Rafle du billet vert

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La « rafle » du billet vert est le nom donné à la convocation et à l'arrestation de Juifs étrangers par la police française le 14 mai 1941. Bien que le terme de rafle soit impropre puisque les victimes ont répondu à une convocation, il a été consacré par l'usage car il s'agit de la première vague d'arrestations massives de Juifs sous le régime de Vichy, avant notamment la rafle du Vel d'Hiv à la mi-juillet 1942.

Contexte et préparatifs[modifier | modifier le code]

À partir de septembre 1940, les autorités françaises recensent les Juifs étrangers sur ordre des Allemands, puis le régime de Vichy prend l'initiative de promulguer une loi sur le statut des Juifs (loi du 4 octobre 1940). Theodor Dannecker, représentant d'Adolf Eichmann à Paris, souhaite cependant accélérer l'exclusion des Juifs, non seulement en les recensant et en les spoliant mais également en les internant. Il peut compter sur Carltheo Zeitschel (de), qui partage avec lui les mêmes objectifs, et qui est chargé à l'ambassade d'Allemagne à Paris des relations avec le Commissariat général aux questions juives, créé le 29 mars 1941.

Le 22 avril 1941, Dannecker informe le préfet Ingrand, représentant du ministère de l'Intérieur en zone occupée, de la transformation du camp de prisonniers de Pithiviers en camp d'internement, avec transfert de sa gestion aux autorités françaises. Les Allemands exigent dans le même temps l'application de la loi du 4 octobre 1940 qui permet l'internement des Juifs étrangers. Le seul camp de Pithiviers étant insuffisant, celui de Beaune-la-Rolande est également requis, pour une capacité totale de 5000 places[1].

Déroulement des opérations[modifier | modifier le code]

Enregistrement des victimes de la rafle du billet vert par la police française à leur arrivée au camp de Pithiviers.

Sur la base des recensements effectués, 6 694 Juifs étrangers, Polonais pour la plupart, des hommes de 18 à 60 ans habitant en région parisienne, reçoivent une convocation pour « examen de situation » (le billet vert), les sommant de se rendre, accompagnés d'un proche, dans divers lieux de rassemblement le . Plus de la moitié (3 747) obéissent car ils pensent qu'il ne s'agit que d'une formalité administrative, et sont aussitôt arrêtés pendant que la personne qui les accompagne est invitée à aller leur chercher des affaires et des vivres. Ils sont transférés en autobus à la gare d'Austerlitz et déportés le jour-même par quatre trains spéciaux vers les camps d'internement du Loiret (à peu près 1 700 à Pithiviers et 2 000 à Beaune-la-Rolande).

Destin des raflés[modifier | modifier le code]

Entre et , environ 800 prisonniers réussissent à s'échapper mais ils sont souvent arrêtés à nouveau. Dans leur très grande majorité, les victimes de cette opération sont déportées lors des premiers convois de et et assassinées à Auschwitz-Birkenau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Peschanski, La France des camps. L'internement 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002, pp. 198-202.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Diamant [pseudonyme de David Erlich], Le Billet vert. Vie et lutte à Pithiviers et Beaune-la-Rolande, camps pour juifs, camps pour chrétiens, camps pour patriotes, Édition du Renouveau, 1977.
  • Denis Peschanski, La France des camps. L'internement 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]