Préfet de Paris

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Le préfet de Paris, anciennement préfet de la Seine, est le préfet du département de la Seine, puis du département de Paris, lorsque celui-ci a été créé en 1968 par la réorganisation de la région parisienne. Depuis la création de la région Île-de-France en 1977, il est simultanément préfet de région. Il ne doit pas être confondu avec le préfet de police, responsable de la préfecture de police de Paris. Le caractère stratégique exceptionnel de Paris, principale ville du pays, capitale politique, capitale économique, visage que la France souhaite montrer au monde, a toujours justifié l'instauration de relations administratives particulières avec l'État central. Contrairement à certains préfets de région, il n'est pas préfet de la zone de défense civile d’Île de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1790, l'Assemblée constituante crée les départements, dont le département de la Seine, et les communes, dont celle de Paris, moins étendue qu'actuellement. Département et communes sont dirigées par des instances élues jusqu'en 1800, année où Napoléon Ier crée la fonction de préfet, représentant de l'État dans le département, et réduit à peu de chose l'autonomie des communes (les maires des grandes villes sont nommés par le gouvernement) ; dans le cas de Paris, la fonction de maire est supprimée (jusqu'en 1977, à l'exception des deux intermèdes de 1848 et de 1870-1871)[réf. souhaitée].

La période de la préfecture de la Seine[modifier | modifier le code]

Le baron Haussmann, vers 1860

L'État administre donc directement la ville de Paris. Outre l'importance stratégique de Paris, Haussmann estimait dans ses Mémoires[1] que, dans une ville où tant d'habitants viennent des régions les plus variées, la diversité sociologique et la mobilité géographique empêchaient la formation d'un véritable esprit commun sans lequel l'élection d'un conseil municipal n'avait guère de sens. Mais on peut penser que c'est surtout la peur de la révolution qui motive cette mise sous tutelle de la capitale : le pouvoir central redoute en effet un pouvoir municipal trop fort, qui, en période insurrectionnelle, et quel que soit le nom qu'il se donne, risque d'échapper à son autorité. L'épisode de la Commune de Paris en 1871 ne pouvait que confirmer ces craintes.

Paris se trouve en fait sous l'autorité des représentants de l'État : le préfet du département de la Seine jusqu'en 1968 (puis préfet du département de Paris), d'une part, le préfet de police d'autre part, la police parisienne étant sous l'autorité de l'État depuis le règne de Louis XIV. Il existe aussi un conseil de département, et à partir de 1834, un conseil municipal, mais ce n'est que sous la IIIe République que ces conseils élus commencent à constituer un contre-pouvoir effectif face à celui du préfet de la Seine.

Les grands préfets de la Seine (1800-1870)[modifier | modifier le code]

Quatre préfets de la Seine ont marqué la période de 1800 à 1870 : Frochot dirige les percements de voie de Napoléon Ier, Chabrol contrôle les grandes opérations de lotissement de la Restauration (par exemple le lotissement Hagerman et Mignon, actuel quartier de l'Europe), Rambuteau perce la première grande voie nouvelle du centre de Paris (l'actuelle rue Rambuteau), et surtout le Baron Haussmann, sous Napoléon III, impose dans une ville presque médiévale la voirie et les équipements d'une ville d'avant-garde.

La période de la préfecture de Paris et de l'Île-de-France[modifier | modifier le code]

En 1964, la région parisienne connaît une réorganisation administrative : les départements de la Seine et de Seine-et-Oise sont scindés en sept départements (le département de Paris a un territoire qui correspond à celui de la commune), regroupés, avec la Seine-et-Marne, dans un ensemble administratif, d'abord désigné comme « région parisienne », avant de devenir « région Île-de-France » en 1977[réf. souhaitée].

Une autre réforme essentielle a lieu en 1977, le rétablissement de la mairie de Paris[réf. souhaitée].

Avant le rétablissement de la mairie de Paris[modifier | modifier le code]

Préfecture de Paris, boulevard Morland, 4e arrondissement (Albert Laprade architecte) jusqu’en septembre 2011

À partir de 1966, il y a un préfet de la région parisienne, distinct du préfet de Paris. Il s'agit d'abord de Paul Delouvrier, auparavant délégué général au district de la région de Paris (depuis 1961) : il publie à ce titre le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région de Paris (SDAURP), ancêtre du SDRIF. Il dirige la modernisation de Paris et la construction des villes nouvelles.

Un arrêté du précise que le préfet de la région parisienne porte la tenue des préfets, mais que la visière de sa casquette est ornée sur toute la longueur de son arc d'une guirlande de feuilles de chêne.

