Liste des présidents de la République française

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Article connexe : Liste des monarques de France.

Cet article dresse la liste des présidents de la République française de 1848 à 1852, de 1871 à 1940 et depuis 1947. Elle nomme également les personnes qui ont exercé la fonction de chef d'État de la France républicaine de 1792 à 1804 et de 1940 à 1947.

Première République (1792–1804)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première République (France).

Le , en pleine Révolution française, les députés de la Convention, réunis pour la première fois, décident à l'unanimité de l'abolition de la royauté[1]. Le , la décision est prise de dater les actes de l'an I de la République et le , la République est déclarée « une et indivisible »[2].

La Première République passe par trois formes de gouvernement mais aucune ne connait, à proprement parler, de « président de la République » :

La Première République prend fin lors de la proclamation de Napoléon Bonaparte comme « empereur des Français » le . Le mot « République » subsiste sur les pièces jusqu'en 1806 avant d'être remplacé par « Empire français ».

Directoire (ans républicains IV à VIII)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Directeur (Directoire).

Les cinq directeurs sont les détenteurs du pouvoir exécutif sous le Directoire, régime qui gouverne la France entre 1795 et 1799. Ils sont désignés, selon la Constitution de l'an III, par le Conseil des Anciens dans une liste produite par le Conseil des Cinq-Cents, et restent cinq ans en fonction.

Les cinq premiers Directeurs sont Barras (seul à rester en fonction jusqu'à la fin du régime), La Révellière-Lépaux, Reubell, Carnot et Le Tourneur, les trois premiers formant rapidement un « triumvirat », leurs intérêts convergeant. Plusieurs autres Directeurs connaissent des carrières éphémères au gré des coups d’État suivant les différentes élections, certains comme Carnot et Barthélémy allant jusqu'à être proscrits. D'autres arrivés en cours de route connaissent une plus longue carrière au sein de l'exécutif, comme Merlin de Douai et Sieyès, ce dernier étant l'un des artisans du coup d’État mettant fin au régime. Il y a eu, au total, treize directeurs.

Consulat (ans républicains VIII à XII)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Consulat (histoire de France).

Le Consulat est un régime politique français issu du coup d'État du 18 Brumaire an VIII (), qui renverse le régime du Directoire (1795-1799). La constitution de l'an VIII établit alors un régime politique autoritaire dirigé par trois consuls et en réalité par le seul Premier consul Napoléon Bonaparte, qui deviendra consul à vie en 1802. Le Consulat a duré jusqu'au (28 floréal an XII), date de la fin de la Première République française et de la proclamation du Premier Empire.

Liste des présidents de la République française[modifier | modifier le code]

Vingt-cinq personnes ont exercé la fonction de président de la République française depuis 1848.

Deuxième République (1848–1852)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième République (France).

Dans les premiers mois de la République, de février à décembre 1848, soit jusqu'à l'élection présidentielle, les fonctions de chef de l'État sont exercées dans les faits, successivement, par :

L'élection présidentielle de 1848, organisée pour désigner le président de la Deuxième République française, s'est tenue les 10 et 11 décembre 1848.

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
1 Louis-Napoléon Bonaparte Louis-Napoléon Bonaparte
(20 avril 1808 – 9 janvier 1873)
20 décembre
1848
2 décembre
1852
Bonapartiste, Parti de l'Ordre Le neveu de Napoléon Ier est largement élu premier président de la République lors de l'élection de 1848. Surnommé le « prince-président », son mandat est marqué par l'expédition de Rome et par le conflit avec l'Assemblée, conservatrice et anti-républicaine, qui culmine en 1851. Interdit de se représenter à la présidence par la Constitution, il provoque un coup d'État le 2 décembre 1851 et se fait proclamer empereur sous le nom de Napoléon III l'année suivante.

Troisième République (1871–1940)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Troisième République (France).

