Centre national des indépendants et paysans

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Centre national des indépendants et paysans
Image illustrative de l'article Centre national des indépendants et paysans
Logo officiel
Présentation
Président Bruno North
Fondation
Siège 6, rue Quentin-Bauchart
75008 Paris
Mouvement de jeunesse http://jeunes.cnip.fr
Positionnement Droite (politique)
Idéologie Conservatisme
Ordolibéralisme
Patriotisme
Traditionalisme
Agrarisme
[réf. nécessaire]
Couleurs Bleu, Blanc, Rouge
Site web www.cni.asso.fr
Présidents de groupe
Sénat aucun sièges
Assemblée Les Républicains
Parlement européen aucun sièges
Représentation
Députés
1 / 577
Sénateurs
0 / 348
Députés européens
0 / 72

Le Centre national des indépendants et paysans (CNI ou CNIP) est un parti politique français conservateur et traditionaliste créé le . Il succède au Centre national des indépendants après l’absorption provisoire du Parti paysan d'union sociale de Paul Antier en 1951, puis le Parti républicain de la liberté (PRL) ou l’Action républicaine et sociale. En 1962, une branche fait sécession et fonde les Républicains indépendants autour de Valéry Giscard d'Estaing.

Il regroupe alors les courants de la droite classique hostile au dirigisme des partis de gauche (PCF, PS) ou du centre (MRP). Au cours de son histoire, il s'associe à plusieurs partis de droite ou de centre droit et est un temps proche du Front national. Bruno North est son président depuis janvier 2016.

Historique[modifier | modifier le code]

Sous la Quatrième République[modifier | modifier le code]

Les statuts du Centre national des indépendants sont signés le 6 janvier 1949 par les sénateurs Roger Duchet, René Coty et Jean Boivin-Champeaux[1]. Leur motivation est de rassembler les élus modérés de petites formations parlementaires comme le Parti républicain de la liberté et les Républicains modérés.

Le 15 février 1951, le CNI devient le Centre national des indépendants et des paysans (CNIP) après l'absorption du Parti paysan de Paul Antier[2].

Avec 97 députés élus (14,1 % des suffrages) lors des élections de 1951, le CNIP forme le groupe parlementaire des Républicains indépendants. Il joue ensuite un rôle central au cours de la deuxième législature de la IVe République en devenant le premier groupe parlementaire avec l'appoint des 27 députés ARS (dissidents du RPF) qui avaient voté l’investiture de Pinay en mars 1952.

Le CNIP parvient alors à faire cohabiter en son sein des hommes dont les trajectoires sous l'occupation avaient été assez nettement divergentes. Ainsi, il accueille dans son groupe parlementaire Jacques Isorni, ancien résistant, mais aussi ancien avocat du maréchal Pétain en 1945. Antoine Pinay qui fut brièvement membre du Conseil de l'État français et Joseph Laniel, résistant historique, membre du CNR, mais très tôt partisan d'une amnistie effaçant des condamnations de la période dite d'épuration, deviennent présidents du Conseil. René Coty est élu président de la République en décembre 1953.

Après les élections de 1956, le CNIP dispose de 95 députés et devient un parti d'opposition face au Front républicain.

Anti-communiste, le CNIP est alors largement financé par le patronat et les lobbies agricoles ou coloniaux[3]. En politique étrangère, les positions de la majorité des indépendants sous la IVe République étaient assez voisines de celles du parti démocrate-chrétien MRP : engagement en faveur de l'intégration européenne et de l'alliance atlantique. Le CNIP milite pour l'Algérie française.

Sous la Cinquième République[modifier | modifier le code]

Le CNIP a favorisé le retour au pouvoir du général de Gaulle, malgré les réticences initiales de Roger Duchet et contribué à la chute du gouvernement Pierre Pflimlin en se retirant de sa majorité fin mai 1958. Il a obtenu 117 sièges (13,7 % des suffrages) aux élections de novembre 1958, sous l'appellation « Indépendants et paysans d'action sociale » (IPAS), devenant la principale formation de la majorité présidentielle après l'UNR. Antoine Pinay, ministre des Finances, a réussi la réforme monétaire de décembre 1959 (nouveau franc).

Les indépendants et les gaullistes se divisent ensuite sur plusieurs points. Concernant l'Algérie, le CNIP n'adhère pas à l'évolution de la question vers un processus d'autodétermination. Le parti ne donne d'ailleurs pas de consignes de vote pour les référendums gaullistes de janvier 1961 et d'avril 1962[1]. D'autre part, la politique économique libérale souhaitée par les indépendants se heurte à l’interventionnisme gaulliste. Pinay quitte ainsi le gouvernement Debré en janvier 1960.

Finalement, le 5 octobre 1962, 107 députés CNIP refusent la confiance au gouvernement Georges Pompidou. Les indépendants se séparent ainsi de la majorité gouvernementale sur la question de la réforme constitutionnelle instituant l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Cette décision provoque en interne le départ des Républicains indépendants (Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Mondon, Louis Jacquinot, Jean de Broglie, Raymond Marcellin), favorables à la réforme constitutionnelle et à la poursuite de l’alliance avec les gaullistes de l'UNR-UDT.

Cette rupture et le passage des indépendants dans l'opposition marque le début d'un profond déclin. Dès les élections législatives de 1962, le CNIP subit un revers important. Avec seulement 11 députés (9,6 % des suffrages), les indépendants s'allient avec le MRP et quelques libéraux au sein du groupe parlementaire du Centre démocratique. Pour les législatives de 1967 et 1968, le CNIP ne constitue qu'une force mineure au sein du groupe parlementaire de Progrès et démocratie moderne.

À partir des années 1960, le parti ne joue plus de rôle significatif et se retrouve à la marge. De fait, les indépendants n'ont ensuite plus qu’un rôle d’appoint à la formation dominante de la droite (UDR, RPR puis UMP). Des tentatives eurent lieu pour faire du CNIP la « passerelle » entre la droite parlementaire et le Front national (fondé en 1972). Aux législatives de 1986, on retrouve des membres du CNIP sur les listes d'unions RPR-UDF. Néanmoins, le CNIP présentera des listes communes avec le Front national dans trois départements (Paris, l'Essonne et le Val-d'Oise). Le secrétaire général du mouvement, Yvon Briant, est d'ailleurs élu sur une liste Front national-Rassemblement national, et siège quelques mois au sein du groupe parlementaire FN avant d'en être exclu.

En 1987, Philippe Malaud quitte le CNIP dont il était le président depuis 1980, et fonde l'éphémère Fédération nationale des indépendants (FNI). Jacques Féron lui succède à la tête du CNIP. Pour les élections européennes de juin 1989, le CNIP s'allie finalement à la liste RPR-UDF menée par Valéry Giscard d'Estaing, Yvon Briant est élu député européen. Le CNIP s'est ensuite allié avec le RPR et le MPF (candidatures communes avec ce parti lors des élections législatives de 1997, sous l'étiquette La droite indépendante (LDI). En 1998, le CNIP fusionne avec deux petites formations de droite, le Parti pour la liberté et le Parti national républicain, sans toutefois changer de nom, avant d'adhérer à l'UMP comme personne morale associée en 2002.

Le candidat proposé par le CNIP à l'élection présidentielle de 2007 fut Jean-Michel Jardry, alors vice-président du CNIP, qui a recueilli 6 promesses de parrainage, selon Gilles Bourdouleix[4]. Il a annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy à la suite d'un Conseil national et d'un vote des adhérents le 17 février 2007 (57 % en faveur de Nicolas Sarkozy, 16 % pour François Bayrou, 12 % pour Philippe de Villiers et 5 % pour Jean-Marie Le Pen)[5]. Jean-Michel Jardry se retire ainsi de la course à la présidence de la République.

Le conseil national du CNIP a décidé le 7 juin 2008 de « reprendre son entière indépendance vis-à-vis de l’UMP », dont il était membre fondateur, et annoncé son intention « de présenter ses propres listes aux élections européennes »[6].

Le 4 mars 2009, le CNIP a présenté ses deux premières têtes de liste aux élections européennes de juin 2009, dans les circonscriptions suivantes : l'Île-de-France (Annick du Roscoät) et l'Outre-mer (Daniel Mugerin). Faute d'accord électoral avec l'UMP, il présente des listes dans cinq circonscriptions. Il obtient 11.700 voix en Île-de-France et 2,65 % des suffrages en Guyane, seuls endroits où le CNIP avait finalement déposé des bulletins. À l'occasion des élections cantonales de mars 2011 il obtient en moyenne 8,02 % des suffrages[réf. nécessaire].

Annick du Roscoät, présidente du CNIP depuis 2000, est remplacée par Gilles Bourdouleix, député et maire de Cholet, le [7].

Lors des élections régionales de 2010, le CNIP fait alliance avec Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan dans plusieurs régions. En Languedoc-Roussillon et dans certaines autres régions, il soutient des candidats divers droite comme Christian Jeanjean. En Vendée, le CNIP participe à la liste de la majorité présidentielle avec l'UMP et le MPF. Dans le Nord-Pas-de-Calais, le président du CNI du Pas-de-Calais présente sa propre liste.

Après avoir initialement refusé d'adhérer au Comité de liaison de la majorité présidentielle à cause de la place accordée à des partis de centre gauche comme La Gauche moderne et Les Progressistes, le CNIP a finalement rejoint le Comité de liaison en novembre 2010. En novembre 2010, le CNIP a entamé un rapprochement avec La Droite libre, mouvement libéral-conservateur. En avril 2011, il a fait de même avec le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin[8].

Finalement, à la suite de négociations conduites notamment par Jérôme Besnard, Gilles Bourdouleix annonce que son parti entame des négociations avec L'Alliance républicaine, écologiste et sociale, lancée par Jean-Louis Borloo[9]. Ces négociations n'aboutiront pas mais cette annonce provoque un violent désaccord entre la présidente d'honneur, Annick du Roscoät[10] souhaitant garder la ligne droite et conservatrice du parti et le président Gilles Bourdouleix dont le but est de repositionner le CNIP au centre droit, sa place historique selon lui[4].

Le , Gilles Bourdouleix rejoint le groupe UDI à l'Assemblée nationale. Le , le CNIP annonce qu'il rejoint l'Union des démocrates et indépendants[11]. Le , Gilles Bourdouleix démissionne du parti de Jean-Louis Borloo à la suite de propos controversés au sujet des gens de voyages. Le , le bureau exécutif de l'Union des démocrates et indépendants décide d'en exclure le CNIP, à la suite de la démission de Gilles Bourdouleix et du soutien unanime que le bureau politique du CNIP avait alors accordé à ce dernier dans l'affaire des propos qu'il aurait tenus au sujet des gens du voyage[12].

Lors des élections régionales de 2015, le président de la fédération des Alpes-Maritimes rallie la liste Front national. La direction du parti n'avait auparavant pas donné de consigné de vote, regrettant que Les Républicains accordent trop de place au centre (UDI et MoDem). Dans le même temps le président du CNIP, Gilles Bourdouleix, qui se dit opposé à l'idée de tout rapprochement avec le Front national, démissionne[13]. Le 30 janvier 2016, Bruno North, à qui s'était opposé Gilles Bourdouleix, est élu président du parti avec 91 % des voix[14].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le CNIP est dirigé par un Bureau politique composé notamment du président Gilles Bourdouleix (député à l'Assemblée nationale, maire de Cholet), du secrétaire général Bruno North, des secrétaires généraux adjoints Hervé Lucbereilh (maire d'Oloron-Sainte-Marie) et Jérôme Besnard (conseiller municipal de Mont-Saint-Aignan), du premier vice-président Stéphane Buffetaut (ancien député au Parlement européen) et des vice-présidents François Lebel (ancien maire du VIIIe arrondissement de Paris), Philippe Most (ancien conseiller régional de Poitou-Charentes) et Irène Peucelle (conseillère région du Nord-Pas-de-Calais-Picardie).

Les Jeunes indépendants et paysans ou « Jeunes CNI » sont le mouvement de jeunesse du CNIP.

Le CNIP compte dans ses rangs le député-maire de Cholet : Gilles Bourdouleix, député de la 5e circonscription de Maine-et-Loire. Le parti compte deux conseillers départementaux (Sinclair Vouriot en Seine-et-Marne et Patrice Brault en Maine-et-Loire), deux conseillers régionaux (élus dans le Nord et en Vendée) et revendique plusieurs dizaines de maires (dont ceux de Cholet, Oloron-Sainte-Marie et Saint-Thibault-des-Vignes).

Direction[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1973, le parti était dirigé par un secrétaire général[1] :

La fonction de président, créée en 1973, a été assumée par[15] :

Personnalités[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Richard, Le Centre national des indépendants et paysans de 1948 à 1962, ou l'échec de l'union des droites françaises dans le parti des modérés, thèse de doctorat d'État en histoire, IEP de Paris, 1998, 899 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-François Sirinelli (dir.), « CNI », dans Vie politique française au XXe siècle, Presses Universitaires de France,‎ (ISBN 9782130467847, lire en ligne)
  2. Jean-Pierre Rioux, La France de la IVe République, t. 1 : L'ardeur et la nécessité, Paris, Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine » (no 15),‎ , 309 p. (ISBN 978-2-020-05659-5), p. 226
  3. Jean-Pierre Rioux, La France de la IVe République, Paris, Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine » (no 16),‎ , 382 p. (ISBN 978-2-020-05216-0 et 978-2-020-06385-2), p. 90
  4. a et b « Gilles Bourdouleix, Président du CNIP : « nous n'avons pas vocation à être un sas entre l'extrême droite et l'UMP », sur Nouvelles de France,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  5. « Chronologie du Centre National des Indépendants et Paysans CNIP », sur www.france-politique.fr (consulté le 24 novembre 2015)
  6. « Prises de position 323 », sur www.cni.asso.fr,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  7. « Gilles Bourdouleix élu président du CNI », sur Ouest-France.fr,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  8. « Gilles Bourdouleix : « mettons un terme à l'immigration sociale pour résorber nos déficits », sur Nouvelles de France,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  9. « Le CNIP de Gilles Bourdouleix se rapproche de Jean-Louis Borloo », sur Ouest-France.fr,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  10. « Annick du Roscoät : « Avec Gilles Bourdouleix, le CNIP est mort ! », sur Nouvelles de France,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  11. « Le CNI rejoint l'UDI de Borloo », sur Le Figaro,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  12. « Le CNIP viré de l'UDI », sur www.europe1.fr,‎ (consulté le 24 novembre 2015)
  13. « Cholet. Gilles Bourdouleix : les raisons d'une démission surprise », sur Courrier de l'Ouest,‎ (consulté le 1er février 2016)
  14. « Bruno North élu président du CNIP », sur Le Figaro,‎ (consulté le 1er février 2016)
  15. « Organigramme du Centre National des Indépendants et Paysans CNIP », sur www.france-politique.fr (consulté le 24 novembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]