Maurice Couve de Murville

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Maurice Couve de Murville
Maurice Couve de Murville, en 1968.
Maurice Couve de Murville, en 1968.
Fonctions
Sénateur de Paris

(9 ans et 3 jours)
Réélection
27 septembre 1992
Groupe politique RPR
Député de la 6e circonscription de Paris

(13 ans et 21 jours)
Réélection
21 juin 1981
Législature Ve, VIe, VIIe (Cinquième République)
Groupe politique UDR
RPR
Prédécesseur Raymond Bousquet
Successeur circonscription supprimée

(1 mois et 18 jours)
Législature IVe (Cinquième République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Raymond Bousquet
Successeur Raymond Bousquet
Premier ministre français

(11 mois et 11 jours)
Président Charles de Gaulle
Alain Poher (intérim)
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Législature IVe (Cinquième République)
Coalition Majorité présidentielle
UDR - RI
Gaullistes - Centre-droit
Prédécesseur Georges Pompidou
Successeur Jacques Chaban-Delmas
Ministre de l'Économie et des Finances

(1 mois et 9 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Prédécesseur Michel Debré
Successeur François-Xavier Ortoli
Ministre des Affaires étrangères

(9 ans 11 mois et 30 jours)
Président René Coty
Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Michel Debré
Georges Pompidou I
Georges Pompidou II
Georges Pompidou III
Georges Pompidou IV
Prédécesseur René Pleven
Successeur Michel Debré
Biographie
Nom de naissance Jacques-Maurice Couve de Murville
Date de naissance
Lieu de naissance Reims (Marne)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Paris-7e
Nationalité Drapeau de la France française
Parti politique UNR
(1958–1967)
UDR
(1968–1976)
RPR
(1976–1995)
Père Édouard Couve de Murville (1863-1939)
Mère Hermine Caesar (1876-1963)
Conjoint Jacqueline Schweisguth (1912-2002)
Enfants Juliette Couve de Murville
Dorothée Couve de Murville
Béatrice Couve de Murville
Diplômé de Faculté de droit de l'Université de Paris
Sciences Po
Profession Inspecteur des finances
Diplomate
Religion Protestant

Signature de Maurice Couve de Murville

Maurice Couve de Murville, né le à Reims et mort le dans le 7e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire, diplomate et homme d'État français. De la Collaboration, il passe à la France libre en 1943. Il se rallie dans un premier temps au général Giraud, puis au général de Gaulle. Il mène ensuite une carrière d'ambassadeur de France dans les années 1950.

Ministre des Affaires étrangères pendant un temps record (de 1958 à 1968), sous la présidence de René Coty, puis de De Gaulle. Il est brièvement ministre de l'Économie et des Finances lors des évènements de Mai 68, puis devient Premier ministre de 1968 à 1969, en succédant à Georges Pompidou. La démission du général de Gaulle à la suite du résultat négatif du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation précipite la fin de cette fonction ; il n'occupe plus par la suite de fonctions ministérielles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et études[modifier | modifier le code]

Né Couve (son père reprend l'ancien nom familial de De Murville en 1925), issu d'une vieille famille protestante[1], lauréat du Concours général en 1922, il est reçu au concours de l’Inspection des finances en 1930.

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Il devient en directeur des Finances extérieures et des Changes (DFEC) du régime de Vichy.

À ce poste, il est chargé d’avaliser tous les mouvements financiers franco-allemands, jusqu’à son départ en [2]. Il est également chargé de « réduire l'influence juive dans l'économie française »[3]. En tant que DFEC, il est nommé par le gouvernement de Vichy, pour faire partie de la délégation française à la Commission d’armistice de Wiesbaden[4] qui siège sous l'autorité du haut commandement allemand.

En , après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il part pour Alger, via l’Espagne, où l’avait envoyé Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval, pour avoir un homme à lui dans l'autre camp. L'inspecteur des finances ayant reçu un passeport officiel du gouvernement de Vichy, Charles de Gaulle aurait déclaré : « Couve a passé les Pyrénées en sleeping[4]. » Il se met au service du général Giraud.

