Nouvelle université de Paris

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'université de Paris créée en 1896 et dissoute en 1970. Pour l'université de Paris créée à la fin du douzième siècle et fermée en 1793, voir Ancienne université de Paris.
Université de Paris
Informations
Fondation 1896
Dissolution
Type Université publique
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 55″ nord, 2° 20′ 36″ est
Ville Paris
Pays France

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Université de Paris

La nouvelle université de Paris fut créée en 1896 comme regroupement de la faculté des sciences, de la faculté des lettres, de la faculté de droit, de la faculté de médecine, de la faculté de théologie protestante et de l’École supérieure de pharmacie. Elle fut dissoute fin 1970 pour laisser place à treize universités indépendantes.

Histoire de la nouvelle université de Paris[modifier | modifier le code]

Le conseil général des facultés de Paris[modifier | modifier le code]

La Sorbonne, siège de l’université de Paris et des facultés des sciences et des lettres.
La faculté de droit et des sciences économiques.
La faculté de médecine.

À la suite du décret du 25 juillet 1885 concernant l'administration et la gestion des fonds provenant des legs, dons et subventions acceptés par les facultés et écoles d'enseignement supérieur et du décret du 28 décembre 1885 concernant l'organisation des facultés, un conseil général des facultés est institué dans chaque académie.

Le premier conseil général des facultés de Paris est constitué, à la suite des élections de janvier 1886, de :

Le conseil se réunit pour la première fois le 3 février 1886 puis de manière mensuelle.

Le doyen de la faculté des sciences Jules Jamin meurt peu après la première séance. C'est à cette occasion que le conseil général se prononce pour la première fois sur la nomination d'un doyen. Il classe lors de sa séance du 5 mars Edmond Hébert en première ligne devant Louis Joseph Troost, proposition identique à celle de l'assemblée de la faculté. Le conseil général va ensuite traiter durant plusieurs séances des questions disciplinaires liées aux troubles qui agitent l'école supérieure de pharmacie durant le printemps de l'année 1886. Chatin va finalement démissionner et être remplacé par Gustave Planchon en juillet. Edmond Colmet de Santerre devient doyen de la faculté de droit en 1887 et est élu vice président du conseil général après la mort de Béclard. Paul Brouardel succède à Bécard comme doyen.

Les élections suivantes ont lieu en janvier 1889 avec les résultats suivants

Labbé donne ensuite sa démission pour raison de santé.

Création de la nouvelle université de Paris[modifier | modifier le code]

La loi du 28 avril 1893 donnant la personnalité civile aux corps formés par la réunion de plusieurs facultés d’une académie et celle du 10 juillet 1896 donnant le nom d’université aux corps de facultés, la nouvelle université de Paris fut créée en 1896 comme groupement de la faculté des sciences, de la faculté des lettres, de la faculté de droit, de la faculté de médecine, de la faculté de théologie protestante (créée en 1877, transformée en faculté libre en 1905) et de l’École supérieure de pharmacie. Elle fut inaugurée le 19 novembre 1896 par le président de la République Félix Faure.

Conseil de l'université[modifier | modifier le code]

Le conseil de l'université reprend la même forme que le conseil général des facultés. Les représentants des facultés sont élus pour quatre ans.

Institution de diplômes de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Le décret du 21 juillet 1897 autorise les universités nouvellement créées à instituer des "titres d'ordres exclusivement scientifiques, ces titres ne conférent aucun des droits et privilèges attachés aux grades par les lois et règlements, et ne peuvent en aucun cas être déclarés équivalents aux grades".

C'est dans ce cadre que le conseil de l'université de Paris institue un "doctorat de l'université de Paris" par délibération du 28 mars 1898, approuvée par arrêté ministériel du 1er avril de la même année.

Ce diplôme est signé par les membres du jury et par le doyen de la faculté ou le directeur d'école devant laquelle ont été subies les épreuves. Il est délivré sous le sceau et le nom de l'université de Paris par le président du conseil de l'université.

