Georges-Marc Benamou

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Georges-Marc Benamou
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Georges-Marc Benamou, né le 30 mars 1957 à Saïda, est un producteur de cinéma et un journaliste français.

Journaliste proche de la gauche, il publie Le Dernier Mitterrand tiré de ses conversations avec le président de la République à l'époque de l'écriture des Mémoires interrompus. Il a ensuite été conseiller à la culture et l'audiovisuel à l'Élysée auprès de Nicolas Sarkozy du 16 mai 2007[1] au 19 mars 2008[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts journalistiques[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille juive d'Algérie[3], installée à Nice après les accords d'Évian[4], il obtient une maîtrise de droit et un certificat d'aptitude à la profession d'avocat, et commence sa carrière de journaliste à La Provence.

Il s'installe à Paris et écrit dans les colonnes du Quotidien de Paris (Groupe Quotidien), dirigé par Philippe Tesson à partir de 1980. Il devient ensuite grand reporter au magazine Les Nouvelles Littéraires, puis dans le groupe Hachette Filipacchi de 1983 à 1985.

En 1984, il partage les idées de l'association de lutte contre les discriminations raciales SOS Racisme. Il a ensuite un positionnement idéologique différent en 1991, car il est favorable à la guerre du Golfe[5].

Le 15 février 1985, il surgit sur le plateau de l'émission Apostrophes de Bernard Pivot, qui vient de se terminer, pour frapper d'un coup de poing l'écrivain Marc-Edouard Nabe à cause de sa prestation qu'il juge raciste. L'épisode fait couler beaucoup d'encre et lance la carrière des deux protagonistes[6].

Globe et Globe-Hebdo[modifier | modifier le code]

Aidé par Pierre Bergé, PDG d'Yves Saint Laurent, proche de François Mitterrand et mécène, et de Bernard-Henri Levy, il fonde, en novembre 1985, le magazine mensuel Globe, un journal de gauche, intellectuel, pro-mitterrandien et antiraciste[4]. Selon ses partisans, il donnait la parole aux intellectuels qui essayaient de percer, à travers les événements, les personnalités et les faits de société nationaux et internationaux, les secrets de l'époque, celle des « Années tournantes », selon le titre de l'ouvrage qui a rassemblé aux éditions du Seuil en 1992 « le meilleur du Mensuel 1985-1992 ». Y écrivent des personnalités aussi diverses que : Bernard-Henri Lévy, Pierre Bergé, Marek Halter, Daniel Sibony, Gérard Miller, Frédéric Mitterrand, Jean-Paul Mulot, Philippe Sollers, Dan Franck, Laurent Dispot, Nicolas Bourriaud, Alexandre Adler, Edgar Morin, Guy Konopnicki, Philippe Muray, Jacques Laurent, Bernard Frank, Olivier Weber, Gabriel Matzneff, Cyril Collard, Jean-Marc Roberts, Frédéric Ferney, Alain Minc, Mgr Decourtray, etc.

En 1992, le mensuel s'interrompt quelques mois pour se transformer, en février 1993, en un hebdomadaire de grand format, dont le premier rédacteur en chef est Jacques Bouzerand, qui vient du Point. De nombreux collaborateurs du mensuel participent à l'hebdomadaire, comme Gérard Miller ou Benoît Rayski auxquels se joint une équipe de jeunes journalistes comme Olivier Wicker, Olivier Toscer, Jean-Charles Lajouanie, etc. Globe Hebdo innove dans la forme en utilisant à pleine page l'infographie et la cartographie ; en publiant des textes d'écrivains comme Edgar Morin ou Marguerite Duras, et des cahiers de photographies de photographes comme Marc Riboud et Delgado, des synopsis et des textes de films,. Mais un an et demi après sa création, en juillet 1994, l'hebdomadaire, faute de recettes publicitaires suffisantes, cesse sa publication.

Dans l'ombre de Mitterrand[modifier | modifier le code]

Pendant toutes ces années, par l'entremise de Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou rencontre souvent le président de la République François Mitterrand qui s'est pris d'affection pour lui.

À la suite des manifestations contre le CIP en 1994, il aide Nicolas Sarkozy, ministre du Budget, puis directeur de campagne d'Édouard Balladur, à rencontrer les responsables de SOS Racisme et les syndicats étudiants[4]. En 1995, il est conseiller à la direction de l'information de France 2, avant d'être nommé par Jean-Luc Lagardère, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire L'Événement du jeudi en 1997, qu'il rebaptise L'Événement et quitte en 1999 sur un échec[4].

En 1997, il publie la chronique des ultimes mois de François Mitterrand, intitulée Le Dernier Mitterrand. Sa description du président lors de son dernier réveillon à Latche, dégustant avec ses proches des ortolans - une espèce protégée - fait scandale, Pierre Bergé dénonçant « un mensonge honteux » car « Mitterrand était si mal qu'il n'a pas pu se mettre à table et les ortolans avaient été servis l'année d'avant », l'auteur n'y voyant qu'« un caprice de la mémoire ». Ce livre le brouille avec les proches de l'ancien président, à l'exception de Jack Lang[4]. Depuis la sortie de Dites-leur que je ne suis pas le diable (Plon, 2016), on a la confirmation que l'histoire narrée par Benamou était bien vraie. En 2005, il coécrit l'adaptation cinématographique de son roman en collaboration avec Gilles Taurand, mise en scène par Robert Guédiguian sous le titre Le Promeneur du Champ-de-Mars.

Dans les années 2000, il est éditorialiste à Nice-Matin, à La Provence et à Europe 1. Il crée également une société de production pour la télévision, Siècle production.