Le 4 septembre 1870, en pleine guerre franco-allemande, la République est proclamée, avec à sa tête :

No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
2 Adolphe Thiers. Adolphe Thiers
(15 avril 1797 – 3 septembre 1877)
31 août
1871
24 mai
1873
Ancien orléaniste, centre droit
Article détaillé : Présidence d'Adolphe Thiers.
Monarchiste modéré, il est nommé président à la suite de l'adoption de la loi Rivet. Il négocie le départ des troupes d'occupation allemandes terminé en septembre 1873. Fatigué par la discorde entre les légitimistes et les orléanistes, il se rallie à la République en cours de mandat et doit démissionner face à l'hostilité de l'Assemblée nationale, majoritairement favorable au retour de la monarchie.
3 Patrice de Mac Mahon. Patrice de Mac Mahon
(13 juillet 1808 – 17 octobre 1893)
24 mai
1873
30 janvier
1879
Légitimiste Maréchal, il est l'unique président monarchiste de la Troisième République. Il ne participe pas à l'élaboration des lois constitutionnelles de 1875. En mai 1877, il veut imposer le duc de Broglie à la tête du gouvernement et, face à la résistance des Républicains menés par Gambetta, prononce la dissolution de la Chambre des députés. Isolé après la large victoire républicaine aux élections d'octobre, il démissionne.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dufaure V assure l'intérim.
4 Jules Grévy. Jules Grévy
(15 août 1807 – 9 septembre 1891)
30 janvier
1879
30 janvier
1886
Modéré
Article détaillé : Présidence de Jules Grévy.
Élu au premier tour en 1879, il est le premier président à accomplir un mandat complet. Après les remous de la présidence Mac Mahon, il adopte un style plus discret et favorise un gouvernement d'assemblée qui perdurera et marquera le régime. Partisan de la paix, il échoue à freiner l'expansion coloniale défendue par Jules Ferry. À la mort de Victor Hugo, il rend au Panthéon son rôle de mausolée national.
30 janvier
1886
2 décembre
1887
Facilement réélu en décembre 1885, il est contraint à la démission lors du scandale des décorations dans lequel est impliqué son gendre.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Rouvier I assure l'intérim.
5 Sadi Carnot. Sadi Carnot
(11 août 1837 – 25 juin 1894)
3 décembre
1887
25 juin
1894
Modéré
Article détaillé : Présidence de Sadi Carnot.
Élu en 1887, son mandat est marqué par l'agitation boulangiste (1887-1889) et le scandale de Panamá (1892), ainsi que par l'alliance avec la Russie signée la même année. En pleine période d'attentats anarchistes et peu après le vote des premières « lois scélérates », il est assassiné à Lyon par l'un d'entre eux quelques mois avant la fin de son mandat. Il est enterré au Panthéon.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy II assure l'intérim.
6 Jean Casimir-Perier. Jean Casimir-Perier
(8 novembre 1847 – 11 mars 1907)
27 juin
1894
16 janvier
1895
Modéré
Article détaillé : Présidence de Jean Casimir-Perier.
Élu en 1894, il est vite frustré par la faiblesse des pouvoirs de sa fonction. Il démissionne après six mois et vingt jours, le mandat le plus court d'un président français, et quitte la politique.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy III assure l'intérim.
7 Félix Faure. Félix Faure
(30 janvier 1841 – 16 février 1899)
17 janvier
1895
16 février
1899
Modéré,
Républicain progressiste
Article détaillé : Présidence de Félix Faure.
Élu en 1895 face à Henri Brisson, il préside à l'expansion coloniale et au renforcement des liens avec la Russie, où il se rend en 1897. En 1898, c'est à lui qu'est adressée la lettre ouverte J'accuse…! d'Émile Zola qui relance l'affaire Dreyfus. La même année, la crise de Fachoda tend les relations avec le Royaume-Uni. Il meurt au palais de l'Élysée d'une congestion cérébrale survenue alors qu'il est en compagnie de sa maîtresse Marguerite Steinheil. Ses obsèques nationales ont lieu le 23 février.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Dupuy IV assure l'intérim.
8 Émile Loubet. Émile Loubet
(30 décembre 1838 – 20 décembre 1929)
18 février
1899
18 février
1906
ARD
Article détaillé : Présidence d'Émile Loubet.
Sous son septennat, la loi de séparation des Églises et de l'État est adoptée et seuls quatre présidents du Conseil sont nommés. En 1904 est signée l'Entente cordiale avec le Royaume-Uni, puis en 1907 la convention anglo-russe met en place la Triple-Entente. En 1905 a lieu la crise de Tanger avec l'Allemagne. Il ne se représente pas à l'issue de son mandat.