En 1901 est institué un diplôme de pharmacien de l'université de Paris pour les étudiants de nationalité étrangère (arrêté du 8 juillet 1901).

Fondation de chaires par l'université[modifier | modifier le code]

De nouvelles dispositions réglementaires permettent aux universités de créer des chaires, des maitrises de conférences et des charges de cours sur leurs fonds propres.

La première chaire fondée par l'université en 1898 est une chaire d'histoire du droit public romain pour la faculté de droit. Le 27 juin 1899 sont fondées trois chaires, pour les sciences une chaire de physique (attribuée à Henri Pellat) et une chaire d'histologie (attribué à Joannes Chatin), et pour les lettres une chaire d'histoire de l'art. Les créations se poursuivent avec celle d'une chaire d'histoire des traités à la faculté de droit (14 juin 1900, transformation d'un cours complémentaire créé en 1898), deux chaires, physique et chimie (attribué respectivement à Paul Janet et Jean Joannis, pour l'enseignement préparatoire au certificat d'études physiques, chimiques et naturelles à la faculté des sciences et une chaire de langue et littérature anglaise à la faculté des lettres (la chaire d'État de littérature étrangère étant alors transformée en chaire de langue et littératures allemandes) (4 juillet 1900). En 1902 (2 juin) sont créées deux chaires à la faculté de droit ayant pour intitulé "histoire des doctrines économiques" et "législation et économie rurales" (transformations de cours complémentaires créés en 1900 et 1901).

À partir de 1904 des mécènes commencent à participer au financement de la création de chaire. Ainsi une chaire d'histoire de l'économie sociale est créée à la faculté des lettres grâce à la contribution de Clara Longworth de Chambrun.

En 1910 la chaire de physique fondée en 1899 est transformée en chaire de chimie-physique après le décès d'Henri Pellat et attribué à Jean Perrin.

Réunion de l’École normale supérieure à l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Le décret du 10 novembre 1903, rédigé par le ministre Chaumié, réforme l'organisation et les missions de l’École normale supérieure en l'intégrant dans l'université de Paris. Le directeur et le sous-directeur deviennent membres du conseil de l'université de Paris, et, suivant leur ordre, dans le conseil et l'assemblée de la faculté des sciences ou des lettres. Le conseil de l'université participe, avec la section permanente du conseil supérieur de l'Instruction publique aux présentations pour la nomination des directeur et sous-directeur. Les emplois permanents de maitre de conférences de l'école sont supprimés et leurs enseignements sont dès lors confiés par le ministre pour une durée déterminée à des professeurs, chargés de cours et maitres de conférences des facultés. Les maitres de conférences alors en poste à l'école sont intégrés au corps enseignant des facultés des sciences et des lettres. C'est ainsi que sont créés par l'État le 26 juillet 1904, à la suite de la loi de finances du 30 décembre 1903, trois chaires à la faculté des sciences (calcul différentiel et intégral pour Jules Tannery, application de l'analyse à l'algèbre pour Louis Raffy, et zoologie pour Frédéric Houssay), et six chaires à la faculté des lettres (histoire grecque, histoire romaine, histoire de la civilisation et des institutions du Moyen Âge, histoire politique et diplomatique des temps modernes, langues et littératures grecques et grammaire des langues classiques anciennes.)

Construction de l'Institut de chimie[modifier | modifier le code]

L'institut de chimie appliquée

À l'initiative de Charles Friedel, professeur de chimie organique à la faculté des sciences, un laboratoire de chimie pratique et industrielle avait été créé par la loi de finance du 28 décembre 1895 pour l'instruction scientifique des chimistes se destinant à l'industrie. Ce laboratoire d'enseignement avait été logé 3 rue Michelet dans les baraquements qu'occupaient l'ancien laboratoire de recherche de Friedel (créé pour Charles Wurtz, prédécesseur de Friedel, et Joseph Riban qui y donnait depuis 1887 un cours complémentaire d'analyse chimique) et qui avaient été libérés par la construction de nouveaux laboratoires dans la cadre de la reconstruction de la Sorbonne. Ce laboratoire d'enseignement ouvre le 7 novembre 1896.

