Édouard Frédéric-Dupont

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Édouard Frédéric-Dupont
Image illustrative de l'article Édouard Frédéric-Dupont
Fonctions
Député de la 3e circonscription de Paris
Législature 8e (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Michel Roussin
Député de Paris
Scrutin proportionnel par département
Législature 8e (Ve République)
Maire du 7e arrondissement de Paris
Prédécesseur aucun
Successeur Martine Aurillac
Député de la 5e circonscription de Paris
Législature 1re (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Jacques Mer
Législature 3e (Ve République)
Prédécesseur Jacques Mer
Successeur Michel Caldaguès
Législature 5e,6e et 7e (Ve République)
Prédécesseur Michel Caldaguès
Successeur circonscription supprimée
Député de la Seine
Législature 16e (IIIe République)
Législature 1re et 2e Assemblées constituantes de la IVe République
Législature 1re, 2e et 3e (IVe République)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (7e)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Paris (7e)
Parti politique FRF (1936-1942)
PRL (1945-1951
RPF (1951-1952)
ARS (1952-1955)
IPAS (1956-1962)
PDM (1967-1968)
RI (1973-1978)
RPR (1978-1986)
FN (1986-1988)
RPR (1988-1993)
Profession avocat

Édouard Frédéric-Dupont, né le à Paris où il est mort le , est un homme politique français, croix de guerre 1939-1945, titulaire de la médaille de la Résistance, ministre, député de la troisième circonscription de Paris, conseiller de Paris et maire du 7e arrondissement de Paris jusqu'à sa mort.

Son surnom de « Dupont des loges » lui vient de ses nombreuses propositions de loi relatives au statut et à la qualité de vie des gardiens d'immeubles.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Né Édouard Charles Frédéric Dupont à Paris, avenue Bosquet, il est le fils de Charles Joseph Dupont, capitaine d'artillerie et de Jeanne Rose Agathe Hauvion[1].

Avocat à la Cour d'appel de Paris et défenseur (à titre gratuit) des concierges, des commerçants et des artisans du 7e arrondissement, il s'engage en politique dès 1923 sous le nom de Frédéric-Dupont et il est élu conseiller municipal du secteur Saint-Thomas d'Aquin en 1933, sous l'étiquette « républicain national », lors d'une partielle consécutive à la démission du conseiller sortant maurrassien, Ambroise Rendu, qui pensait faire élire son fils.

Édouard Frédéric-Dupont participe aux émeutes du 6 février 1934, où il descend dans la rue, ceint de son écharpe de conseiller, pour protester contre la révocation du préfet de police Jean Chiappe par le gouvernement d'Édouard Daladier. Il est blessé à la tête lors des émeutes, ce qui lui vaudra en partie d'être réélu conseiller de Paris dès le premier tour avec 95 % des voix en 1935, puis député de la Seine avec 83 % des voix, au premier tour également, en 1936. Lui qui avait commencé sa carrière à l'Alliance démocratique a désormais l'étiquette de la Fédération républicaine, plus conservatrice.

À la Chambre des députés, il combat le Front populaire, alors qu'au Conseil municipal de Paris, selon ses propres déclarations, « les projectiles volaient bas avec le groupe communiste, au-dessus de la tête des préfets ».

Pendant la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est maintenu en place par le régime de Vichy au Conseil municipal de Paris, dont il devient le vice-président en 1941. Poursuivant parallèlement l'exercice de sa profession d'avocat, il se rapproche de la Résistance, dont il défend des membres devant les tribunaux, parmi lesquels se trouvent des partisans communistes comme André Gautier, futur député de Seine-et-Marne, et il fournit de faux certificats de baptême à des juifs pour leur permettre de quitter la zone occupée. Ce comportement, tout comme les activités de renseignement qu'il effectuait au sein du conseil municipal de Paris, lui vaudra la Croix de guerre, la médaille de la Résistance et la Légion d'honneur à titre militaire.

Lors de la séance du Conseil municipal de Paris du 16 décembre 1943, il vote contre le projet de budget pour 1944, qui allouait des crédits au titre de l'aide de la police parisienne à la police allemande. Il démissionne du conseil municipal en avril 1944.

Plaque apposée sur le domicile parisien d'Édouard Frédéric-Dupont, 177 boulevard Saint-Germain.

Après la Libération, les comités de Libération du 7e arrondissement et de la Ville de Paris reconnaissent sa qualité de résistant. Il est relevé de son inéligibilité et est réintégré au conseil municipal provisoire par arrêté du gouvernement provisoire en date du 15 mars 1945, en dépit des protestations des communistes et des réserves de certains résistants gaullistes. Il se présente aux élections municipales où il est élu pour représenter le deuxième secteur (6e, 7e et 15e arrondissements) et aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante où il conduit la « liste de la liberté » et est élu député de la première circonscription de la Seine (5e, 6e, 7e, 13e, 14e et 15e arrondissements). Il siège alors au groupe d'Unité républicaine d'où il dépose neuf propositions de loi et refuse la première proposition de texte de Constitution.

