1958

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Icône de redirection Cette page concerne l'année 1958 (MCMLVIII en chiffres romains) du calendrier grégorien. Pour les autres significations, voir 1958 (Chronologie de Dada et du surréalisme).

1958 est une année commune commençant un mercredi.

Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Autonomisation des syndicats FO à Abidjan et création de la CASL-FO (Confédération Africaine des Syndicats Libres-FO).
  • 106 600 Européens recensés au Congo belge.
  • Début de la production de pétrole au Nigeria.

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

  • 11 janvier : le pétrole du Sahara arrive jusqu'à Philippeville (Algérie).
  • 31 janvier : vote de la loi-cadre sur l'Algérie.
  • 8 février : en riposte aux attaques du FLN à partir du territoire tunisien, l’aviation française bombarde le village de Sakiet Sidi Youssef faisant de nombreuses victimes civiles. Le gouvernement tunisien proteste et exige l’évacuation des bases militaires françaises.
  • 12 février : combat du Fedj Zezoua.
  • 17 février : les États-Unis proposent leurs bons offices dans l'affaire algérienne.
  • 1er avril : l’Espagne cède au Maroc une partie du Sahara espagnol.
  • 26 avril : les Européens manifestent à Alger et appellent l’armée à prendre le pouvoir.
  • 30 avril : l’Istiqlal et le Néo-Destour s’engagent à renforcer leur soutien au FLN.
  • 13 mai : émeutes insurrectionnelles à Alger. L’immeuble du gouvernement général à Alger est investi par les manifestants. Les généraux Massu et Salan fondent un Comité de salut public en vue du maintien de l'Algérie française, qui exige la création en France d’un gouvernement d’exception. L’Assemblée nationale accorde sa confiance au gouvernement de Pierre Pflimlin.
  • 14 mai : le président René Coty ordonne à l’armée d’Algérie de rester sous l’autorité du gouvernement.
  • 15 mai : le général Salan fait appel au général de Gaulle. Le général de Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.
  • 16 mai : l’Assemblée nationale instaure l’État d’urgence. Les pouvoirs spéciaux en Algérie sont renouvelés.
  • 24 mai : des comités de salut public sont constitués en Corse à l’instigation d’envoyés d’Alger.
  • 1er juin : gouvernement de Gaulle qui obtient les pleins pouvoirs pour six mois.
  • 4 - 7 juin : premier voyage du général de Gaulle en Algérie. Devant la foule réunie à Alger, il lance la phrase « Je vous ai compris ! ».
  • 9 juin : le général Salan est nommé délégué général du gouvernement en Algérie.
  • 16 juin : le général Massu devient préfet d’Alger.
  • 17 juin : accord entre les gouvernements français et tunisien sur le retrait des troupes françaises.
  • Juin : la Tunisie accepte la construction par la France d’un oléoduc reliant le gisement de pétrole d’Edjeleh au port tunisien de La Skhirra.
  • 1er juillet : nouveau voyage de de Gaulle en Algérie.
  • 3 juillet : de Gaulle prend contact avec l’armée mais refuse de recevoir les membres du Comité de salut public d’Alger et annonce la constitution d’un collège électoral unique ainsi que l’octroi du droit de vote aux femmes musulmanes.
  • 19 septembre : proclamation au Caire du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) sous la présidence de Ferhat Abbas. La RAU, l’Irak, la Libye, le Yémen, la Tunisie et le Maroc la reconnaissent immédiatement.
  • 2 octobre : discours de Constantine du général de Gaulle qui annonce un plan de réformes sociales, économiques et culturelles pour l’Algérie et affirme l’existence d’une « solidarité étroite » entre l’Algérie et la France : c’est le plan de Constantine, qui propose l’industrialisation de l’Algérie grâce au pétrole du Sahara.
  • 11 octobre : Ferhat Abbas annonce que le gouvernement provisoire est prêt à négocier les conditions d’un cessez-le-feu.
  • Octobre : 800 000 soldats français sont engagés dans le conflit algérien.
  • 23 octobre : dans une conférence de presse, de Gaulle offre au FLN « la paix des Braves ». Le FLN refuse.