Dix années plus tard, à la suite de négociations entre Louis Liard, président du conseil de l'université, Bienvenu Martin, ministre, et J. de Selves, préfet de la Seine, la loi du 3 avril 1906 attribue, sur le budget du ministère de l'Instruction publique, une subvention de 750 000 francs pour l'acquisition par l'université de Paris de terrains, entre la rue d'Ulm et la rue Saint-Jacques, pour la construction d'un institut de chimie dépendant de la faculté des sciences pour y transférer les missions du laboratoire d'enseignement créer par Friedel (une partie de cette subvention est issue de la vente d'un terrain au no 3 de la rue d'Ulm).

Le projet, dont le cout est évalué à 3 millions de francs, s'inscrit dane la cadre de l'agrandissement de la Sorbonne (propriété de la ville de Paris), prévu par la convention du 30 juin 1881. La convention du 1er mars 1906 convient que les frais de construction de l'institut de chimie seront répartis à part égale entre l’État et la ville de Paris et que la ville est chargée de l'opération, la direction des travaux étant confiée à l'architecte de la Sorbonne Henri-Paul Nénot.

Le terrain choisit est acheté à la congrégation des dames de Saint-Michel. Sur ce même terrain est également décidé en 1906 la construction de l'institut océanographique, fondation du prince Albert Ier de Monaco reconnue d'utilité publique.

Le 23 janvier 1909 une chaire de chimie appliquée est fondée conjointement par l'université de Paris, l'industriel Solvay, l'avocat conseil Hulin et Georges Pascalis, président de la chambre syndicale des produits chimiques et de la société chimique de France (par transformation d'un cours complémentaire créé en 1899). Camille Chabrié, directeur des études à l'institut de chimie appliquée et chargé du cours complémentaire en est nommé le titulaire.

Ce n'est qu'en 1921 que les nouveaux bâtiments de l'institut de chimie appliquée sont inaugurés. Les vieux bâtiments de la rue Michelet laisseront place à la construction de l'institut d'art et d'archéologie.

Création de l'Institut du radium[modifier | modifier le code]

L'institut du radium est créé conjointement par l'université de Paris et l'institut Pasteur en 1909.

Legs et dons[modifier | modifier le code]

Raphaël Bischoffsheim fit don de l'observatoire de Nice à l'université
L'observatoire de Nice

Dès 1898 l'Université de Paris reçoit des donations de Claire de Hirsch, épouse de Maurice de Hirsch et cousine de Raphaël Bischoffsheim, et d'Albert Kahn, pour le financement de bourses d'études et de voyage. L'année suivante Raphaël Bischoffsheim décide de léguer l'observatoire de Nice accompagné des revenus d'une somme de deux millions et demi de francs.

L'université de Paris reçoit en 1912 la gestion de deux millions et demi de francs provenant d'un legs de l'industriel Auguste-Tranquille Loutreuil. Ce legs, transformé en rente à 3% soit 75 000 francs par an, était en fait destiné à subventionner l'ensemble des universités françaises.

Marie-Louise Arconati-Visconti est une des principales mécènes de l'université de Paris. Elle finance la construction de l'institut de géographie, réalisé par Henri-Paul Nénot, puis, par testament, celui d'art et d'archéologie, réalisé par Paul Bigot. Elle finance également la fondation de prix de doctorat et la création d'une chaire d'histoire littéraire du dix-huitième siècle. Elle fait de l'université de Paris son légataire universel.

Parmi les autres mécènes de l'université de Paris, on compte les legs Forest, Aguirre-Basualdo, Rubinstein, Picard, Richelieu, Roussy, Pirou, Robin, Perrissin-Pirasset, Schneider, Thiessé de Rosemont, Piedallu-Philoche, Gandy, Labrouquère.

