Claude Estier

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Claude Estier
Claude Estier en 2013.
Claude Estier en 2013.
Fonctions
Président du groupe socialiste au Sénat

(16 ans, 2 mois et 1 jour)
Élection
Prédécesseur André Méric
Successeur Jean-Pierre Bel
Sénateur de Paris

(18 ans et 2 jours)
Élection 28 septembre 1986
Réélection
Groupe politique SOC
Président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale

(2 ans, 5 mois et 28 jours)
Législature VIIe
Prédécesseur Maurice Faure
Successeur Jean Lecanuet
Député de la 25e circonscription de Paris

(4 ans, 8 mois et 30 jours)
Législature 7e (Ve République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Roger Chinaud
Successeur circonscription supprimée

(1 an, 1 mois et 27 jours)
Législature 3e (Ve République)
Groupe politique FGDS
Prédécesseur Alexandre Sanguinetti
Successeur Louis Vallon
Biographie
Nom de naissance Claude Hasday Ezratty
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 17e (France)
Date de décès (à 90 ans)[1]
Lieu de décès Ivry-Sur-Seine[2],[3] (France)
Parti politique PS
Profession Journaliste

Claude Estier, né Claude Ezratty le dans le 17e arrondissement de Paris et mort le à Ivry-Sur-Seine, est un journaliste et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Henri Ezratty, sympathisant de la SFIO, et de Lucie Bemerbe.

Il baigne dans une culture socialiste jusqu’à l’adolescence, où ses convictions se renforcent sous l’influence de ses professeurs Robert Verdier et Maurice Merleau-Ponty.

Il fait ses classes au lycée Carnot puis à l'École libre des sciences politiques (section Économie privée, promotion 1946)[4].

Engagement[modifier | modifier le code]

S'engageant dans la résistance en 1942, il effectue des transports d'armes et de journaux à Lyon jusqu'en 1944[5]. Chargé des rapports d’écoute de Radio Londres et de Radio Alger, il finit la guerre dans les FFI. Il devient alors, en 1945, adhérent de la SFIO[5]. C'est pour un article sur Jules Moch, publié dans la Bataille socialiste, qu'il est exclu, fin 1947, du Populaire pour lequel il suivait la politique gouvernementale. Il milite en 1948 au Parti socialiste unitaire, où il rencontre, entre autres, Gilles Martinet et Pierre Stibbe.

Hésitant entre l'adhésion au PCF et un simple compagnonnage de route, il assume sa sensibilité communisante et neutraliste quand il intègre le noyau originel de France Observateur. Il y joue alors un rôle important dans son service politique, tout en conservant son poste au Progrès de Lyon et en effectuant des piges à Libération. Se situant dans la mouvance anticonformiste, il est proche du cartel d'action des gauches indépendantes, comme de nombreux rédacteurs de L’Obs. Fervent soutien de la cause algérienne, il noue des liens avec les nationalistes algériens comme Ferhat Abbas.

La crise de mai 1958 constitue une rupture majeure dans son itinéraire politique, dans la mesure où son antigaullisme l’amène à quitter Le Monde pour lequel il travaillait depuis 1955. En effet, en juin 1958, il apparaît comme le seul des rédacteurs du service politique (Raymond Barrillon (1921-1983), Georges Mamy, Alain Guichard) à aller au bout de son opposition à la position attentiste adoptée par Hubert Beuve-Méry face au nouveau pouvoir. Il amorce alors un rapprochement vers François Mitterrand, devient rédacteur en chef de Libération (en 1958), et continue sa collaboration à France Obs[5].

Fin 1964, le quotidien Libération disparaît. Parallèlement à son activité de journaliste, il rallie l'équipe de campagne de Mitterrand où il assure la liaison avec les communistes. Il est ainsi aux premiers rangs pour couvrir la candidature de Mitterrand, pour qui il surveille de près la ligne politique suivie par Le Nouvel Observateur. Lors de la campagne présidentielle, il s’oppose ainsi à Gilles Martinet à propos d'une « une » jugée trop défavorable à son candidat.

Élu député aux élections législatives en 1967 face à Alexandre Sanguinetti, il cesse alors le journalisme. La prise de pouvoir mitterrandienne au PS en 1971 l’amène à se consacrer à l'hebdomadaire L'Unité[5].

Ensuite, il est réélu député (), président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1983 à 1986. Parallèlement, de 1981 à 1988, il participe à l'émission Vendredi Soir sur France Inter avec Jean d'Ormesson, Pierre Charpy et Roland Leroy.

Par décret paru au Journal Officiel du , il perd son nom de naissance, Claude Ezratty.

En 1986, il est élu sénateur et devient, en 1988, président du groupe socialiste du Sénat. Il se présente ainsi plusieurs fois à la présidence du Sénat, mais échoue face aux candidats de la droite. Il reste président du groupe socialiste jusqu'à sa retraite, en septembre 2004. Il participe activement à la campagne de Lionel Jospin pour l'élection présidentielle de 2002[6].

Il se consacre ensuite à nouveau à la littérature en publiant plusieurs ouvrages politiques[6].

Agent de la Securitate[modifier | modifier le code]

En 2016, la déclassification d'archives en Roumanie révèle que Claude Estier travaillait sous le nom de code Stanica pour le compte de la Securitate[7] afin d'influencer le gouvernement : il a été recruté en février 1982 par un agent roumain en poste à Paris, Oros Popescu. Il renseigne la dictature roumaine notamment sur la vision du gouvernement français à propos de la bombe à neutron, sur les relations germano-américaines.

Mandats[modifier | modifier le code]

  • Député de Paris de 1967 à 1968 et de 1981 à 1986
  • Conseiller de Paris de 1971 à 1989
  • Sénateur de Paris de 1986 à 2004
  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées de l'Assemblée nationale de 1983 à 1986
  • Président du groupe socialiste au Sénat de 1988 à 2004

Publications[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Claude Estier, ancien président du groupe PS du Sénat », sur Public Sénat (consulté le 10 mars 2016)
  2. « L’ancien sénateur Claude Estier est mort à 90 ans », sur Le Monde (consulté le 14 mars 2016)
  3. Mention Marginale sur acte de naissance à l'état civil de la mairie de Paris 17e, Année 1949, Acte n°979
  4. Recherche sur sciences-po.asso.fr.
  5. a, b, c et d Michel Noblecourt, « Le mamelouk du Parti socialiste », Le Monde, 13 février 2008.
  6. a et b « L’ancien sénateur Claude Estier est mort », Le Monde, 10 mars 2016.
  7. https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/quand-ceaucescu-espionnait-les-francais_1848582.html

Liens externes[modifier | modifier le code]