Aux côtés de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Membre de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007, Georges-Marc Benamou est nommé le 18 mai 2007 conseiller pour la culture et l'audiovisuel auprès du nouveau président. Il interrompt alors sa collaboration avec les médias[4],[7]. L'autre conseil culturel est Éric Garandeau, qui au moment de son renvoi de l'Élysée reprendra ses dossiers, notamment ceux sur l'audiovisuel public.

À ce nouveau poste, il fait face à de nombreuses critiques, à la fois craint pour son pouvoir égal, voire supérieur, à celui du ministre de la Culture et de la communication, et détesté pour son aspect jugé par certains opportuniste et courtisan[8]. Intime de Nicolas Sarkozy, il organise pour lui des rencontres avec les intellectuels, et travaille sur les dossiers culturels et audiovisuels, au détriment parfois de Christine Albanel, « locataire » de la rue de Valois[8], et au prix de plusieurs inimitiés[9]. Parmi les chantiers qu'il met en œuvre on note un sommet de 14 grands architectes (Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Zaha Hadid) travaillant sur le projet du Grand Paris, la création de l'Hadopi et la mise en place de l'Audiovisuel extérieur de la France[10].

Le départ de l'Elysée et l'affaire de la Villa Médicis[modifier | modifier le code]

Lors du remaniement de l'équipe présidentielle au lendemain des élections municipales, le 17 mars 2008[1], il quitte donc l'Élysée, et est annoncé pour septembre 2008 à la direction de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis[11], poste qu'il affirme avoir d'abord refusé[10]. Mais ce projet de nomination du conseiller du Président, face à de nombreux prétendants, suscite des jalousies et des controverses[12]. Une pétition réunissant une trentaine d'artistes ou d'intellectuels, dont certains soutiens de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007, est publiée dans Le Monde du 22 mars 2008[13]. Il est reproché le manque de compétence de Benamou, et le « fait du prince » engagé sans consultation du ministre de la Culture, qui a la tutelle de la Villa Médicis. Candidat favori à ce même poste, Olivier Poivre d'Arvor, directeur de CulturesFrance, avait fait connaître par une lettre ouverte sa déception de ne pas avoir été désigné[14].

Devant cette multiplication de remarques et de critiques, l'Élysée décide le 27 mars de reporter la décision et de soumettre à un comité spécialisé la question de la nomination du successeur de Richard Peduzzi, alors directeur de la Villa[15], tandis que le principal intéressé dénonce « une cabale d'intellectuels mondains » à cause de « [s]on soutien à Nicolas Sarkozy »[16]. Au bout de la procédure, Frédéric Mitterrand est nommé en juin 2008 directeur de l'Académie de France à Rome.

Dans sa chronique publiée dans le journal Le Monde du 1er avril 2008[17], Dominique Dhombres résume à sa façon cette affaire de la Villa Médicis et les raisons de la disgrâce de Georges-Marc Benamou : « Par son incompétence et son arrogance, le conseiller a rendu encore plus compliqué le dossier de la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, dont il avait, à l'Élysée, le pilotage. Il a aussi déplu, et c'est une litote, aux amis artistes, souvent de gauche, de l'épouse du président de la République. Et il a offensé le frère de qui vous savez. Cela fait beaucoup pour un seul homme ».

En octobre 2014, Georges-Marc Benamou publie chez Fayard Comédie française. Choses vues au cœur du pouvoir[10] qui se présente comme le récit de son année passée à l’Elysée comme conseiller du Président de la République française.

Producteur de cinéma[modifier | modifier le code]

Georges-Marc Benamou est ensuite gérant de la société Siècle Productions. Il est notamment le coproducteur délégué du film Après la bataille du cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition officielle du festival de Cannes 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

  • 1989 : Je me souviens des années 80 (série pour Arte)
  • 1995 : À propos de Nice (long métrage)
  • 2003 : L'OAS, une histoire interdite

Scénariste[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arrêté du 16 mai 2007 portant nomination à la Présidence de la République (lire en ligne)
  2. Arrêté du 19 mars 2008 portant nomination à la présidence de la République (lire en ligne)
  3. Joseph Tolédano, Les juifs maghrébins, Brepols, 1989, p. 283.
  4. a, b, c, d, e et f Raphaelle Bacqué, « Georges-Marc Benamou, l'ombre des puissants », Le Monde, 22 novembre 2007.
  5. Georges-Marc Benamou, l'ombre des puissants
  6. [1]
  7. Marianne: 10 Décembre 2007: Benamou, un conseiller au grand cœur
  8. a et b Anne Fulda, Benamou, le libéral-libertaire de Sarkozy, Le Figaro, 14 février 2008.
  9. Grégoire Poussielgue, « Georges-Marc Benamou quitte l'Élysée pour la Villa Medicis », LesÉchos.fr, 17 mars 2008.
  10. a, b et c Georges-Marc Benamou, Comédie française. Choses vues au cœur du pouvoir, Fayard, 2014.
  11. « Après la déroute de l'UMP, Nicolas Sarkozy remanie sa communication », Le Monde, 17 mars 2008.
  12. Amédée Sonpipet, « Foire d’empoigne pour la Villa Médicis », bakchich.info, 26 mars 2007.
  13. « La Villa Médicis, victime du fait du prince », Le Monde, 22 mars 2008.
  14. « Poivre d'Arvor : Benamou m'a tué », BiblioObs, 18 mars 2008.
  15. Raphaëlle Bacqué, « L'Élysée renonce à nommer Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis », Le Monde, 29 mars 2008.
  16. « Georges-Marc Benamou dénonce une cabale », interview à LePoint.fr, 28 mars 2008.
  17. Dominique Dhombres, « Le conseiller odieux visuel et la villa », Le Monde,‎ (lire en ligne)