Groupe mobile de réserve

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Les Groupes mobiles de réserve, souvent abrégés en GMR, étaient des unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy. Leur développement fut l'affaire privilégiée de René Bousquet (1909-1993), directeur général de la Police nationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les GMR étaient conçus à la fois comme préfiguration du renouveau de l'Armée française, limitée à 100 000 hommes par l'armistice, et comme une force de maintien de l'ordre, sur le modèle de la Gendarmerie mobile. Appartenant à la police nationale, ils n'avaient donc pas le statut militaire, ce qui, formellement, respectait les termes de la convention d'armistice.

Les effectifs de la Garde mobile ayant été réduits avec ceux de l'armée par la convention d'armistice, la loi du , pour faire face aux tâches du maintien de l'ordre, créa les GMR qui, par un décret du , furent rattachés au service régional de la Sécurité publique et dépendirent de l’intendant de police (institué par la loi du ) sous l'autorité du préfet régional. Ces unités de police furent constituées en « zone libre » dès l'automne 1941 et déployées dans toute la France occupée fin 1942. La loi du établit, à l’échelon central, une direction des Groupes mobiles de réserve, et, à l’échelon régional, des commandements régionaux des Groupes mobiles de réserve. Cette force civile paramilitaire, prévue à l'origine pour maintenir l'ordre en milieu urbain, fut engagée, à partir de l'automne 1943, dans les opérations de répression de la Résistance où elle se montra souvent beaucoup plus zélée que la Garde mobile.

Un GMR, dirigé par un commandant (de gardiens de la paix), comprenait deux cent vingt policiers au maximum et était divisé en quatre sections commandées en principe par des officiers de paix et subdivisées en quatre brigades.

À partir de l'automne 1943, les GMR participèrent aux offensives lancées par le régime de Vichy contre les formations du maquis, avec l'accord des Allemands. Ils sévirent notamment dans le Massif central et participèrent comme force d'appoint aux combats des Glières. Lors des opérations contre le maquis du Vercors, les GMR restèrent au pied du massif pour en interdire les accès[1]. La responsabilité principale des actions militaires de grande ampleur contre les maquis revient à l'Armée allemande, avec une participation secondaire de la Milice.

Au contraire des gendarmes départementaux, les GMR n'étaient pas recrutés dans la population locale et ne vivaient pas en son sein. Ils n'avaient donc pas de raison de rechercher le modus vivendi qui existait souvent entre les maquisards et les forces locales de maintien de l'ordre. Autant qu'ont pu en juger témoins et historiens, ils n'ont pas montré de scrupules particuliers pendant ces campagnes de répression, même si l'on compta des transfuges parmi eux à l'été 1944.

Après la Libération, le , les GMR furent dissous[2] et une partie des effectifs fusionnée, après épuration, avec des éléments issus des FFI pour créer, le 8 décembre[2], les Compagnies républicaines de sécurité (CRS)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anna Balzarro, Le Vercors et la zone libre de l'Alto Tortonese – Récits, mémoire, histoire, éd. L'Harmattan, Paris, 2002, 447 p. (ISBN 2747533492 et 9782747533492), p. 42 [lire en ligne].
  2. a et b « 50 ans des compagnies républicaines de sécurité : organisation et missions », sur archivesdefrance.culture.gouv.fr, Archives de France (consulté le 23 décembre 2013) [PDF].
  3. « Les CRS », sur le site polices.mobiles.free.fr, consulté le 27 janvier 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Chevandier, Policiers dans la ville. Une histoire des gardiens de la paix, Paris, Gallimard, 2012.
  • Alain Pinel, Une Police de Vichy – Les Groupes Mobiles de Réserve, (1941-1944) (préface de Philippe Braud), L'Harmattan, coll. « Sécurité et société », Paris, 2004.
  • Alain Pinel, Histoire de la Police, du Moyen Âge à nos jours, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2005, p. 703-707.
  • Yves Mathieu, Policiers perdus - Les GMR dans la Seconde Guerre mondiale, Toulouse, Messages SAS, 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]