1967

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Icône de redirection Cette page concerne l'année 1967 (MCMLXVII en chiffres romains) du calendrier grégorien. Pour les autres significations, voir 1967 (Chronologie de Dada et du surréalisme).

Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : 1967 au Canada et 1967 aux États-Unis.
  • 5 février : début de la dictature d’Anastasio « Tachito » Somoza au Nicaragua (1967-1972, 1974-1979).
  • 15 février[5] : début de l'exploitation de gisements pétrolifères dans la région orientale de l’Équateur (Lago Agrio).
  • 27 avril - 29 octobre : exposition universelle Terre des Hommes de Montréal. Pour accueillir 50 300 000 visiteurs, Montréal réaménage les voies du réseau routier de la région métropolitaine et crée de toutes pièces l’île Notre-Dame.
  • 24 juillet : discours de Charles de Gaulle en visite officielle à Montréal depuis le balcon de l’hôtel de ville : « Vive le Québec libre ! ».
  • 31 juillet - 10 août : conférence de l’Organisation latino-américaine de solidarité (OLAS) à La Havane[6]. Elle tache de fédérer les efforts d’implantation de focos révolutionnaires.
  • 9 octobre : mort de Che Guevara au hameau de La Higuera en Bolivie. Capturé la veille, il est abattu de deux rafales par un sergent de l'armée bolivienne. Ernesto "Che" Guevara avait installé quelques années auparavant un foyer (foco) de guérilla révolutionnaire dans la précordillère andine. Le lendemain, les soldats populariseront l'évènement en se faisant photographier par le reporter de l'agence UPI autour du cadavre à demi-dénudé étendu sur un brancard. Cette photo, où le Che porte cheveux longs et barbe, fera beaucoup pour sa légende; la ressemblance avec le « Christ au tombeau » peint par Andrea Mantegna en 1490 est frappante de similitude.
  • 17 novembre : Régis Debray après avoir rencontré Che Guevara et avoir passé quelques jours dans le maquis, est capturé à son retour par l'armée bolivienne et condamné à 30 ans de prison en Bolivie (libéré en 1970).
  • La revue du ministère soviétique des Affaires étrangères, « Affaires internationales », écrit : « Stratégiquement, les Caraïbes forment une sorte d'Interland qui conditionne la stabilité des États-Unis et leur liberté d'action dans d'autres parties du monde. »



Asie et Pacifique[modifier | modifier le code]