Il est réélu à la seconde Constituante le sous l'étiquette du Parti républicain de la liberté dont il est l'un des fondateurs, en dépit d'une violente campagne contre lui orchestrée par le PCF, l'accusant d'avoir été à la solde de l'occupant, et qu'il parvient à faire condamner pour diffamation pour la réalisation d'une photo-montage le représentant en uniforme allemand.

Réélu, il rejoint l'intergroupe gaulliste dès sa formation en 1947 en dépit encore des réserves des gaullistes intransigeants avec ceux qui ont frayé trop longtemps avec le régime de Vichy. C'est ainsi qu'en 1947, il ne reçoit pas l'investiture du RPF pour se représenter aux municipales mais il apporte son soutien à Pierre de Gaulle. Il n'en finit pas moins par obtenir son investiture pour sa réélection en tant que député en 1951.

Sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Durant la législature 1946-1951, il dépose pas moins de 99 propositions de loi ou de résolution relatifs principalement aux rentes-viagères, au commerce, à l'artisanat, à la famille, aux droits des femmes et aux gardiens d'immeubles, ce qui lui vaudra la qualification de « député des concierges ». Il est particulièrement impliqué dans le vote de la loi du 2 août 1949 relative à l'indexation des rentes viagères et il est à l'origine de celle instituant la carte des économiquement faibles. Il vote contre le projet de loi sur le statut de l'Algérie et contre la loi instituant le scrutin majoritaire avec apparentements.

Si, en tant qu'avocat, il lui arrive de défendre devant les tribunaux des personnalités compromises avec Vichy, il soutient surtout une politique d'apaisement et de réconciliation nationale. Il dépose ainsi le 9 mai 1950 une proposition de loi ayant pour objet la suppression des cours de justice et des chambres civiques.

Aux élections législatives du 17 juin 1951, il est second de la liste RPF de la première circonscription de la Seine, derrière Pierre de Gaulle, qui arrive en tête avec 28,2 % des suffrages exprimés. Durant la nouvelle législature, il dépose pas moins de 128 propositions de loi ou de résolution concernant notamment les femmes seules, les invalides, les droits sociaux des artisans, la législation économique et surtout le droit des contribuables face au contrôle fiscal. Il s'oppose à la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier).

En mars 1952, il fait partie des 27 députés RPF qui votent l'investiture d'Antoine Pinay à la présidence du conseil en dépit de la position exprimée par le général de Gaulle. Exclu en conséquence du RPF avec ses 26 collègues, il rejoint l'ARS de Pinay, séduit comme beaucoup d'autres députés gaullistes par le conservatisme gouvernemental qu'incarne le nouveau président du Conseil.

En 1953, sous l'étiquette ARS, il est de nouveau élu au conseil municipal dont il devient le premier président de ce mandat. Il siègera dorénavant à ce Conseil sans discontinuité jusqu'à sa mort.

C'est aux côtés de Jacques Foccart et de Maurice Bayrou qu'il se fait le porte-parole à l'Assemblée nationale de la défense du maintien de l'Empire colonial français et plus particulièrement du corps expéditionnaire en Indochine. Le 5 mars 1954, il s'oppose au cessez-le-feu, rappelle l'œuvre civilisatrice de la France dans cette région et condamne « tout abandon ». Du 3 au 9 juin 1954, il est brièvement ministre des relations avec les États associés d'Indochine dans le gouvernement Joseph Laniel. Il lui est juste donné le temps de connaître les propositions faites par le Vietminh. Estimant que le gouvernement Laniel était en voie d'aboutir à un accord plus favorable que celui négocié par son successeur, Pierre Mendès France, il vote contre les Accords de Genève du 23 juillet 1954.

Il adopte une attitude analogue pour la question marocaine et refuse la confiance au gouvernement d'Edgar Faure après avoir pourtant voté son investiture.

Il vote également en faveur du réarmement de la République fédérale allemande et approuve son entrée dans l'OTAN.

Lors des élections législatives du 2 janvier 1956, il mène la liste d'Union des indépendants, dans la première circonscription de la Seine. Il est élu sur un programme où il propose l'institution d'un fonds national vieillesse et une réforme de statut de la capitale ainsi que la défense de l'Union française.

