Jean Guéhenno

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Jean Guéhenno
Jean Guehenno plaque - 35-37 rue Pierre Nicole, Paris 5.jpg
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Jean Guéhenno, selon l'état civil Marcel-Jules-Marie Guéhenno, né le à Fougères (Ille-et-Vilaine) et mort le à Paris, est un écrivain et critique littéraire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Guéhenno a raconté son enfance pauvre dans son livre Changer la vie : fils d’un cordonnier d'une petite ville industrielle de Bretagne, il est contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme employé dans une usine de galoches, mais continue à étudier seul, après ses journées de travail. Il réussit à obtenir le baccalauréat. L'historien et membre de l'Association « Les Amis de Jean Guéhenno », Florent Le Bot, en fait l'une de ses sources pour son histoire industrielle de la chaussure en France[1].

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale comme officier d’infanterie, Jean Guéhenno réussit ensuite le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Reçu en 1920[2] à l’agrégation de Lettres. Il est nommé professeur de khâgne au Lycée Lakanal, et par la suite aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand. Il achève sa carrière dans l’Éducation nationale comme inspecteur général.

Jean Guéhenno se consacre par ailleurs à la critique littéraire, notamment à une étude approfondie de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, à qui il consacre les livres suivants : Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit (1952) et Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962). Il est l'auteur de nombreux autres ouvrages, dans lesquels il propose un humanisme original, notamment L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928), La Foi difficile (1957) et Caliban et Prospero (1969).

C’est à cet humanisme que ressortit l’engagement politique de Jean Guéhenno entre les deux guerres. En 1927, il signe avec Alain, Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine, notamment, la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, loi qui abroge, selon les signataires, toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion[3]. Cette pétition paraît dans le numéro du 15 avril 1927 de la revue Europe, dont Guéhenno devient le directeur de publication en 1929. Il assure cette fonction jusqu'en mai 1936. En 1935, il fonde l’hebdomadaire Vendredi.

Il participe en 1930 au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. Il arrête de publier sous l'Occupation, mis à part quelques écrits clandestins sous le pseudonyme de Cévennes.

Il collabore au Figaro à partir de 1945 et épouse Annie Guéhenno en 1946[4].

Une partie de son œuvre est autobiographique : Journal d'un homme de 40 ans (1934), Journal des années noires, 1940-1944 (1947), Carnets du vieil écrivain (1971).

En 1944, le gouvernement provisoire de la France le charge d’organiser la Direction de la Culture populaire et des Mouvements de Jeunesse. Reprenant les idées forgées dans la clandestinité, il met en place avec Christiane Faure les premiers instructeurs d'animateurs de jeunesse[5] . Avec André Philip et des responsables clandestins d'associations de jeunesse, de partis et de syndicats, il crée la république des jeunes[6]. Cette association réfléchit à la transformation des maisons des jeunes du régime de Vichy en Maison de la Jeunsse et de la Culture (MJC) affiliées aux mouvements d'Éducation populaire. En 1948, suite à la fusion de la Direction de la Culture populaire et des Mouvements de Jeunesse avec la Direction de l'Éducation Physique et des Activités Sportives, Jean Guéhenno démissionne de son poste.

Paris, 35-37 rue Pierre Nicole. Plaque au domicile de Jean Guéhenno.

Jean Guéhenno fut élu à l’Académie française le , par 15 voix au fauteuil d’Émile Henriot. Il fut reçu le par Jacques Chastenet (c’était la première cérémonie de réception à se tenir dans l’Académie rénovée), suscitant cet hommage de François Mauriac dans son Bloc-notes : « Quelque mal que vous pensiez de l’Académie, dans une vie exemplaire comme celle de Guéhenno, elle apporte une consécration irremplaçable. Le petit ouvrier breton qui, par la puissance de son esprit et par sa persévérance, est devenu ce maître éminent, ce haut fonctionnaire, et surtout cet écrivain, dessine sous nos yeux une image d’Épinal où la Coupole doit apparaître dans la dernière case. »

Jean Guéhenno est mort à Paris le .