9 Armand Fallières. Armand Fallières
(6 novembre 1841 – 22 juin 1931)
18 février
1906
18 février
1913
ARD, PRD
Article détaillé : Présidence d'Armand Fallières.
Durant son mandat a lieu le coup d'Agadir, alors que les troupes françaises commencent à occuper le Maroc. Partisan de la Triple-Entente, il contribue à la renforcer. Tout comme son prédécesseur, il ne brigue pas sa réélection.
10 Raymond Poincaré. Raymond Poincaré
(20 août 1860 – 15 octobre 1934)
18 février
1913
18 février
1920
PRD, ARD
Article détaillé : Présidence de Raymond Poincaré.
Élu en 1913, il soutient la même année la loi des trois ans qui augmente la durée du service militaire. Après l'attentat de Sarajevo, il se rend en Russie en où il pousse le tsar Nicolas II à la fermeté face à l'Allemagne, ce qui contribue au déclenchement de la première guerre mondiale. Il encourage rapidement l'Union sacrée et se rend plusieurs fois sur le front, parfois au péril de sa vie, entre 1914 et 1916. En 1917, il rappelle Clemenceau au gouvernement qui l'éloigne progressivement du devant de la scène et l'exclut des négociations de paix. Après son mandat, il est président du Conseil de 1922 à 1924 puis de 1926 à 1929.
11 Paul Deschanel. Paul Deschanel
(13 février 1855 – 28 avril 1922)
18 février
1920
21 septembre
1920
ARD, PRDS
Article détaillé : Présidence de Paul Deschanel.
Homme de lettres élu à l'Académie française, il devance le populaire Georges Clemenceau, à la surprise générale, lors de l'élection présidentielle de janvier 1920. Il est contraint de démissionner au bout de sept mois de mandat, en raison de problèmes de santé, après quoi il est élu sénateur.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Millerand II assure l'intérim.
12 Alexandre Millerand. Alexandre Millerand
(10 février 1859 – 6 avril 1943)
23 septembre
1920
11 juin
1924
Sans étiquette
Article détaillé : Présidence d'Alexandre Millerand.
« Socialiste indépendant » de plus en plus orienté à droite, il démissionne au bout de quatre ans, à la suite de la victoire du Cartel des gauches aux élections législatives de 1924. Il est ensuite sénateur.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement François-Marsal assure l'intérim.
13 Gaston Doumergue. Gaston Doumergue
(1er août 1863 – 18 juin 1937)
13 juin
1924
13 juin
1931
Radical
Article détaillé : Présidence de Gaston Doumergue.
Premier président protestant, il se déclare partisan d'une politique de fermeté vis-à-vis de l'Allemagne face au nationalisme renaissant. Son septennat est marqué par une forte instabilité ministérielle, la croissance économique et la guerre du Rif où il envoie Pétain. Il occupe par la suite la fonction de président du Conseil en 1934.
14 Paul Doumer. Paul Doumer
(22 mars 1857 – 7 mai 1932)
13 juin
1931
7 mai
1932
Radical
Article détaillé : Présidence de Paul Doumer.
Élu au second tour de scrutin, après avoir devancé le pacifiste Aristide Briand. Assassiné à Paris par un déséquilibré du nom de Paul Gorgulov. Ses obsèques nationales ont lieu le 12 mai 1932.
Conformément aux Lois constitutionnelles, le gouvernement Tardieu III assure l'intérim.
15 Albert Lebrun. Albert Lebrun
(29 août 1871 – 6 mars 1950)
10 mai
1932
10 mai
1939
AD
Article détaillé : Présidence d'Albert Lebrun.
Élu en 1932, il est l'unique président de la IIIe République né sous ce régime. Son mandat est marqué par la montée du nazisme en Allemagne voisine, par la crise du 6 février 1934 et par la victoire du Front populaire aux élections de 1936, auquel il s'oppose et dont il accepte les réformes à contrecœur.
10 mai
1939
11 juillet
1940
Réélu en 1939, son mandat se termine en principe en 1946. Devant l'offensive allemande victorieuse en 1940, il est partisan d'un repli du gouvernement en Afrique du Nord pour continuer la guerre ; après avoir appelé le maréchal Pétain au gouvernement et la signature de l'armistice, il refuse de démissionner, obligeant les assemblées à le contourner en votant les pleins pouvoirs à Pétain. Il se retire en Isère puis est captif en Allemagne en 1943-1944.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : France libre et Régime de Vichy.

