George Montandon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Montandon (homonymie).
George-Alexis Montandon
Nom de naissance George-Alexis Montandon
Naissance
à Cortaillod, Canton de Neuchâtel, Suisse
Décès
à Fulda (Allemagne) ou à Clamart (France)
Nationalité Flag of Switzerland.svg Hélvético- Flag of France.svg française
Pays de résidence France
Profession
Autres activités
Formation
Conjoint
Maria Konstantinovna Zviaguina
Descendants
Irène-Marie, Odile-Violette-Lucie, George-James-Raoul

George-Alexis Montandon est un médecin, anthropologue et explorateur hélvético-français[1], né à Cortaillod en Suisse le 19 avril 1879 et mort en août 1944, soit abattu par la Résistance le 3 à Clamart avec son épouse, soit des suites de ses blessures le 30 à Fulda en Allemagne, selon les sources.

Ethnologue au musée de l'Homme, théoricien du racisme, collaborateur et antisémite, il fut l'une des cautions d'un racisme dit « scientifique » avant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, même sous Vichy, lui et le courant auquel il appartient avec René Martial demeurent marginaux dans le monde intellectuel français[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

George Montandon est le fils de James Montandon, industriel, et de Cornélie Philippine Catherine Rehfuss. Les Montandon-Blaiselion du Locle, originaires de Montbéliard, avaient fui la France en 1310 pour s'installer en Suisse dans le Canton de Neuchâtel, leurs armoiries étaient "d'azur à l'ancre d'argent, accostée de deux étoiles d'or". Son père, James Montandon, de La Brévine, né en 1846, fut conseiller municipal à Colombier en 1888, puis député au Grand Conseil du Canton de Neuchâtel en 1889, charges qu'il exerçait encore en 1895. Il fut aussi membre du Conseil d'administration et du Conseil d'escompte de la Banque cantonale neuchâteloise en 1905.

Formation[modifier | modifier le code]

George Montandon, le plus jeune de quatre enfants, fait des études de médecine à l'université de Genève, puis à l'université de Zurich où, de 1906 à 1908, il pratique la chirurgie à la clinique universitaire. Après son service militaire, il se prend de passion pour l'anthropologie. Il se rend à Hambourg, puis à Londres et décide de devenir explorateur. À trente ans, en octobre 1909, il s'embarque à Marseille pour l'Éthiopie qu'il va visiter en 1910.

De retour d'Éthiopie, il s'installe comme médecin à Renens (Vaud). En 1914, il s'engage comme volontaire dans un hôpital français de Bourg-en-Bresse, où il remet en pratique sa formation de chirurgien, puis rentre en Suisse en 1916. En 1919 il étudie au Musée d'ethnographie de Genève la généalogie des instruments de musique et les « cycles de civilisation ».

L'attrait pour le communisme et l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Attiré par la révolution bolchévique de 1917, Montandon se rend en Union soviétique en 1919, chargé par la Croix-Rouge d'organiser le rapatriement par Vladivostok de prisonniers de guerre autrichiens retenus en Sibérie[3]. Il en profite pour étudier les derniers Aïnous de l'île Sakhaline et les Bouriates du lac Baïkal[4]. À Vladivostok, il épouse une Russe communiste de 22 ans, Maria Konstantinovna Zviaguina, dont il aura trois enfants : Irène-Marie, née le 27 avril 1922 à Lausanne ; Odile-Violette-Lucie, née le 17 mai 1923 à Lausanne et George-James-Raoul, né le 28 juin 1927 à Paris.

En 1921, le Conseil d'État de Neuchâtel refuse, officiellement pour des raisons économiques mais probablement plutôt pour des raisons politiques[5], de ratifier sa nomination comme professeur d'ethnologie à l'Université de Neuchâtel. En effet, Montandon, revenu en Suisse, était favorable à la révolution bolchévique et était devenu membre du Parti communiste suisse. Dans Deux ans chez Koltchak et chez les bolcheviks[6], publié en 1923[7], il comprend la création d'une police politique, la Tchéka, mais il est aussi l'un des premiers à en décrire les abus. Des rumeurs l'accusent de recevoir de l'argent des services secrets soviétiques. Il dénonce l'esclavage en Abyssinie et le génocide des Indiens aux États-Unis.

