André Philip

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André Philip
Image illustrative de l'article André Philip
Fonctions
Député du Rhône
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 68 ans)
Parti politique SFIO

André Philip, né le à Pont-Saint-Esprit (Gard), mort le à Paris, est un homme politique socialiste français, docteur en sciences économiques et avocat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Protestant, socialiste et démocrate, André Philip adhère à la SFIO en 1920.

Il épouse en 1924 Mireille Cooreman dont il aura cinq enfants : Olivier, Jean, Christiane, Nicole et Loïc. Mireille Philip a été reconnue juste parmi les nations pour avoir fait évader des Juifs alors qu'elle vivait au Chambon-sur-Lignon; elle est décédée en 1991.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le Front populaire[modifier | modifier le code]

Député socialiste du Rhône de 1936 à 1940, André Philip fut rapporteur sur la semaine de 40 heures. Il fut également adhérent du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l'Association juridique internationale.

La Résistance[modifier | modifier le code]

André Philip fut au nombre des quatre-vingts parlementaires qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Il participa à la Résistance au sein du Comité d'action socialiste et de Libération-Sud. En 1942, il rejoignit de Gaulle à Londres. Il fut ensuite nommé Commissaire à l'Intérieur, puis Commissaire chargé des rapports avec l'Assemblée consultative (voir la liste) au Comité français de la Libération nationale d'Alger.

Ministre de la IVe République[modifier | modifier le code]

Il fut membre de l'Assemblée consultative puis des deux assemblées constituantes. Dans la seconde, il présida la commission de la Constitution.

André Philip fut réélu député du Rhône en 1946 et siègea au Palais-Bourbon jusqu'en 1951. Il fut ministre de l'Économie et des Finances du gouvernement Gouin (janvier-juin 1946), puis dans le gouvernement Blum (décembre 1946-janvier 1947). Dans le ministère Ramadier en 1947, il fut ministre de l'Économie nationale.

Il fit partie de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe, où il préconisa la création de la CECA. Battu aux élections de 1951, il entra au Conseil économique et social, dont il resta membre jusqu'en 1959.

Membre du P.S.U.[modifier | modifier le code]

Critique de la politique algérienne de Guy Mollet, il fut exclu du parti socialiste SFIO en 1957 et rejoignit le Parti socialiste autonome, puis le PSU jusqu'en 1962. Président du Mouvement socialiste pour les États-Unis d'Europe, il s'opposa alors à Pierre Mendès France, à qui il ne pardonnait pas l'épisode de la CED.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Sur le plan universitaire, il enseigna l'économie politique à l'Université de Sarrebrück de 1951 à 1957, puis à celle de Paris de 1957 à 1967.

Expert des problèmes du commerce international et du développement, André Philip participa aux premières assemblées de la CNUCED en 1964 et en 1968.

Acteur du mouvement associatif[modifier | modifier le code]

André Philip s'engagea très tôt dans l'éducation populaire. Il fut notamment à l'initiative de la création, en septembre 1944, de la « République des jeunes », organisation associative nationale rassemblant syndicats de salariés et mouvements éducatifs et de jeunesse, organisation qui préfigura la création, en 1948, de la Fédération française des Maisons des Jeunes et de la Culture dont il assura la présidence jusqu'en 1968.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Angleterre moderne, le problème social, l’expérience travailliste, 1926.
  • Le problème ouvrier aux États-Unis, Alcan, 1927.
  • L'Inde moderne, Alcan, 1930.
  • Sécurité et Désarmement, Cahiers Bleus, 1932.
  • H. de Man et la crise doctrinale du socialisme, Gamber, 1933.
  • Trade Unionisme et Syndicalisme, Aubier, 1936.
  • L'Europe unie et sa place dans l'économie internationale, P.U.F. 1953.
  • La démocratie industrielle, P.U.F. 1955
  • Le Socialisme trahi, Plon, 1957.
  • Pour un socialisme humaniste, Plon, 1960
  • Histoire des faits économiques et sociaux de 1800 à nos jours, Aubier, Éditions Montaigne, 1963
  • La Gauche, mythe et réalités, Aubier Montagne, 1964
  • Mai 1968 et la foi démocratique, Aubier Montagne, 1968.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Loïc Philip (son fils), André Philip par lui-même ou les voies de la liberté, Aubier Montaigne, 1971.
  • Loïc Philip, Politiques & Chrétiens, André Philip (incluant un témoignage de Léo Hamon), Beauchesne, 1988.
  • André Philip, socialiste, patriote, chrétien (actes du Colloque Redécouvrir André Philip, tenu à l'Assemblée nationale les 13 et 14 mars 2003 ; sous la direction scientifique de Christian Chevandier et de Gilles Morin ; organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle). Paris : Comité pour l'histoire économique et financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France. Animation de la recherche », 2005. 503 p., 22 cm. (ISBN 2-11-094796-9).
  • Christian Maurel, Les Maisons des Jeunes et de la Culture en France depuis la Libération. Genèse et enjeux, thèse de sociologie sous la direction de Jean-Claude Passeron (EHESS, 1992)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels d'André Philip sont conservés aux Archives nationales sous la cote 625AP.
  • « André Philip », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]