Françafrique

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Le Premier ministre congolais André Milongo et le président français Jacques Chirac.

L’expression « Françafrique » , consacrée par son utilisation régulière par les grands médias comme Le Monde, Libération, Les Échos ou L'Express, est utilisée en général de façon péjorative, pour désigner une relation qualifiée de néo-coloniale par ses détracteurs, entre la France et d'anciennes colonies en Afrique subsaharienne. Se déclinant comme « Françalgérie » au Maghreb[1], elle repose sur des réseaux dissimulés et extra-diplomatiques (services de renseignement, grandes entreprises, barbouzes, etc.), allant parfois jusqu'à une ingérence française directe dans les affaires intérieures d'anciennes colonies, avec ou non la complicité d'une partie d'élites africaines locales[2].

Le terme désigne en particulier les scandales financiers dénoncés en 1983 par le livre Affaires africaines du journaliste d'investigation Pierre Péan[3], qui a découvert et analysé « les rouages de la Françafrique »[3] dès le début des années 1970, quand il devient grand reporter à L'Express[3]. Ces révélations déboucheront sur l'enquête judiciaire de l'affaire Elf dix ans plus tard. Dans les années 2010, le terme sera parfois utilisé par extension pour qualifier diverses interventions militaires en Côte d'Ivoire, Mali et Centrafrique, où encore le rôle joué dans certains épisodes dramatiques de l'histoire africaine, comme le soutien apporté aux Hutu responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994[4],[5].

Définition[modifier | modifier le code]

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

L'expression « France-Afrique » semble avoir été inventée en 1955 par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny[6], pour définir le souhait d'un certain nombre de dirigeants africains de conserver des relations privilégiées avec la France après l'accession de leur pays, anciennes colonies françaises, à l'indépendance[7]. Le terme a alors une connotation positive[8].

Le néologisme est repris et popularisé dans un sens péjoratif au moment où le groupe pétrolier français Elf Aquitaine élargit « son influence à une grande partie de l'Afrique noire, donnant corps au concept de « Françafrique » »[9], sous la direction de Pierre Guillaumat, PDG de 1966 à 1977, après avoir dirigé dès 1962 l'Union générale des pétroles (UGP) puis l'Entreprise de recherches et d'activités pétrolières (ERAP), fusionnés dans Elf, dont un autre PDG, Loïk Le Floch-Prigent, soulignera qu'elle fut créé de manière à disposer « d'une sorte d'officine de renseignement dans les pays pétroliers, Guillaumat étant un ancien des services secrets »[10]. Françafrique devient alors synoyme de scandales financiers, repérés autour d'Omar Bongo, « doyen » des chefs d'État africains, au pouvoir depuis 1967[11], dans le petit État pétrolier du Gabon, qui s'étendent ensuite à d'autres pays[9]. Selon le quotidien belge Le Soir, le journaliste d'investigation Pierre Péan « fut le premier à dénoncer la Françafrique »[12], son livre de 1983 Affaires africaines[13] étant une « enquête sur la Françafrique »[3], qui lui valut des menaces de mort[3], les foudres d'Omar Bongo[3], un cambriolage de sa maison[3], une bombe explosant devant son garage[3] et une camionnette lui fonçant dessus[3]. Son premier livre[14], déjà consacré au pétrole africain, vendu à 15 000 exemplaires, lui avait permis d'entrer Le Canard enchaîné, où il a couvert l'affaire des Avions renifleurs, débutée en [15]

Révélés par Pierre Péan, les scandales pétroliers africains deviennent l'enquête judiciaire d'Eva Joly démarrée en 1994 : l'affaire Elf, relayée par de célèbres journalistes d'investigation reprenant l'expression "Françafrique" (Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Canard Enchaîné). Le terme est utilisé peu après en 1998 dans le livre La Françafrique, le plus long scandale de la République de François-Xavier Verschave[16] et par l'association Survie, qu'il dirige de 1995 à 2005. Dans cet ouvrage, postérieurement complété par Noir silence : qui arrêtera la Françafrique ? (2000), Verschave décrit un système caractérisé par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d'État et d'assassinats politiques mais aussi de détournements de fonds et de financement illégal de partis politiques, France-Afrique signifiant selon lui « France-à-fric ».

La « Françafrique » décrit ainsi « un système politico-financier opaque et lucratif », selon Alternatives économiques[17] et « la diplomatie de l'ombre entre la France et ses anciennes colonies africaines » mise en place de manière non-officielle, « au lendemain des décolonisations » sous forme de « réseau important », identifié dans quatre affaires emblématiques : l'affaire des diamants de Bokassa, l'affaire Carrefour du développement (subventions détournées), l'affaire Elf (commissions pétrolières) et l'Angolagate (1990, vente d'armes interdite par l'homme d'affaires Pierre Falcone), liste Le Monde[18].