Installation en France[modifier | modifier le code]

En 1925, il s'installe à Paris, où il travaille au Muséum national d'histoire naturelle, et écrit dans la revue communiste Clarté, dirigée par Henri Barbusse.

En 1929, Montandon publie L'Ologenèse humaine, une nouvelle théorie de l'évolution, ouvrage bien accueilli[8].

En 1931, il entre à l'École d'anthropologie. En 1933, il occupe la chaire d'ethnologie et il publie La Race, les races chez Payot. La classification des races proposée par Montandon est encore présentée en 1965 comme une référence par Georges Olivier, professeur d'anthropologie à la Faculté des sciences et professeur d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris, dans son ouvrage Morphologie et types humains (p. 129–132).

Il est naturalisé français avec sa femme et ses trois enfants par un décret du 29 mai 1936, publié au Journal officiel du 7 juin 1936.

Vers l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Nommé en 1936 conservateur du Musée Broca, et déçu par le Front populaire, peut-être pour des raisons plus personnelles que politiques, il se tourne vers l'antisémitisme et correspond alors avec des antisémites réputés comme Henri-Robert Petit, Léon de Poncins et Armand Bernardini. L'ouvrage de Céline Bagatelles pour un massacre est clairement influencé par les travaux de Montandon, qui est même cité dans L'École des cadavres. Montandon justifie par ailleurs « l'ethno-racisme » de Céline par « l'ethno-racisme juif »[9].

Chez Denoël, l'éditeur de Céline aux Nouvelles Éditions françaises, Montandon inaugure en novembre 1940 la collection « Les Juifs en France » en publiant un ouvrage "alimentaire", Comment reconnaître le Juif ?[10] . Il s'agit d'une brochure rassemblant des citations de Louis-Ferdinand Céline, Édouard Drumont, Guy de Maupassant, Jules Michelet, Frédéric Mistral, Ernest Renan, Adolphe Thiers, Voltaire et Émile Zola. Ses travaux aideront à la mise en place de l'exposition Le Juif et la France. En juillet 1940, il devient directeur de la revue L'Ethnie française, financée par l'Institut allemand de Paris, puis par le Commissaire aux questions juives, Darquier de Pellepoix. Il y publie des articles sur l'« ethnie juive ».

Collaboration et eugénisme[modifier | modifier le code]

Montandon est nommé président de la Commission ethnique du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot et écrit dans La Gerbe d'Alphonse de Châteaubriant.

À la suite de la remise en cause des naturalisations par Vichy, Montandon perd la nationalité française et son emploi à l'École d'anthropologie. Cependant, le 27 juillet 1941, un décret le réintègre dans la nationalité française.

En octobre 1941, il contribue à l'organisation de l'exposition du Palais Berlitz, « Le Juif et la France »[11] , où l'on cherche à apprendre à tout un chacun « comment reconnaître un juif ? ». À partir de décembre 1941, il est attaché au Commissariat général aux questions juives en qualité d'ethnologue. À ce titre, contre paiement, il délivre des certificats de non-appartenance à la race juive.

En 1942, Xavier Vallat est remplacé par Louis Darquier de Pellepoix au Commissariat général aux questions juives. L'Institut d'étude des questions juives, d'abord confié au capitaine Sézille pour organiser l'exposition allemande Le Juif et la France et surtout destiné à l'« aryanisation économique » du pays (« administrer les biens juifs et dénoncer les camouflages »), est alors dissous. En 1943, l'IEQJ est rebaptisé Institut d'études des questions juives et ethnoraciales (IEQJR) et sa direction est confiée à George Montandon, qui est chargé du cours d'« ethnoraciologie judaïque ». Parmi les formateurs de cet institut se trouvent Armand Bernardini, Claude Vacher de Lapouge (fils de Georges) et Jean Héritier, journaliste au Pilori[12]. Montandon fait distribuer sa traduction, destinée aux étudiants en médecine, du Manuel d'eugénique et d'hérédité humaine du nazi Otmar von Verschuer, responsable de l'Institut d'anthropologie à Berlin.

