Albert de Broglie

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Albert de Broglie
Illustration.
Albert, duc de Broglie.
Fonctions
Président du Conseil des ministres français
et Ministre de la justice

(6 mois et 6 jours)
Président Patrice de Mac Mahon
Gouvernement Broglie III
Législature Ire et IIe
Prédécesseur Jules Simon (Président du Conseil)
Louis Martel (Justice)
Successeur Gaëtan de Rochebouët (Président du Conseil)
François Lepelletier (Justice)
Sénateur de l'Eure

(8 ans, 11 mois et 25 jours)
Prédécesseur -
Successeur Charles d'Osmoy
Vice-président du Conseil des ministres
et Ministre des Affaires étrangères jusqu'au 26 novembre 1873 puis Ministre de l'intérieur

(11 mois et 28 jours)
Président Patrice de Mac Mahon
Gouvernement Broglie I et II
Législature Assemblée nationale
Prédécesseur Jules Dufaure (Vice-Président du Conseil)
Charles de Rémusat (Affaires étrangères)
Charles Beulé (Intérieur)
Successeur Ernest Courtot de Cissey (Vice-Président du Conseil)
Louis Decazes (Affaires étrangères)
Oscar Bardi de Fourtou (Intérieur)
Ambassadeur de France au Royaume-Uni
Prédécesseur Philippe de Rohan-Chabot
Successeur Louis Decazes
Députés de l'Eure

(5 ans et 28 jours)
Élection 8 février 1871
Législature Assemblée nationale (1871)
Biographie
Nom de naissance Jacques Victor Albert de Broglie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris, France
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Parti politique Orléaniste
Père Victor de Broglie
Mère Albertine de Staël-Holstein (1797-1838)
Fratrie Pauline de Broglie (1817-1831)
Louise de Broglie
Paul de Broglie
Conjoint Pauline de Galard de Brassac de Béarn
Enfants Victor de Broglie
Maurice de Broglie (1848-1862)
Henri Amédée de Broglie (1849-1917)
François-Marie-Albert de Broglie (1851-1939)
César-Paul-Emmanuel de Broglie (1854-1926)
Entourage Victor de Broglie (grand-père paternel)
Benjamin Constant (grand-père maternel)
Germaine de Staël (grand-mère maternelle)
Victor-François de Broglie (arrière-grand-père)
Louise Crozat (arrière -grand-mère)
Jacques Necker (arrière-grand-père)
Suzanne Curchod (arrière-grand-mère)
Louis Antoine Crozat (aïeul)
Louis-Hector de Galard de Brassac de Béarn (beau-père)
Maurice de Broglie (petit-fils)
Pauline de Broglie (petite-fille)
Louis de Broglie (petit-fils)
Marie Say (belle-fille)
Victor-François de Broglie (descendant)
Profession Diplomate
Présidents du Conseil des ministres français

Albert de Broglie (se prononce de Breuil), 4ème duc de Broglie, né à Paris le et mort dans la même ville le , fils d'Achille Victor, duc de Broglie, est un historien, diplomate et homme d'État français, monarchiste, sous la troisième république l'une des figures du royalisme orléaniste et du catholicisme libéral.

Biographie[modifier | modifier le code]

Caricature par Georges Lafosse parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1873.

Secrétaire d'ambassade à Madrid puis à Rome sous le règne de Louis-Philippe Ier, il quitte son poste en 1848 et s'abstient de toute activité politique sous le Second Empire.

Il publie alors plusieurs ouvrages d'histoire, tout en collaborant au Correspondant et à La Revue des Deux-Mondes.

Albert de Broglie entre au Conseil d’administration de la compagnie Saint-Gobain en 1852 et en est le président de 1866 à 1901.

Le il assiste à la fondation de L'Œuvre des Écoles d'Orient[1] plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient[2], il fut membre de son 1er Conseil général[3] du jusqu’à sa mort.

Candidat orléaniste à la députation dans la deuxième circonscription de l'Eure le 24 avril 1869, il n'est pas élu. Sa seconde candidature, sur la liste conservatrice, le 8 février 1871, est couronnée de succès, mais Thiers le nomme quelques jours plus tard, le 19 février 1871, ambassadeur à Londres.

Durant son ambassade, jusqu'au 17 mai 1872, il est amené à signer le traité du 13 mars 1871, révisant celui de Paris de 1856 sur la question d'Orient, et à négocier le traité de commerce de 1872.

De retour à la Chambre en mai 1872, il prend la tête de l'opposition conservatrice et parvient à mettre Thiers en minorité sur son projet de République conservatrice, le poussant à démissionner le 24 mai 1873 de sa double fonction de chef de l'Etat et de président du Conseil.

Il incite alors le maréchal de Mac-Mahon à se faire élire président de la République, tandis qu'il occupe lui-même la fonction de président du conseil à la tête d'un cabinet d'Ordre moral dont il est le ministre des Affaires étrangères, puis le ministre de l'intérieur.