Depuis le rétablissement de la mairie de Paris (1977)[modifier | modifier le code]

En 1977, Paris retrouve un maire élu, représentant de plein exercice, chef de l'exécutif municipal. En outre, comme Paris est tout à la fois une ville et un département, le maire de Paris remplit aussi les fonctions de président du conseil départemental (appelé conseil général avant 2015). Les représentants de l'État continuent toutefois à exercer une partie des pouvoirs qui relèvent ailleurs de la mairie ou du conseil départemental[Lesquels ?] [réf. souhaitée]. La présence même des services de l'État soustrait des portions de territoire au contrôle de la ville : ainsi le quartier des ministères du 7e arrondissement, classé en opération d'intérêt national, relève directement de l'État pour les questions d'urbanisme[réf. souhaitée].

Parallèlement, depuis 1977, la fonction de préfet de Paris inclut celle de préfet de la région Île-de-France.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le préfet de Paris exerce des compétences comparables à celles des autres préfets de département. Il possède en plus la maîtrise de la direction départementale de l'équipement, gère la politique du logement et assure le maintien des règles d'urbanisme et de protection des sites[2].

Il dispose, en tant que préfet d’Île-de-France, des mêmes compétences que les autres préfets de région sur le territoire dont il a la charge. Il a toutefois des pouvoirs supplémentaires en matière d'urbanisme et de gestion des ressources en eau[2],[3]. Il participe aussi à l'élaboration du schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF).

En 1871, après la Commune, le Sénat restant à Versailles (jusqu'en 1879), la préfecture est installée au Petit Luxembourg et dispose de locaux au 36, rue de Vaugirard[4].

Depuis , l'hôtel de préfecture de Paris se trouve dans le 15e arrondissement (5, rue Leblanc) ; elle était auparavant dans le 4e arrondissement (boulevard Morland).

Liste[modifier | modifier le code]

Cette section recense, par ordre chronologique, les hauts fonctionnaires qui ont occupé le poste de préfet de Paris, depuis la réorganisation de la région parisienne qui a fait de la ville de Paris un département à compter du .

Depuis la création de l'Île-de-France en 1977, ils sont également préfets de cette région.

Préfet Décret de nomination
Maurice Doublet [a]
Marcel Diebolt [b]
Jean Verdier [c]
Jean Taulelle (d) [d]
Lucien Lanier [e]
Lucien Vochel [f]
Olivier Philip [g]
Christian Sautter [h]
Jean-Claude Aurousseau [i]
Joël Thoraval (d) [j]
Jean-Pierre Duport [k]
Bertrand Landrieu [l]
Pierre Mutz [m]
Daniel Canepa [n]
Jean Daubigny [o]
Jean-François Carenco [p]
Michel Delpuech [q]
Patrick Strzoda (n'a pas pris ses fonctions)[N 1] [r]
Michel Cadot [s]
Marc Guillaume [t]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Strzoda est nommé préfet de Paris à compter du par décret du , mais nommé directeur de cabinet du président de la République par arrêté du avec une prise de fonction le , il n'a pas pris ses fonctions de préfet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Baron Haussmann, Mémoires, édition préparée par Françoise Choay, 2000.
  2. a et b « Le préfet et son rôle | La préfecture et les services de l'État en région Île-de-France », sur www.prefectures-regions.gouv.fr (consulté le 17 avril 2019)
  3. Sauf pour les ressources exceptionnelles, en cas de risque sanitaire majeur, dévolues à la défense civile.
  4. Cf site : Histoire du Sénat

Décrets de nomination au Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :

  1. Décret du , JORF no 192 du , p. 7323.
  2. Décret du , JORF no 30 du , p. 1315.
  3. Décret du , JORF no 257 du , p. 10861.
  4. Décret du , JORF no 281 du , p. 11996.
  5. Décret du , JORF no 67 du , p. 1520.
  6. Décret du , JORF no 167 du , p. 2003.
  7. Décret du , JORF no 196 du , p. 2717.
  8. Décret du , JORF no 285 du , p. 15080, NOR INTX9010391D.
  9. Décret du , JORF no 146 du , p. 9104, NOR INTX9300465D.
  10. Décret du , JORF no 207 du , p. 12938, NOR INTX9400387D.
  11. Décret du , JORF no 148 du , p. 9929, NOR INTA9810047D.
  12. Décret du , JORF no 162 du , p. 12053, texte no 55, NOR INTA0210063D.
  13. Décret du , JORF no 121 du , texte no 30, NOR IOCA0754870D.
  14. Décret du , JORF no 237 du , texte no 63, NOR IOCA0820214D.
  15. Décret du , JORF no 297 du , texte no 123, NOR INTA1234449D.
  16. Décret du , JORF no 55 du , texte no 76, NOR INTA1503273D.
  17. Décret du , JORF no 41 du , texte no 70, NOR INTA1703765D.
  18. Décret du , JORF no 100 du , texte no 116, NOR INTA1712511D.
  19. Décret , JORF no 139 du , texte no 45, NOR INTA1717131D.
  20. Décret du , JORF no 179 du , texte no 66, NOR INTA2002735D.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]