Sous l'Occupation, Montandon est utilisé par le Commissariat aux questions juives pour pratiquer des « visites raciales », dont les conclusions sont adressées aux autorités de police de Vichy. En cas de doute au sujet de certains internés au camp de transit de Drancy, Montandon se déplace à la demande des autorités pour y pratiquer des « examens anthropométriques » à l'issue desquels il délivre ou non un « certificat d'appartenance à la race juive » valant libération ou déportation. Quelle qu'en soit l'issue, cette consultation était facturée aux intéressés 300, puis 400 francs, hors frais de déplacement. Appelé au camp pour y examiner Léonid et Maria Kaganowicz, arrêtés à la frontière espagnole en mars 1943, Montandon décrit ainsi l'homme : « Expression générale du faciès : type antéro-asiatique facilement interprétable comme judéo-antéro-asiatique. Mimique et contenance : quelque chose de judaïque, incontestablement ». Le couple sera déporté en juillet 1943[13].

La Libération et la mort de Montandon[modifier | modifier le code]

Le premier mars 1944, Combat médical, organe des médecins du « Mouvement national contre le racisme », consacre deux pages sur les quatre de son premier numéro à George Montandon sous le titre « Portrait de traître : le Docteur Georges (sic!) Montandon ». Le no 25 du Médecin français du mois de juin de la même année, sous le titre « Éditeurs pro-nazis », s'indigne de la parution l'année précédente à la Librairie Masson de l'ouvrage de Otmar von Verschuer Manuel d'eugénique et d'hérédité humaine, traduit par George Montandon, qualifié d'« ethnologue douteux, pro-nazi notoire, expert vénal du Commissariat aux affaires juives » qui sera « chassé de la nationalité française et expiera en prison ses escroqueries comme ses malhonnêtetés intellectuelles ». L'article dénonce aussi l'éditeur : la maison Masson « devenue librairie de l'Institut des questions juives, subira la punition demandée par le CNÉ pour les éditeurs serviles ou cupides ». Montandon fut attaqué par la Résistance le 3 août 1944, l'éditeur Masson ne fut jamais inquiété.

Le 9 septembre de la même année, Les Lettres Françaises publient en première page de leur premier numéro public un « Manifeste des écrivains français », réclamant « le juste châtiment des imposteurs et des traîtres », signé de soixante-cinq écrivains, journalistes et éditeurs. À partir de cette date, Montandon figure sur toutes les listes noires du CNÉ, notamment sur celles du 16 septembre et du 21 octobre suivants ; son ouvrage Comment reconnaître le Juif ?, paru en 1940 dans la collection «Les Juifs en France», figure sur les listes d'interdiction édictées en 1945 par le ministère de la Guerre et est un élément à charge contre l'éditeur Denoël lors de son procès le 13 juillet 1945 et celui de sa société le 30 avril 1948, deux procès qui se sont soldés par des acquittements[14], tandis que Montandon a été condamné et son ouvrage Comment reconnaître le juif ? retiré de la vente[15].

Deux versions de la mort de Montandon[modifier | modifier le code]

La maison de Montandon à Clamart est investie par des Résistants[16] le 3 août 1944. Sa femme est tuée et Montandon serait également mort à ce moment.

Cependant, selon Céline, ce que confirment des recherches effectuées par Marc Knobel dans les années 1990[17], Montandon n'aurait été que blessé et transporté d'abord à l'hôpital Lariboisière, qui était alors sous administration allemande, puis en Allemagne où il serait mort le 30 août à l'hôpital Karl-Weinrich-Kranhenhaus de Fulda, peut-être des suites d'un cancer en plus des blessures reçues à Clamart[18].

