Charles Tillon

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Charles Tillon
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
puis 1945-1955
Gouvernement IIIe république-IVe république
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 95 ans)
Résidence Seine

Charles Tillon ( à Rennes en France - à Marseille en France) était un député, un membre du comité central et un membre du bureau politique du Parti communiste français.

Il prit part à la Résistance pendant la guerre, en tant que fondateur et commandant en chef des FTPF (Francs tireurs et partisans français).

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Tillon lors de l'inauguration de la rue Louis Petri à Louvigné du-Désert en 1989

Il est élevé par sa grand-mère paternelle jusqu’à l’âge de l’école primaire, à Saint-Grégoire. Il est ensuite repris par ses parents. Sa mère tient un café au bas de la Place des Lices à Rennes[1]. À Rennes il est élève à l'école primaire de la Rue d'Echange puis de l'École d'Industrie du Boulevard Laënnec. Il se plaisait à dire qu'il devait tout à la formation reçue dans ces deux écoles.

Ajusteur à l'arsenal de Brest avant la Première Guerre mondiale, il s'engage dans la marine en 1916 et embarque comme matelot mécanicien sur le croiseur Guichen. En février 1919, le croiseur était mouillé en rade d'Itéa (Grèce). Il n'a donc pas pu être impliqué directement dans les mutineries de la mer Noire, où il n'a d'ailleurs jamais « mis les pieds... » . Le 25 mai, pour des raisons liées à la dureté du commandant du Guichen, le capitaine de frégate Sémichon, alors que le croiseur est de retour à Itéa après avoir transporté des tirailleurs sénégalais depuis Tarente, il se rebelle et entraîne avec lui l'équipage qui refuse d'obéir à ses officiers. La mutinerie est rapidement matée et il est condamné à cinq ans de bagne. Envoyé au Maroc, il est assez rapidement rapatrié pour raisons sanitaires (asthme) et peu après amnistié suite à la campagne menée en faveur des mutins de la mer Noire. Il faut noter qu'il ne faisait partie à ce moment d'aucun mouvement révolutionnaire ou de sympathie pour le bolchevisme et que c'est de sa propre initiative qu'il avait provoqué une mutinerie à bord du Guichen.

Il travaille comme ajusteur dans un atelier à Nantes, adhère au Parti communiste français en 1921. Adhérent de la CGT, il soutient en 1923 la scission de la CGTU, dont il devient un permanent dès 1924 (il sera élu au bureau confédéral en 1931). En 1925, il est très actif lors de la grève des pêcheurs et des sardinières dans le Pays bigouden et particulièrement à Douarnenez, les « Penn-Sardins ». Peintre à ses heures, il immortalise d'ailleurs un défilé des ouvrières en grève sur les dunes, drapeau rouge en tête[2]. Entre 1924 et 1935, il est condamné à plusieurs peines de prison (grèves, outrages à commissaires).

Sa carrière politique commence en 1932, quand il entre au Comité central du PCF et est désigné comme suppléant au Bureau politique ; en 1936, il est élu député d'Aubervilliers.

  • 1939 : en mission politico-humanitaire à Alicante et Valence en avril, pour tenter de rapatrier les derniers combattants républicains. À l’exception d'un vieux cargo : Le Lezardrieux, les navires promis par France-Navigation, propriété du PCF, sont absents. Il reste auprès de ses compagnons et se trouve placé aux arrêts au Consulat de France avec le Consul. Il obtiendra un sauf-conduit en qualité de député.
  • 1940 : 17 juin - Il est condamné par contumace à cinq ans de prison, pour «  reconstitution de ligue dissoute ». Alors que l'URSS est liée à l'Allemagne par le pacte germano-soviétique, Tillon, après avoir entendu à la radio le discours de Pétain demandant de « cesser le combat », rédige à Bordeaux un tract qu'il signe au nom du « Parti communiste » et qui, après la guerre, a pu être présenté, sous le nom d'appel du 17 juin 1940, comme un véritable « Appel » à la résistance au fascisme hitlérien, mais qui, selon Yves Santamaria, n'est que « modérément décalé par rapport aux analyses kominterniennes », dénonce la guerre comme impérialiste et rejette l'alliance avec l'Angleterre[3]. Pour leur part, Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier sont sensibles à la différence de ton entre ce tract, offensif envers l'hitlérisme, et les comportements plus ambigus à la même période d'autres membres de la direction du parti (dont Jacques Duclos). Le tract de Charles Tillon leur semble symptomatique de la pensée d'un dirigeant proche des milieux syndicalistes, davantage en prise avec la classe ouvrière, et qui ne s'est rendu qu'une fois (en 1931) en Union soviétique[4]. Il y affirme avec conviction que « le peuple français ne veut pas de l'esclavage, de la misère, du fascisme, pas plus qu'il n'a voulu de la guerre des capitalistes. Il est le nombre. Uni, il sera la force ». « Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l'action ». Il publiera un second texte le 18 juillet, invitant « à l'union pour chasser à la fois les capitalistes, leur tourbe de valets et de traîtes, et les envahisseurs. »