Monarchiste de tradition, il laisse s'organiser, pendant l'été 1873, la campagne fusionniste, suivant le projet de troisième restauration, destinée à porter sur le trône le comte de Chambord, Henri d'Artois. Devant l'échec de cette tentative, il fait voter le septennat en faveur du maréchal de Mac-Mahon, le 20 novembre 1873.

Son gouvernement observe une neutralité sur le projet de construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et, en même temps, s'oppose aux manifestations anti cléricales.

Il défend une conception aristocratique du bicaméralisme, proposant le un « Grand Conseil des Notables », qui « mêlait membres nommés à vie par le président de la République, membres de droit éminents et membres élus par les capacités »[4].

Repoussé par les républicains et les bonapartistes, ce projet est aussi contesté au sein de son courant, l'orléanisme[4] et fait tomber son gouvernement le 16 mai 1874.

Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur de l'Eure et le restera jusqu'en 1885. De fait, il dirige alors la droite modérée[5].

A la suite de la crise du 16 mai 1877 et de la démission du ministère Jules Simon, le maréchal de Mac-Mahon l'appelle, malgré le manifeste des 363, à former un cabinet de résistance, dont il prend le ministère de la justice et la présidence du conseil, le 17 mai 1877.

Il s'efforce alors de réunir une majorité à la chambre des députés, puis demande au président de la République de la dissoudre. Désavoué par le résultat des élections législatives des 14 et 28 octobre 1877, il démissionne le 19 novembre.

Il continue ensuite à siéger au sénat dans les rangs conservateurs. Candidat au renouvellement de son mandat, il échoue le 6 janvier 1885, par 523 voix contre 533 au républicain Lecointe[6].

Il se retire alors de la vie politique.

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

et Ministre des Affaires étrangères (jusqu’au 26 novembre 1873), puis Ministre de l’Intérieur

Membre de l'Académie française[modifier | modifier le code]

Il est élu en 1862 au 18e fauteuil de l'Académie française, comme son père l'avait été en son temps. Il y succède au Père Lacordaire par 26 voix sur 29 votants.

Il est reçu à l'Académie le 26 février 1863 par Saint Marc Girardin[7].

Il est élu en 1895 à l'Académie des Sciences morales et politiques (Section d'histoire générale et de Philosophie), où il succède à Victor Duruy[8].

Il laisse des Mémoires et d'importantes études historiques.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse à Paris le 18 juin 1845 Pauline de Galard de Brassac de Béarn (1825-1860), fille de Louis-Hector de Galard de Brassac de Béarn et de Coralie Le Marois, petite-fille du général d'empire Jean Le Marois.

Le portrait de son épouse, peint en 1851-1853 par Ingres (anc. coll. Robert Lehman) est aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art, à New-York.

Dont cinq fils :

Résidences[modifier | modifier le code]

Le duc de Broglie résidait ordinairement au château de Broglie (Eure) et à Paris, dans l'hôtel situé au 10 rue de Solférino, resté dans sa descendance jusqu'en 1934 et qui sera, de 1981 à 2018, le siège du Parti Socialiste.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Système religieux de Leibnitz (1846), traduction en français du Systema theologicum de Leibniz (sur Gallica)
  • Études morales et littéraires (1853)
  • L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (1856-69)
  • Questions de religion et d'histoire (2 volumes, 1860)
  • Nouvelles études de littérature et de morale (1868)
  • Frédéric II et Louis XV (1742-1744) (1885)
  • Le Secret du Roi, correspondance intime de Louis XV avec ses agents diplomatiques (1752-1774) (1888)
  • Marie-Thérèse Impératrice (1744-1746) (1888)
  • Le Père Lacordaire (1889)
  • Maurice de Saxe et le marquis d'Argenson ; la Paix d'Aix-la-Chapelle (1891)
  • La Paix d'Aix-la-Chapelle (1892)
  • L'Alliance autrichienne (1895)
  • La Mission de M. de Gontaut-Biron à Berlin (1896)
  • Les grands écrivains français : Malherbe (1897)
  • Voltaire avant et pendant la guerre de Sept Ans (1898)
  • Saint Ambroise (1899)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.oeuvre-orient.fr/wp-content/uploads/LE-CINQUANTENAIRE-DE-LŒUVRE-DES-ECOLES-DORIENT.04.07.2017.pdf
  2. https://oeuvre-orient.fr
  3. Voir le 1er fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856 mentionnant la composition de son 1er Conseil Général
  4. a et b Djamel Souafa & Vincent Guillin, « La réception de Stuart Mill en France », La Vie des idées, 18 mai 2010. (ISSN 2105-3030).
  5. Roman d'Amat, Dictionnaire de Biographie française, tome 7, Paris, Librairie Letouzey et Ané, , col. 398-400
  6. « Anciens sénateurs IIIe république, de Broglie Jacques », sur senat.fr (consulté le )
  7. « Albert de Broglie », sur academie-française.fr (consulté le )
  8. « Albert de Broglie », sur cths.fr (consulté le )
  9. Arnaud Chaffanjon, Madame de Staël et sa descendance, Paris, Editions du Palais Royal, , 197 p., p. 117-121
  10. « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • « Albert de Broglie », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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