Saint-Gobain

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Compagnie de Saint-Gobain
logo de Compagnie de Saint-Gobain

Logo officiel du Groupe Saint-Gobain

Création 1665
Dates clés 1971 : Fusion avec Pont-à-Mousson
1996 : Rachat du groupe Point P
Fondateurs Colbert
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : SGO
Slogan Saint-Gobain construit votre futur & the future of glass since 1665
Siège social Drapeau de France Courbevoie (France)
Direction Pierre-André de Chalendar, PDG
Actionnaires Wendel : 11,7 %
Actionnaires salariés : 7,5 %
Caisse des dépôts et consignations : 2,3 %
Autodétention : 0,6 %
Activité Producteur, transformateur et distributeur de matériaux de construction
Filiales Saint-Gobain Glass, Saint-Gobain Sekurit, Norton, Saint-Gobain SEFPRO (en), British Gypsum, CertainTeed, Ecophon, Eurocoustic, Gyproc, Isover, Saint-Gobain PAM, Placoplatre, Rigips, Weber, Groupe Lapeyre, La Plateforme du Bâtiment, Point P, Saint-Gobain Emballage, Solcera
Effectif 186 004 (en déc. 2013)
Site web Site officiel
Capitalisation 22,67 mds d'€ (23 avril 2015)
Fonds propres 17,870 milliards d'€ (2013)
Dette 11,912 milliards d'€ (2013)
Chiffre d’affaires 42,025 milliards d'€ (2013)
en diminution 2,7%
Résultat net 0,595 milliard d'€ (2013)

Saint-Gobain est une entreprise française spécialisée dans la production, la transformation et distribution de matériaux.

Fondée en 1665 par Jean-Baptiste Colbert (16191683) sous le nom de Manufacture royale des glaces, l'entreprise est présente dans soixante-six pays et emploie près de 185 400 personnes en 2014.

Historique[modifier | modifier le code]

De Louis XIV à l'après-guerre[modifier | modifier le code]

La Manufacture royale de glaces de miroirs est créée en 1665 sous le règne de Louis XIV par son ministre des finances Jean-Baptiste Colbert, afin de donner à la France une dépendance moindre aux productions de verre vénitiennes.

Entre 1678 et 1684, la compagnie participe à la construction de la galerie des Glaces du château de Versailles. En 1693, elle s'établit en Picardie à Saint-Gobain (aujourd'hui dans le département de l'Aisne), sur le site de l'ancien château médiéval. Cette implantation est motivée par le besoin de conserver le secret industriel, mais plus encore par les besoins en bois de chauffe. En effet, dans les années 1770, la glacerie est l'établissement industriel qui consomme le plus de bois en France (près de 30 000 stères par an). Ces besoins considérables conduisent à un véritable façonnement des paysages forestiers, gérés presque exclusivement pour répondre à la demande industrielle[1].

La Manufacture passera la révolution industrielle en se dotant d'une fabrique de soude artificielle en 1806. Elle change de statut en 1830, pour devenir une société anonyme. En 1848, elle fusionne avec les verreries de Saint-Quirin, de la famille d'Eugène Chevandier de Valdrome[2]. En 1866, la Société des Manufactures des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey acquiert la fabrique d’acide sulfurique de John Frédéric Boyd située rue du Landy à Aubervilliers.

En 1913, c'est, avec Schneider, l'une des deux entreprises industrielles figurant au palmarès des vingt premières capitalisations françaises[3]. En 1936, Saint-Gobain devient la huitième capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse.

Années 1960 à 2000[modifier | modifier le code]

Le siège social du groupe à Courbevoie.

Malgré un chiffre d'affaires toujours favorable, les années 1960 sont difficiles pour Saint-Gobain, du fait des marges bénéficiaires qui s'affaiblissent, du taux d'endettement qui s'accroît, de l'actionnariat qui devient dispersé et d'une chute du cours de l'action de 86% entre 1960 et 1967[4].

