René Capitant

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René Capitant
Illustration.
René Capitant en 1944.
Fonctions
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
5e ministre de la Justice de la Ve République

(10 mois et 28 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Maurice Couve de Murville
Prédécesseur Louis Joxe
Successeur Jean-Marcel Jeanneney (par intérim)
René Pleven
Député de la 3e circonscription de Paris

(5 ans, 8 mois et 6 jours)
Élection
Réélection et
Législature IIe, IIIe et IVe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Marie Le Pen
Successeur Jean Tiberi (son suppléant)
Député de la Seine

(4 ans, 7 mois et 24 jours)
Législature 1re (IVe République)
Député du Bas-Rhin à l'Assemblée constituante

(7 mois et 20 jours)
Législature Assemblée constituante de la IVe République
Ministre de l'Éducation nationale

(1 an, 3 mois et 1 jour)
Gouvernement Charles de Gaulle I (GPRF)
Prédécesseur Abel Bonnard
Successeur Paul Giacobbi
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance La Tronche (Isère, France)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Suresnes (Hauts-de-Seine, France)
Parti politique Parti républicain syndicaliste (1928)
UDSR (1945-1951)
UNR–UD-Ve (1962-1968)
Profession Professeur de droit

René Marie Alphonse Charles Capitant, né le à La Tronche (Isère) et mort le à Suresnes (Hauts-de-Seine), fils d'Henri Capitant, est un juriste et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Fils du juriste Henri Capitant (1865-1937), il est élève au lycée Henri-IV puis à la faculté de droit de Paris, où il obtient un doctorat et réussit l'agrégation de droit public.

Il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. Dans les années 1930, il milite au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la suite de l'appel du 18 Juin, il contribue à la création du mouvement de résistance Combat à Clermont-Ferrand. Il devient professeur de droit à l'université d'Alger en 1941. Par ailleurs membre du réseau de résistance Alliance, il incarne à Alger le soutien à de Gaulle face à Giraud.

il est nommé commissaire à l'Instruction publique du Comité français de Libération nationale, puis ministre de l'Éducation nationale du gouvernement provisoire.

De la Libération au départ du Général de Gaulle[modifier | modifier le code]

À la Libération il est élu député de 1945 à 1951. Gaulliste de gauche, il fonde le avec Louis Vallon et Pierre Clostermann l’Union gaulliste - Rassemblement des gauches démocratiques, puis devient l'un des principaux animateurs du RPF.

Il est professeur à la Faculté de droit de Paris en 1951.

En 1957, pendant la Guerre d'Algérie, il apprend la mort au cours d'un interrogatoire par l'armée, de son ancien élève Ali Boumendjel[1],[2],[3]. Il écrit au ministre de l'éducation nationale :

« Tant que de telles pratiques - auxquelles, même en pleine guerre, nous n'avons jamais soumis les prisonniers allemands - seront prescrites ou tolérées contre les Algériens par le gouvernement de mon pays, je ne me sentirai pas capable d'enseigner dans une faculté de droit française. J'interromprai donc mon cours.

Révoquez-moi, si vous le voulez, si vous le pouvez. J'accueillerai avec satisfaction tout ce qui contribuera à rendre publique ma protestation contre des faits susceptibles de déshonorer la France, si elle restait passive devant eux. »

— « M. René Capitant décide de suspendre son cours à la faculté de droit », Le Monde, 26 mars 1957

Il est nommé directeur de la Maison franco-japonaise à Tokyo entre 1957 et 1960.

Il est élu député de Paris de 1962 à 1968, battant Jean-Marie Le Pen, est élu conseiller municipal de Paris en 1965 et occupe pendant ces deux législatures la présidence de la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République.