  • 6 janvier (Guerre du Viêt Nam) : début de l'opération militaire américaine Deckhouse Five sur le delta du Mékong.
  • 8 février : mort en prison de Chairul Saleh, ancien ministre indonésien de l’économie arrêté en 1966 avec Soebandrio, ancien ministre des Affaires étrangères, dans le but d’isoler Soekarno.
  • 20 février
    • Indonésie : Soekarno transmet les pouvoirs gouvernementaux au général Suharto.
    • Recul du Parti du Congrès aux élections en Inde[7]. Il perd 78 députés, avec 40,8 % des voix (44,7 % en 1962). Les partis de droite progressent : le Jan Sangh (9,4 %) et le Swatantra, parti libéral (8,7 %) au détriment de la gauche. Sur le plan régional, le Congrès perd la majorité dans huit États sur quinze.
  • 3 mars : début du naxalisme en Inde.
    • Un véritable courant révolutionnaire apparaît dans plusieurs régions de l’Inde (1967-1969). Au Bengale, une coalition la gauche marxiste a pris le pouvoir, mais doit faire face à un mouvement révolutionnaire, le mouvement « naxalite ». Parti d’une région tribale (Naxalbari) au pied de l’Himalaya, entre Népal, Bhoutan et Pakistan oriental, il réunit tribaux et hors-castes sous la conduite de militants maoïstes, qui occupent les terres dès 1967. Le mouvement s’étend rapidement au Bihâr, au Kerala et surtout en Andhra Pradesh.
  • 21 mars : Soeharto est élu président de la République d'Indonésie par le MPRS (Majelis Permusyawaratan Rakyat Sementara, « assemblée délibérative du peuple temporaire »).
  • Avril (Cambodge) : révoltes paysannes de Samlaut[8] (province de Battambang)
    • Malgré le soutien de la France, les difficultés croissent au Cambodge : révoltes paysannes de Samlaut, opposition des réactionnaires, maquis Vietnamiens attirant les bombardements américains.
  • 2 mai : au Cambodge, Son Sann est nommé Premier ministre[9].
  • 19 mai : l’aviation américaine bombarde pour la première fois Hanoi.
  • 27 mai : référendum pour les droits civiques aux Aborigènes d'Australie. 90,7 % des votants approuvent la prise en compte des Aborigènes dans le recensement national et autorisent le gouvernement fédéral à légiférer sur les questions aborigènes à la place des différents États.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • Avril : la Syrie réplique aux opérations de représailles israéliennes contre les commandos palestiniens en bombardant les implantations israéliennes de la frontière. Le 7 avril : Israël lance un raid dans la région du lac de Tibériade, détruisant une partie de l’aviation syrienne. Les Israéliens menacent Damas et concentrent des forces à la frontière syrienne (mai).
  • 15 mai : Nasser ordonne alors à l’armée égyptienne de prendre position dans le Sinaï.
  • 16 mai : l’Égypte demande le retrait des forces onusiennes de Gaza et de la région du golfe d’Akaba. Des unités palestiniennes placées sous le commandement arabe occupent la bande de Gaza dès le retrait de la force internationale de l’ONU.
  • 19 mai : Israël décrète la mobilisation générale.
  • 22 mai : le président Nasser fait fermer le golfe d’Akaba, seule voie d’accès à la mer Rouge par Israël, ce qui constitue pour cette dernière un casus belli.
  • 30 mai : signature d’un pacte de défense égypto-jordanien auquel se joindra l’Irak le 4 juin. Le chef du gouvernement israélien, Levi Eshkol, espère régler la tension par voie diplomatique mais les militaires (Ygal Allon, Yitzhak Rabin) sont favorables à la guerre et ont le soutien de David Ben Gourion, Shimon Peres et Moshe Dayan.
  • 1er juin : un gouvernement d’union nationale est formé en Israël. Moshe Dayan prend le portefeuille de la défense et la droite israélienne entre dans le gouvernement (Menahem Begin). La solution militaire est adoptée. La guerre des Six Jours commence (5 juin).
  • 4 juin : attaque aérienne israélienne contre la Syrie et la Jordanie.
5-10 juin : guerre des Six Jours. Tranchée près de Jérusalem (Ammunition Hill, le 6 juin)
  • 5 - 10 juin : guerre des Six Jours (troisième guerre israélo-arabe). De Gaulle bloque l'approvisionnement d'Israël en armes.
    • Le chef du gouvernement du Liban, le sunnite Rachid Karamé, demande l’intervention de l’armée libanaise en Palestine. Les chefs maronites de l’armée refusent, créant une scission entre chrétiens et musulmans libanais sur la question palestinienne.
    • Nasser chasse les derniers Juifs d’Égypte.
  • 5 juin :
    • L’aviation israélienne attaque les aéroports égyptiens. L’aviation est détruite. L’armée israélienne occupe la bande de Gaza.
    • Les États arabes producteurs décrètent l’embargo des livraisons de pétrole vers les pays soutenant l’action israélienne (fin le 1er septembre).
  • 6 juin : l’armée israélienne envahit le Sinaï. Les forces égyptiennes ne sont pas préparées aux mouvements de grande envergure et le front égyptien est percé. Les forces égyptiennes se replient sur le canal de Suez.
  • 7 juin : la résistance égyptienne s’effondre. Jérusalem et la Cisjordanie sont conquises par Israël.
  • 8 juin : l’armée israélienne atteint le canal de Suez. Le soutien aérien a été fondamental dans la victoire israélienne. Les opérations ont causé la mort de 10 000 égyptiens et la destruction de la plus grande partie du matériel militaire.
  • 9 juin :
    • Nasser annonce publiquement sa démission. De gigantesques manifestations réclament son retour. Il accepte de revenir. Le général Abdel Hakim Amer, chef de l’État-major, est démis de ses fonctions ainsi que les principaux généraux. Amer tente d’organiser un complot contre Nasser mais est arrêté en août.