Sa contribution à la connaissance de l'Éthiopie[modifier | modifier le code]

Montandon arrive à Addis-Abeba en provenance de Djibouti fin 1909, puis visite en 1910 les régions de l'Omo, Jimma, Kaffa, Ghimirra, Gurafarda, le pays de Yambo avant de revenir à la capitale éthiopienne par Goré, Guma et Gomma. À son retour en Suisse, installé à Renens, il publie le récit de son voyage. Dans la préface datée de , il dit : « Le but du voyage relaté dans les pages qui suivent fut de visiter les provinces du Sud-Ouest ; sans être chargé de mission par qui que ce fût, notre seul désir de réaliser des rêves de jeunesse nous engagea à l'organiser et à l'exécuter ». Cette préparation est résumée dans une carte à l'échelle 1:3.000.000, intitulée « Les itinéraires des explorateurs du S-O de l'Éthiopie (entre les lacs et le Baro) par ordre chronologique » et qui illustre les parcours de vingt-huit explorateurs. Les descriptions détaillées et illustrées de photographies, les diagrammes et les cartes couvrent tous les aspects de la vie dans les provinces du Sud-Ouest. Montandon regroupe une quantité d'informations concises sur les sujets tels que l'habitat, la monnaie, l'esclavage, les Oromos, les religions, l'agriculture, les ustensiles domestiques, les instruments de musique et les jeux.

Ce récit de voyage forme le tome XXII du Bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie et paraît en 1913 chez l'éditeur neuchâtelois Attinger et simultanément chez Challamel à Paris. Il compte 424 pages, avec 202 illustrations, 14 cartes et planches hors-texte. Il est lauréat de la Société de géographie de Paris. Pour Rita et Richard Pankhurst, le récit de Montandon est au premier plan parmi ceux de cette période[19].

Une de ses filles, Irène-Marie, a épousé plus tard l'explorateur saharien Henri Lhote.

Un théoricien d'un racisme dit « scientifique »[modifier | modifier le code]

Sa taxinomie des races[modifier | modifier le code]

En 1933, dans son ouvrage La Race, les races. Mise au point d'ethnologie somatique[20], George Montandon propose une taxonomie des « races »[21] qui divise l'espèce humaine en cinq « grand'races » elles-mêmes divisées en « races », puis en « sous-races » et en « groupes somatiques » :

  • Grand-race pygmoïde : (p. 122–136)
    • Race stéatopygienne
    • Race pygméenne
  • Grand-race négroïde : (p. 137–177)
    • Race tasmanienne
    • Race papouasienne
    • Race nigritienne (nègre)
      • Sous-race nègre nilocharienne
      • Sous-race nègre sud-africaine
      • Sous-race nègre soudanienne
    • Race éthiopienne
    • Race dravidienne
  • Grand-race vedd-australoïde : (p. 178–184)
    • Race veddienne
    • Race australienne
  • Grand-race mongoloïde : (p. 185–236)
    • Race paléo-amérindienne
    • Race néo-amérindienne
    • Race esquimienne
    • Race paléo-sibérienne
    • Race mongolienne
      • Sous-race toungouzienne
      • Sous-race nord-mongolienne
        • Groupe somatique mongolique
        • Groupe somatique coréen
        • Groupe somatique ghiliak-aléoute
        • Groupe somatique saïano-samoyède
      • Sous-race sinienne
      • Sous-race paréenne
        • Groupe somatique japonais
    • Race touranienne
  • Grand-race europoïde : (p. 237–269)
    • Race laponienne
    • Race aïnienne
    • Race blonde
      • Sous-race nordique
      • Sous-race subnordique
    • Race alp-arménienne
      • Sous-race alpine (celtique, cévénole, occidentale, alpo-carpathienne)
      • Sous-race adriatique (dinarique, illyrienne)
      • Sous-race anatolienne (eurasiatique, arménoïde, assyroïde)
      • Sous-race pamirienne (iranienne)
    • Race brune (méditerranéenne)
      • Sous-race ibéro-insulaire
      • Sous-race berbère
      • Sous-race arabe
      • Sous-race indo-afghane
      • Sous-race indonésienne
      • Sous-race malaise
      • Sous-race polynésienne

Cet ouvrage propose une typologie raciale de nature zoologique et somatique, du type de celle de Georges Vacher de Lapouge. Pierre-André Taguieff[22] propose d'appeler «racialisme» cette forme de racisme, qui définit la race à partir des caractéristiques somatiques des individus et non par la descendance biologique[23].

