Pierre Marcilhacy

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Pierre Marcilhacy
Fonctions
Sénateur de la Charente
Gouvernement Ve république
Groupe politique Gauche démocratique
Membre du Conseil constitutionnel
Prédécesseur René Brouillet
Successeur Francis Mollet-Vieville
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 77 ans)
Parti politique Parti libéral européen

Pierre Marcilhacy, né le 14 février 1910 et décédé le 5 juillet 1987, est un homme politique français du XXe siècle. Il a été candidat à l'élection présidentielle française de 1965, lors de laquelle il obtient 1,71 % des voix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et années de formation[modifier | modifier le code]

Né à Paris, il fait des études de droit et devient avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Marié à Gabrielle van Heutz, ancien mannequin, néerlandaise de naissance, qui lui donne deux enfants, Catherine (née en 1940) et Antoine (né en 1944), il est domicilié à Paris dans le 16e arrondissement et en Charente à Jarnac.

De 1948 à 1965[modifier | modifier le code]

Sénateur[1] de la Charente depuis 1948 et conseiller général du Canton de Jarnac de 1979 à 1985 (mandat détenu par sa famille depuis 1850[2]), il acquiert parmi ses confrères une réputation de juriste qui lui permet, en 1958, d'être élu par ses pairs parmi les six membres destinés à représenter le Conseil de la République au Comité consultatif constitutionnel créé pour participer à l'élaboration de la nouvelle Constitution[3]. Il s'y prononce contre le cumul des fonctions de ministre et l'exercice d'un mandat parlementaire[4] mais il reste cependant pratiquement inconnu du grand public hors de son département et c'est une certaine surprise quand il est choisi pour affronter le général de Gaulle à l'élection présidentielle de 1965, par la Convention nationale libérale, animée par Jean-Paul David, fondateur du Parti libéral européen. Le Canard enchaîné, qui prend parti pour Mitterrand, ne manque pas de dauber sur son manque de notoriété. Il publie un jour une colonne blanche prétendant offrir, en exclusivité, la vie de Marcilhacy ; une autre fois une caricature de Lap montre une affiche blanche devant laquelle un quidam déclare : « Comment ? Vous ne le reconnaissez pas ! Mais c'est Marcilhacy. ».

Alain Ayache, alors jeune journaliste, lui consacre un livre intitulé Pierre Marcilhacy : Monsieur Y (en référence au surnom Monsieur X, inventé par L'Express lorsqu'il s'agissait de rechercher le meilleur candidat à opposer au général de Gaulle). Il recueille 1,71 % des voix.

De 1965 à 1980[modifier | modifier le code]

Sa vie politique continue. Dans la fameuse séance du 28 juin 1971, il fait adopter la question préalable qui rejette la réforme du droit d'association, prélude à la décision historique de cassation de cette réforme par le Conseil constitutionnel[5]. En 1980, il perd son siège au Sénat.

De 1981 à 1987[modifier | modifier le code]

Il se prononce en faveur de François Mitterrand (ami de sa famille) pour le second tour de l'élection présidentielle de 1981.

Après l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, il siège au sein de la Commission du bilan, mise en place par le gouvernement de Pierre Mauroy pour établir un « état des lieux » au moment de l'alternance politique de 1981.

Il est nommé en 1983 membre du conseil constitutionnel, où il siègera jusqu'à sa mort, quatre ans après.

Publications[modifier | modifier le code]

Pierre Marcilhacy est un écrivain, auteur de :

  • Les Chouans de la Liberté (Nouvelles Editions Latines)
  • Ce que je n'ai pas dit (Editions Robert Laffont, 1966)
  • La musique de la Tante Aurèle
  • Le lion et la demoiselle
  • Arrêtez la machine (conte philosophique), Mario Mella Editions, Villeurbanne, 1993, ISBN 2-9506933-2-6

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Sénat portait alors le nom de Conseil de la République.
  2. biographie sur le site du Sénat
  3. François Goguel, « L'élaboration des institutions de la République dans la Constitution du 4 octobre 1958 » p. 80 in Revue française de science politique Année 1959, Volume 9, Numéro 1, pp. 67-86.
  4. Léon Noël, « Ministres et députés » in Revue française de science politique, Année 1968, Volume 18, Numéro 2, pp. 213-229.
  5. « La question préalable du sénateur Marcilhacy » sur le site du Sénat.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pascal FONTAINE. Pierre MARCILHACY (1910-1987).Le Droit pour la Cité. Contribution à une étude du Droit et de la Politique. Mémoire DEA Droit.1990. 222 pages.