C'est dans ce contexte qu'en décembre 1968 Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN) lance sur l'entreprise une OPA, qui échoue[5], la laissant exsangue et à court de disponibilités. La société Pont-à-Mousson SA compte, à ce moment-là, d'importantes disponibilités et une prestance dans le secteur de la sidérurgie (leader mondial du tuyau en fonte), qui lui confèrent le poids rendant possible une fusion avec Saint-Gobain. Celle-ci se prépare durant toute l'année 1969 et sera effective en juin 1970[6]. Cette fusion, fortement encouragée par le gouvernement de Georges Pompidou[réf. souhaitée], donne naissance à un groupe d'envergure mondiale. Si, au départ, Pont-à-Mousson avait plus de poids dans le groupe — c'est le PDG de Pont-à-Mousson qui dirigea Saint-Gobain durant les 10 premières années après la fusion et la réforma de fond en comble[7] — la situation s'est inversée depuis et Saint-Gobain PAM (nouveau nom de la filiale Pont-à-Mousson) n'est plus qu'une filiale entre d'innombrables autres du groupe Saint-Gobain. Le seul signe encore apparent de la fusion est la présence du pont, symbole de Pont-à-Mousson, dans son logo[8].

Le groupe est nationalisé en 1982[9] par l’Union de la gauche. Il est à nouveau privatisé en 1986.

À partir des années 2000[modifier | modifier le code]

A la mi-2014, Saint-Gobain vend les activités en Amérique du Nord de Verallia pour 1,5 milliard d'euros à Ardagh[10].

Panneau de protestation contre la vente de la verrerie de Vauxrot à Cuffies (Verallia), en juin 2015.

En juin 2014, Saint-Gobain annonce l'acquisition de Phoenix Coating Resources, qui fabrique de la céramique pour l'aéronautique, qu'elle intégrera à sa division Matériaux Céramiques[11]. Cette acquisition permet au groupe de se renforcer dans l'aéronautique, et de devenir fournisseur du moteur LEAP de CFM International[12].

Le , l'entreprise annonce la prise de contrôle du suisse Sika (leader des produits chimiques destinés à la construction) grâce à l'achat d'un holding détenant 16,1 % du capital et 52,4 % des droits de vote de l'industriel[13].

En juin 2015, Saint-Gobain annonce la vente de sa filiale Verallia, qui fabrique du verre et du plastique, au fond d'investissement Apollo Global Management pour 2,95 milliards d'euros[14],[10]. En juillet 2015, Saint-Gobain acquiert le 49 % qu'il ne détenait pas dans Cipta Mortar Utama, entreprise indonésienne de petit taille spécialisée dans les mortiers[15].

Au cours de l’année 2015, l’entreprise organise pour ses 350 ans un tour du monde anniversaire. Une exposition éphémère appelée « Sensations futures » est organisée dans quatre grandes villes : Shanghai, Sao Paulo, Philadelphie et Place de la Concorde à Paris[16].

Conformément à l’annonce faite le 8 juin 2015, Saint-Gobain a cédé le 29 octobre 2015, Verallia à des fonds gérés par des filiales d’Apollo Global Management et BPI France, qui en détiennent à présent respectivement 90 % et 10 % du capital[17].

Domaines d'activité et produits[modifier | modifier le code]

Les différents sites de production Saint-Gobain dans le monde.

En 2014, les métiers de Saint-Gobain sont organisés en trois pôles (chiffres retraités hors Verallia)[18] :

Le chiffre d'affaires par zones se ventile entre la France (27 %), les autres pays d'Europe occidentale (42 %), l'Amérique du Nord (12 %) et les pays émergents plus l'Asie (19 %)[19].

Pour développer ses performances, le groupe déploie la démarche World Class Manufacturing[Quoi ?] depuis 2005.