Le , il est nommé commissaire aux finances du Comité français de la Libération nationale (CFLN). Quelques mois plus tard, il se rallie au général de Gaulle.

En , il devient membre du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) avec le rang d'ambassadeur auprès du gouvernement italien.

L'ambassadeur[modifier | modifier le code]

Il occupe ensuite plusieurs postes d'ambassadeur de France, au Caire (1950 à 1954), auprès de l'OTAN (1954 à 1955), à Washington (1955 à 1956) et à Bonn (1956 à 1958).

Ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre[modifier | modifier le code]

Le ministre des Affaires étrangères Maurice Couve de Murville recevant David Ben Gourion au quai d’Orsay le 14 juin 1960.
Maurice Couve de Murville succède à Georges Pompidou en 1968 en tant que Premier ministre (ici le 22 janvier 1963).

Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, il devient ministre des Affaires étrangères, poste qu'il conserve dix ans jusqu'au remaniement qui suit immédiatement Mai 68 où il remplace aux Finances Michel Debré ne gardant ce poste que peu de temps : après les élections, il devient Premier ministre, en remplacement de Georges Pompidou. Avec seulement 18 ministres, son gouvernement fut le plus restreint de la Ve République, avant celui de François Fillon en 2007.

L’après-Matignon[modifier | modifier le code]

Après la démission de Charles de Gaulle de la présidence de la République, Couve de Murville continue sa carrière politique d'abord en tant que député UDR puis RPR de Paris jusqu'en 1986 (déjà candidat à l'élection législative partielle déclenchée en juin 1969 par son départ de Matignon, il est battu par un autre membre de la HSP, Michel Rocard[5]), puis sénateur jusqu'en 1995.

Il n'occupe plus aucune fonction ministérielle ou poste à haute responsabilité après son départ de Matignon.

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

Tombe des époux Couve de Murville au cimetière du Montparnasse (division 18).

En 1995, il met fin à sa carrière politique en quittant son siège de sénateur, à l'âge de 88 ans.

Maurice Couve de Murville meurt de vieillesse dans son appartement au no 44 rue du Bac, à Paris, à l'âge de 92 ans et 11 mois. Il reste encore à ce jour le doyen des Premiers ministres de la Ve République. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (18e division).

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une politique étrangère, 1958-1969 (1971)
  • Le Monde en face (1989)

Citation extraite du livre Une politique étrangère 1959-1969 :

« La volonté, c'est celle d'être soi-même l'artisan de son destin - autant qu'on le peut, et on le peut bien davantage qu'on ne le croit communément. C'est de ne s'en laisser imposer ni du dedans, ni du dehors, ni tout simplement par l'incident du jour. C'est de pratiquer une politique délibérée, voulue précisément, que l'on définit soi-même. Se laisser imposer sa politique, c'est d'ailleurs être assuré de recueillir, de chaque action, les seuls désavantages. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédérique Hebding, « Les candidats aux élections présidentielle d’origine protestante dans l’histoire » [html], sur Oratoire du Louvre.fr (consulté le 6 février 2015).
  2. « Industriels et banquiers sous l'occupation - La collaboration économique avec le Reich et Vichy », de Annie Lacroix-Riz - Ed. Armand Colin - 1999
  3. Philippe Valode, Le destin des hommes de Pétain, Nouveau Monde Editions,
  4. a et b « De Gaulle l’appelait Couve », Le Monde, 29 décembre 1999
  5. Michel Psellos, « Maurice Couve de Murville (1907 - 1999) - Haut fonctionnaire égaré en politique » [php], sur Herodote.net,‎ (consulté le 6 février 2015).
  6. Décret du 31/12/1996

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Boulet, « Maurice Couve de Murville », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 773-774 (ISBN 978-2846211901)
  • Jean-Philippe de Garate, Couve de Murville, Un président impossible, éditions L'Harmattan, Paris, 2007, 400 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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