Après l'invasion du pays par l'armée allemande, le président Albert Lebrun nomme le maréchal Philippe Pétain, alors âgé de 83 ans, président du Conseil, avant de se retirer chez son gendre à Vizille (Isère). Dès juillet 1940, bien que n'ayant pas démissionné de son mandat, Albert Lebrun n'exerce plus aucun pouvoir.

Le gouvernement Pétain signe le traité d'armistice du 22 juin 1940. L'Assemblée nationale se réunit à Vichy et vote le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Le lendemain, par deux actes constitutionnels, Philippe Pétain abroge l'article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 concernant l'élection du président de la République : il prend le le titre « chef de l'État français », qu'il conserve jusqu'au [3].

Le projet constitutionnel de Vichy du , qui, entre autres, prévoyait de conserver le titre de « président de la République » pour le chef de l'État, ne sera jamais promulgué[4]. Le , le maréchal Pétain est emmené contre son gré par l'armée allemande à Belfort puis, le 8 septembre, à Sigmaringen en Allemagne où il refuse d’exercer toute fonction.

Parallèlement, à partir du 18 Juin 1940, la France libre en exil, dirigée par le général Charles de Gaulle depuis Londres, conteste la légitimité du régime de Vichy. Le Comité français de Libération nationale lui succède depuis Alger en 1943 puis le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) à partir du .

La fonction présidentielle est officiellement considérée comme ayant été vacante de 1940 à 1947[5].

Gouvernement provisoire de la République française (1944–1946)[modifier | modifier le code]

Après la libération de Paris en , le général de Gaulle, chef de la France libre en exil depuis l'armistice de 1940, exerce à son tour les fonctions de chef de l'État, cumulées avec celles de chef du gouvernement, en tant que président du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)[7]. En désaccord avec le projet de Constitution que proposent les ministres communistes, il démissionne en 1946.

Lui succèdent comme présidents du GPRF[7] :

  • Félix Gouin (4 octobre 1884 - 25 octobre 1977) du 20 janvier 1946 au 24 juin 1946 ;
  • Georges Bidault (5 octobre 1899 - 26 janvier 1983) du 24 juin 1946 au 16 décembre 1946 ;

Après la promulgation de la Constitution de la Quatrième République le et jusqu'à ce que l'ensemble des organes de celle-ci soient mis en place, c'est-à-dire jusqu'à l'élection de Vincent Auriol à la présidence de la République le , on entre dans une période de transition généralement rattachée à la Quatrième République mais où subsistent certaines des institutions provisoires.

Le GPRF disparaît peu de temps après l'adoption de la Constitution de la Quatrième République[7].

Quatrième République (1946–1958)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quatrième République (France).
No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
16 Vincent Auriol Vincent Auriol
(27 août 1884 – 1er janvier 1966)
16 janvier
1947
16 janvier
1954
SFIO
Article détaillé : Présidence de Vincent Auriol.
Premier président de la Quatrième République, son mandat est marqué par la guerre d'Indochine. Il ne se représente pas à l'issue de son septennat. À compter du , il est membre de droit du Conseil constitutionnel mais refuse d'y siéger à partir de 1960.
17 René Coty René Coty
(20 mars 1882 – 22 novembre 1962)
16 janvier
1954
8 janvier
1959
CNIP
Article détaillé : Présidence de René Coty.
Son mandat est marqué par la guerre d'Algérie. Il fait appel au général de Gaulle pour résoudre la crise de mai 1958. Il démissionne trois mois après la promulgation de la Cinquième République, au bout de cinq ans de présidence. Il est, à compter du , membre de droit du Conseil constitutionnel.