Quelques exemples de produits (Source : www.saint-gobain.com)[20] :

  • Vitrage automobile, via sa filiale Saint-Gobain Sekurit (feuilleté et trempé) ;
  • Vitrage bâtiment, via sa filiale Saint-Gobain Glass ;
  • Isolation, via sa filiale Isover (laine de verre et de roche, mousse de polystyrène) ;
  • Laine et mousse de cultures pour le jardinage, via sa filiale Cultilène ;
  • Plaques de plâtre, via sa filiale Placo en France, Gyproc en Angleterre et Scandinavie, Rigips en Allemagne ;
  • Distribution de matériaux, via ses filiales Point P, La Plateforme du Bâtiment et Lapeyre en France, Jewson (en) en Angleterre, Raab Karcher (de) en Allemagne, Dahl en Scandinavie ;
  • Produits pour la construction, dont les canalisations via la société Saint-Gobain PAM (canalisations en fonte ductile) et les mortiers industriels avec Weber (mortiers, colles à carrelage et enduits de façade) et Maxit, acquis en 2008 ;
  • Le pôle Matériaux Haute Performance est spécialisé dans les domaines : céramiques (SEPR), plastiques (SGPPL), cristaux (Saint Gobain Quartz), abrasifs (société Norton Abrasives (en) aux États-Unis).

Au titre des réalisations de l'entreprise, on peut notamment citer la pyramide du Louvre, l’aménagement du lycée Henri-IV[21] ou le Grand Canyon Skywalk (une attraction touristique au-dessus du Colorado au-dessus du Grand Canyon)[22].

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Eugène Chevandier de Valdrome, artisan en 1865 de la transformation de Saint-Gobain en véritable groupe industriel.

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros[23],[24]
Années 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Chiffre d'affaires 28 815 30 390 30 274 29 590 32 025 35 110 41 596 43 421 43 800 37 786 40 119 42 116 43 198 43 025 41 054
Résultat d'exploitation 2 693 2 681 2 582 2 442 2 632 2 860 3 714 4 108 3 649 2 216 3 117 3 441 2 881 2 764 2 797
Résultat net part du groupe 1 642 1 174 1 074 1 065 1 120 1 294 1 682 1 543 1 378 202 1 129 1 284 766 595 953
Effectifs 171 125 173 329 172 357 172 811 181 228 199 630 206 940 205 730 209 175 191 500 189 193 194 658 192 781 186 004 181 742

Données boursières[modifier | modifier le code]

  • Actions cotées à la Bourse de Paris
  • Membre de l'indice CAC 40
  • Code Valeur ISIN = FR0000125007
  • Valeur nominale = euro
  • Cotations : Bourses de Londres, Francfort, Zürich, Amsterdam et Bruxelles
  • Indices : DJ Stoxx 50, Développement durable d'Aspi Eurozone, FTSE4Good, the Global Dow[réf. souhaitée]
  • Actionnaires principaux :
  1. Wendel 16,2 %
  2. Fonds du plan d'épargne 7,5 %
  3. Caisse des dépôts et consignations française 2,3 %
  4. Autodétention 0,6 %

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

Le groupe possède quatre centres de recherche et développement transversaux et quatorze centres de recherche et une centaine d'unités de développement dans le monde, regroupant 3 500 chercheurs. L'entreprise a mis en place un réseau de collaborations universitaires avec l'université Harvard, l'université d'État de Moscou, l'École polytechnique, l'ESPCI ParisTech et l’Institut indien de technologie de Madras (en).

En 2015, et pour la 5e année consécutive, Saint-Gobain dans le classement des 100 organisations les plus innovantes dans le monde établi par Thomson Reuters. Le palmarès s'appuie sur le volume de brevets, le nombre de brevets acceptés comparé au volume déposé, leur portée internationale et leur notoriété[25].