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1927 : L’Évangile éternel, Étude sur Michelet (Grasset)
  • 1928 : Caliban parle (Grasset)
  • 1931 : Conversion à l’humain (Grasset)
  • 1931 : Simon Mondzain (Nouvelle Revue française)
  • 1934 : Journal d'un homme de 40 ans (Grasset)
  • 1936 : Jeunesse de la France (Grasset)
  • 1939 : Voltaire, Bernard Palissy, Renan (en collaboration) (Gallimard)
  • 1939 : Journal d’une “Révolution” 1937-1938 (Grasset)
  • 1939 : Hommage à Dabit (en collaboration) (Nouvelle Revue française)
  • 1944 : Dans la prison (sous le pseudonyme de Cévennes) (Minuit)
  • 1945 : L’Université dans la Résistance et dans la France nouvelle (Office français d’édition)
  • 1946 : La France dans le monde (La Liberté)
  • 1947 : Journal des années noires (1940-1944) (Gallimard)
  • 1948 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.I. 1712-1750 (Grasset)
  • 1949 : La part de la France (Le Mont-Blanc)
  • 1950 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.II. 1750-1758 (Grasset)
  • 1952 : Voyages : tournée américaine, tournée africaine (Gallimard)
  • 1952 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.III. 1758-1778 (Gallimard)
  • 1954 : Aventures de l’esprit (Gallimard)
  • 1954 : La France et les Noirs (Gallimard)
  • 1957 : La foi difficile (Grasset)
  • 1959 : Sur le chemin des hommes (Grasset)
  • 1961 : Changer la vie, Mon enfance et ma jeunesse (Grasset)
  • 1964 : Ce que je crois (Grasset)
  • 1968 : La mort des autres (Grasset)
  • 1969 : Caliban et Prospero (Gallimard)
  • 1971 : Carnets du vieil écrivain (Grasset)
  • 1977 : Dernières lumières, derniers plaisirs (Grasset)
Posthumes
  • Entre le passé et l'avenir, Grasset, 1978 (textes réunis par Annie Guéhenno)
  • La Jeunesse morte, Éditions Claire Paulhan, 2008 (ce roman a été écrit entre décembre 1917 et octobre 1920)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Jean Guéhenno - Louis Guilloux,Correspondance (1927-1967), "Les Paradoxes d'une amitié", La Part Commune, 2010
  • Jean Giono et Jean Guéhenno, Correspondance (1928-1969), Seghers, 1991
  • L'Indépendance de l'esprit, correspondance entre Jean Guéhenno et Romain Rolland, 1919-1944, préf. André Malraux, Albin Michel, 1975
  • Correspondance Paulhan-Guéhenno, 1926-1968, Gallimard, 2002
  • Paul Langevin et Jean Guéhenno, Fonds Jean Guéhenno, Correspondance, Correspondance de Jean Guéhenno, Correspondance, Lettres reçues, Labarthe - Larmignat

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Guéhenno, « mémorialiste » des chaussonniers . Info », sur fougeres.maville.com (consulté le 7 décembre 2017).
  2. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, (consulté le 13 mars 2015). Le répertoire indique : « Guéhenno Marcel, dit Jean ».
  3. Texte de la loi sur le site Legifrance. Elle a été votée en 1938, après plus de dix ans de débats.
  4. Claire Paulhan, « Annie Guéhenno, résistante et écrivain », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  5. « Jean Guéhenno », sur amisdeguehenno.monsite-orange.fr (consulté le 14 janvier 2018).
  6. FFMJC, « République des Jeunes », sur www.60ansdesmjc.fr, (consulté le 14 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Bourdet, Jean Guéhenno, dans: Encre sympathique, Paris, Grasset, 1966.
  • Philippe Niogret, La revue Europe et les romans de l'entre-deux-guerres, L'Harmattan, Paris 2004
  • Patrick Bachelier et Alain Gabriel Monot, Jean Guehenno, La Part Commune, 2007
  • Jeanyves Guérin, Jean-Kely Paulhan, Jean-Pierre Rioux (éds), Jean Guéhenno, guerres et paix (Actes du colloque de 2008 à Paris III), Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]