Cinquième République (depuis 1958)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinquième République (France).
No  Portrait Nom Début du mandat Fin du mandat Appartenance politique Notes
18 Charles de Gaulle. Charles de Gaulle
(22 novembre 1890 – 9 novembre 1970)
8 janvier
1959
8 janvier
1966
UNR, UDR
Article détaillé : Présidence de Charles de Gaulle.
Il est nommé président du Conseil par René Coty en mai 1958, pour résoudre la crise algérienne. Il fait adopter par référendum une nouvelle Constitution qui fonde la Ve République dont il est élu premier président par un collège électoral. En période de forte croissance économique, sa présidence est marquée par la décolonisation (indépendances des colonies africaines en 1960 et de l'Algérie en 1962) et par une politique d'« indépendance nationale » et de « grandeur » illustrée par l'obtention de l'arme atomique (1960), le traité d'amitié avec l'Allemagne (1963) et la reconnaissance de la Chine maoïste (1964). En 1962, après une tentative d'assassinat, il fait adopter par référendum l'élection du président au suffrage universel.
8 janvier
1966
28 avril
1969
Réélu au suffrage universel face à François Mitterrand, il marque sa différence avec les États-unis et retire la France du commandement intégré de l'OTAN (1966). En 1967 il soutient le souverainisme québécois à Montréal. Ayant refusé de se retirer pendant la crise de Mai 68, il finit par démissionner à la suite de l'échec du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation en avril 1969. Il reste une référence de la vie politique française.
Conformément à la Constitution, le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim.
19 Georges Pompidou. Georges Pompidou
(5 juillet 1911 – 2 avril 1974)
20 juin
1969
2 avril
1974
UDR
Article détaillé : Présidence de Georges Pompidou.
Premier ministre de Charles de Gaulle de 1962 à 1968, il est élu président face au centriste Alain Poher. Ancien directeur de la banque Rothschild et europhile, il donne une nouvelle dynamique à la CEE et fait adopter par référendum son élargissement en 1972. Il engage une politique de modernisation de l'économie et d'industrialisation au niveau national, notamment favorable à l'automobile. Il meurt de la maladie de Waldenström à son domicile le 2 avril 1974, deux ans avant la fin de son mandat.
Conformément à la Constitution, le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim.
20 Valéry Giscard d'Estaing. Valéry Giscard d'Estaing
(né le 2 février 1926)
27 mai
1974
21 mai
1981
FNRI, UDF Élu de justesse face au socialiste François Mitterrand, il engage de nombreuses réformes sociétales, dont l'abaissement de la majorité civile de 21 à 18 ans, la dépénalisation de l'IVG ou la mise en place du divorce par consentement mutuel. Il est confronté à l'aggravation de la crise économique et aux divisions de sa majorité, qui remporte les élections législatives de 1978. Il engage les troupes françaises en Mauritanie, au Tchad, au Zaïre et en Centrafrique. Candidat à sa propre succession, il est battu par François Mitterrand. Il est par la suite député, député européen, président du conseil régional d'Auvergne, président de l'Union pour la démocratie française et président de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Membre de droit du Conseil constitutionnel, il n'occupe son siège qu'à partir de 2004. Il est membre de l'Académie française depuis 2003.
21 François Mitterrand. François Mitterrand
(26 octobre 1916 – 8 janvier 1996)
21 mai
1981
21 mai

1988

PS Élu en 1981 après des échecs en 1965 et 1974, il est le premier président socialiste de la Cinquième République. Il est à l'origine de l'abolition de la peine de mort. À la suite de la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, il nomme Jacques Chirac Premier ministre, inaugurant ainsi la première cohabitation de la cinquième République.
21 mai

1988

17 mai

1995

Il est réélu le 8 mai 1988 face à Jacques Chirac. Il engage la France dans la guerre du Golfe. Il achève son deuxième septennat sur une deuxième cohabitation avec Édouard Balladur, nommé à la suite des élections législatives de 1993. Il demeure le président ayant exercé le plus long mandat, toutes Républiques confondues. Il meurt 8 mois après la fin de son mandat, le , d'un cancer de la prostate.
22 Jacques Chirac. Jacques Chirac
(né le 29 novembre 1932)
17 mai
1995
17 mai
2002
RPR, UMP
Article détaillé : Présidence de Jacques Chirac.
Jacques Chirac est élu président de la République en 1995 après deux échecs, en 1981 et 1988. Il ordonne une dernière compagne d'essais nucléaires aux îles Tuamotu. Il tente de mettre en place des réformes économiques importantes, mais échoue à les imposer. En 1996, il décide de professionnaliser les armées, ce qui conduit à la suspension du service militaire l'année suivante. En 1997, il dissout l'Assemblée nationale. La gauche remporte les élections législatives, ce qui le contraint à nommer Lionel Jospin premier ministre pour une cohabitation de cinq ans. En 2000, le quinquennat présidentiel est approuvé par référendum.
17 mai