En octobre, il reprend contact avec Benoît Frachon et il est question qu'il entre à la direction du Parti. En décembre, il participe aux règles de sécurité de la clandestinité.

  • 1944 : 10 août - Le CMN des FTP lance un appel au soulèvement de Paris.
  • 1944-1947 : réélu député d'Aubervilliers - Maire d'Aubervilliers[5] - Après la libération de Paris il est successivement Ministre de l'air, de l'armement et de la reconstruction. Au ministère de l'Air il a dans son cabinet Marcel Valtat qu'il envoie en Allemagne pour essayer de faire venir Werner von Braun, en France.
  • 1968 : Les Printemps de Paris et de Prague l'obligent à retourner au combat avec d'importantes personnalités.
  • 1993 : Décès, Charles Tillon est inhumé au cimetière de l'Est à Rennes.
  • 1994 : En 1994, le conseil municipal de Rennes décide de renommer l'avenue d'Île-de-France en Avenue Charles Tillon.
  • 1992 : Promu en décembre 1992 Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • 2007 : En septembre 2007, le Lycée Professionnel Laënnec-Robidou de Rennes change de nom et devient Lycée professionnel Charles Tillon[7].

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les FTP, Julliard, Paris, 1962
  • Tillon Charles, La révolte vient de loin, Paris, 1969
  • Tillon Charles, Un « procès de Moscou » à Paris, Seuil, Paris, 1971, 198 p.
  • Tillon Charles, On chantait rouge, Robert Laffont, Paris, 1977, 581 p.
  • Tillon Charles, Le laboureur et la République, Fayard, Paris, 1983
  • Tillon Charles, Les FTP soldats sans uniforme, Ouest France, 1991
  • « Désenchaîner l'espérance », entretien avec Charles Tillon, in revue Bretagnes nº 8, p. 7-19, Morlaix, 1978.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Tillon, La révolte vient de loin
  2. http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.letelegramme.fr/ar/imgproxy.php/PhotoIntuitions/2011/09/03/1418127_cor-0705141595.jpg%3Farticle%3D20110903-1001417238%26aaaammjj%3D20110903&imgrefurl=http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/bd-l-epopee-de-la-sardine-en-bulles-03-09-2011-1417238.php?utm_source%3Drss_telegramme%26utm_medium%3Drss%26utm_campaign%3Drss%26xtor%3DRSS-22&h=512&w=615&sz=80&tbnid=SOBLiDpRbOhU0M:&tbnh=90&tbnw=108&zoom=1&usg=__DjwSsU_DnB5rZ1riJTXYhXKda9Q=&docid=rvo0tbCuM6wYTM&sa=X&ei=dd_IUpywH4mshQfMxYDgAQ&ved=0CDoQ9QEwAw&dur=1935
  3. Yves Santamaria, « L'appel du 17 juin de Charles Tillon », dans Max Lagarrigue (dir.), 1940, La France du repli. L'Europe de la défaite, Toulouse, Privat, 2001, p. 331. Cité par Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, L'affaire Guy Môquet. Enquête sur une mystification officielle, Larousse, 2009, p. 76.
  4. Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, Juin 40, la négociation secrète, éd. de l'Atelier, 2006, p. 157-159
  5. Sur l'arrivée à la mairie d'Aubervilliers, lire : Aubervilliers, 27 août 1944 - Parti Communiste - Section d'Aubervilliers
  6. [1]
  7. du Lycée
  8. [2]
  9. [3]| Les Amitiés de la Résistance

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]