Fort de Romainville

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Porte du fort en 2017.
L'entrée du fort, dans l'entre-deux-guerres.
Panorama du fort vers le Nord-Est, au début du XXe siècle

Le fort dit « de Romainville » est situé dans le quartier de l’Avenir de la ville des Lilas. Cette appellation remonte à l’époque de sa construction, de 1844 et 1848, car la commune des Lilas n’a été détachée de Romainville, de Pantin et de Bagnolet que le 24 juillet 1867. Le fort de Romainville a été un camp d'internement pendant la Seconde Guerre mondiale.

Histoire militaire[modifier | modifier le code]

C’est un ouvrage militaire de type Vauban, construit pour la protection de Paris sur la demande d’Adolphe Thiers, et qui s’étendait, à l’origine, sur une superficie de 20 hectares.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, les habitants des Lilas et des communes aux alentours y trouvent refuge. Le 20 septembre 1870 le fort était commandé par le capitaine de vaisseau (marine) Zédé, le commandant d’artillerie était le capitaine de frégate (marine) Salmon, et le commandant du Génie était le lieutenant colonel (armée de terre) Hamel. L’état major était composé de 14 officiers. L'INFANTERIE était composé du 2e bataillon de marine (780 hommes et 16 officiers), de la 1re et de la 2e compagnie du 3e bataillon de fusiliers marins (210 hommes et 4 officiers), du 3e bataillon d'infanterie de marine (777 hommes et 20 fficiers), et de la 1re compagnie du 11e bataillon de marine (équipage du navire Louis XIV) 89 hommes. L'ARTILLERIE était composée du détachement de la 27e batterie de marine (15 hommes et 2 officiers). Le GENIE d'un détachement de la 2e compagnie du 3e régiment (72 hommes et 2 officiers). L'ARMEMENT [1] était 10 canons de 16 de marine et 3 280 obus ; 4 canons de 24 et 336 obus ; 9 canons de 13P et 3 354 obus ; 5 canons de 12 S et 4 056 obus ; 6 canons de 4C et 3 200 obus ; 9 canons lisses de 16 et 9 700 obus ; 12 canons obusiers de 12 et 3 730 obus ; 4 obusiers de 16 et 2 000 obus ; 3 obusiers de 2 et 1 869 obus ; 7 mortiers de 15 et 4 100 obus ; 2 mortiers de 22 et 1 400 obus et 2 mortiers de 27 et 700 obus. Total 73 bouches à feu [2].

Les cartouches de 11 mm modèle 1866 (pour les fusils Chassepot modèle 1866) étaient au nombre de 650 300[3].

Le front de la Première Guerre mondiale ne l’atteint pas.

Le fort est après la Première Guerre mondiale le siège du 401e régiment d'artillerie de défense anti-aérienne.

Il est utilisé par les Allemands comme lieu d’internement durant la Seconde Guerre mondiale.

Le camp d’internement[modifier | modifier le code]

Camp d'internement du Fort de Romainville
Présentation
Gestion
Date de création Octobre 1940
Date de fermeture 19 août 1944
Victimes
Nombre de détenus 7000
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Les Lilas (Seine-Saint-Denis)
Coordonnées 48° 53′ 06″ nord, 2° 25′ 22″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Camp d'internement du Fort de Romainville

Géolocalisation sur la carte : Seine-Saint-Denis

(Voir situation sur carte : Seine-Saint-Denis)
Camp d'internement du Fort de Romainville

Article détaillé : Camp de concentration français.

En octobre 1940, l’administration du Commandement militaire allemand décide de faire du Fort de Romainville un camp de détention administratif : des miradors de surveillance sont installés, des grillages déroulés tout au long du chemin de ronde. Les détenus sont officiellement enregistrés à partir du 1er novembre 1940.

Puis sa fonction évolue : il devient un camp d’internement et les opposants à l’occupation nazie y sont indifféremment enfermés. Le camp peut également recevoir des femmes. Par la suite, c’est un centre où sont retenus des otages, les prisonniers étant gardés au fort de Romainville en vue d’être fusillés en représailles d’actions de la résistance, la plupart au Mont-Valérien.

Il deviendra un des principaux lieux de transit avec Compiègne vers les camps de concentration nazis pour les déportés par mesure de répression, comme Drancy sera le principal camp de transit des déportés par mesures de persécution. À partir de février 1944, ce sont presque exclusivement des femmes qui y sont enfermées. Les historiens estiment à 7 000 les résistants internés au Fort de Romainville avant leur déportation vers les camps, dont plus de la moitié étaient des femmes.

Le plus connu des convois parti de Romainville est le convoi des 31 000. Le , 222 prisonnières quittent, en camion, le fort de Romainville pour le camp de Royallieu à Compiègne où elles sont enfermées dans un bâtiment en vue de leur départ. Là, se trouvent huit autres femmes : six d’entre elles ont été extraites de la prison de Fresnes et les deux autres du dépôt. Le lendemain matin, ces 230 femmes sont emmenées en camion à la gare de Compiègne d'où elles montent dans les quatre derniers wagons d’un train rempli, depuis la veille au soir, par près de 1 500 hommes. Charlotte Delbo, dans son livre « Le convoi du 24 janvier »[4], écrira l’histoire de ce convoi. Une plaque à l’entrée du fort de Romainville rappelle que leur convoi fut constitué sur ces lieux.

Arrivées dans la soirée du 26 janvier, elles ne descendent des wagons que le lendemain matin et entrent dans le camp de Birkenau en chantant La Marseillaise. Elles sont immatriculées dans la série des « 31000 ». Sur ces 230 femmes, 49 seulement reviennent de déportation en 1945.

Plus de la moitie de ces femmes (119) sont communistes ou proches du PCF. La plupart d'entre elles sont arrêtées pour des faits de résistance ou liés à la Résistance. 45 d’entre elles sont des veuves de fusillés. Dans ce convoi se trouvent notamment :

Les déportations s’achèvent le . Le 19 août, la garnison allemande quitte le fort et le 21 août 1944, les cadavres de onze prisonniers sont découverts derrière le bâtiment central où ils ont été fusillés.

Diverses cérémonies se déroulent chaque année, seul moment où ce lieu peut être visité. Les personnes se recueillent devant les casemates, où étaient détenus les prisonniers parmi lesquels le Colonel Fabien qui réussit à s’évader du fort en mai 1943.

Durant l'Occupation, 3 900 femmes et 3 100 hommes y furent internés avant d’être déportés, 209 y furent fusillés.

Usages actuels[modifier | modifier le code]

Conçue par l’architecte Claude Vasconi, une tour TDF fut construite dans une partie déclassée de l'enceinte du fort en 1984. Elle mesure 141 mètres et dessert l’ensemble du territoire français en assurant la transmission de programmes de radio et de télévision.

Elle occupe une place privilégiée dans le domaine des télécommunications et est largement visible de la Plaine de France et des banlieues est et nord de Paris.

Le fort est également depuis 2000 une annexe, non visitable, du musée national de la Marine, abritant les réserves du musée. Le site ferme en 2016, lorsque les collections déménagent vers Dugny[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour une visualisation de certains des matériels, voir le site internet "Fortiff'Séré"
  2. Pour une visualisation de certains de ces matériels, voir le site internet Fortiff'Séré
  3. Voir site internet "armesfrançaises.free.fr
  4. Le convoi du 24 janvier. Éditions de Minuit, Paris, 1978 et 1985
  5. [PDF]Newsletter sur la rénovation du musée, musee-marine.fr, p. 19. consulté le 4 mai 2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]