    • Israël attaque le plateau du Golan. La résistance syrienne d’abord très dure s’effondre le lendemain et se replie sur Damas.
  • 10 juin : le cessez-le-feu israélo-syrien marque la fin de la « guerre des Six Jours ».
    • La Jordanie a perdu 6 000 hommes et 30 000 blessés sur une armée de 50 000 hommes contre 300 morts et 1 400 blessés du côté israélien.
    • 120 000 Syriens fuient ou sont expulsés du Golan dans les six mois. Seul les 7000 Druzes du plateau sont autorisés à y demeurer. La conquête du Golan sert les ambitions israéliennes dans la maîtrise des eaux.
  • 16 juin : sommet de Glasboro entre Johnson et Kossyguine. Les États-Unis définissent leur position : la responsabilité de la guerre est due à la fermeture du golfe d’Akaba par Nasser, les États-Unis n’exerceront aucune pression sur Israël hors du cadre d’un règlement général de la question, reposant sur cinq principes (droit de reconnaissance de l’existence de toutes les nations, justice pour les réfugiés, libres circulations des voies maritimes internationales, limitation de la course aux armements, indépendance et intégrité nationale de toutes les parties).
  • 27 juin : la partie est de Jérusalem est annexée à l’État hébreu.
  • Juin : Nasser demande un accroissement de l’aide soviétique et accepte la présence de militaires et de conseillers, afin de neutraliser le territoire égyptien contre toute attaque israélienne et reconstituer son potentiel militaire. Le Ve Eskadra, la flotte de guerre soviétique en Méditerranée, double ses effectifs fin juin. Nasser charge l’Union soviétique de représenter l’Égypte dans les négociations de paix.
  • 1er août : ouverture à Khartoum de la réunion des ministres des Affaires étrangères arabes. L’Égypte propose le retrait des forces égyptiennes du Yémen en échange de la formation d’un front arabe uni contre Israël. Nasser espère obtenir une aide financière des pays pétroliers pour reconstituer son armée.
  • 15 août : les ministres du pétrole arabe décident de soumettre la question de la levée de l’embargo au sommet de Khartoum.
  • 29 août : ouverture du IVe sommet Arabe de Khartoum, qui réunit huit chefs d’États arabes, en l’absence de la Syrie. Nasser et Fayçal parviennent à s’entendre. L’Égypte confirme son évacuation du Yémen du Nord, l’embargo pétrolier est levé, 20 % des revenus pétroliers seront versés au pays arabes de la ligne de front avec Israël. Khartoum scelle la réconciliation entre régimes progressiste et conservateurs. C’est la fin de l’antagonisme égypto-saoudien.
  • 1er septembre : fin de la conférence de Khartoum. Résolution de Khartoum : Les pays Arabes s’engagent à ne pas reconnaître Israël et à ne pas négocier ni conclure de traité de paix. Ils proclament que les États occupés par Israël sont arabes et la tâche de les récupérer incombe à tout État arabe.
  • 5 novembre (Yémen du Nord) : Les modérés yéménites renversent le régime, mais doivent faire face aux royalistes qui assiègent Sanaa à partir de décembre. Ils échouent finalement et se retirent.
  • 22 novembre : résolution 242 (1967) du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant le retrait d'Israël des territoires occupés en échange de la reconnaissance de tous les États de la région, cessation de l’état de belligérance entre Israël et les Arabes, respect de la reconnaissance de l’intégrité territoriale de tous les États de la région, liberté de navigation sur les voies d’eau internationales, règlement de la question des réfugiés, création de zones démilitarisées. L’Égypte, le Liban et la Jordanie acceptent la résolution. La Syrie et les Palestiniens refusent. Israël interprète le texte dans sa version anglaise : retrait de « territoires occupés » et non « des territoires occupés ».
  • 30 novembre : le Yémen du Sud, ex-protectorat britannique, accède à l'indépendance. Les Britanniques cèdent le pouvoir à un Front National de Libération (cf. 1970). La fragilité de la région s’accroît. Le régime sud-yéménite est menacé par une guérilla organisée par les forces pronassériennes et les forces de tendance marxiste.
  • Novembre[10] : Abou Dabi adhère à l’OPEP.
  • 11 décembre[11] : le MNA devient le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), toujours sous la direction de Georges Habache. En 1968, il se scinde en plusieurs courants. Création de la Sa'iqa (foudre), branche militaire du Baath syrien, qui veut libérer la Palestine par son intégration à la Syrie.
  • 24 décembre : Shuqayri démissionne de la direction de l’OLP, discréditée par la guerre. Yahya Hammouda lui succède.
  • Les territoires occupés (Cisjordanie et Gaza) sont peuplés d’un peu plus d’un million d’Arabes dont la moitié sont des réfugiés de 1948. 200 000 personnes fuient vers la Jordanie. Le nombre total de réfugiés Palestiniens est de 1,3 million contre 960 000 en 1950, dont 600 000 en Jordanie.

Europe[modifier | modifier le code]

Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]

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Naissances en 1967[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Naissances en 1967.

Décès en 1967[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décès en 1967.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]