En définissant le sens qu'il donne au mot « race », Montandon écrit : « Pour les anthropologues, le mot race désigne un groupe d'hommes qui s'apparentent uniquement par leurs caractéristiques physiques, c'est-à-dire anatomiques et physiologiques, en d'autres termes par leurs caractères somatiques »[24]. Concernant les Juifs, Montandon écrit : « Aujourd'hui les Juifs forment avant tout une ethnie, une raison sociale, et non une race uniforme. Mais, là où ils se trouvent, ils constituent des groupes somatiques dont les individus sont fréquemment discernables. Selon les contrées, ces groupes somatiques sont à rattacher à telle ou à telle autre race […] »[25]. Concernant les Français, il précise : « les Français forment non pas une race, mais une ethnie : "l'ethnie française" »[26].

L'ethnie française[modifier | modifier le code]

En 1935, paraît L'Ethnie française (Paris, Payot)[27]. Dans l'avant-propos, il écrit : « Parler de race française, c'est ne pas savoir ce qu'est une race. Il n'y a pas de race française. Il y a une ethnie française, dans la constitution somatique de laquelle entrent les éléments de plusieurs races ». Il définit l'ethnie française comme une ethnie multiraciale caractérisée par une langue et une culture. Ainsi, il consacre dans cet ouvrage un chapitre aux Arabes et Berbères d'Afrique du Nord, car il considère que si dans leur majorité ces derniers ne rentrent pas encore dans l'ethnie française, c'est dans cette région « qu'est destinée à se développer une fraction, vraisemblablement encore plus importante demain qu'aujourd'hui, de l'ethnie française. »[28].

Montandon subdivise l'« ethnie française » en types divers : nordique, alpin, dinarique, méditerranéen, avec certaines composantes allogènes (judaïque, négroïde, mongoloïde). Il inclut les photos d'Henri Barbusse, François Mauriac ou Pierre Benoit pour illustrer son propos et présente Benjamin Crémieux (critique littéraire français de religion juive et déporté-résistant) comme illustration du « type judaïque à affinités méditerranéennes » ou encore l'homme politique Léon Blum pour illustrer celui du « type judaïque à affinités alp-arméniennes ». L'ethnie est encore une fois définie à partir d'une considération somatique.

L'antisémitisme de Montandon[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 1926, L'Humanité publie un article de Montandon, sous le pseudonyme de « Montardit », intitulé « L'origine des types juifs ».

Après ses premiers travaux d'ethnologie durant les années 1930, il publie en novembre 1935 dans la revue italienne La Difesa della Razza (La défense de la race) un article sur les Juifs intitulé « L'Etnia putana » (L'ethnie putain), expression dont il se resservira. Il publie ensuite, dans le numéro d'avril 1939 de Contre-Révolution, un article intitulé « La Solution ethno-raciale du problème juif », où il affirme : «Cette farouche intégrité du sang sémite fait des juifs les premiers ethno-racistes en date»[29]. Dans le même article, il se prononce pour la création d'un État juif en Palestine « dont les Juifs seraient ressortissants, ne vivant dans d'autres États qu'en qualité d'étrangers, avec passeport et tout ce qui en découle »[30].

Montandon s'oppose à Charles Maurras et à son antisémitisme d'État : il soupçonne d'ailleurs Maurras d'être d'ascendance juive « marrane », alors qu'il l'avait d'abord classé en 1935 comme « type méditerranéen du littoral — carrefour de plusieurs types » (c'était également la thèse du pamphlétaire antisémite Urbain Gohier).

Le 2 juillet 1940, dans La France au travail, journal de Charles Dieudonné, il écrit : « En sus de ses fautes à elle, la nation française a été empoisonnée par l'esprit de l'ethnie putain. Ce qui en effet caractérise psychologiquement la communauté ethnique juive et légitime l'appellation scientifique sous laquelle nous la désignons, c'est non seulement sa luxure, mais avant tout le fait que cette communauté, au lieu de servir une patrie, un pays, se met, comme une fille publique, au service de tous les pays, tout en ayant refusé pendant deux mille ans de se fondre dans la population de ces pays. C'est l'esprit de l'ethnie putain qui, s'imposant aux Français : a) faisait bêler la paix, b) sabotait l'armement, c) et surtout dégoûtait la femme, depuis des décades, de la maternité, grâce à sa presse en particulier, dont l'ancien Paris-Soir, dit « Pourrissoir », avec ses rubriques quasi pornographiques, dirigées par des putains juives, dont nous savons le nom, était le modèle accompli ».