Le « système de la Françafrique » présente, à des degrés divers selon les pays concernés, les caractéristiques suivantes :

  • une politique étrangère française qui ne relève pas du ministère des Affaires étrangères mais de la cellule africaine de l’Élysée, sur un mode discrétionnaire et largement occulte[réf. nécessaire] ;
  • une présence très importante de fonctionnaires français ou d'attachés techniques (AT) dans les pays africains concernés [réf. nécessaire];
  • une ingérence, y compris militaire, dans les affaires intérieures des pays concernés (défense ou renversement d'un gouvernement) [réf. nécessaire];
  • des liens financiers occultes entre le régime du pays et les partis politiques français. Ces liens financiers concernent la corruption des élites politiques africaines par les classes dirigeantes françaises[réf. nécessaire].

La simple pratique de rétrocommissions pour alimenter la classe politique française n'est pas considérée comme relevant de la « Françafrique » concernant les financements issus des pays du Golfe[19],[20] ou de Taïwan[21].

Concernant le Rwanda, l'expression n'apparait que dans une tribune dans Libération du , de Raphaël Glucksmann, stigmatisant le « fiasco moral et géopolitique de la Françafrique » et qualifiant Pierre Péan, alors décédé, du « plus actif des révisionnistes »[22].

Le système de la Françafrique n'est pas un simple rapport de domination de la France sur ces anciennes colonies ; il recouvre des interactions plus complexes et spécifiques allant principalement de la France vers l'Afrique, faites de culture partagée, de connaissance mutuelle, parfois de connivence. Parfois, ce sont les régimes autoritaires africains qui manieront la corruption et le chantage pour parvenir à leurs fins auprès du régime autoritaire français[réf. nécessaire].

Cette politique, dont Verschave dénonce la constance depuis les indépendances africaines des années 1960, a pour but de défendre les intérêts français sur le plan stratégique (bases militaires notamment) et économique (accès des multinationales françaises aux ressources naturelles et stratégiques : pétrole, uranium, etc.)[23],[24].

Historique et évolution de la relation « françafricaine »[modifier | modifier le code]

Présidences de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou[modifier | modifier le code]

Après son retour au pouvoir en 1958, le président de la république, Charles de Gaulle, accorde leur indépendance aux anciennes colonies africaines de la France, qui ont, jusqu'en 1960, le statut d'États membres de la Communauté française (l’Algérie, qui a jusqu'en 1962 un statut départemental, constituant un cas à part). Parallèlement, il charge un de ses proches, Jacques Foccart, de prendre des dispositions pour maintenir une forte présence de la France.

C'est ainsi que le premier chef d'État de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, confie la gestion administrative de sa présidence à d'anciens préfets et gouverneurs français. De même, des centaines de professeurs français enseignent dans les collèges et universités ivoiriens, au titre de la coopération ou de l'assistance technique de substitution[25]. En 1989, ce sont 5000 coopérants qui sont présents dans les systèmes éducatifs de l'Afrique subsaharienne, « soit vingt-cinq fois plus que la Grande-Bretagne, les États-Unis ou l'Union soviétique, cent fois plus que le Maroc »[25].

À l’origine, les raisons de la mise en place de ce système sont de trois ordres. L'aspect économique consiste à garantir l’accès aux matières premières stratégiques du continent (pétrole, uranium, etc.) et à essayer d'offrir des débouchés privilégiés aux multinationales françaises. En second lieu, l'aspect diplomatique et stratégique vise à maintenir le statut de puissance mondiale acquis par la France après la guerre, grâce à des pays alliés, notamment pour les votes au sein des institutions internationales, mais aussi pour contenir l’expansion « communiste » sur le continent africain ou « résister » à l'influence américaine grandissante en maintenant des bases militaires garantissant les capacités de projection internationale de l’armée française. Enfin, il permet d'organiser le financement occulte (mais longtemps légal) de partis politiques français par certains régimes africains.

Officiellement, Jacques Foccart occupe le poste de secrétaire général aux affaires africaines de l'Élysée, un poste modeste qui n'a pas l'éclat d'un portefeuille ministériel. Cependant, pour réaliser ce projet, « son pouvoir est si immense qu'il n'existe aucun équivalent dans la République française », notamment grâce à son accès au chef de l’État qu'il voit tous les jours[26]. Il a la main haute sur tout ce qui touche à l'Afrique : les voyages officiels et officieux, les audiences, la nomination et révocation des ambassadeurs et enfin la supervision de l'action en Afrique du service de renseignement extérieur, le SDECE.

Il reste à ce poste de 1960 à 1974.

Présidence de François Mitterrand[modifier | modifier le code]

La défense des intérêts français en Afrique, et notamment dans son fameux « pré-carré », a été portée par tous les présidents successifs comme un impératif, François Mitterrand inclus, et s’est maintenue, sous différentes formes et malgré quelques évolutions, jusqu'à la présidence de Nicolas Sarkozy[27].

La présidence de François Mitterrand est marquée par une évolution de la doctrine françafricaine française. Le président Mitterrand annonce en change sa politique diplomatique en subordonnant l'aide publique à la démocratisation des pays africains. En « mars 1993 », 17 pays francophones ont adopté une Constitution, entériné le multipartisme et procédé à des élections démocratiques. Ainsi, lorsque le général André Kolingba arrive au pouvoir en Centrafrique après un coup d’État en 1983, la France le contraint à organiser des élections libres, qui permettent l'arrivée au pouvoir d'Ange-Félix Patassé[28].