Condamnations[modifier | modifier le code]

Le , Saint-Gobain est condamné par la Commission européenne à payer une amende de 896 millions d'euros pour entente illégale sur les prix du verre pour l'industrie automobile (de 1998 à 2003) avec trois de ses concurrents, en violation des règles de concurrence des traités européens[26]. Son amende est majorée de 60 % pour récidive, car elle avait déjà été condamnée à deux reprises par la Commission, en 1984 et en 1988[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Buridant, Les espaces forestiers laonnois (début XVIIe-début XIXe siècle). Hommes, environnement et paysages à l'époque pré-industrielle, Université de Paris IV-Sorbonne : thèse de 3e cycle, 1999 ; Jérôme Buridant, Espaces forestiers et industrie verrière, XVIIe-XIXe siècle, Paris : L'Harmattan, 2005.
  2. Hamon Maurice et Mathieu Caroline, Saint-Gobain : 1665 – 1937, une entreprise devant l'histoire, Fayard, Musée d'Orsay,‎ .
  3. Le marché boursier et le financement des entreprises françaises (1890-1939), Thèse de doctorat de Pierre-Cyrille Hautcœur, sous la direction de Christian de Boissieu (1994), page 50 [1]
  4. Hamon, 2012, p.169
  5. Daviet, pp. 269-280
  6. Hamon, 2012, p.170
  7. Daviet, pp. 282-292
  8. de Laubier, pp. 198-201
  9. Voir l'article : Loi de nationalisation du 13 février 1982.
  10. a et b « Saint-Gobain accélère son recentrage sur l’habitat avec la vente de Verallia », Manuel Moragues, L'Usine nouvelle, 8 juin 2015.
  11. [PDF] Communiqué de presse du groupe Saint-Gobain.
  12. L'Usine nouvelle no 33831 du 26 juin 2014, page 9.
  13. « Saint-Gobain prend le contrôle de Sika », le Monde, 8 décembre 2014.
  14. « Saint-Gobain vend ses bouteilles au fonds Apollo », Bertille Bayart, Le Figaro.fr, 7 juin 2015.
  15. Saint-Gobain s'enracine en Indonésie, Le Figaro, 28 juillet 2015
  16. Manuel Moragues, Saint-Gobain installe quatre pavillons futuristes place de la Concorde pour célébrer ses 350 ans L’Usine Nouvelle, 14 octobre 2015
  17. Communiqué de presse : Finalisation de la cession de Verallia, 29 octobre 2015, sur le site officiel de Saint-Gobain
  18. Chiffres par pôles, sur le site de Saint-Gobain.
  19. Plaquette 2015, sur le site de Saint-Gobain.
  20. Liste des entreprises du groupe, site officiel du groupe Saint-Gobain saint-gobain.com.
  21. « http://www.placo.fr/Solutions-Prescription/Chantiers-de-reference » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) chantiers de référence, sur le site placo.fr.
  22. « http://befr.saint-gobain-glass.com/b2c/default.asp?nav1=act&id=13426 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) « Saint-Gobain Glass crée le Skywalk au-dessus du Grand Canyon », Saint-Gobain, mai 2007. Consulté le 15 novembre 2008.
  23. OpesC
  24. Document de Référence sur l'Exercice 2014
  25. (en) Saint-Gobain | Top 100 Thomson Reuters - State of Innovation, anglais : Top 100 Global Innovators, sur le site de Thomson Reuters.
  26. « Bruxelles inflige une amende record à Saint-Gobain », le Figaro, 13 novembre 2008.
  27. Communiqué de la Commission européenne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Daviet, Une multinationale à la française: Saint-Gobain 1665-1989, Éditions Fayard, 1989.
  • (en) Maurice Hamon, From Sun to Earth, 1665-1999: a history of Saint-Gobain, Éditions Jean-Claude Lattès, 1999.
  • Maurice Hamon et Caroline Mathieu, Saint-Gobain : 1665 – 1937, une entreprise devant l'histoire, Fayard, Musée d'Orsay, 2006.
  • Maurice Hamon, Du Soleil à la Terre: Une histoire de Saint-Gobain, Éditions Jean-Claude Lattès, 2012.
  • Marie de Laubier, Saint-Gobain 1665-2015: Le passé du futur, Éditions Albin Michel, 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]