Il manifeste au cours des années 1960 une opposition croissante à Georges Pompidou, auquel il reproche sa progressive récupération du mouvement gaulliste à des fins conservatrices, attribuant les évènements de Mai 68 à l'immobilisme social du Premier ministre. Lui reprochant de droitiser le mouvement, il affirme dans les instances de l'Union démocratique du travail : « Le vrai gaullisme est à gauche ! »[4].

À partir du , il est Garde des Sceaux dans les gouvernements Georges Pompidou IV et Maurice Couve de Murville, ce dernier mettant en avant la participation au sein de son action politique, marquée par l'ascendant pris par les gaullistes de gauche durant la dernière année de la présidence du Général de Gaulle. De santé fragile, il est victime d'un infarctus du myocarde à l'automne 1968, propose sa démission au chef de l'État qui la refuse et lui demande de reprendre son ministère après.

Cet élan est néanmoins brisé par l'échec du référendum du 27 avril 1969 dont il est l'un des promoteurs.

Refusant de soutenir Georges Pompidou à l'élection présidentielle suivante, il envisage un temps de se présenter avant d'y renoncer pour raisons de santé, et se retire de la vie politique. Il succombe moins d'un an plus tard à un second malaise cardiaque[5]. Son épouse, née Marie Thérèse Colas, est décédée le à 95 ans.[6]


Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  •  : Commissaire à l’Éducation nationale du CFLN
  •  : Ministre de l’Éducation du gouvernement provisoire
  • mai- : Conseiller juridique et technique auprès de l'exécutif provisoire algérien
  • -  : Garde des Sceaux

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'illicite, Paris : Dalloz (1928)
  • La réforme parlementaire, Paris : Suey (1934)
  • L'œuvre juridique de Raymond Carré de Malberg (1937)
  • L'idéologie nationale-socialiste (1938)
  • Premiers combats pour la Constitution, Strasbourg, L'Alsace libérée, sd, 63 p. (1946)
  • Pour une Constitution fédérale, Paris, Renaissances, 62 p. (1946)
  • Le changement de régime (1952)
  • "Écrits politiques", Institutions, Paris, Flammarion, 433 p. (1971)
  • Démocratie et participation politique, Paris, Bordas, 184 p, (1972)
  • Face au Nazisme, Écrits de 1933 à 1938 réunis par Olivier Beaud (2004)

Papiers personnels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Beaud, « Le 50ᵉ anniversaire de la mort de René Capitant. Hommage à une grande figure de la République et de l’Université », sur JP Blog. Le blog de Jus Politicum, (consulté le 20 août 2020)
  2. « René, Marie, Alphonse, Charles Capitant » (Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1948 (La documentation française)), sur assemblee-nationale.fr (consulté le 20 août 2020) Cliquer sur Biographies
  3. « Fonds René Capitant (1929-2003) », sur francearchives.fr (consulté le 20 août 2020)
  4. Eric Brunet, L'Obsession gaulliste : Alain, François, Nicolas, Marine et les autres, Albin Michel, 2016 Ibid. sur Google Livres
  5. René Capitant (1901-1970), Revue internationale de droit comparé, 1970, Volume 22, p. 551-553, sur persee.fr
  6. Nathalie LECORNU-BAERT, « Caen. La résistante Marie-Thérèse Colas des Francs est décédée », sur Ouest-France.fr, (consulté le 20 mai 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Bugault, La Nouvelle entreprise. Géopolitique de l'entreprise, Paris, Sigest, 2018, 152 p. (un chapitre sur la réforme Capitant Wallon de l'entreprise et la participation)
  • Rémi Decourt-Paoline, René Capitant, homme de gauche et gaulliste. Un juriste engagé sous la Ve République (1958-1970), mémoire de maîtrise, Paris-I, 1994, 252 p.
  • Gwénaël Le Brazidec, René Capitant, Carl Schmitt : crise et réforme du parlementarisme. De Weimar à la Cinquième République Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques juridiques », 1998, 310 p.
  • Marcel Thomann, « René Marie Alphonse Charles Capitant », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 6, p. 452

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]