Sur Montandon[modifier | modifier le code]

Jean Poirier (1921-2009) écrit en 1968 dans Ethnologie Générale[31]:

« Montandon contribua efficacement à répandre en France les thèses diffusionnistes qui s'opposèrent à certains excès de l'évolutionnisme. […] Montandon a été un excellent ethnographe et un des premiers à utiliser systématiquement les schémas de répartition géographique des différents faits culturels (une méthode qui exige un énorme travail analytique et à laquelle — peut-être pour cela — on n'a pas recours assez souvent aujourd'hui). »

Jean Servier, dans la présentation de son ouvrage L'Ethnologie[32], qualifie l'ouvrage de Montandon La race, les races d'« outil de travail utile » et de « dictionnaire ethnologique avant la lettre ».

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Au pays Ghimirra : récit de mon voyage à travers le massif éthiopien (1909-1911), Neuchâtel, Attinger, (Bulletin de la Société Neuchateloise de Geographie, Tome XXII) 1913.
  • La généalogie des instruments de musique et les cycles de civilisation, Genève, A. Kündig, 1919.
  • L'esclavage en Abyssinie : rapport rédigé à la demande de la Ligue suisse pour la défense des indigènes, Genève, Georg, 1923.
  • Deux ans chez Koltchak et chez les Bolchéviques pour la Croix-Rouge de Genève : (1919-1921), Paris, F. Alcan, 1923.
  • Aïnou, Japonais, Bouriates, Paris, P. Masson, 1927 (2 vol.)
  • L'Ologénèse humaine, Paris, F. Alcan, 1928.
  • La race, les races. Mise au point d'ethnologie somatique, Paris, Payot, 1933.
  • L'Ologenèse culturelle, traité d'ethnologie, Paris, Payot, 1934.
  • L'Ethnie française, Paris, Payot, 1935.
  • La civilisation Aïnou et les cultures arctiques, Paris, Payot, 1937.
  • Comment reconnaître le Juif ?, Paris, Nouvelles Éditions Françaises, 1940.
  • Les Juifs en France, 1940.
  • L'homme préhistorique et les préhumains, Paris, Payot, 1943.

Articles[modifier | modifier le code]

  • «Ossendowski le menteur sans honneur. Comment on dépiste philologiquement les Ossendowski», Clarté no 69, 1924, et La Revue européenne, 1er janvier 1925
  • «L'origine des types juifs», L'Humanité, 15 décembre 1926 (sous pseudonyme).
  • «Le squelette du Professeur Papillault», Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1935, vol 6, n. 6-1-3, p. 5-22
  • «L'Etnia putana», La Difesa della Razza (revue), novembre 1935.
  • «La solution ethno-raciale du problème juif», Contre-Révolution (journal), avril 1939.
  • «L'ethnie juive et le type racial juif», Revue Internationale des Sociétés Secrètes, 15 juin 1939.

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • L'Homme préhistorique: des préhumains aux races actuelles, de H. Weinhert, 1939

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Les Géants de la mer: requins, baleines, dauphins, par J. R. Norman, Paris, Payot,
  • Mœurs étranges des insectes, de A. Hyatt Verrill, Paris, Payot, 1938
  • L'Homme préhistorique: des préhumains aux races actuelles, de[H. Weinhert, traduit de l'allemand, Paris, Payot, 1939
  • La Chasse préhistorique, de Kurt Lindner, traduit de l'allemand, Paris, Payot, 1941