2002

16 mai

2007

Le 5 mai 2002, il est réélu face à Jean-Marie Le Pen. Sur le plan international, il engage la France dans la guerre d’Afghanistan mais s'oppose à une nouvelle guerre en Irak. En 2005, il se maintient malgré l'échec du référendum sur la Constitution européenne. Il ne se présente pas à nouveau à sa succession et, après sa présidence, il siège trois ans au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit.
23 Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy
(né le 28 janvier 1955)
16 mai
2007
15 mai
2012
UMP
Article détaillé : Présidence de Nicolas Sarkozy.
Élu en 2007 face à Ségolène Royal, il initie une politique internationale atlantiste (réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN) et europhile (traité de Lisbonne, présidence du Conseil de l'Union européenne) et crée l'Union pour la Méditerranée. La crise économique mondiale commencée aux États-Unis s'étend au monde entier à l'automne 2008, provoquant une crise de la dette en Europe, notamment grecque, ce qui marque le mandat. À la suite d'une révision constitutionnelle, il est le premier président depuis Bonaparte à s'exprimer devant le Congrès de Versailles. Il fait notamment voter une réforme des universités et des retraites. En 2011, il envoie les troupes françaises en Libye. Il est le premier président de la Ve République à n'avoir qu'un seul Premier ministre au cours de son mandat : François Fillon. Battu en 2012, il reprend sa carrière politique deux ans plus tard mais ne parvient pas à remporter la primaire de son camp en vue de l'élection présidentielle de 2017. Il est le premier président né sous la IVe République.
24 François Hollande. François Hollande
(né le 12 août 1954)
15 mai
2012
14 mai
2017
PS
Article détaillé : Présidence de François Hollande.
Élu en 2012 face à Nicolas Sarkozy. L'année suivant sa prise de fonction, il promulgue la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Sous son mandat, l'armée intervient au Mali, en Irak et en Syrie contre la menace islamiste, ainsi qu'en Centrafrique. Sa présidence est marquée par les attentats de janvier et novembre 2015 — qui le poussent à déclarer l'état d'urgence — ainsi que de juillet 2016 et par l'accord signé lors de la conférence de Paris sur le climat. Il est partisan d'une politique économique social-libérale mise en pratique par la loi Travail qui suscite une forte contestation. Très impopulaire, il renonce à la fin de l'année 2016 à se présenter à sa propre succession l'année suivante, fait inédit sous la Ve République.
25 Emmanuel Macron. Emmanuel Macron
(né le 21 décembre 1977)
14 mai
2017
En cours REM
Article détaillé : Présidence d'Emmanuel Macron.
Élu en 2017 face à Marine Le Pen, il devient, à 39 ans, le plus jeune président de la République française et le premier président de la Ve République à être né sous ce régime.

Longévité de la présidence[modifier | modifier le code]

Frise chronologique[modifier | modifier le code]

Cinquième République (France) Quatrième République (France) Troisième République (France) Deuxième République (France) Emmanuel Macron François Hollande Nicolas Sarkozy Jacques Chirac François Mitterrand Valéry Giscard d'Estaing Georges Pompidou Charles de Gaulle René Coty Vincent Auriol Albert Lebrun Paul Doumer Gaston Doumergue Alexandre Millerand Paul Deschanel Raymond Poincaré Armand Fallières Émile Loubet Félix Faure Jean Casimir-Perier Sadi Carnot (homme politique) Jules Grévy Patrice de Mac Mahon Adolphe Thiers Louis-Napoléon Bonaparte

Statistiques[modifier | modifier le code]

Longévités des présidents de la République française (janvier 2017), la couleur bleue indique la période de leurs mandats, la couleur jaune, la période hors fonction présidentielle.

