boko Haram. Le Tchad étant une cible stratégique pour le groupe terroriste Boko Haram, Idriss Déby tourne une partie de sa politique de ce mandat vers la lutte contre le terrorisme.

Devant faire face à la menace grandissante de Boko Haram, un groupe terroriste rallié à Daesh dans le Nord du Nigeria, Idriss Déby augmente la participation du Tchad à la Force multinationale mixte (MNJTF), une force armée composée du Niger, du Nigeria, du Bénin et du Cameroun[4]. En août 2015, Idriss Déby déclare à ce sujet dans un entretien que la MNJTF a « décapité » Boko Haram[38].

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En septembre 2017, un rapport d'Amnesty International dénonce une vague de répression au Tchad, sous le mandat d'Idriss Déby. L'organisation reconnaît que cela n'est pas du même niveau que sous son prédécesseur Hissène Habré (une répression implacable qui fit des dizaines de milliers de morts dans les années 1980[réf. nécessaire]) mais elle note que le président Déby, qui effectue son cinquième mandat, n'a pas tenu ses engagements initiaux en matière de respect des droits de l'homme. Elle note qu'Idriss Déby « réduit au silence les voix de ceux qui s’élèvent contre le gouvernement et ses politiques », au moyen d'un harcèlement juridique, administratif et policier continu contre ses opposants. Depuis 2016, 65 manifestations ont été interdites par les autorités et on refuse toute existence légale à plusieurs plateformes d'opposition[39].

Condition féminine[modifier | modifier le code]

La polygamie est couramment répandue, et concerne environ 39 % des femmes tchadiennes ; elle est encadrée par la loi, qui prévoit que la femme peut refuser cette pratique dans son contrat de mariage. Les mutilations génitales féminines sont interdites par la loi mais couramment pratiquées[40].

En février 2016, Zouhoura, fille d'un opposant au régime est violée par des fils de généraux proches du président. Elle déclara par la suite à l'AFP qu' « Il n’y a jamais eu de justice avant (pour punir) le viol d’une femme tchadienne »[41].

Liberté de la presse[modifier | modifier le code]

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2018, Reporters sans frontière a classé le Tchad 123e sur 179 pays[42]. Les reporters y sont régulièrement arrêtés après la publication de certains articles. La plupart d’entre eux sont libérés assez rapidement mais d’autres sont maintenus en détention arbitraire pendant plusieurs semaines. Le cas de Mayadine Babouri, activiste politique emprisonné, depuis 15 mois, pour avoir dénoncé la gestion patrimoniale du pays sur les réseaux sociaux est un exemple concret de la détérioration de la liberté de presse au Tchad, qui était 121e au précédent classement de Reporters sans frontière[43].

Codes[modifier | modifier le code]

Le Tchad a pour codes :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Indicateurs internationaux de développement humain.
  2. a b c d e f et g « En pleine diversification économique, le Tchad attire les investissements étrangers », sur www.cameroonvoice.com (consulté le 9 mars 2016).
  3. a et b Gustav Nachtigal, trad. J. Gourdault, Sahara et Soudan, p. 477, Hachette & cie., Paris, 1881.
  4. a et b Arol Ketchiemen, Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains, Favre, , 316 pages p., p. 290
  5. Claude Ptolémée, Guide géographique, IV, 8, 2.
  6. Jehan Desanges, « Agisymba », dans Encyclopédie berbère, II. « Ad – Ağuh-n-Tahlé », p. 259-261, Édisud, Aix, 1985.
  7. Claude Ptolémée, Guide géographique, IV, 8, 3.
  8. An., « Observations générales sur la géographie ancienne », dans Mémoires de l'Institut impérial de France, vol. XVI, I, p. 366, Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 1850.
  9. Claude Ptolémée, Guide géographique, I, 8, 5.
  10. Occupation de N'Djamena le 02/02/2008.
  11. centre de nouvelles de l'ONU, 4 février 2008.
  12. « La France a acheminé des munitions depuis la Libye, déclaration du ministère de la Défense », AFP, le 14 février 2008.
  13. Le Monde, édition du 17 juin 2008, « Dans l'est du Tchad, premier incident armé entre EUFOR et rebelles venus du Soudan ».
  14. « 2 véhicules belges de l'Eufor brûlés, De Crem confirme », Bruxelles2, 9 février 2009.
  15. Charlotte Bozonnet, « Le président Idriss Déby veut faire du Tchad un acteur majeur en Afrique », Le Monde.
  16. Peter Tintin, « In Mali fight, Chad proves a powerful partner for France », The Christian Science Monitor, 7 mars 2013.
  17. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :3
  18. 5e Rapport national sur la diversité biologique du Tchad (2014).
  19. Stefaan Marysse et Filip Reyntjens, L'Afrique des Grands Lacs: Annuaire 1999-2000, page 302 [1].
  20. « Tchad - Perspectives économiques en Afrique », sur www.africaneconomicoutlook.org (consulté le 1er avril 2016).
  21. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :1
  22. « L’économie du Tchad en voie de rémission – Le journal économique » (consulté le 1er avril 2016).
  23. « Site officiel de l'Office Tchadien du Régulation des Télécommunications », sur otrt.td (consulté le 18 août 2015).
  24. CIA World Factbook - Chad.
  25. a et b (en) « World Refugee Survey 2008 ».
  26. (en) « U.S. Committee for Refugees and Immigrants ».
  27. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Tchad, Petit Futé, (lire en ligne), p. 216.
  28. (en) « Constitution du Tchad de 1996 (rév. 2005) », sur le site ConstituteProject.Org (2013).
  29. « L'arabe tchadien. L'émergence d'une langue véhiculaire » (consulté le 7 mai 2018)
  30. P. Jullien de Pommerol, Grammaire pratique de l'arabe tchadien, Karthala, Paris, 1999 (ISBN 9782865379385), p. 7.
  31. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 133.
  32. (en) « Table 6 (Population by religion, sex, urban/rural residence: each census, 1985-2004) », dans Special Census Topic 2000 Round (1995 - 2004), vol. 2b - Ethnocultural characteristics Table 6, New York, United Nations, , XLS (ISSN 0082-8041, OCLC 173373970, lire en ligne).
  33. http://www.inseedtchad.com/IMG/pdf/rapport_situation_des_nomades.pdf, p. 36.
  34. http://www.inseedtchad.com/IMG/pdf/rapport_situation_des_nomades.pdf, page 35.
  35. Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad - TV5.
  36. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :8
  37. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :72
  38. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées z
  39. Célian Macé, « Amnesty International dénonce une «nouvelle vague de répression» au Tchad », liberation.fr, 14 septembre 2017.
  40. Country Human Rights Report, 2010.
  41. « Tchad : victime d’un viol collectif, Zouhoura brise le silence », sur jeuneAfrique.com
  42. « Tchad : Violences et arrestations arbitraires | Reporters sans frontières », sur RSF (consulté le 9 novembre 2018)
  43. « Il risque la prison à vie pour une vidéo sur Facebook », Amnesty France, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]