Amérique[modifier | modifier le code]

  • 17 mars, Révolution cubaine : Fidel Castro lance un appel à la guerre totale contre le régime de Fulgencio Batista à Cuba. Le gouvernement des États-Unis décrète l’embargo sur les fournitures d’armes à Cuba (Mars), ce qui revient à placer sur un pied d’égalité la légitimité du combat du gouvernement Batista et celui de la guérilla.
  • 9 avril : une grève générale échoue à Cuba. Castro intensifie la guérilla. La répression de l’armée s’abat sur les couches moyennes et les milieux étudiants, ce qui contribue à éloigner du régime de nombreuses catégories sociales.
  • 10 juin : signature d’un traité multilatéral de libre commerce et d’intégration économique entre les cinq pays d’Amérique centrale.
  • 7 août : inauguration du président colombien Alberto Lleras Camargo. Début du Régime du Front national en Colombie (fin en 1974)[8]. Les institutions démocratiques sont restaurées mais la démocratie est limitée aux seuls partis libéral et conservateur, ce qui entraîne une démobilisation politique. L’état de siège reste en vigueur jusqu’en 1982.
  • 31 octobre : pacte de Punto Fijo entre les partis politiques au Venezuela. Il prévoit que les partis respecteraient les résultats des élections à venir et que les vaincus se verraient offrir une participation au pouvoir[8].
  • 1er novembre : grève des ouvriers du pétrole en Argentine ; l’état de siège est décrété le 11 novembre[9].
  • Novembre, Cuba : Batista tente une issue politique et organise une élection présidentielle anticipées qui se solde par une abstention massive.

Asie et Pacifique[modifier | modifier le code]

  • 1er janvier (Thaïlande) : un gouvernement de coalition est formé et placé sous la houlette du Premier ministre, le général de corps d’armée Thanom Kittikachorn (fin le 20 octobre).
  • 11 janvier : au Cambodge, Ek Yi Oun est nommé Premier ministre avant d'être remplacé le 17 par Penn Nouth[10].
  • Février :
    • Australie) : fondation du Conseil fédéral pour la défense des droits des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres (FCAATSI)[11], qui œuvre à la suppression des lois discriminatoires, des restrictions aux libertés individuelles des Aborigènes, à l’obtention du droit de vote à l’échelon national et à l’accession à une véritable identité citoyenne.
    • Promulgation de la première constitution démocratique du Népal.
    • Indonésie : des militaires et des islamistes proclament avec l’appui officieux des États-Unis, un gouvernement rival à Sumatra. Les forces de Djakarta les battent rapidement, mais la guérilla se poursuit jusqu’en 1961.
  • 1er octobre : transfert de la souveraineté de l'île Christmas du Royaume-Uni à l'Australie.
  • 20 octobre (Thaïlande) : un nouveau coup d’État une nouvelle fois mené par Sarit Dhanarajata, renverse le gouvernement Thanom. La Constitution est suspendue, la loi martiale proclamée et tous les partis politiques sont interdits (fin en 1963).
  • 28 octobre :
    • Régime militaire au Pakistan.
    • Birmanie : une scission de l’AFPFL nécessite l’intervention constitutionnelle d’un gouvernement intérimaire militaire pendant dix-huit mois, sous la direction du général Ne Win (fin le ). Son gouvernement resserre la discipline administrative et contient les prétentions séparatistes des États shans.
  • 10 décembre, Inde : vote du Kerala Agrarian Relations Bill par l’assemblée législative locale[14]. Début de la réforme agraire dans le Kerala, gouverné depuis 1957 par les communistes.


Chine[modifier | modifier le code]

  • Début du conflit sino-soviétique.
  • D'importantes opérations de guérilla sont signalées dans l'est du Tibet. Cette rébellion est provoquée par des tentatives d'instaurer des communes populaires semblables à celles qui existent dans d'autres régions de la Chine. Les autorités chinoises annoncent que l'établissement des communes est reporté au Tibet, mais il est déjà trop tard pour éviter l'extension du conflit armé.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Film d'actualité montrant Eisenhower parlant de la crise du Liban à l'Organisation des Nations unies le 14 juillet 1958 et les Marines au Liban.
15 juillet : intervention des États-Unis à Beyrouth
  • Après la révolution irakienne, les forces communistes d’Irak s’opposent violemment au rapprochement du pays à la RAU. Nasser accuse le communisme d’être contraire aux intérêts de l’unité arabe. L’URSS réagit en soutenant les forces communistes de Syrie et d’Irak. Les États-Unis en profitent pour rétablir leurs relations avec l’Égypte. L’aide alimentaire fonctionne de nouveau.
  • Retour en Irak du dirigeant kurde Moustafa Barzani, jusqu’alors exilé en Union soviétique. Il se rapproche d’une organisation de gauche fondée par de jeunes intellectuels, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK). D’abord favorables au régime de Qasim ; les Kurdes s’en détournent faut d’obtenir des droits suffisants.
  • Tensions en l’Arabie saoudite et l’Égypte. Les Saoudiens organisent un attentat manqué contre Nasser et tentent d’empêcher la formation de la RAU. Faysal devient chef du gouvernement et tente de rétablir l’image de son pays sur la scène internationale, mais Sa’ud renvoie son frère.