Durant la première cohabitation, Foccard est rappelé par le Premier ministre Jacques Chirac.

En 1990, à la chute des régimes communistes en Europe, François Mitterrand prononce le discours de La Baule. Alors que les relations de l'Afrique avec le bloc de l'Ouest étaient fondées, dans le contexte de guerre froide, sur la préservation des régimes anti-communistes et la sécurisation des approvisionnements, en général sans réelle considération pour le respect des droits humains et de la démocratie par ces derniers, le discours de La Baule invite les pays d'Afrique à lancer un processus de démocratisation sous peine, dans le cas contraire, d'être privés du soutien du Nord.

Présidence de Jacques Chirac[modifier | modifier le code]

Chirac nomme à nouveau Foccart après son élection à l'élection présidentielle française de 1995.

Présidence de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de la guerre froide d’une part, et la réglementation du financement des partis politiques en France d’autre part, les deux dernières dimensions de la Françafrique se sont progressivement effacées au profit de la première, la justification économique, qui reste une préoccupation majeure pour la France et ses multinationales (Total, Areva, Bouygues, Bolloré, etc.).

Présidence de François Hollande[modifier | modifier le code]

Sous la présidence de François Hollande, les autorités françaises se tiennent à distance des présidents congolais (RDC) Joseph Kabila, congolais Denis Sassou Nguesso et tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis plusieurs décennies ou réélus dans des conditions discutables. Elle s'en rapproche cependant un peu plus tard, notamment du fait de leur soutien à la guerre du Mali (commencée en 2012) et à l'opération Sangaris (2013-2016) en Centrafrique[29].

L'espace « françafricain »[modifier | modifier le code]

  • Afrique francophone. Population de 363 millions en 2013[30]. Population prévue entre 785 millions[31] et 814 millions[30] en 2050[32],[33].
  • Pays considérés comme francophones
  • Pays non francophones mais membres ou Observateurs de l'OIF

Les pays considérés comme appartenant a priori à la « Françafrique » sont les anciennes colonies françaises en Afrique subsaharienne, à savoir :

Des pays comme la République démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda sont francophones mais sont d'anciennes colonies belges où l'influence de la France n'est pas prépondérante.

Les pays concernés le sont à des degrés divers. Ainsi, des États considérés par certains comme des dictatures pétrolières, tels que le Gabon ou la République du Congo, apparaissent comme des caricatures de la Françafrique tant les liens paraissent étroits entre leurs dirigeants et les autorités françaises et compte tenu de la place prépondérante qu'occupe Total (anciennement Elf) dans l'économie de ces pays. D'autres régimes autoritaires sont également concernés au premier chef comme le Togo, le Burkina Faso, le Cameroun, Djibouti, le Tchad, ou encore la République centrafricaine.

En revanche, certaines anciennes colonies françaises comme la Côte d'Ivoire, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, etc. ont eu dans le passé des périodes de relations difficiles voire conflictuelles avec la France.

Acteurs de la Françafrique[modifier | modifier le code]

La cellule africaine de l'Élysée[modifier | modifier le code]

La politique diplomatique française est partagée entre deux centres de décisions : la cellule diplomatique de l’Élysée, et le ministère des Affaires étrangères. La cellule diplomatique de l’Élysée a longtemps disposé d'un pôle africain, qui fait office de « pré carré » de la présidence[note 1].

Cette cellule est fondée par Jacques Foccart, qui reste en place sous la présidence de Georges Pompidou. Il sera le « mentor africain » de Jacques Chirac.

Valéry Giscard d'Estaing maintient une cellule Afrique durant son mandat. Elle change de forme sous François Mitterrand, qui nomme un conseiller pour les affaires africaines. Entre 1981 et 1986, c'est Guy Penne ; entre 1988 et 1992, c'est le fils aîné du président, Jean-Christophe Mitterrand, ancien journaliste de l'AFP en Afrique, qui occupe ce poste[34].

Jacques Chirac, succédant à François Mitterrand, maintient lui aussi une cellule Afrique.

Le successeur de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, supprime la cellule africaine, remplacée par un conseiller diplomatique Afrique sous l'autorité du conseiller diplomatique. Sous son mandat, le principal inspirateur de la politique africaine de la France est le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, un très proche du président ; la Françafrique perdure sous une « forme décomplexée »[35].

Sous François Hollande, arrivé à la présidence de la République en 2012, une cellule africaine de l'Élysée puissante ne sera jamais reconstituée[note 2].

Les services de renseignement[modifier | modifier le code]

Le SDECE, ancêtre de la DGSE, jouait un rôle important dans la Françafrique. Le rôle de premier plan était tenu par le chef du secteur Afrique, Maurice Robert, qui participait à l'organisation de coups de force français. Il encadre notamment plusieurs interventions du mercenaire Bob Denard, avant d'être écarté du service en 1973. En 1979, il est nommé, à la demande du président gabonais Omar Bongo, qu'il a contribué à installer au pouvoir, ambassadeur de France au Gabon. Il est remercié à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1982[37].