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alfons Ritler, Encyclopaedia Aethiopica, vol. 3 : He-N, Wiesbaden, Harrassowitz, , 1211 (ici 1009) p. (ISBN 9783447056076)
  2. Andrea Cavazzini, Culture nazie?: la tentation létale des intellectuels du XXe siècle, Mimesis, , 309 p. (ISBN 8884834627, lire en ligne), p. 104
  3. Mission en Sibérie du Dr. George Montandon
  4. Deux études, en 1926 et 1927 : "Chez les Bouriates de la Transbaïkalie" et "Crâniologue paléosibérienne", où il évoque Tchouktchis, Eskimos, Aléoutes, Aïnous et Ghiliaks. Aucun racisme dans ces articles. S'inspirant de l'école scientifique italienne, Montandon adapte le système de l'ologénèse à l'anthropologie, en séparant le concept de race à l'idée d'ethnie : l'idée d'une race commune à tous les hommes au départ se différenciant peu à peu en ethnies et s'acheminant vers leur individualité.
  5. Pierre Centlivres, « L’ETHNOLOGIE A L’ UNIVERSITE DE NEUCHATEL : 1912 – 1964 » [PDF], sur http://www2.unine.ch/ethno/ethnologie, (consulté le 21 mars 2016)
  6. George Montandon, Deux ans chez Koltchak et chez les bolcheviks [PDF]
  7. Protestations à la suite de la publication de Deux ans chez Koltchak et chez les bolcheviks
  8. Compte-rendu du 27 novembre 1929 de L'Ologenèse humaine par H. L. Shapiro dans The Nation
  9. « Céline et l'extrême droite française »
  10. George Montandon, Comment reconnaître le Juif ? [PDF]
  11. Exposition « Le Juif et la France »
  12. Max Weinreich : Hitler et les professeurs, p. 196, Éditeur : Belles Lettres, 2013, (ISBN 2251444696)
  13. Cf. : A. Wieviorka, M. Lafitte, A l'intérieur du camp de Drancy, Paris, Perrin, 2012, p. 212-213.
  14. Voir en ligne.
  15. Ecrivains dont les livres publiés chez Denoël ont figuré sur les listes d’interdiction édictées en 1945 par le ministère de la Guerre: Albert (Charles) : L’Angleterre contre l’Europe [1941] Céline (Louis-Ferdinand) : Bagatelles pour un massacre [1937], L’Ecole des cadavres [1938], Les Beaux Draps [1941], Guignol’s Band [1944] Hitler (Adolf) : Discours [1941] Montandon (Georges) : Comment reconnaître le juif ? [1940] Pemjean (Lucien) : La Presse et les juifs [1941] Querrioux (Fernand) : La Médecine et les juifs [1940] Rebatet (Lucien) : Les Tribus du cinéma et du théâtre [1941], Les Décombres [1942] (Voir note précédente).
  16. Henry Coston : «un commando de résistants, vraisemblablement israélites», Dictionnaire de la politique française, 1972, tome II, p. 200.
  17. Marc Knobel, «George Montandon et l'ethno-racisme», in Pierre-André Taguieff, L'Antisémitisme de plume, 1940-1944, Paris, Berg International, 1999, p. 277-293.
  18. Voir son acte de décès en Allemagne sur le site au mois d'août.
  19. (en) Richard Pankhurst, A Selected Annotated Bibliography of Travel Books on Ethiopia, t. IX, (2), Africana Journal, , p.113-133 p.
  20. George Montandon, La race, les races. Mise au point d'ethnologie somatique [PDF]
  21. Georges Olivier, professeur d'anthropologie à la Faculté des sciences et professeur d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris, présente encore cette théorie en 1971 dans son ouvrage Morphologie et types humains, cours préparatoire au diplôme de masseur-kinésithérapeute, Vigot Frères, 4e ed., 176 p. (1re éd., 1961, 168 p.).
  22. Pierre-André Taguieff, Le Racisme. Un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir, Paris, Flammarion, « Dominos », 1998.
  23. Ann Morning, The Nature of Race, University of California Press, Berkeley, 2011
  24. George Montandon, [1933], p. 13.
  25. George Montandon, [1933], p. 262.
  26. George Montandon [1933], p. 253.
  27. George Montandon, L'ethnie française [PDF]
  28. George Montandon [1935], p.165.
  29. Tant la Halakha que l'État d'Israël avec la Loi du retour considèrent comme juive une personne née de mère juive: c'est du racisme biologique.
  30. C'est finalement la solution qui a été choisie après la Seconde Guerre mondiale, avec la création par l'ONU en Palestine de l'État d'Israël.
  31. Ethnologie Générale, sous la dir. de Jean Poirier, Encyclopédie de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1968.
  32. Jean Servier, L’Ethnologie, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1986.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :