Territoire du Tchad

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Territoire du Tchad (1900-1920)
Colonie du Tchad

1900-1960

Drapeau
Description de l'image LocationChad.svg.
Informations générales
Statut Colonie française
Capitale Fort-Lamy
Langue français, arabe tchadien, sara, kanembou
Monnaie French Equatorial African franc (en)
Superficie
Superficie 1 283 993 km2 (1950)
Histoire et événements
Bataille de Kousséri
Création
Intégration dans l'AEF
Indépendance du Tchad

Entités suivantes :

Le Territoire du Tchad (ou Territoire militaire des pays et protectorats du Tchad) est une circonscription constituée dans le Congo français par décret du . Sa capitale est Fort-Lamy. Le territoire français du Tchad est érigé en colonie le , il est alors une subdivision de l'Afrique-Équatoriale française. République autonome en 1958, le Tchad devient indépendant le .

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Conquête du Tchad, Nguigui (1910)

La France entre au Tchad en 1891 et y lance des expéditions militaires contre les royaumes musulmans. En , l'administrateur colonial français Émile Gentil signe avec le sultan Gaourang II un traité d’alliance qui confie à la France le protectorat sur le Baguirmi pour le protéger de Rabah. En 1898, la France lance trois expéditions en direction du Tchad : la mission Voulet-Chanoine depuis Dakar et le fleuve Niger, la mission Foureau-Lamy depuis Alger et le Sahara algérien et la mission d'Émile Gentil depuis le Moyen-Congo. La bataille décisive du , la bataille de Kousséri, vit s'affronter les forces du commandant François Joseph Amédée Lamy et celles du seigneur de guerre soudanais Rabah – tous deux morts durant le combat. Émile Gentil fonde alors Fort-Lamy sur la rive droite du Chari et devient le premier administrateur du Tchad.

Aux termes du décret du 29 décembre 1903 portant organisation du Congo français et dépendances[1], la colonie du Congo français est divisée en quatre entités distinctes :

En 1905, l'administration du Tchad fut confiée à un gouverneur général sis à Brazzaville, capitale de l'Afrique-Équatoriale française dont le Tchad fut partie intégrante avant d'être placé sous l'autorité d'un lieutenant-gouverneur à Fort-Lamy, aujourd'hui N'Djaména.

Le décret du , portant réorganisation des possessions du Congo français et dépendances[2], unit le « Territoire de l'Oubangui-Chari » au « Territoire militaire du Tchad » et les érige en « Colonie de l’Oubangui-Chari-Tchad », dont le chef-lieu est Fort-de-Possel. Le , un décret transfère le chef-lieu à Bangui.

En 1910, il devint l’un des territoires de la fédération de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), avec le Moyen-Congo et le Gabon, tout d’abord en tant que territoire unifié sous le nom « Oubangui-Chari-Tchad », puis en tant que colonie autonome en 1915.

Administration coloniale[modifier | modifier le code]

La colonisation du Tchad fut marquée par l'absence de politique d'unification du territoire et la lenteur de la modernisation du pays. Le Tchad fut relégué au bas de l'échelle des priorités françaises et l'État colonial ne le considéra guère que comme une source de coton et de main d'œuvre peu qualifiée à employer dans les colonies plus productives du sud. De nombreuses régions n'eurent jamais de réel gouvernement ; l'immense préfecture de Borkou-Ennedi-Tibesti n'était dotée que d'une poignée d'administrateurs militaires et le centre était à peine mieux pourvu. Seul le sud bénéficia d'une réelle administration coloniale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en , le gouverneur Félix Éboué décida de rallier le général de Gaulle et le Tchad fut la première colonie à se joindre à la France libre. Le Tchad servit alors de point de départ à plusieurs opérations militaires dirigées par le maréchal Leclerc dans le désert libyen entre 1941 et 1943.

Le , le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence de François Tombalbaye. La moitié nord du pays reste sous le contrôle de l’armée française jusqu’en 1965.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

En 1901, le territoire est divisé en trois régions[3] :

En 1906, le Tchad intègre la nouvelle colonie de l'Oubangui-Chari-Tchad par le décret du 11 février 1906.

Entre 1910 et 1935 : 9 puis 10 circonscriptions[modifier | modifier le code]

L'arrêté du 5 octobre 1910, divise le territoire militaire du Tchad en 9 circonscriptions[4] :

Circonscription Chef-lieu Subdivisions
1 Kanem Mao Mao, Bol, Rig-Rig, Moussoro, Massakory, Ngouri
2 Batha Ati Ati, Mongo
3 Ouaddaï Abéché Abéché, Oum-Hadjer, Toumtouma, Arada, Kallim
4 Bas-Chari Fort-Lamy Fort-Lamy
5 Baguirmi Tchikina Massénya, Bousso, Bokoro, Melfi
6 Selamat Amm-et-Timan Am Timane, Aboudéia
7 Logone Behagle Behagle, Doba
8 Mayo-Kebbi Léré Léré, Fianga
9 Moyen-Chari Fort-Archambault Fort-Archambault, Kiyabé, Goundi-Bédiondo, Moïssala
10 Borkou-Ennedi Largeau -

La circonscription du Borkou-Ennedi est créée en 1914[5].

Entre 1935 et 1936/1937 : 4 départements (région du Tchad) + 2 départements (région de l'Oubangui-Chari)[modifier | modifier le code]

Selon l'arrêté Renard du 15 novembre 1934[6]. Région du Tchad :

Département Chef-lieu Subdivisions
1 Baguirmi-Chari Fort-Lamy Fort-Lamy, Massakory, Massenya, Bousso, Melfi
2 Borkou-Ennedi-Tibesti Faya Faya, Fada, Zouar
3 Kanem-Batha Moussoro Moussoro, Ati, Mongo, Zigueï, Rig-Rig, Bol
4 Ouaddaï-Salamat Abéché Abéché, Adré, Biltine, Goz-Beïda, Am-Dam, Oum-Hadjer, Aboudéïa, Am-Timan, Mangueigne

Région de l'Oubangui-Chari :

Département Chef-lieu Subdivisions
1 Chari-Bangoran Fort-Archambault Koumra, Moïssala, Ndélé
2 Logone Moundou Bongor, Doba, Laï, Kélo, Léré, Fianga

Entre 1937 et 1947 : 10 départements[modifier | modifier le code]

La réorganisation administrative intervient par décret du 31 décembre 1937[7]. Elle reprend l'organisation publiée le [8].

Département Chef-lieu Subdivisions Postes de contrôle
1 Ouaddaï Abéché Abéché, Adré, Biltine, Goz-Béïda, Am-Dam
2 Salamat Am-Timan Am-Timan, Aboudeia, Mangueigne
3 Batha Ati Ati, Oum-Hadjer, Mongo
4 Mayo-Kebbi Bongor Bongor, Fianga, Léré, Palla Kyabé
5 Moyen-Chari Fort-Archambault Fort-Archambault, Koumra, Moïssala
6 Bas-Chari Fort-Lamy Fort-Lamy (commune mixte), Massakory, Bokoro
7 Borkou-Ennedi-Tibesti Largeau Largeau, Fada, Zouar
8 Baguirmi Massenya Massenya, Melfi, Bousso
9 Logone Moundou Moundou, Laï, Kélo, Doba, Baïbokoum
10 Kanem Moussoro Moussoro, Rig-Rig, Mao, Bol

Entre 1947 et 1960 : 9 régions[modifier | modifier le code]

Région Chef-lieu Districts
1 Ouaddaï Abéché Abéché, Adré, Biltine, Am Dam, Goz Beïda
2 Salamat Am Timan Am Timan, Aboudeïa, Mangueigné, Melfi
3 Batha Ati Ati, Mongo
4 Mayo-Kebbi Bongor Bongor, Fianga, Léré, Pala
5 Moyen-Chari Fort-Archambault Fort-Archambault, Koumra, Kyabé, Moïssala
6 Chari-Baguirmi Fort-Lamy Fort-Lamy, Massenya, Bousso
7 Borkou-Ennedi-Tibesti Faya-Largeau Faya-Largeau
8 Kanem Mao Mao, Bol
9 Logone Moundou Moundou, Doba, Laï

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]