Les intermédiaires officieux[modifier | modifier le code]

Autour des représentations diplomatiques officielles de la France en Afrique, gravitent des acteurs qui se caractérisent par leur réseau de connaissances personnelles où se côtoient dirigeants politiques, hommes d'affaires, officiers de renseignement, militaires, mercenaires et membres des loges maçonniques[38],[39],[40].

Parmi les intermédiaires officieux les plus actifs de la Françafrique pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, on peut citer l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, proche de la famille Bongo et de nombreux autres chefs d'État africains et conseiller officieux de Nicolas Sarkozy. De son propre aveu, il aurait joué le rôle d'intermédiaire dans l'éviction du secrétaire d'État à la Coopération Jean-Marie Bockel, dont la volonté affichée de rupture avec la Françafrique avait déplu à un certain nombre de dictateurs historiques du continent[41],[42]. Il a également reconnu à demi-mot avoir obtenu le soutien de la France pour l'élection d'Ali Bongo[note 3], fils de l'ancien président Omar Bongo, à la tête du Gabon en 2009, permettant ainsi la continuation d'un véritable règne dynastique qui dure depuis plus de quarante ans dans ce pays[44]. Le député François Loncle joue un rôle auprès de Laurent Gbagbo, président de la Côte d'Ivoire, qu'il a soutenu pendant plusieurs années, malgré les soupçons de corruption. Les liens entre Laurent Gbagbo et François Loncle, notamment lorsqu'il est président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, permettent d'occulter une partie de ces pratiques de corruption[45]. On peut également citer un ami proche de Nicolas Sarkozy, connu notamment pour son action d'émissaire officieux en Afrique, le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany[46].

La coopération militaire[modifier | modifier le code]

Les accords militaires français : OTAN en bleu, autres (incluant des pays africains) en olive.

Des accords de défense, signés au moment des indépendances, donnaient le cadre de la coopération militaire entre la France et divers pays africains. Ces mêmes accords empiétaient parfois largement sur le terrain économique dans leurs annexes et étaient souvent[citation nécessaire] complétés par des accords spéciaux, tenus secrets[47].

Par exemple, l'Accord de Défense entre les Gouvernements de la République française, de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger du 24 avril 1961, établit l'installation de forces militaires françaises dans ces trois pays, leurs facilités de circulation et d'utilisation des infrastructures et évoque des « Accords spéciaux » aux termes desquels ces trois pays peuvent demander l'aide de la France en matière de défense. La deuxième annexe de cet accord de Défense, concernant les « matières premières et produits stratégiques » (hydrocarbures, uranium, lithium...), stipule que ces mêmes pays, « pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle » et « lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays »[48].

La présidence de Nicolas Sarkozy est marquée par un retrait relatif des forces militaires françaises sur le continent. En effet, en 2008, le président Nicolas Sarkozy décide de fermer les bases françaises situées en Afrique[49]. Le 43e BIMa, stationné à Port-Bouët, Abidjan est dissous en 2009, la base aérienne 160 Dakar-Ouakam est fermée en 2011, Les Forces françaises du Cap-Vert (FFCV) sont dissoutes et les Éléments français au Sénégal sont créés. Il reste alors deux bases militaires françaises dans des pays africains (forces prépositionnées) situées à Djibouti et Libreville en plus de celles situées sur les territoires français de Mayotte et de La Réunion. Néanmoins, la présence militaire française reste importante au Tchad (opération Épervier) et en Côte d'Ivoire (opération Licorne). La France apporte également un soutien à la FOMUC en Centrafrique (opération Boali) et maintient un contingent de deux cents soldats à Bangui[50]. La fermeture des bases ne modifie donc pas l'effectif et le coût des forces présentes en Afrique[51].

En 2011, Nicolas Sarkozy engage la France dans l'intervention militaire en Libye avec l'opération Harmattan. Même s'il affirme la volonté d'« africaniser » les règlements des conflits internes au continent, son successeur, le président François Hollande s'implique à deux reprises dans des conflits africains, en janvier 2013 lors de la guerre du Mali (opération Serval) et en décembre 2013 dans la troisième guerre civile de Centrafrique (opération Sangaris)[52]. L'opération Barkhane, menée au Sahel par l'armée française est lancée le , et prend la suite des opérations Serval et Épervier. Les accords militaires avec les pays africains sont revus et réformés sous François Hollande[53].

En septembre 2014, le dispositif militaire au Gabon est allégé et les Éléments français au Gabon sont créés.

À la suite de l'évolution du contexte sécuritaire en Côte d'Ivoire, les accords de défense sont rénovés en 2012. Ils sont adoptés après vote de l'Assemblée nationale ivoirienne en 2014 : la force Licorne est remplacée le par les forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI)[54].

