Privatisations en France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les privatisations en France ont commencé en 1986 sous le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. Certaines de ces privatisations concernaient des sociétés fraîchement nationalisées, comme Paribas ou Saint-Gobain, à la suite de l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Ce mouvement de privatisation qui était au début une réaction aux nationalisations précédentes a perduré pour d'autres raisons, comme la concurrence économique ou la réduction de la dette publique. Ainsi la part de l'emploi public par rapport à l'emploi salarié est passé de 10,5 % à 3,4 % entre 1985 et 2011 et sur la même période le nombre d'entreprises publiques a diminué de moitié[1]. La privatisation peut être totale si toute l'entreprise passe dans le secteur privé ou partielle, si seulement une partie du capital est vendue[2].

Motifs avancés[modifier | modifier le code]

Les motifs avancés sont principalement la pression de l'Union européenne en matière de concurrence économique. La politique communautaire empêche en effet le gouvernement de jouer le rôle normal d'un actionnaire en lui interdisant toute recapitalisation de sociétés en difficulté, ou simplement en phase de développement, si cela conduit à interférer dans la situation concurrentielle du secteur. Est aussi avancée la justification que l'État français est fortement endetté et que les recettes de privatisation sont un moyen immédiat de réduire la dette publique. D'aucuns arguent néanmoins du fait que cela réduit à long terme les revenus perçus par l'État.

D'après Raymond Lévy, ancien président de Renault, il faut distinguer les « entreprises à réseau, porteuses d'une mission de service public » des autres entreprises gérées par l'État qu'il appelle « les entreprises publiques concurrentielles » dans des secteurs comme l'énergie, la chimie, le transport ou les services. Il estime que la raison d'être de ces dernières touche à sa fin pour six raisons : la stratégie d'entreprise (affrontement entre les ambitions de la puissance publique et la pertinence économique, jusqu'à reprendre des affaires en situation précaire, ce qu'il considère être de « l'abus de biens sociaux »), la gestion financière (d'après lui bien des projets ont été lancés « par l'État avec des dotations en capital insuffisantes, rendant exsangues les entreprises du fait de charges financières insupportables »), la mauvaise gestion de l'État actionnaire (« souvent peu généreux pour cause budgétaire, parfois prodigue pour les industries en déclin, ou les secteurs à la mode »), la fonction commerciale (l'État a tendance à aider ses entreprises publiques au détriment de leurs concurrentes privées parfois plus fortes), la concurrence à l'étranger (la situation ambigüe des sociétés publiques en secteur concurrentiel peut les handicaper à l'étranger dans un contexte ultra-libéral ou au contraire très nationaliste) et le management (les dirigeants choisis dans les entreprises publiques ne le sont pas en fonction de leur seule expérience et leurs mandats sont courts car ils changent souvent au gré de l'alternance politique)[3].

De plus, certains, comme Jean-Marc Daniel et Erwan Le Noan, affirment que l'État est un mauvais actionnaire et gestionnaire. En particulier ils estiment que l'État tente d'imposer des prix trop bas pour peser sur l'inflation et l'indice des prix ou qu'au contraire il maintient des monopoles qui entretiennent des prix « artificiellement élevés » (comme dans le transport aérien). D'après eux seuls de rares secteurs devraient être publics, comme les monopoles naturels, bien que ces derniers puissent être des concessions de service public[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Gouvernement Jacques Chirac[modifier | modifier le code]

Selon l’édition 2001 de L'État de la France (La Découverte), en 1986-1988, le gouvernement Chirac avait vendu pour 100 milliards de francs (valeur 1999) d’actifs publics. D'autres sources avancent le chiffre de 70,5 ou 72 milliards de francs.

Gouvernement Michel Rocard[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Michel Rocard (2).

Gouvernement Édouard Balladur[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Édouard Balladur.

L'ensemble des privatisations sur la période 1993-1995 aurait rapporté 114 milliards de francs en trois ans.

Gouvernement Alain Juppé[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Alain Juppé.

L'ensemble des privatisations sur la période 1995-1997 aurait rapporté 40 milliards de francs en dix-huit mois.

Gouvernement Lionel Jospin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Lionel Jospin.

L'ensemble des privatisations sur la période 1997-2002 aurait rapporté 210 milliards de francs en cinq ans.

Gouvernement Jean-Pierre Raffarin[modifier | modifier le code]

L'ensemble des privatisations sur la période 2002-2005 aurait rapporté 13 milliards d'euros en trois ans.

Gouvernement Dominique de Villepin[modifier | modifier le code]

Sur la période 2005-2007 il y eut les privatisations suivantes :

Gouvernement François Fillon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement François Fillon.

Période : 2007-2012.

Gouvernement Jean-Marc Ayrault[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Jean-Marc Ayrault.

À partir de 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault procède à différentes privatisations partielles :

  • Mars 2013 : cession de 3,12 % du capital de Safran, ce qui a rapporté 448,5 millions d’euros à l'État qui détient encore 27,08 % du capital[6].
  • Avril 2013 : cession de 3,66 % du capital d'EADS, ce qui a rapporté 1,2 milliard d'euros à l'État qui s'est engagé à céder encore 0,4 à 0,5 % du capital[6].
  • Avril 2013 : Arnaud Montebourg se déclare en faveur de baisse de la participation de l'État dans certaines entreprises et évoque en particulier, sans les citer, EDF et GDF Suez[7].
  • Mai 2013 : Jean-Marc Ayrault envisage une baisse du taux de participation de l'État dans le capital de certaines entreprises[6].
  • Juin 2013 : l'État cède 9,5 % du capital Aéroports de Paris pour 738 millions d'euros[8].
  • Novembre 2013 : cession de 4,7 % du capital de Safran, pour environ 900 millions d’euros. L'État détient désormais 22,4 % du capital[9].
  • Janvier 2014 : cession de 1% du capital d'Airbus Group, anciennement EADS, pour environ 450 millions d’euros[10]

Gouvernement Manuel Valls[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement Manuel Valls (2).

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]