L’Institut de géographie.
Marie-Louise Arconati-Visconti, mécène de l'université de Paris
Institut d'art et d'archéologie

Comités et associations[modifier | modifier le code]

Une société des amis de l'université est créée afin de "favoriser le développement de cette université" par la création d'enseignements, par des subventions aux bibliothèques et aux laboratoires, et par des aides aux étudiants. À partir de 1901, la société attribue environ dix milles francs par an pour le financement de bourses de séjour à l'étranger et de subventions aux laboratoires. Elle assurera la publication des annales de l'université de Paris.

Le restaurant coopératif du quartier latin, situé 14 rue du Sommerard est fondé en 1901.

Toujours plus d'étudiants[modifier | modifier le code]

Dès les années 1910, de nouveaux bâtiments sont construits (Institut de géographie, Institut d'art et d'archéologie)[1]. En 1914, l’université de Paris compte 17 308 étudiants, elle en compte 64 151 en 1956. La très forte croissance des effectifs oblige les différentes facultés à investir de nouveaux sites ; en particulier la faculté des sciences quitte progressivement la Sorbonne pour le campus d’Orsay puis pour le celui de Jussieu; une partie des enseignements de lettres est transférée à Censier et à Nanterre, tandis que la gestion s'installe porte Dauphine.

Présidents du conseil de l’université de Paris[modifier | modifier le code]

Mai 68 et après, l'université éclatée[modifier | modifier le code]

Embrasement de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mai 68.

Démembrement de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Après les événements de mai 1968 et pour diverses raisons, une réforme profonde de l'enseignement supérieur sembla nécessaire. La loi Faure visait à cela. Elle invitait les professeurs à se répartir comme ils l'entendaient au sein d'unités d'enseignement et de recherche, disciplinaires, qui seraient ensuite réunies en de nouveaux établissements. En raison des rivalités encore toutes chaudes issues du mouvement de mai, les regroupements furent politiquement très marqués, au départ du moins. L’université de Paris fut ainsi démembrée et cessa à nouveau d'exister le 31 décembre 1970 (annonce du ministre Olivier Guichard le 20 mars 1970). Treize universités autonomes, théoriquement pluridisciplinaires, lui succédaient.

L’ensemble totalise actuellement 336 000 étudiants. En même temps était créée une structure de coordination administrative, la chancellerie des universités de Paris, destinée à représenter le ministère auprès des nouvelles institutions ainsi que leurs biens et dotations venus de l'État.

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Étudiants[modifier | modifier le code]

Enseignants[modifier | modifier le code]

Docteurs honoris causa[modifier | modifier le code]

L'université de Paris confère pour la première fois en 1918 un doctorat honoris causa au président américain Wilson, puis de nouveau en 1921 à Nicholas Murray Butler, président de l'université Columbia, et à Abbott Lawrence Lowell, président de l'université Harvard. D'autres savants étrangers suivent les années suivantes, pour un total d'environ quatre cents de 1919 à 1968, avec une période de suspension pendant l'Occupation de 1940 à 1945[2].

Les cérémonies avaient lieu dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à l'occasion de la séance solennelle de rentrée de l'Université. Le recteur place sur l'épaule gauche du récipiendaire la chausse bleue et rouge aux couleurs de Paris avec les trois rangs de fourrure blanche du grade de docteur. Le doctorat est alors conféré au nom de l'Université, et non à celui de la Faculté qui en avait fait la proposition[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Hottin, « La formation du quartier Latin », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris..., p. 32-36, spécialement p. 35.
  2. a et b Dillemann Georges, « Les docteurs honoris causa de l'Université René-Descartes présentés par la Faculté de Pharmacie de Paris », in Revue d'histoire de la pharmacie, 79e année, no 290, 1991, p. 283-288, consulté sur persee.fr le 7 février 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]