Au , la présence militaire française reste donc importante et elle est composée des forces françaises à Djibouti (2 000 hommes), des forces françaises en Côte d'Ivoire (450 hommes), des Éléments français au Gabon (900 hommes) et des Éléments français au Sénégal (300 hommes).

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Le commerce international joue un rôle majeur dans les relations entre la France et les pays africains. Les années 2000 et 2010 se caractérisent toutefois par une réduction des parts de marché de la France dans les pays d'Afrique subsaharienne, passant de 10,1 % à 4,7 %, tandis que la Chine augmentait sa part de 2 % en 1990 à 16 % en 2011. En valeur absolue, les exportations françaises augmentent, passant de 6,3 milliards de dollars en 1990, à 7,7 milliards en 2000 et à 17,5 milliards en 2011[55]. En 2019, les exportations de biens de la France en provenance d'Afrique pesaient 25,9 milliards d'euros, et les importations 26,2 milliards d'euros[56].

L'objectif du président François Hollande est de doubler les échanges entre la France et les pays africains et il mise sur le rapport sénatorial d'Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires Étrangères, pour rétablir le poids économique de la France en Afrique[57],[58].

AfricaFrance[modifier | modifier le code]

Le , la France lance l'initiative « AfricaFrance », sous la forme d'une fondation dirigée par Lionel Zinsou et soutenue par le Quai d'Orsay et le Medef International pour perpétuer les relations économiques entre la France et l'Afrique[59].

Multinationales[modifier | modifier le code]

Les multinationales françaises opèrent dans un grand nombre de pays du monde, dont dans des pays africains. Dans les années 1990, le groupe Bolloré profite des privatisations imposée aux pays africains par les institutions financières internationales pour s'étendre sur le continent. Il obtient ainsi, en 1995, la Société internationale de transport africain par rail (Sitarail), et en 1999 la Camrail, compagnie ferroviaire du Cameroun. En cinq ans, le groupe obtient la gestion de plusieurs terminaux à conteneurs mis en concession : Douala (Cameroun), Abidjan (Côte d’Ivoire), Cotonou (Bénin), Tema (Ghana), Tincan (Nigeria) et Pointe-Noire (Congo)[60].

Le directeur général du groupe, Gilles Alix, indique en 2008 au sujet des relations entre le groupe et les dirigeants africains que « Les ministres, on les connaît tous là-bas. Ce sont des amis. Alors, de temps en temps — je vais être clair —, on leur donne, quand ils ne sont plus ministres, la possibilité de devenir administrateurs d’une de nos filiales. C’est pour leur sauver la face. Et puis on sait qu’un jour ils peuvent redevenir ministres[60].

Des entreprises associées au groupe Bolloré ont été mises en cause par l'ONU pour leur « exploitation illégale » de ressources naturelles, dont en particulier le colombo-tantalite, dans certaines régions d'Afrique, dont le commerce nourrit le trafic d’armes. Dans un rapport d'avril 2001, l'ONU indique que SDV, filiale à 100 % du groupe Bolloré, figure « parmi les principaux maillons de ce réseau d’exploitation et de poursuite de la guerre. Des milliers de tonnes de colombo-tantalite ont ainsi été chargées à partir de Kigali ou ont transité par le port de mer de Dar es-Salaam. » Un rapport de 2002 place SDV sur la liste des entreprises qui « violent les principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] à l’intention des entreprises multinationales »[60].

Le franc CFA et le franc comorien[modifier | modifier le code]

Le Franc CFA était une monnaie utilisée par plusieurs pays africains, dont la valeur était garantie par le Trésor public français. La monnaie cristallise les critiques liées à la relation entre la France et l'Afrique, de telle sorte que le 21 décembre 2019, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara annoncent à Abidjan l'hypothèse de la disparition de cette monnaie. Le président français déclare « J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc, rompons les amarres » ; le chef d'État ivoirien précise que cette décision « historique » a été « prise en toute souveraineté. Elle prend en compte notre volonté de construire notre futur de manière responsable »[61].

Ces changements négociés depuis plusieurs mois concernent donc le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo mais pas, pour l'instant, les six autres pays d'Afrique centrale que sont le Cameroun, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon, la République du Congo et la République centrafricaine, utilisant aussi le franc CFA mais formant une zone monétaire distincte, ni les Comores utilisant le franc Comorien. Toutefois, une discussion sur la réforme aussi du franc CFA en Afrique centrale reste ouverte[62].

Fin février 2020, l'agence de notation américaine S&P réalise une étude sur la concrétisation du projet de sortie du franc CFA, et se dit rassurée par le fait que l'eco reste arrimé à l'euro et que la France continue à garantir sa convertibilité. Le lancement de la nouvelle monnaie n'aurait donc pas d'effets immédiats, et une dévaluation n'est à ce jour pas prévue. L'étude rappelle de même que « les États membres de l'UEMOA ne seront plus tenus de conserver la moitié de leurs réserves de change sur un compte d'opération au Trésor français. Autrement dit, la banque centrale régionale, la BCEAO, pourra gérer ses réserves de changes comme elle le jugera approprié »[63].