Classements[modifier | modifier le code]

Popularité[modifier | modifier le code]

  • À la question « Selon vous, quel a été le meilleur président de la Ve République ? », posée par les instituts CSA et BVA, les sondés se répartissent selon :
Numéro Président 2001
(CSA)[11]
2006
(CSA)[11]
2014
(BVA)[12]
1 Charles de Gaulle 32 % 30 % 36 %
2 François Mitterrand 30 % 35 % 27 %
3 Nicolas Sarkozy 10 %
4 Jacques Chirac 10 % 12 % 8 %
5 Valéry Giscard d'Estaing 5 % 5 % 8 %
6 Georges Pompidou 7 % 7 % 7 %
7 François Hollande 0,5 %
8 Ne se prononce pas 16 % 11 % 4 %
  • À la question « Comment qualifieriez vous l'action de X en tant que président de la République ? », posée par l'institut BVA, les sondés répondent « bon » ou « très bon » selon la répartition suivante :
Numéro Président 2009[13] 2013[14] 2015[15]
1 Charles de Gaulle 87 % 89 %
2 Georges Pompidou 74 % 83 %
3 Jacques Chirac 60 % 58 % 63%
4 François Mitterrand 67 % 55 % 61 %
5 Valéry Giscard d'Estaing 54 % 57 % 57 %
6 Nicolas Sarkozy 48 % 39 %
7 François Hollande 29 % 21 %

Durée de mandat[modifier | modifier le code]

Rang Nom En jours En années Dates Commentaire
1 François Mitterrand 5109 13 ans, 11 mois et 26 jours 21 1981 – 1995 Deux septennats complets.
2 Jacques Chirac 4382 11 ans, 11 mois et 29 jours 22 1995 – 2007 Un septennat puis un quinquennat complets.
3 Charles de Gaulle 3763 10 ans, 3 mois et 20 jours 18 1959 – 1969 Un septennat complet. Il est réélu puis démissionne à la suite d'un référendum perdu.
4 Jules Grévy 3228 8 ans, 10 mois et 2 jours 4 1879 – 1887 Un septennat complet. Il est réélu puis démissionne à la suite d'un scandale politique.
5 Albert Lebrun 2984 8 ans, 2 mois et 1 jour 15 1932 – 1940 Un septennat complet. Il est réélu puis démis de ses fonctions par l'Assemblée nationale.
6 Armand Fallières 2557 7 ans 9 1906 – 1913 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
6 Vincent Auriol 2557 7 ans 16 1947 – 1954 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Émile Loubet 2556 7 ans 8 1899 – 1906 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Raymond Poincaré 2556 7 ans 10 1913 – 1920 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
8 Gaston Doumergue 2556 7 ans 13 1924 – 1931 Un septennat complet. Il ne se représente pas.
11 Valéry Giscard d'Estaing 2551 6 ans, 11 mois et 24 jours 20 1974 – 1981 Un septennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 1981.
12 Sadi Carnot 2396 6 ans, 6 mois et 22 jours 5 1887 – 1894 Mort en fonction (assassinat).
13 Patrice de Mac Mahon 2077 5 ans, 8 mois et 6 jours 3 1873 – 1879 Il démissionne pour raisons politiques.
14 Nicolas Sarkozy 1826 4 ans, 11 mois et 29 jours 23 2007 – 2012 Un quinquennat complet. Il se représente mais est battu à l'élection de 2012.
15 François Hollande 1825 4 ans, 11 mois et 29 jours 24 2012 – 2017 Un quinquennat complet. Il ne se représente pas.
16 René Coty 1818 4 ans, 11 mois et 23 jours 17 1954 – 1959 Mandat interrompu par la nouvelle Constitution.
17 Georges Pompidou 1747 4 ans, 9 mois et 13 jours 19 1969 – 1974 Mort en fonction (causes naturelles).
18 Félix Faure 1491 4 ans et 30 jours 7 1895 – 1899 Mort en fonction (causes naturelles).
19 Louis-Napoléon Bonaparte 1443 3 ans, 11 mois et 12 jours 1 1848 – 1852 Un quadriennat complet. Il fait un coup d'État et devient empereur.
20 Alexandre Millerand 1357 3 ans, 8 mois et 19 jours 12 1920 – 1924 Il démissionne pour raisons politiques.
21 Adolphe Thiers 632 1 an, 8 mois et 23 jours 2 1871 – 1873 Il démissionne pour raisons politiques.
22 Paul Doumer 329 10 mois et 24 jours 14 1931 – 1932 Mort en fonction (assassinat).
23 Paul Deschanel 216 7 mois et 3 jours 11 1920 Il démissionne pour raisons médicales (dépression).
24 Jean Casimir-Perier 203 6 mois et 20 jours 6 1894 – 1895 Il démissionne pour raisons politiques.
25 Emmanuel Macron 74 2 mois et 13 jours 25 depuis 2017 Mandat en cours.