De 1956 à 1962, il siège avec le CNI. C'est à cette époque, dans son combat pour l'Algérie française, qu'il côtoie le jeune député du quartier latin, Jean-Marie Le Pen, avec lequel il tisse des liens. Sa proposition de loi relative à l'installation obligatoire d'un dispositif automatique d'ouverture des immeubles dans les agglomérations de plus de 500 000 habitants est alors votée par la chambre (loi du 4 juillet 1957). Ses interventions dans l'hémicycle concernent alors souvent les problèmes de la ville de Paris et de l'Afrique du Nord. C'est sur ce dernier sujet qu'il s'oppose violemment avec le Parti communiste.

S'il vote contre l'investiture de Guy Mollet en 1956, il lui accorde les pouvoirs spéciaux en Algérie.

Favorable à la construction européenne, il ratifie les traités instituant la Communauté économique européenne et l'Euratom, le 9 juillet 1957.

À partir de 1958, il s'oppose systématiquement aux derniers gouvernements de la 4e République et vote contre l'investiture à Pierre Pflimlin, contre la déclaration de l'état d'urgence, la révision partielle de la Constitution et, le 27 mai 1958, en appelle au ralliement au gouvernement de salut national présidé par le général de Gaulle dont il vote l'investiture en juin 1958 et auquel il accorde les pleins pouvoirs.

En novembre 1958, il est réélu député de la Seine pour la circonscription du 7e arrondissement de Paris. Jusqu'en 1962, il est vice-président de l'Assemblée nationale.

Sous la Ve République[modifier | modifier le code]

En 1962, il censure le gouvernement de Georges Pompidou et est battu par le gaulliste Jacques Mer lors des élections législatives anticipées. Son éloignement des gaullistes s'accentue quand il soutient le général Raoul Salan lors de sa comparution devant le Haut Tribunal militaire.

En 1967, il prend sa revanche en l'emportant sur Maurice Couve de Murville sous l'étiquette Progrès et démocratie moderne (PDM). Il n'est pas candidat en juin 1968 et le gaulliste Michel Caldaguès reprend son siège.

De 1973 à 1978, il est député républicain indépendant.

En 1977, au sein du conseil de la ville de Paris, il prône la coopération entre le jeune RPR et le PR alors que les deux partis se déchirent pour placer un des leurs à l'hôtel de ville (Jacques Chirac sera élu maire de Paris). Il bascule lui-même dans le camp de Jacques Chirac et il s'apparente au RPR qu'il représente ainsi à l'assemblée nationale de 1978 à 1986 (réélu en 1981).

En 1983, il est réélu au premier tour maire du 7e arrondissement avec un score avoisinant les 83 % des suffrages.

Fidèle à Jacques Chirac, Édouard Frédéric-Dupont est au début des années 1980 un des avocats du rapprochement de la droite avec le Front National de Jean Marie Le Pen. Après le rétablissement du scrutin proportionnel par François Mitterrand en 1985, il accepte de figurer sur la liste FN de Paris, au côté notamment de personnalités comme Olivier d'Ormesson et Charles de Chambrun, tentées par cette alliance. En 1986, il est ainsi l'un des 35 députés et apparentés Front National et le vice-doyen de l'assemblée. Il tente de jouer un rôle charnière entre la droite gouvernementale et le FN et est l'un des seuls députés frontistes à accorder sa confiance au gouvernement.

En 1988, amer et déçu par Le Pen, Édouard Frédéric-Dupont envisage dans un premier temps son retrait de la vie politique nationale. C'est Jacques Chirac qui lui demande de se représenter, sous l'étiquette RPR, dans sa circonscription traditionnelle du 7e arrondissement. Il accepte et est facilement réélu député contre Marie-Caroline Le Pen, candidate parachutée dans sa circonscription.

En 1989, il est réélu maire du 7e arrondissement.

En 1993, il abandonne volontairement son siège de député à Michel Roussin, qui, une fois entré au gouvernement, laisse le siège à sa suppléante Martine Aurillac, mais il garde sa mairie.

Édouard Frédéric-Dupont est décédé le 14 février 1995 à l'hôpital Necker à l'âge de 92 ans au terme de la plus longue carrière de conseiller de Paris de l'histoire récente de la capitale.

Bilan[modifier | modifier le code]

Parmi les réalisations concrètes d'Édouard Frédéric-Dupont lorsqu'il était président du Conseil municipal ou maire du 7e arrondissement, on peut citer :

  • la création du périphérique parisien en 1953
  • la construction du parc de stationnement souterrain des Invalides
  • la restauration à l'identique des jardins de l'intendant, autour de l'hôtel des Invalides
  • le classement en secteur sauvegardé d'une partie du 7e arrondissement

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance aux AD de Paris en ligne, Paris 7, V4E 8680, vue 10/31, acte 709
Précédé par Édouard Frédéric-Dupont Suivi par
René Moatti
Blason paris 75.svg
Président du Conseil municipal de Paris
1953
Bernard Lafay