Principales affaires politico-financières liées à la Françafrique[modifier | modifier le code]

Affaire Elf[modifier | modifier le code]

L'entreprise d'extraction et de distribution pétrolière Elf-Aquitaine est impliquée dans de nombreuses affaires médiatiques comme l'affaire des avions renifleurs au début des années 1980. Ce que l'on nomme l'« affaire Elf » est une vaste et longue affaire politico-financière qui éclate en 1994, à la suite d'une enquête de la commission des opérations boursières (aujourd'hui AMF) sur le financement de l'entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993. L'instruction de la juge Eva Joly va rapidement mettre au jour un impressionnant réseau de corruption, mettant en cause des personnalités politiques et des grands patrons. L'entreprise, basée en France, est devenue au fil des fusions un géant du pétrole et aurait bénéficié de la bienveillance de l'exécutif français qui considère l'approvisionnement en pétrole comme un domaine stratégique.

Affaire des biens mal acquis[modifier | modifier le code]

Les « biens mal acquis » concernent des activités délictuelles ou criminelles qui ont permis à des dirigeants africains un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. Ils sont le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et les comptes personnels des intéressés, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés.

Une étude du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), publiée en mars 2007[64], évalue entre 100 et 180 milliards de dollars les avoirs détournés par des dirigeants au cours des dernières décennies. Ainsi Mobutu, dirigeant du Zaïre de 1965 à 1997, avait une fortune personnelle estimée à sa mort en 1997 entre 5 et 6 milliards de dollars, et a laissé à l’État une dette publique de 13 milliards.

En France, après les mobilisations des associations Survie et Sherpa, soutenues par des organisations de la société civile congolaise et gabonaise, une plainte est déposée en décembre 2008 par l’ONG Transparency International[65]. Elle vise les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’État africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo, ainsi que par certains de leurs proches. D’après l’ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d’État en France s’élève à 160 millions d’euros. Le clan Bongo possèderait, à lui seul, une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

Cette plainte est jugée irrecevable par la chambre d’instruction de la Cour d'Appel de Paris, bloquant par là l’enquête voulue par la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, estimant que le plaignant n’avait juridiquement pas d’intérêt à agir. Pour Transparency International, « il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’État au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ».

Rivalités étrangères[modifier | modifier le code]

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

La tournée africaine du président des États-Unis Bill Clinton en 1998 marque la volonté de la première puissance mondiale de prendre le relais de la France, gendarme régional du continent africain pendant la guerre froide[66]. Au début des années 2000, des câbles diplomatiques révélées par WikiLeaks, confirment que les États-Unis projettent d'étendre leur influence en Afrique, en prenant en quelque sorte la place privilégiée que la France avait avec ses anciennes colonies, si jamais celle-ci devait se retirer[67]. Les États-Unis veulent cependant conserver une forme de coopération avec la France en Afrique, sur le sujet du terrorisme notamment.

Le Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

La Chine[modifier | modifier le code]

La forte croissance économique de la Chine la conduit à chercher à sécuriser ses approvisionnements en matières premières[68]. La politique chinoise, qui jusqu'à présent était celle d'une aide ciblée sur les « pays frères » dans le cadre du tiers-mondisme, devient celle de partenariats économiques profonds et d'aide au développement importante[68]. La Chine est, en 2011, le troisième plus grand partenaire économique du continent, après les États-Unis et la France[68].

L'aide chinoise au développement a également une particularité. La Chine ne débloque pas de crédits pour la construction d'un bâtiment mais le bâtit elle-même. Elle fait venir la main-d'œuvre et le matériel de Chine et ses projets ne contribuent donc pas au développement local pendant leur phase de construction par l'apport de devises.

En 2013, les échanges commerciaux sino-africains ont pour la première fois dépassé les 200 milliards de dollars, confortant la Chine en tant que premier partenaire commercial de l'Afrique, une position qu'elle tient depuis 2009 au détriment des États-Unis et de l'Europe ; les investissements directs de la Chine en Afrique ont quant à eux augmenté de 44% en 2013 ; la Chine cherche ainsi à maîtriser ses approvisionnements en matières premières[69].

Critiques et limites[modifier | modifier le code]

Réductionnisme[modifier | modifier le code]

L'anthropologue Jean-Pierre Dozon conteste l'expression Françafrique car elle réduit selon lui la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines à « une sorte d'arrière-cour dans laquelle, certes, n'auraient cessé de tremper quantité de personnages de la Ve République, et [...] qui peut très certainement témoigner de la longue politique néo-coloniale de la France en Afrique, mais qui en étant précisément présentée ainsi, avec ses réseaux et ses hommes d'influence, ne permet pas véritablement de comprendre la place centrale qu'a occupée l'Afrique noire dans le fonctionnement de l'État français contemporain, spécialement depuis l'avènement de la Ve République[70]. »

Manque de singularité de la relation France - Afrique[modifier | modifier le code]

