Gabriel Auphan

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Gabriel Auphan
Naissance
Alès
Décès (à 87 ans)
Versailles
Origine Drapeau de la France France
Grade contre-amiral
Années de service 1911-1944
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement sous-marin le Verrier (1920-1922)
sous-marin Fulton (1925-1927)
torpilleur Palme (1929-1930)
croiseur Émile Bertin (1936-1937)
Autres fonctions Chef d'état-major des forces maritimes (1941)
Secrétaire d’État à la Marine (1942)

Le contre-amiral Gabriel Auphan est un officier de marine français qui fut secrétaire d'État à la Marine du gouvernement de Vichy d'avril à novembre 1942. Il est né le à Alès et décédé le à Versailles.

Officier de marine[modifier | modifier le code]

Entré à l'École navale en , enseigne de vaisseau en octobre 1914, il servit sur la Jeanne-d'Arc en escadre du Nord, puis en avril 1915, en Méditerranée où il participa aux opérations des Dardanelles.

En septembre 1915, affecté au service de renseignements établi dans l'île de Rouad, sur la côte de Syrie, il organisa un réseau d'informateurs couvrant tout l'Orient. Il continua de mener cette mission à partir d'août 1916 comme second de l'aviso Laborieux, puis à Kastelórizo sur la côte de l'Asie Mineure.

Second du sous-marin Le Verrier en septembre 1917, il fit campagne en Adriatique jusqu'à la fin de la guerre. En janvier 1919, il fut envoyé à Fiume pour y servir au renseignement, puis en Égypte et au Liban. Lieutenant de vaisseau en juin 1919, il commanda le sous-marin Le Verrier en Méditerranée (1920-1922), et rédigea des études sur le rôle des torpilleurs lors de la Bataille du Jutland et l'emploi tactique des sous-marins en meutes dans lesquelles il préconisait des idées qui seront réalisées par l'amiral Dönitz pendant la Seconde Guerre mondiale.

Affecté en juin 1922 à l'État-Major général de la marine, il lança la construction des sous-marins du type Requin. Élève de l'École de guerre navale en 1923-1924, il commanda en 1925 le sous-marin Fulton en Méditerranée. Capitaine de corvette en janvier 1927, il avait été affecté en novembre précédent au cabinet de Georges Leygues, ministre de la Marine, où il travailla en particulier à la mise au point du décret organique du réorganisant la marine.

Commandant le torpilleur Palme en Méditerranée en 1929, capitaine de frégate en avril 1930, il fut alors chargé de diriger l'École d'application des enseignes de vaisseau embarquée à bord de la 1re division légère qui remplaçait provisoirement la Jeanne-d'Arc et fit ainsi une longue campagne sur les côtes d'Afrique, aux Antilles et en Méditerranée. Il commanda ensuite les contre-torpilleurs Guépard (1931) et Jaguar (1932) en escadre de Méditerranée.

Directeur des études puis commandant en second de l'École navale à Brest en 1933, il servit ensuite au cabinet de François Piétri, ministre de la Marine (1934-1935), puis commanda le croiseur Émile-Bertin en escadre dans l'Atlantique. Capitaine de vaisseau en octobre 1936, il reçut en octobre 1937 le commandement de la Jeanne-d'Arc et de l'École d'application des enseignes de vaisseaux avec laquelle il effectua le tour du monde (1937-1938) et une seconde campagne dans l'Atlantique et le Pacifique. Il exerce les fonctions de gouverneur militaire de la Polynésie (1938-1939). . Il fut alors affecté à la section d'études de l'État-Major général. En préparation de la guerre qui s'annonce, il est envoyé à Londres pour coordonner les futures opérations avec l'état-major de la Royal Navy. Il se plaindra du double jeu britannique, qui se concrétisera ensuite par l'évacuation de Dunkerque ou par l'Opération Catapult (attaque surprise des bâtiments français à Mers El Kébir, internement des bâtiments à Alexandrie et saisie de ceux réfugiés en Grande-Bretagne).

Sous-chef d'état-major des forces maritimes en octobre 1939, il prit, avec les amiraux Darlan, Maurice Le Luc et Négadelle, des convois venant d'outre-mer.

Au service de Vichy[modifier | modifier le code]

À Vichy, le contre-amiral Auphan fait partie des tenants d'une politique d'attentisme. Nommé chef d'état-major des forces maritimes en août 1941, il maintint le contact avec la représentation diplomatique américaine à Vichy en lui transmettant des informations. Secrétaire d'État à la Marine à partir d'avril 1942, il s'opposa aux exigences allemandes en matière de tonnage marchand, se montrant, avec le général Weygand, l'un des plus farouches opposants à la politique de collaboration au sein du gouvernement. Partisan d'une suspension des combats entre Français et Américains lors du débarquement anglo-américain du en Afrique du Nord, il s'opposa à ceux qui voulaient continuer le combat aux côtés de l'Allemagne, tel l'amiral Platon.

Le , chef d'état major,le contre-amiral Auphan avait donné l'ordre aux deux amiraux de Toulon de :

  1. s'opposer, sans effusion de sang, à l'entrée des troupes étrangères dans les établissements, bases aériennes, ouvrages de la Marine ;
  2. s'opposer de même à l'entrée des troupes étrangères à bord des bâtiments de la flotte ; par des négociations locales, s'efforcer d'arriver à un accord ;
  3. en cas d'impossibilité, saborder les bâtiments.

C'est cette dernière solution qui sera appliquée, dans la nuit du 26 au , les amiraux André Marquis, préfet maritime et Jean de Laborde, commandant les forces de haute mer, ayant appris que les Allemands étaient sur le point de tenter un coup de main sur la flotte.

Après avoir incité sans succès Pétain à quitter la métropole, il donna sa démission le .

Il fut chargé, le , par le maréchal Pétain, d'une démarche auprès du général de Gaulle, afin qu'une passation de pouvoir fût officiellement menée[1]. Cette mission fut vaine car le général de Gaulle refusa de le recevoir[1] et le fit arrêter.

À la Libération[modifier | modifier le code]

Le , la Haute Cour de justice le jugea et le condamna par contumace[précision nécessaire] aux travaux forcés, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens. Les 19 et , un second procès, le condamne uniquement à 5 ans de prison avec sursis et 5 ans de dégradation nationale[2]. En 1956, le Conseil d'État lui rendit son grade et ses droits à pension.

Après 1945[modifier | modifier le code]

Le contre-amiral Auphan consacra par la suite sa vie à l'écriture : proche du général Weygand ou du colonel Remy, il publia ses souvenirs et défendit la thèse du double-jeu de Vichy, restant loyal à la mémoire du maréchal Pétain. Le contre-amiral Auphan fut membre de l'Association des écrivains catholiques jusqu'à sa mort, survenue en 1982.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Lutte pour la vie 1940-1942 ou La Marine au service des Français (1947)
  • Mensonges et vérité - Essai sur la France (1949)
  • Les grimaces de l'histoire et l'histoire de mes trahisons (1951)
  • Les échéances de l'histoire ou l'éclatement des empires coloniaux de l'Occident (1952)
  • Le Drame de la désunion européenne (1955)
  • La Marine dans l'histoire de France (1955)
  • La Marine française dans la Seconde Guerre mondiale (1958)
  • Histoire de la Méditerranée (1962)
  • Histoire élémentaire de Vichy (1971)
  • Histoire de la décolonisation (1975)
  • L'honneur de servir (1978)
  • Au service de l'Église (1988)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Auphan, Contre-amiral Auphan et Jacques Mordal. La Marine française dans la seconde guerre mondiale, Ed. France-Empire, Paris, 1967, 651p. 
  • Jacques Mordal, La Marine à l'épreuve : de l'armistice de 1940 au procès Auphan, Édition d'histoire et d'art, Plon, Paris, 1956, 251p. 
  • Bernard Costagliola, La marine de Vichy : blocus et collaboration, juin 1940-novembre 1942, Paris, Tallandier, , 433 p. (ISBN 978-2-847-34630-5 et 2-847-34630-9, OCLC 476144480).
  • Jean-Baptiste Bruneau, « La Marine, cité terrestre du contre-amiral Auphan », Revue d'Histoire Maritime. La puissance navale, n°16, 2013, p. 51-64.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Robert O. Paxton (trad. Claude Bertrand, préf. Stanley Hoffmann), La France de Vichy – 1940-1944, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points-Histoire », (réimpr. novembre 1999) (1re éd. 1973), 475 p. (ISBN 978-2-02-039210-5), p. 382-383.
  2. « Épuration »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur quid.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]