Georges Rastel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Georges Rastel
Fonctions
Député d'Eure-et-Loir
(invalidation)
Gouvernement IVe République
Groupe politique UDSR
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 82 ans)
Nationalité Française
Profession Haut fonctionnaire
Résidence Eure-et-Loir

Georges Rastel est un homme politique français, né le à Montgeron (Seine-et-Oise) et mort le à Vernouillet (Eure-et-Loir).

Outre son engagement de résistant, son parcours mêle de façon assez rare une carrière de haut fonctionnaire des finances, de préfet, à un moment crucial de l'histoire française, et d'élu local, avec une incursion très brève au gouvernement Ramadier et à l'Assemblée nationale sous étiquette UDSR.

Parcours dans l'administration française et le corps préfectoral[modifier | modifier le code]

Son père est fonctionnaire des PTT. Après ses études au lycée Henri-IV, il fréquente la faculté de droit de Paris et obtient un doctorat en droit.

En 1931, il débute comme rédacteur au ministère des Finances, accède au poste de sous-chef de bureau en 1938. Il est l'auteur d'un ouvrage consacré aux controverses doctrinales autour du bimétallisme au XIXe siècle, dans les mêmes années.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est chef de bureau en 1943, toujours au ministère des Finances puis sous-directeur en 1944, tout en participant à la résistance.

Les Ardennes et le corps préfectoral[modifier | modifier le code]

Peu après la Libération, il devient préfet des Ardennes en novembre 1944, prenant en main rapidement l'administration de ce département deux mois après le départ des occupants, et rassemblant les forces civiles républicaines et les différents partis. Il succède à Marc Scaillierez.

En décembre 1944, les Allemands tentent une contre-offensive dans les Ardennes belges, limitrophes. Le canon tonne encore, et la menace est très sérieuse. C'est la bataille des Ardennes, du 16 décembre 1944 au 24 janvier 1945. Une union sacrée se constitue autour du pouvoir préfectoral, qu'il incarne, pour affronter cette situation[1].

Son rôle dans ce département encore sensible est cité pour son caractère exemplaire par le ministre de l'Intérieur, Adrien Tixier, au conseil des ministres. Il s'agit de venir en secours aux populations, d'approvisionner ces populations, et de permettre progressivement la reprise du travail. Il y gagne la qualification, localement, de « préfet de la Remise en marche »[2].

Il faut également veiller au rétablissement d'un État républicain, en ramenant progressivement le Comité départemental de libération, représentant localement la résistance intérieure française, à un rôle consultatif. Ce comité était rentré en conflit avec son prédécesseur, jugé trop tiède sur ce sujet délicat de l'épuration et avait obtenu son départ. Pour autant Georges Rastel maintient une ligne de strict respect de l'état de droit et de la justice, activant comme son prédécesseur la vigilance de ses services pour éviter les exécutions extra-judiciaires et les actes vengeurs, ce qui est particulièrement réussi dans le département des Ardennes[3].

En août 1945, il quitte les Ardennes et devient préfet de la Loire-Inférieure, alors que la poche de Saint-Nazaire vient à peine d'être reprise à l'occupant allemand, retrouvant ainsi une situation proche de celle connue dans les Ardennes.

Il revient ensuite dans l'administration centrale, en étant nommé directeur du service des alcools au ministère des Finances en 1946, haut commissaire à la distribution (nommé le 24 mars 1947 et libéré de ses fonctions le 14 juin), puis conseiller d’État en service extraordinaire pendant un an, d'octobre 1947 à octobre 1948.

Puis il est à nouveau nommé dans la préfectorale, en devenant préfet d'Eure-et-Loir (1948-1951).

Candidatures à des élections nationales[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, il se présente sous l'étiquette de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR, parti animé notamment par René Pleven et François Mitterrand) dans le département d'Eure-et-Loir. Situé en seconde position sur la liste présentée par le parti radical et radical-socialiste, l'UDSR et le Rassemblement des gauches républicaines (RGR), il est élu avec 29 438 voix sur 125 383 votants et 121 440 suffrages exprimés[4].

En juillet 1951, il est nommé membre de la commission de la production industrielle[4].

Mais son élection est invalidée en décembre 1951, en raison de l’incompatibilité de son mandat parlementaire avec l’activité de préfet de son département d’élection exercée peu de temps avant. Il a participé cependant en septembre 1951 à deux votes importants avant cette invalidation, en s'exprimant contre la proposition relative à l'échelle mobile des salaires en septembre 1951 et contre les lois Marie et Barangé d'aide à l'enseignement privé[4].

Le 10 février 1952, il est de nouveau candidat à une élection partielle, mais n’est pas élu.

Sous la Cinquième République, aux élections de novembre 1958, il est candidat radical aux législatives dans la deuxième circonscription d'Eure-et-Loir. Il subit un nouvel échec, n'arrivant qu'en deuxième position au second tour derrière le candidat Union pour la nouvelle République, formation gaulliste constituée sur les cendres du Rassemblement du peuple français[4].

Il se focalise dès lors sur des fonctions politiques locales.

Carrière d'élu local et retour dans l'administration[modifier | modifier le code]

De 1959 à 1965, renonçant à se présenter sur des élections nationales, il devient maire de Dreux[5] et conseiller général du canton.

Il reprend par ailleurs sa carrière dans l'administration en étant trésorier général de l'Algérie en 1960, puis du Loiret en 1961. En 1963, il devient trésorier général coordonnateur pour la région Centre puis, de 1968 à 1976, trésorier-payeur général du Pas-de-Calais[4].

Il a par ailleurs une vie associative active, notamment dans des associations de fonctionnaires, d'anciens résistants, de cercle d'éducation populaire et dans la Fédération des auberges de jeunesse[4].

Il meurt le 27 avril 1993 à Vernouillet dans sa quatre-vingt-troisième année. Il était officier de la Légion d'honneur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Controverses doctrinales sur le bimétallisme au XIXe siècle, Imprimerie Les Presses modernes, 1935 - 198 pages
  • Jeux fiscaux, Deux Rives, 1953 - 175 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Actes de colloque, Le Rétablissement de la légalité républicaine (1944), Fondation nationale Charles de Gaulle, 1996 - 904 pages
  2. Théophile Malicet, Histoire Chronique de Nouzonville, Office d'édition du livre d'histoire, 1997 (reprise de l'édition de 1969), 178 p. (ISBN 2-84178-156-9), p. 165
  3. Jean-Pierre HUSSON, La Marne et les Marnais à l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, tome 1, 2e édition, 1998, p. 315-361, Extraits sur le site du Centre national de documentation pédagogique, lire le chapitre sur les exécutions en région Champagne-Ardenne
  4. a, b, c, d, e et f Site de l'Assemblée nationale - Partie historique - Biographie du député Georges Rastel
  5. Michel Michel, Développement des villes moyennes : Chartres, Dreux, Évreux, Publications de la Sorbonne, 1984

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]