L'historien Grégor Mathias considère que le concept de Françafrique a pour principal inconvénient de rendre singulière la relation entre l'Afrique et la France, quand les mêmes méthodes sont utilisées par les anglo-saxons ou les chinois pour s'implanter en Afrique[71]. Laurent Gbagbo écrit ainsi que les relations entre la France et l'Afrique sont proches de celles entretenues entre les États-Unis et l'Afrique ; il crée le terme d'« Atlantafrique »[72].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sise au 2 rue de l’Élysée.
  2. Mais sa conseillère, Hélène le Gal[36], occupe les locaux historiques du 2 rue de l'Élysée.
  3. « Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l'électeur le comprendra[43]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Françalgérie, crimes et mensonges d'États. Histoire secrète, de la guerre d'indépendance à la « troisième guerre » d'Algérie, par Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire aux Editions La Découverte en 2004 [1].
  2. Guiba Koné, L'espace africain postcolonial: dans le roman français contemporain, Editions L'Harmattan, (ISBN 978-2-343-20202-0, lire en ligne)
  3. a b c d e f g h et i "Mémoires de Pierre Péan, les derniers secrets de la Ve République", par Saïd Mahrane, dans Le Point du 11 mars 2020 [2]
  4. Patrick de Saint-Exupéry, Complices de l'Inavouable : La France au Rwanda, Paris, Les Arènes, , 313 p. (ISBN 978-2-35204-083-5)
  5. Jean-Paul Gouteux, Un génocide sans importance : La France et le Vatican au Rwanda, Lyon, Tahin Party, 224 p. (ISBN 978-2-912631-15-2, lire en ligne)
  6. Le Monde diplomatique juin-juillet 2019 [3]
  7. Valérie Nivelon, « Une histoire de la Françafrique », Émission « La marche du monde », RFI,
  8. Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, Kamerun !, une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, Paris, Éditions La Découverte, , 741 p. (ISBN 978-2-7071-5913-7), p. 133, note 14.
  9. a et b "Pierre Guillaumat, Elf et la « Françafrique »" dans Les Echos le 18 août 2006 [4]
  10. « La confession Le Floch-Prigent », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  11. « Le crépuscule de la françafrique » par Thomas Hofnung dans Libération le 27 novembre 2010 [5]
  12. "Pierre Péan cita|fut le premier à dénoncer la Françafrique", dans Le Soir du 26 mars 2019, par la journaliste spécialisée Colette Braeckman [6]
  13. Affaires africaines, éditions Fayard, Paris, 1983, 340 p., (ISBN 2-213-01324-1).
  14. Pétrole, la troisième guerre mondiale, par Pierre Péan aux éditions Calmann-Lévy sur les conseils de François-Henri de Virieu [7].
  15. « Il y a 40 ans: le scandale des avions renifleurs et le décor du Château de Rivieren à Ganshoren » par Karim Fadoul, sur le site de la RTBF le mercredi 2 mars 2016 [8].
  16. François-Xavier Verschave, La Françafrique, le plus long scandale de la République, Stock, .
  17. "Elf-Aquitaine, il était une fois la Françafrique", le 1er juillet 2012 [9]
  18. "Françafrique", un mot-valise entre mallettes et scandales, par Alexandre Léchenet, dans Le Monde le 16 septembre 2011 [10]
  19. Richard Werly, « Diplomatie française, l'obsession des contrats », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  20. « France / Arabie Saoudite : le dessous des cartes », Émission « L'enquête », France Inter, .
  21. Jean-Marie Pontaut, « Frégates de Taïwan, un scandale d'État », L'Express,‎ (lire en ligne)
  22. Raphaël Glucksmann, Rwanda : le plus grand fiasco moral et géopolitique de la Françafrique, Libération (Tribune), 7 avril 2016.
  23. Fabrizio Calvi, Jean-Michel Meurice et Laurence Dequay, Elf, une Afrique sous influence, [vidéo] Disponible sur Vimeo (extrait).
  24. « Elf, une Afrique sous influence », Télérama.
  25. a et b Antoine Glaser, Arrogant comme un français en Afrique, Paris, Fayard, , 192 p. (ISBN 978-2-213-68641-7)
  26. Cédric Tourbe, Foccart, l'homme qui dirigeait l'Afrique, INA, , [vidéo], 1 h 33 min 29 s (lire en ligne Accès payant).
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  36. « France : Hélène Le Gal, nouvelle « Madame Afrique » », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
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  38. Norbert Navarro, « Franc-maçonnerie : la Françafrique sous le maillet », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
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  40. chap. III « Congo : au pays de l'or noir. Comment Denis Sassou Nguesso a été intronisé grand maître de Brazza par ses « frères » français », dans Antoine Glaser, Africafrance : quand les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu, Fayard, (présentation en ligne), p. 63
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  53. Francis Laloupo, France-Afrique: La rupture maintenant ?, editions Acoria, (ISBN 978-2-296-53710-1, lire en ligne)
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  63. « Standard & Poor's temporise sur l'adoption de l'Eco », sur LePoint.fr
  64. « France - Afrique. Biens mals acquis… profitent trop souvent ! », sur ccfd.asso.fr
  65. « Biens mal acquis : les dates clefs pour comprendre », Transparency International France (consulté le )
  66. Collectif, Histoire de France, Paris, Larousse, [source insuffisante]
  67. « WikiLeaks : la fin de la Françafrique réjouit Washington », Le JDD.fr,‎ (lire en ligne).
  68. a b et c Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations, Paris, , p. 117.
  69. Chinafrique : les échanges commerciaux ont atteint un record en 2013, site de La Tribune consulté le 21 février 2014.
  70. Jean-Pierre Dozon, « L'état français contemporain et son double, l'état franco-africain », Cahiers du centre de recherches historiques, no 30,‎ (lire en ligne)
  71. Grégor MATHIAS, Les guerres africaines de François Hollande, Aube (De l'), (ISBN 978-2-8159-1046-0, lire en ligne)
  72. Laurent Gbagbo et Francois Mattei, Pour la vérité et la justice, Editions du moment, (ISBN 978-2-35417-191-9, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Mamadou Koulibaly, Françafrique : Les servitudes du pacte colonial, Paris, N.E.I., , 223 p. (ISBN 978-2-84487-251-7 et 2-84487-251-4)
  • Jean-Pierre Bat et Pascal Airault, Françafrique. Opérations secrètes et derniers mystères, Paris, Tallandier, , 848 p. (ISBN 979-10-210-1877-8)
  • Jean-Pierre Bat, Le syndrome Foccart : La politique française en Afrique, de 1959 à nos jours, Paris, Folio, , 848 p. (ISBN 978-2-07-035675-1 et 2-07-035675-2)
  • Jean-Pierre Bat et Pascal Airault, Françafrique. Opérations secrètes et derniers mystères, Paris, Tallandier, , 848 p. (ISBN 979-10-210-1877-8)
  • Robert Bourgi, Le général De Gaulle et l'Afrique noire (1940-1969), LGDJ, , 515 p. (ISBN 2-275-01134-X)
  • Kako Nubukpo, Martial Ze Belinga, Bruno Tinel et Demba Moussa Dembélé, Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le franc CFA ?, éditions La Dispute, 2016.
  • Jean-Pierre Bat, Olivier Forcade et Sylvain Mary, Jacques Foccart : archives ouvertes (1958-1974), PUPS, 2017.
  • Jean Pierre Bat, La fabrique des barbouzes. Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Nouveau Monde éditions, 2017, 512 p.
  • Fanny Pigeaud, Ndongo Samba Sylla, L'arme invisible de la Françafrique : une histoire du franc CFA, La découverte,
  • L'argent fou de la Françafrique - L'affaire des biens mal-acquis (dessin), scénario de Xavier Harel, Glénat, 2018 (ISBN 978-2-344-01918-4)
  • L'Afrique libre, ou la mort, récit politique, édition Groupe CCEE, 2018, préfaces de Biram Dah Abeid, Alexandre Douguine, Élie Domota, Pedro Biscay, Djimon Hounsou, Ganiou Soglo (en) et Nicolas Anelka (ISBN 979-1091157292)
  • Kako Nubukpo, L’Urgence africaine. Changeons de modèle de croissance, Éditions Odile Jacob, 2019, 236 pages.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles de l'association Survie[modifier | modifier le code]