Origine sociale[modifier | modifier le code]

IIe République :

IIIe République :

IVe République :

Ve République :

Profession d'origine[modifier | modifier le code]

Onze avocats
Cinq journalistes
Cinq hauts fonctionnaires
Deux industriels
Trois ingénieurs polytechniciens
Deux professeurs
Trois militaires

Activité au moment de l'élection[modifier | modifier le code]

Président du Sénat
Président de l'Assemblée nationale
Président du Conseil
Ministre
Parlementaire
Autre

Membres de l'Académie française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Académie française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 70
  2. Nicole Dockès, professeur émérite, agrégé des universités et Annie Héritier, maître de conférences à la faculté de droit de l’université de Corse, Genèse de la notion juridique de patrimoine culturel - 1750-1816, 2003, p. 71
  3. « Acte constitutionnel no 1 du 11 juillet 1940 », sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 20 juin 2009.
  4. Projet de constitution du 30 janvier 1944 – Projet du maréchal Pétain, sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr
  5. Les présidents de la République depuis 1848, site de la présidence de la République française
  6. « La République n'a jamais cessé d'être. La France libre, la France combattante, le Comité français de libération nationale l'ont tour à tour incorporée. Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu. Moi-même suis le président du gouvernement de la République. Pourquoi irais-je la proclamer ? » — Charles de Gaulle, dans Jean Lacouture, Charles de Gaulle, tome I, Le rebelle 1890-1944, édit. Le Seuil, 1984 (ISBN 2-02-006969-5) p. 834 ; Marcel Jullian, De Gaulle, pensées répliques et anecdotes, édit. Le cherche midi, 1994, réédit. France Loisirs, Paris, 1995 (ISBN 2-7242-8462-3), p. 96.
  7. a, b et c « Vacance de la fonction présidentielle de 1940 à 1947 » sur le site officiel de la présidence de la République, elysee.fr, consulté le 2 février 2009.
  8. Thiers est âgé de 73 ans en février 1871 quand il accède au pouvoir, mais il occupe alors le poste de « chef du pouvoir exécutif », ne devenant « président de la République » qu'en août de la même année. Ne comptent pas : Philippe Pétain (84 ans en 1940), qui ne porte pas le titre de « président de la République » mais de « chef de l'État français » ; Jacques Charles Dupont de l'Eure (fête son 81e anniversaire quelques jours après son entrée en fonction en 1848), simple chef de l'État de facto et par intérim.
  9. « Qui sont les quatre chefs d'Etat en exercice plus jeunes qu'Emmanuel Macron ? », sur Franceinfo.fr, mis en ligne le 7 mai 2017 (consulté le 8 mai 2017)
  10. Anne-Aël Durand, Eléa Pommiers et Maxime Delrue, « Elu président à l’âge de 39 ans, Emmanuel Macron sera le plus jeune chef d’Etat en fonction dans une démocratie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  11. a et b « Mitterrand meilleur président de la Ve République », sur L'Obs, (consulté le 16 novembre 2015)
  12. « Les Français et Valéry Giscard d’Estaing », sur BVA, (consulté le 16 novembre 2015)
  13. « De Gaulle, président préféré des Français », sur Le Figaro, (consulté le 16 novembre 2015)
  14. « 73% des Français mécontents de la première année de Hollande », sur Le Parisien, (consulté le 16 novembre 2015)
  15. « Sondage : Chirac et Mitterrand en tête du palmarès des présidents », sur Le Parisien, (consulté le 16 novembre 2015)
  16. « Ville de Lessay - Abbatiale Sainte-Trinité », sur Site de la Mairie de Lessay, (consulté le 22 mars 2017)
  17. « Un protestant à l'école laïque », sur Magazine Histoire pour tous, (consulté le 1er novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]