Europe[modifier | modifier le code]

Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

  • 14 février : publication du plan Rapacki par le gouvernement polonais[15]. Les ministres des huit pays du pacte de Varsovie décident d’adhérer au plan Rapacki, proposé par le ministre des Affaires étrangères polonais en 1957 à l’ONU. Une zone dénucléarisée est établie en Europe couvrant les deux Allemagnes, la Pologne et la Tchécoslovaquie. Les ministres proposent également la signature d’un accord de non-agression avec l’OTAN.
  • 27 mars (Union soviétique) : Nikolaï Boulganine est contraint de démissionner. Nikita Khrouchtchev cumule les fonctions de premier secrétaire du Parti communiste et de chef du gouvernement de l'Union soviétique. La direction collégiale disparaît.
  • 31 mars : la diplomatie soviétique annonce l’arrêt provisoire des essais nucléaires.
  • 4 avril : Khrouchtchev annonce un arrêt unilatéral des essais nucléaires.
  • 27 avril : clôture du Congrès de la Ligue des communistes yougoslaves, qui réaffirme l’originalité de la voie yougoslave vers le communisme. L’Union soviétique, qui a refusé d’y participer, réagit vivement.
  • Juin : retrait des troupes soviétiques stationnées en Roumanie.
  • 16 juin : exécution après un procès secret en URSS de Imre Nagy, ancien chef du gouvernement hongrois, du général Maleter et de deux autres chefs de l’insurrection de 1956.
  • 17 juin : le gouvernement hongrois annonce l’exécution d'Imre Nagy.
  • 12 novembre (Union soviétique) : Lors d’une session du parti communiste, Boulganine, Molotov et Malenkov sont accusés d’appartenir au « groupe antiparti ».
  • 27 novembre : ultimatum de Khrouchtchev qui réclame un nouveau statut pour la ville de Berlin et crée d'importantes tensions entre l'Est et l'Ouest, début de la crise de Berlin.
  • Durcissement de la politique de Władysław Gomułka en Pologne.
  • Reprise de la collectivisation agricole en Roumanie par la transformation des coopératives de 1er type en kolkhoze.
  • URSS : volonté de décentralisation et de partielle libéralisation de l’agriculture. La supervision des exploitations agricoles passe de l’administration centrale à trente-neuf conseils régionaux. Les collectivités deviennent propriétaires des machines agricoles (elles les louaient auparavant à des stations techniques), tandis que le cours auquel l’État achète les céréales est relevé.

Europe de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : 1958 en France, 1958 en Italie et 1958 en Suisse.
  • Au Portugal, Marcelo Caetano se retire de la vie politique et devient recteur de l’université de Lisbonne.
  • Création du Frente de liberación popular en Espagne (catholiques progressistes).
  • Les comités d’entreprise sont autorisés en Espagne.

Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Naissances en 1958[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Naissances en 1958.

Décès en 1958[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décès en 1958.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Babacar Fall, Le travail au Sénégal au XXe siècle, Karthala,‎ (ISBN 9782811150044, présentation en ligne)
  2. Paysans, mes frères
  3. books.google.com
  4. Democracy Factfile - Tanzania - SD - SARDC
  5. Isidore Ndaywel è Nziem, Histoire générale du Congo, De Boeck Supérieur,‎ (ISBN 9782801111741, présentation en ligne)
  6. http://tanzania.fes-international.de/arusha-2005/docs/alliances-and-agreements-of-tolerance.uganda.pdf
  7. a et b Olivier Dabène, L'Amérique latine à l'époque contemporaine, Armand Colin,‎ (ISBN 9782200254117, présentation en ligne), p. 1903, 1924
  8. a, b, c, d et e James D. Henderson, Helen Delpar, Maurice Philip Brungardt, Richard N. Weldon, A Reference Guide to Latin American History, M.E. Sharpe,‎ (ISBN 9781563247446, présentation en ligne), p. 197-206
  9. a et b Alejandro García, La crisis argentina, 1966-1976 : notas y documentos sobre una época de violencia política, EDITUM,‎ (ISBN 9788476844106, présentation en ligne)
  10. a, b et c « Leaders Cambodia (Kingdom of Cambodia) », sur Zárate's Political Collections (ZPC)
  11. Federal Council for the Advancement of Aborigines and Torres Strait Islanders
  12. Ilpyong J. Kim, Communist Politics in North Korea, Praeger,‎ (ISBN 9780275091903, présentation en ligne)
  13. Philippe Pons, Corée du Nord. Un État-guérilla en mutation, Éditions Gallimard (ISBN 9782072495977, présentation en ligne)
  14. K. K. N. Kurup, Modern Kerala : Studies in Social and Agrarian Relations, Mittal Publications,‎ (ISBN 9788170990949, présentation en ligne)
  15. cvce.eubooks.google.com
  16. Olivier Delorme, La Grèce et les Balkans, Gallimard (ISBN 9782072495366, présentation en ligne)
  17. Notting Hill Riots 1958 - Exploring 20th Century London
  18. Microsoft Word - liste_pays_membres.doc

Liens externes[modifier | modifier le code]