  • Agir Ici et Survie, Jacques Chirac et la Françafrique : retour à la case Foccart ?, Paris, L'Harmattan, , 111 p. (ISBN 2-7384-3702-8, lire en ligne).
  • Samuël Foutoyet, Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée, Bruxelles, Tribord, , 153 p. (ISBN 978-2-930390-22-2).
  • Jean-Paul Gouteux, Un génocide sans importance : la Françafrique au Rwanda, Lyon, Éd. Tahin party, , 157 p. (ISBN 2-912631-04-1), p. 157.
  • François-Xavier Verschave, La Françafrique : le plus long scandale de la République, Paris, Stock, , 379 p. (ISBN 978-2-234-04948-2).
  • François-Xavier Verschave, Noir silence : qui arrêtera la Françafrique ?, Paris, Les Arènes, , 596 p. (ISBN 2-912485-15-0).
  • François-Xavier Verschave, De la Françafrique à la mafiafrique (retranscription par Judith Cypel de l'exposé-débat du 3 décembre 2003 à l'espace Renaudie d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) devant 200 éducateurs spécialisés et moniteurs éducateurs en session de formation), Bruxelles, Tribord, , 224 p. (ISBN 2-930390-10-7 et 2-7071-3753-7).
  • « De la Françafrique à la Mafiafrique », Mouvements, Paris, La Découverte, nos 21-22,‎ mai-juin-juillet-août 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Didier Mauro et Thuy-Tiën Ho, Fratricide au Burkina : Thomas Sankara et la françafrique, Paris, L'Harmattan vidéo, , [vidéo], 52'.
  • Patrick Benquet, Françafrique : 50 années sous le sceau du secret, Paris, Compagnie des Phares et Balises, , [vidéo], 2x80'.

Liens externes[modifier | modifier le code]